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04

Chapitre 4 : c’est mon fils !

******** Madame Prince Agbodjan Madje******

En réalité Nathan n’est pas mon fils biologique. Il a perdu sa mère en couche. Son père Mr Prince Agbodjan m’a épousée parce qu’il voulait rapidement une mère pour Nathan.

Je savais l’importance d’un garçon dans notre société, et je savais que c’est plus un mariage de circonstance que d’amour. Je savais que pour gagner le cœur du père il fallait que je me concentre sur ce petit.

Nous habitions une ville pas trop loin de la capitale, la ville d’AGBODRAFO. Mon mari avait des terres et des employés qui s’occupaient de l’agriculture sur ces terres. Un de ses employés venu de la ville de kara mourut et mon mari avait adopté son fils : Michel. Il lui a même rajouté EDOE, le prénom de notre culture car il s’était rendu compte que l’enfant n’avait même pas les papiers de naissance. Ce monsieur était venu tout seul un jour dans notre ville avec un enfant de deux ans, il n’a jamais parlé de la mère du petit ni de sa famille.

Quand j’ai intégré la maison de monsieur Agbodjan mon mari, il y a avait donc Edoe Michel le fils adopté qui avait 7 ans et Agnitè (prénom culturel) Nathan qui avait 4 mois. J’ai mis tout mon cœur à éduquer Nathan et j’ai fini par l’aimer.

J’ai eu par la suite Rachelle et Ruth. Mon mari mourut plus tard à la suite d’une longue maladie qui nous a d’abord dépouillés pour l’emporter plus tard.

Heureusement que j’ai pris Nathan comme mon fils si je comptais sur mes filles aujourd’hui nous serons toujours dans ce village d’agbodrafo.

Ce n’est pas un secret. Tout le monde sait que je ne suis pas la mère biologique de Michel et Nathan mais ils n’ont pas connu sa mère et me voient comme la mère qu’ils n’ont jamais eu. Surtout pour Nathan il n’y a pas de doute, Je suis sa mère.

J’étais au centre de sa vie jusqu’à ce qu’il n’épouse cette Emilie. Depuis Nathan n’a que son nom à la bouche.

Il n’était pas mon fils biologique mais je me réveillais 150 fois la nuit pour le nourrir. Je faisais des nuits blanche quand il était malade, j’ai veillé sur lui comme s’il était sorti de mon con.

Et, aujourd’hui cette femme a plus de place que moi dans son cœur. Elle partira.

Ce que j’ai fait pour Nathan, même sa mère biologique n’a pas pu le faire pour lui. Être une mère ce n’est pas seulement accoucher!

Je ne dis pas que Nathan ne doit pas se marier mais je préfère qu’il prenne une fille qui passe après moi. Je n’ai pas fait tous ces sacrifices pour voir une autre en jouir au calme.

Emilie va en France comme bon lui semble alors que n’ai jamais mis pied dans un avion ni même dans un aéroport.

Le pire c’est que Michel qui n’est ni de loin ni de près attaché à cette famille, Nathan lui a payé une formation dans le bâtiment, et ensuite lui trouve des marchés aujourd’hui il gagne bien sa vie. Tandis que mes filles c’est la bordellerie. Même pour être bordelle autant trouver des hommes dignes de ce nom. Non ce sont des petits du quartier qu’elles font venir ici. L’école n’a pas marché, Nathan a payé des formations pour elles en vain. Aujourd’hui elles veulent faire de l’esthétique, demain secrétariat de direction, après demain coiffure. Nathan a payé tout ça en vain. Elles y vont que la première semaine après c’est pour dormir. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça.

J’ai pris soin de l’orphelin de toute mon âme et en retour j’ai des enfants qui ne servent à rien.

• Toc toc

Moi : Oui c’est qui ?

Emilie : C’est Emilie maman

Moi : Rentre

Elle rentre suivie des deux guenons qui me servent de filles. Ça fait deux semaines que je ne leur adresse plus la parole

Moi : Emilie tu peux rentrer mais que les deux mal-éduquées de filles restent dehors

Ruth : Maman,

Moi (hurlant) : J’ai dit DEHORS

Emilie : Allez m’attendre dehors leur dit Emilie {à moi}, Maman

Moi : Je ne suis pas ta mère Emilie. Je n’ai qu’un enfant d’ailleurs à partir d’aujourd’hui. Il n’y a que Nathan qui est mon fils

Emilie : D’accord maman Nathan

Moi : Il y a quoi ?

