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03

Chapitre 3: La misérable vie d’ Aïcha

******* Aicha*********

Vous avez rencontré monsieur Hassan mon géniteur. De toute sa vie il n’a jamais travaillé. Quand je dis jamais, c’est vraiment JAMAIS. Apparemment, quand il était jeune il voulait devenir un artiste chanteur. Un rêve qu’il n’a jamais réalisé, car sans se mentir il n’a aucun talent. je parie que ses propres oreilles saignent quand il chante.

Il voulait juste de l’argent facile, sans avoir à utiliser ses dix doigts. Donc il n’a jamais rien fait pour gagner sa vie, à part se faire entretenir par des femmes.

Hassan est officiellement marié à sa première femme. Une grande commerçante de la place. C’est elle seule qui arrive à le maîtriser. En même temps, c’est là-bas il reçoit son salaire ; c’est un gigolo en fait.

Cette femme n’a pas d’enfant et c’était la première excuse d’hassan, pour prendre une autre femme. Mais après il a pris goût aux femmes et quand sa femme est dépassée, elle le fout dehors. Mais ne vous inquiétez pas, elle le reprend toujours. Dans cette société, la plupart des femmes préfèrent souffrir que de rester seule.

Il a 4 femmes, toute une gamme complète de maîtresse et de nombreux enfants. Je ne connais même pas tous mes frères et sœurs. Ce qui est normal, car je ne pense pas que l’intéressé lui-même les connaisse tous. .

Ma mère est sa deuxième épouse. Je ne sais pas pourquoi ma mère qui est si belle, s’est mise dans un foyer polygame, au nom de la religion. Elle se contente de vendre la bouillie, devant le portail. Aujourd’hui elle ne ressemble plus à rien. Elle a perdu l’éclat de son teint, de son visage.

Ma mère a 5 enfants. Avant moi, il y a eu deux filles, Aminata la plus grande et Widdad . Après moi, il y a mariama ma petite sœur, et salif mon petit frère. Comment vous dire que les recettes de la bouillie ne peuvent même pas nous scolariser.

Hassan est juste un donneur de spermatozoïdes. En tout cas, il ne sait faire que ça. Après, chaque femme gère sa ribambelle d’enfants. Il n’est, ni plus ni moins qu’un géniteur.

Tout ce que mon père a comme biens, c’est d’avoir hérité de ce grand terrain sur laquelle il y avait 3 chambres (si on peut appeler ces choses des chambres) une douche commune ainsi qu’un wc du XXe siècle. Chaque chambre appartient à ma mère et ses deux coépouses.

La première femme a bien évidemment, sa propre maison. Ce qu’on appelle une maison, une vraie!

Avec ma mère nous dormions à 7 dans la même chambre. Mariama et salif, sur le lit avec maman. Aminata, widdad et moi, sur une natte, à même le sol.

Le jour où Hassan se fait chasser de chez sa femme, et qu’il décide de dormir dans la chambre de maman, salif et mariama nous rejoignent sur la natte et hassan couche maman devant nous, sans aucune honte. Je mets un pagne souvent sur la tête de salif et mariama, mais je sais qu’ils voyaient et entendaient tout, même si ce n’étaient que des enfants.

Aminata est tombée enceinte d’un clochard, hassan l’a viré de la maison. Actuellement, elle vit avec sa chose de mari et ses enfants, qu’elle envoie manger dans cette maison à midi.

Je ne voulais plus de cette vie, je ne voulais plus de cette vie malsaine. Je ne voulais plus faire la queue pour les toilettes, ou me réveiller à 4h pour me doucher si je veux éviter la queue le matin. Dormir le ventre vide ? Regarder mariama pleurer, parce qu’elle a faim ? Non je ne veux plus. Je ne veux plus entendre Salif pleurer, parce qu’on l’a renvoyé pour les frais de scolarité !

La nuit j’entends Widdad renifler, elle pleure en silence le soir pensant que tout le monde dort.

Elle lave les habits des gens du quartier pour des miettes. Tout ça pour que nous ayons à manger à la maison.

Aminata et widdad n’ont jamais mis pied à l’école. Moi j’ai eu la chance que à un moment, l’école primaire soit devenu gratuite, c’est pour ça que j’ai eu mon CEPD.

Je ne veux plus de cette vie et je donnerai tout pour. Cette rage que je garde au fond de moi, c’est pour réussir, sortir de cette vie et partir avec mes sœurs et mon frère. Maman par contre, c’est Hassan sa raison de vivre, donc mieux je me concentre sur autre chose.

Qui a dit que la pauvreté n’est pas une maladie ? Elle est pire que le cancer. C’est comme une tumeur qui attaque tes cellules et tes organes. Elle t’empêche de respirer. Elle se propage ensuite dans ton corps. Elle te tue à petit feu et te conduit vers tous les autres maux.

A 15 ans, j’ai rencontré Koffi. Il est béninois, mais sa mère est togolaise. Il suit une formation et il m’aide autant qu’il peut, mais rien que des miettes. Il m’a demandé d’être patiente, sauf que 3 ans après, il n’a toujours pas un boulot qui correspond à sa formation. Il est donc devenu conducteur de taxi moto. Dieu seul sait combien j’aime cet homme, mais il sait aussi que cela ne peut pas être ma destinée.

Heureusement que Dieu m’a créé belle, avec une taille de guêpe. J’ai donc commencé à sortir avec des hommes plus vieux, des hommes mariés. Je les rencontrais dans des soirées ou dans des boîtes de nuit. Je ne peux pas vous raconter ce qu’ils font de mon corps, de mon vagin ou de mon anus. Je serre les dents et subit en faisant semblant de gémir. A la fin je prends mon enveloppe et je rentre chez moi. Quand je rentre chez moi, je mets du beurre de Karité dans mon anus,en plus des bains de vapeur pour la foufoune en feu et la vie continue.

Je sortais et revenais à des heures tardives.

Je me suis déjà fait tabasser par les femmes de mes BIZI (parlant des hommes mariés) et j’ai changé de méthode. Je ne prends plus que des hommes mariés qui ont des femmes chrétiennes. je veux dire de vraies chrétiennes. Ces femmes ne vous feront rien, et si elles découvrent ? Eh bien, elles vont prier pour leur mari. Elles passeront leur temps à chasser le diable qui dérange leur couple, elles passeront leurs soirées dans des centres de prière. Pendant ce temps, moi je bouffe les sous de leur mari au calme, jusqu’à ce que j’en aie marre.

Au début, ma mère me frappait et m’insultait quand je rentrais tard ou que je ne dormais pas à la maison. Mais, à force de ne voir aucun changement, elle ne disait plus rien. Que peut-elle dire d’ailleurs? C’est moi qui m’occupe de la scolarité de mes deux sœurs et de la grande partie des dépenses, dans cette maison.

J’ai épargné comme une dingue, mais quand j’ai demandé le prix d’un terrain, j’ai failli faire un infarctus. C’est ainsi que je suis allée demander la permission à Hassan, afin de construire sur une partie du terrain où nous vivons. Il a accepté, j’ai donc construit un appartement de 2 chambres salon, cuisine, WC et douche interne carrelé, aménagé et équipé. J’ai aménagé la chambre de maman, elle a aussi 2 chambres salon WC douche et cuisine interne. Les deux coépouses de ma mère je ne les gère pas. A chacun ses soucis.

Comment j’ai rencontré Nathan ? Nous sommes dans le même quartier. Tout le monde connaît Nathan dans ce quartier. Sa grande maison est même la référence de notre quartier. Il suffit de dire à un taxi moto que tu vas à la maison de “Prince Agbodjan Nathan”, qu’il te déposera directement devant sa porte.

Tu n’as pas besoin de lui indiquer.

Un jour, ils cherchaient une sorte d’aide à domicile. C’est ainsi qu’ils ont recruté Widdad. Une fois par semaine, souvent les samedis, Widdad va aider tata Emilie dans le ménage et autres de neuf à quatorze heures. Je voulais tellement voir l’intérieur de cette maison, que j’ai supplié Widdad d’aller avec elle pour l’aider. C’est ainsi que je me suis liée d’amitié avec Ruth et Rachelle. Puis, j’ai commencé à faire des yeux doux à Nathan !

Widdad (me rejoignant) Aicha ton amoureux te cherche.

Moi (rigolant) : Tu sais que tu es sauvage ? Même pas un bonjour ! A peine tu viens de rentrer, que tu me cherches les problèmes ? Tu viens d’où même ?

Widdad (baillant) : Laisse je suis tellement fatiguée, il y avait une femme qui voulait que je lave ses habits. Vivement que tata Emilie rentre et que je reprenne mon ménage chez elle, elle paye bien, je mange chez elle et elle est super gentille.

Moi (levant les yeux) : Bientôt, ce ne sera plus à toi de faire le ménage dans cette maison !

Widdad (paniquant) : Lahilahhh ? Quoi, ils veulent me renvoyer ?