Emilie : J’ai accompagné les filles, elles veulent te présenter des excuses

Moi : Je n’ai plus de filles Emilie. Tu peux partir

Emilie : Mais maman…

Moi : J’ai dit tu peux partir

Emilie : Maman ne laisse pas la colère te faire dire des choses. La bible dit que la parole est verbe

Moi (la coupant): Amen Marie mère de Jésus. Maintenant tu peux partir Na Maria

Emilie : Hmm, maman je vais partir c’est sûr. Je sais que tu ne m’aimes pas. Mais je ne peux pas croire que tu n’aimes plus le fruit de tes entrailles. Etant moi-même mère je sais que ce n’est pas possible pour une mère. Ruth et Rachelle sont encore des enfants. Il peut arriver que les enfants nous blessent par leur comportement mais c’est pour ça que Dieu nous a mis prêt d’eux. Notre rôle c’est de les aider à se relever, de les éduquer et de les amener sur le droit chemin

Moi : Emilie Ruth et rachelle ne sont plus des enfants. Ce que ces filles connaissent je te jure que ni toi, ni moi ne le connaissons et ne le connaitrons peut être jamais. Je ne veux plus de ces enfants. Sniff

Emilie : Ne pleure pas maman Nathan

Moi : Emilie toi et moi savons que ce n’est pas la première fois que ces genres de choses se passent dans cette maison. Tu ne mets jamais pieds dans mon appartement. A chaque fois que tu le fais c’est pour plaider la cause de Ruth et de Rachelle. Pourtant dis-moi tu peux compter le nombre de fois que tu es venu ici ? Ça veut dire que ces filles ne vont jamais changer.

Emilie : Je ne peux pas te promettre que ce sera la dernière fois. Mais une chose est sûr je reviendrai encore et encore. Autant qu’il faudra, jusqu’à ce qu’elles aient appris et grandis.

Moi : Hmmmmmm

Emilie : Ruth, Rachelle vous pouvez rentrer dit Emilie

Je les vois rentrer trainant les pas comme à leur habitude. Chez moi il y un adage qui dit : ne egbon de la vivia, azon li me o kpô nê le (si la viande d’un mouton sera doux ? c’est dans la démarche du mouton vivant que tu le sens).

A voir la démarche de mes filles tu sens qu’elles ne serviront à rien du tout.

Ruth : Maman Rachelle et moi

Moi (la coupant) : Épargnez-moi votre discours de tous les mois. Je parie que c’est la même que vous avez dit la dernière fois et la fois d’avant aussi. Donc de grâce je connais déjà la chanson par contre vous allez m’écouter religieusement. A partir d’aujourd’hui vous dormirez ensemble dans la deuxième chambre de mon appartement, vous n’irez dans le vôtre que le matin. Chaque jour à 20h je veux vous voir toute les deux ici. Widdad ne lavera plus vos habits, elle ne rangera encore moins vos chambre qui pue la merde. Chaque samedi vous allez récurer votre douche et vos toilettes. Et chacune de vous prendra la douche au moins deux douche par jour. A 20h avant de rentrer dans mon appartement vous aller vous arrêter devant moi et soulevez vos bras. J’approcherai mon nez de vos aisselles et si jamais l’odeur qui vient de là me donne envie de vomir, c’est dehors devant tout le quartier que je vais vous laver toutes nues. Je ne veux sentir ni déodorant ou quoi que ce soit. Le soir vous n’en avez pas besoin. C’est après ça que vous aurez le droit de manger le soir et juste après avoir mangé vous allez vous brosser les dents et vous coucher dans ma deuxième chambre. Et si jamais un jour je surprends encore l’une d’entre vous avec un garçon dans cette maison, ou même devant le portail. Je jure devant Dieu que je mettrai du piment dans votre trou pour calmer ce qui vous gratte. Emilie ?

Emilie (levant les yeux vers moi) : oui maman

Moi : je te prends à témoin. La prochaine fois que je vois Ruth et Rachelle dans cette maison elles dégageront de cette maison. Comme elles aiment garçon elles iront chez eux et elles auront l’occasion de se faire bai*** à volonté. Moi j’en ai fini. Si tu as quelque chose à rajouter je t’écoute sinon tu peux partir

Emilie : elles ont compris maman. (M’adressant aux filles) les filles, ce que je vais vous demander moi c’est de prendre cette année pour réfléchir à ce que vous voulez faire. Ce qui vous fait réellement plaisir. S’il faut vous payer une formation c’est le moment de définir vos objectifs.

Moi : Emilie tu perds ta salive avec elles oh. Vaut mieux tu retournes à ton appartement

Emilie (s’en allant) : je vois que tu es pressée de me voir partir. J’y vais-je suis même en retard pour l’église

Moi : à partir d’aujourd’hui votre argent de poche sera divisé en deux. Apparemment vous en avez trop c’est pourquoi vous prenez en charge des garçons. J’en parlerai à Nathan après. En attendant dégagez de ma vue #Lanhoin (poisson pourri en mina)

********Aicha********

Depuis deux semaines 3 semaines, Nathan ne veut plus rien savoir de moi. Chaque fois que je vais l’appeler sur son fixe du boulot, sa secrétaire me dit qu’il n’est pas là pourtant je vois sa voiture aller et revenir dans ce quartier tous les jours.

Je reviens encore de la cabine téléphonique et sa secrétaire m’a raccroché au nez.

J’ai vraiment besoin d’argent. Depuis que je suis avec Nathan j’ai viré tous mes Bizi. Je n’ai que Nathan et koffi.