Moi : Mais non, je veux juste dire que je vais vous sortir de cette misère.

Widdad : Bon Aicha, koffi est dehors, il t’attend.

Je me lève et vais rejoindre koffi qui discute avec maman.

Moi : Koffi, tu es là depuis longtemps ?

Koffi : Non non, juste le temps de causer avec ma belle mère.

Je fais un sourire nerveux et l’invite à rentrer au salon

Moi : Koffi, as-tu trouvé la somme que je t’ai demandé pour la chose ?

Koffi : Je n’ai trouvé que la moitié, pour le moment.

Moi : Hmmm ok. Donne, je vais compléter moi-même.

Koffi : Aicha tu es sûr de ton choix ? Si on le garde, je te promets de tout faire pour subvenir à vos besoins.

Moi : Koffi, je ne doute pas de ta volonté ! Mais, je n’ai pas confiance en la réalisation de cette promesse. Cela fait 3 semaines, que tu devrais trouver 80 000 FCFA,, mais tu n’as trouvé que 40 000. Tu penses que tu peux prendre la responsabilité d’une femme et un enfant ? On a déjà parlé de ça, s’il te plait. Ne compliquons pas les choses.

Koffi : D’accord ma chérie. Je te promets que bientôt, je ferai de toi la reine que tu es.

Moi :Je crois qu’on va y aller doucement ,sur les promesses. Il y en a déjà une montagne, on va commencer par réaliser celles-là d’abord.

Je raccompagne koffi, qui prend sa moto et s’en va.

Je suis enceinte de deux mois maintenant. Mais, je ne peux pas garder cette grossesse. Une grossesse actuellement fausserait tous mes plans. Je ne sais même pas de qui elle est exactement. Mais? ma période d’ovulation, je l’ai passé qu’avec koffi donc je sais qu’il est de lui, même si je ne peux pas le dire à cent pour cent.

******** EMILIE********

Je me réveille à 6h et vais dans la chambre d’ami, pour prier. Si mes enfants étaient grands j’allais les réveiller aussi. Mais, je sais que cela ne sert à rien.

Quand j’étais plus jeune, ma mère nous réveillait à 4h du matin, mais en réalité cela ne servait à rien, car ma sœur et moi on passait notre temps à dormir.

Même dans la prière, il faut un temps pour tout. Ça ne sert à rien de garder un enfant de 4 ans sur place, pour une prière de 1h à 2h de temps. C’est plus un supplice, qu’un bénéfice pour eux. Mais à leur réveil, je reste avec elles pour une courte prière. Et chaque vendredi soir, nous faisons ensemble une lecture biblique, des histoires de leur bible pour enfant et je leur apprends de courtes chansons. C’est notre moment à nous.

Emilie, Emilie, j’entends ma belle-mère crier mon prénom. Je n’ai pas envie qu’on me prenne la tête ce matin, mais je me décide à sortir quand même.

Moi : Bonjour maman

M.A : Tsruuu, je suis ta mère ?

Moi (en rigolant): Non maman, la mère de nathan (ça a le don de l’énerver quand je rigole).

M.A : Widdad n’était pas là, samedi passé ?

Moi : Oui maman, elle n’a pas fait le ménage dans ton appartement ?

M.A : Dans mon appartement, oui. Mais pas dans celui des filles !

Moi : Ah maman, quand Widdad vient ici, elle a un programme établit. Les 3 premiers samedi du mois quand elle vient, c’est pour une demi-journée. Elle fait ta chambre, lave les habits et si elle a le temps, elle m’aide à faire les sauces pour la semaine. Ce n’est que le quatrième samedi qu’elle fait le ménage dans toutes les pièces de cette maison et les parties communes, parce qu’elle est là toute la journée. Donc hier, ce n’était pas le jour du ménage.

M.A (criant) : Emilie, dis-moi ? Tu veux que mes filles meurent étouffées ? Elles doivent dormir dans la saleté ? On a une domestique pourquoi à la fin?

Moi : Maman, Widdad n’est pas la bonne à tout faire dans cette maison;

M.A : D’accord. Comme tu ne veux pas que Widdad range la chambre des filles, tu vas le faire toi-même

Moi (gros yeux) : Faire quoi maman ?

M.A : Ranger la chambre des filles, Emilie.

Moi (MDR) : Krkrkr mama,; tu rigoles ?

M.A : Tu penses que si j’ai envie de rigoler, c’est vers toi que je viendrais ?

Moi : Alors, ça seulement je ne peux pas.

M.A (hystérique) : Impolie, fille de basse classe, je savais que c’est toi qui va me tuer dans cette maison. Tu oses me contredire ? Toi une femme à moitié ? Avant que je ne compte jusqu’à cinq, Emilie tu vas ranger la chambre de mes filles.

Moi : Maman je suis la fille de quelqu’un aussi, pourtant c’est moi-même qui range ma chambre.

M.A : 1, 2, 3 Emilie

Moi : Oui maman ?

Nathan (derrière moi) : 4 et 5

Je me retourne et vois Nathan derrière moi

Nathan : 4 et 5 ! maman tu vas lui faire quoi ?

M.A : Nathan, tu es rentré! Je pensais que tu étais à l’intérieur du pays pour cinq jours.

Nathan : Je suis rentré ce matin à 3h du matin. Maintenant dis-moi maman, tu vas faire quoi à Emilie à 5?

M.A (en larmes) : Mon fils, plus l’âge avance plus j’ai du mal à utiliser mon genou et mes reins. Je demandais juste à Emilie de m’aider à ranger ma chambre, elle a commencé par me dire, que je ne suis pas sa mère.

Moi (choquée) Yesu ?? Maman ?

Nathan (criant) : Laisse Emilie ! Maman, tu sais que depuis que tu parlais, même ceux qui sont dans les maisons voisines pouvaient t’entendre ? Donc tu trouves normal, qu’Emilie aille nettoyer le bordel de tes filles ? Au nom de quoi maman ? Tes filles n’ont pas de mains ? Non mais c’est quoi ce délire ? D’ailleurs à partir d’aujourd’hui, tes filles feront leur lessive toutes seules et rangeront leur chambre, toutes seules ! Vous dépassez les bornes à la fin !

Nous la plantons au milieu de la cour et rentrons dans la chambre. A peine je m’assois, que les larmes coulent sur mon visage.

Nathan (me prenant dans ses bras) : Ne pleure pas Milia, s’il te plait.

Moi : Nathan je n’en peux plus. Je ne veux plus rester dans cette maison. Je ne veux pas que mes enfants grandissent, dans cette atmosphère.

Nathan : Milia, ne prend pas tout ça à cœur , tu veux ? Tu devrais être habituée maintenant.

Moi (me dégageant) : Habituée, tu dis ? Mais tu te fous de ma gueule ? Tu te fous de moi ? Qui aimerait se faire insulter jour et nuit dis-moi? Ta mère ne touche jamais mes enfants. Heureusement d’ailleurs, je préfère ça que de la voir les maltraiter. Tu me dis de m’habituer à ça ? sniff

Nathan (me tenant fermement) : Regarde-moi Milia, regarde-moi stp. Cette maison t’appartient, c’est à toi et à nos enfants. Elle a une valeur sentimentale pour nous. Elle nous rappelle que nous sommes venus de loin ! Alors, on ne laissera personne, même pas ma mère et ses délires de vieillesse, nous l’enlever d’accord ?

Moi (me calmant) :Hmmmm.

Nathan (mettant sa main dans mon slip) : Souris moi, miliaviii...

Moi : Mais tu fais quoi? Nathan krkr arrête s’il te plaît.

Nathan : Je veux faire rentrer mon garçon.

Moi : Un enfant reste un enfant, que ce soit une fille ou un garçon. On a déjà 4 filles, il faut qu’on pense à s’arrêter là.

Nathan : J’adore mes 4 filles, je donnerai ma vie pour elles, mais j’ai encore de la place dans mon cœur pour d’autres enfants.

Moi : Mais tu es fou, avoue-le.

Nathan : De qui ?

Moi : Je ne sais pas.

Nathan (montant sur moi) : Ah oui ? tu ne sais pas ?

Moi (capitulant) De moi, de moi ….

Je réponds vite, car je connais ces intentions. Mais c’est sans compter sur la détermination de Nathan.

******MADAME AGBODJAN Madje******

Je bouillonne de l’intérieur, non mais cette femme ne perd rien pour attendre. C’est maintenant que je comprends son sourire au coin des lèvres. elle savait que Nathan nous écoutait mais elle ne m’a rien dit. Elle m’a piégé.

Je marche vers l’appartement de mes filles. Il y a 3 appartements dans cette maison.

L’appartement de Nathan qui est le plus grand, celui de mes filles avec deux chambres et un salon, et les sanitaires à l’intérieur, pareil que mon appartement. Je toque nerveusement à la porte.

Moi (criant) : Venez m’ouvrir cette porte, bandes de fainéantes que vous êtes !