Toutes mes économies sont passées dans la construction de mon appartement et la rénovation de celui de maman.

L’argent que Nathan m’a donné le mois passé est parti dans la scolarité et les fournitures de Mariama et de Salif. Je préfère tout payer au moins deux semaines avant la rentrée comme ça je suis tranquille après.

Le temps passe et l’infirmier m’a dit qu’au-delà de 3 mois il ne pourra plus effectuer le curetage. Techniquement il me reste encore qu’une petite semaine.

Ce n’est pas ma première fois d’avorter. C’est la cinquième fois. Il y avait une bonne dame au marché qui nous faisait des mélanges pour 10000 f cfa mais elle a été arrêtée car il y a une fille qui est morte suite à ces mélanges. Je ne voulais plus prendre le risque des mélanges. Sinon j’aurai enlevé cette grossesse depuis le premier mois.

J’ai eu du mal à trouver un médecin qui accepte de me faire ça. Une copine m’a donc parlé de cet infirmier qui travaille dans une clinique. Et il fait ça que les jeudis, le seul jour où le médecin directeur de la clinique ne travaille pas. Il me demande 80 000 F, Je n’ai que 50 000 francs. Koffi ne m’a trouvé que 40000 et hier il est venu me remettre 10 000 F en plus me disant qu’il fait de son mieux.

Widdad(en panique) : mais où étais-tu aicha, je te cherche partout depuis 1h

Moi : je suis une grande fille ma sœur, que se passe-t-il ?

Widdad : faut qu’on aille à l’hôpital

Moi : comment ça à l’hôpital ?

Je rentre dans le salon de maman, j’y vois les enfants d’Aminata avec maman et je comprends directement ce qui se passe.

Avec widdad nous prenons un taxi moto chacun pour l’hôpital. Nous demandons à la secrétaire qui nous dit de patienter que le docteur va nous recevoir

Widdad (en larme) : c’est une voisine qui a ramené les enfants jusqu’ici. C’est elle qui a ramené Aminata à l’hôpital. Elle m’a dit qu’elle était inconsciente quand elle l’a ramené à l’hôpital

Moi (le regard dans le vide) : …..

Que pouvais-je dire ? Ce n’est pas la première fois qu’Aminata est dans cette situation. Nous savons tous ce qui s’est passé. C’est son ivrogne de mari qui l’a encore confondu à un tam-tam.

Le docteur nous reçoit et tout ce qu’il dit je l’écoute d’une oreille distraite tellement je suis fatiguée par tout ceci.

Docteur : elle est hors de danger, il faut juste acheter tous les médicaments qui sont sur cette ordonnance. Vous verrez avec ma secrétaire pour régler la facture et payer la chambre d’hospitalisation afin qu’on poursuive les soins. La dame qui l’a amené hier n’a rien payé mais nous ne pouvons pas laisser la patiente dans cet état. On a donc fait le nécessaire en attendant

Moi (prenant l’ordonnance) : merci docteur. Pourriez-vous nous faire un certificat médical, enfin un document attestant des sévices et l’état dans lequel ma sœur se trouvait avant d’arriver ici ?

Docteur : oui bien sûr

Widdad : est-ce qu’on peut la voir ?

Docteur : oui suivez-moi. Mais elle a surtout besoin de repos et il faut acheter les médicaments au plus vite.

Nous allons dans la chambre, Aminata dormait mais tout ce qu’on peut dire c’est ce salopard ne l’a pas raté.

Nous allons à la pharmacie prendre des médicaments que j’ai payés au prix de 18 500 F.

Quand je sortais les 2 billets de 10 000F de mon portefeuille, j’ai mis une main sur mon ventre en me disant intérieurement que c’est fini pour moi.

Nous revenons à l’hôpital voir la secrétaire à qui nous remettons les médicaments

Secrétaire (nous remettant la facture) : le total des soins s’élève à 25 000 francs, la chambre coute 12 000 francs la nuitée. La nuit d’hier à aujourd’hui et la nuit d’aujourd’hui à demain qu’elle passera certainement ici. Ce qui fait un total de 49 000 F pour le moment. On verra pour le reste après. Ça dépendra du fait qu’elle reste encore hospitalisée ou pas. Je vous laisse aller payer à la caisse et revenir avec le reçu

Moi : merci madame

Il a fallu que cette voisine choisisse une clinique au lieu d’un hôpital public.

Je regarde widdad qui comprend immédiatement ce qui se passe. Elle déverse ensuite le contenu de son porte-monnaie et il y avait 2 billets de 10 000 et des pièces. Je prends les billets et j’ajoute les 3 qui me restent pour régler la facture. Nous réglons ensuite les formalités et je range tous les documents dans mon sac.

Moi : je te laisse avec elle, j’ai quelque chose à régler et je reviens. Quand je reviens tu iras chercher la nourriture à la maison. Il faut qu’elle mange

Widdad : d’accord à plus tard

* Illustration photo: Madje

** Crédit photo: Patience Ozokwor

*** #XoXo #Afi

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