Je ne pense pas que ces filles soient mes filles, mon Dieu. Je suis sûr qu’on me les a échangé à la maternité. Cette catégorie, ce n’est pas de moi.

Je les entends chuchoter derrière la porte et je devine aisément ce qui se passe. J’appelle le gardien, qui accourt. Je lui demande de fermer le grand portail et de ne l’ouvrir, que si je lui demande.

Si Ruth et Rachelle veulent la débauche, ce n’est pas mon visage qu’elles verseront par terre. Ça je dis non .

Moi : Ruth et Rachelle, si vous voulez m’énervez ce matin, n’ouvrez pas cette porte dans les deux secondes qui vont suivre.

Elles ouvrent la porte, je les lorgne et rentre dans la douche. Je remplis le seau d’eau et je renverse le gel douche dans l’eau. Dommage qu’il n’y ait pas de piment ici, ça aurait mieux fait l’affaire. Mais bon, on va se contenter de ce qu’on a.

Rachelle : Maman, l’eau ne marche pas dans ta douche ? C’est juste pour un seau d’eau, que tu viens faire tout ce vacarme ici ce matin?

Moi (l’imitant) : Vacarme, vacarme? Tu sais parler gros français et tu n’es même pas foutu d’avoir le BEPC ?

Je regarde Ruth qui est nerveuse et je la vois regarder sans cesse vers sa chambre. Voilà qui est parfait.

Je les dépasse donc et rentre dans la chambre de Ruth avec mon seau d’eau. Eh bien, voilà qui est mieux ! Les deux bandits de garçons sont sur le lit de Ruth. Moi qui me disait que ça va être compliqué de rentrer dans une chambre puis dans l’autre, je vois qu’elles préfèrent faire la débauche ensemble.

Je renverse le seau d’eau bien savonneuse sur ces deux clochards, qui n’avait comme tenue, que des caleçons qui ont bien vécu. Ils essayent de sortir, mais l’eau savonneuse les fait glisser sur le carreau. Je prends mes sandales et les frappent aussi forts que je peux, toute ma colère et ma haine, je les déverse sur eux. Mon cœur de mère est en mille morceaux. Ils crient, mais je n’entends rien. C’est Nathan qui est venu m’attraper.

Moi (en larmes) : Nathan laisse-moi. Laisse-moi les tuer.

Nathan fait sortir les jeunes et d’un coup je me lève et ferme la porte à clés. Je me saisis d’un balai et je chicotte bien ces choses qui me servent de filles

Moi (entre 2 coups) : Vous ne pouvez pas me tuer, non c’est moi qui vous ai emmené dans ce monde, et c’est moi qui vais encore vous faire partir de ce monde. L’école c’est zéro, la formation c’est zéro, je me suis tue car je me disais que vous êtes des femmes et que vous allez trouver des hommes riches pour vous entretenir ! Quand les filles comme vous trouvent des hommes responsables, vous c’est me ramener des drogués, pour vous coucher dans le même lit et dans votre chambre ? Afein (dégueulasse), ACHAO, Hanpo (prostituée). Je comprends ! D’ailleurs qui voudra des filles sales comme vous ? Regardez vos toilettes, regardez votre chambre, même vous laver votre corps même, c’est problème. Ce n’est que des drogués qui peuvent vous coucher. Quand hier vous êtes venus vous plaindre parce que widdad n’a pas nettoyé votre bazar, c’est parce que vous alliez avoir de la visite cette nuit, ou bien ? Je vais vous enlever ce qui gratte votre vagin. Je vais vous enlever toute envie de vous faire coucher gratuitement, ou même d’entretenir les voyous de bas quartier.

Je n’ai que faire de leurs cris et de leurs supplications, je veux juste les tuer. J’ai même mal au bras à force, mais rien à foutre. Nous allons mourir à trois dans cette maison et aujourd’hui même.

Nathan a dû défoncer la porte, parce qu’il me prend dans ses bras et je vois Emilie qui essaye de relever les filles. Il me conduit dans mon appartement.

Nathan : Maman !

Moi : Non Nathan, je veux rester seule s’il te plait.

Nathan : D’accord, mais je reviens dans une heure.

Nathan s’en va et mes larmes coulent. Que n’ai-je pas fait pour ces filles ? J’ai essayé toutes les méthodes : l’amour, le bâton, les conseils, les menaces j’ai tout essayé. Le résultat reste le même, mes filles sont des partisanes de moindre effort.

* Illustration photo: Aicha

** Crédit photo: google_ Meagan Good

**** XOXO #Afi

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