02
Chapitre 2 …« Welcome back to the hell » (Retour en enfer)
************EMILIE***********
Ces semaines passées loin de ma belle-famille, m’ont fait du bien.
Tout le monde pense que je me suis habituée aux comportements de ma belle-mère et de ses filles. Sauf que parfois j’ai besoin d’un peu de répit. Je ne sais pas ce que j’ai réellement fait à cette femme, hormis le fait d’avoir épousé Nathan. Je tiens le coup parce que Nathan connaît bien sa mère et il est de mon côté, sinon j’aurais quitté ce foyer depuis longtemps.
Ces vacances étaient bien méritées. Ça aurait été parfait si Nathan était venu avec moi, mais rien ne vaut cette paix que je retrouve à chaque fois que je m’éloigne de cette maison.
Dès que le chauffeur me récupère à l’aéroport avec mes quatre filles, mon cœur commence à battre. Retourner dans cette maison me donne des frissons, mais mon mari se trouve à l’intérieur donc ma place y est aussi.
J’ai rencontré Nathan quand j’avais 16 ans, il venait d’arriver à Lomé après son bac. Il s’est inscrit à l’université et vivait sur le campus.
Quand je repense à ma vie de jeune fille, j’ai juste envie de remonter le temps et de retourner à cette belle époque d’insouciance.
Mon père, paix à son âme, était un colonel et était craint de tout le monde dans le quartier. Personne n’osait s’approcher de notre maison, encore moins d’une de ses filles.
Mon père est tout le temps en voyage et cela a d'ailleurs eu raison de son mariage avec ma mère, qui l’a quitté pour refaire sa vie.
J’avais dix ans, quand ils se sont séparés. Avec ma grande sœur Yvonne, nous avions suivi maman. Quand elle s’est remariée, mon père a fait un boucan pour nous récupérer.
Pour lui, c’était inconcevable qu’un autre homme s’occupe de ses filles tant qu’il était en vie. “Trop de pédophile dehors”, avait-il clamé. C’est ainsi qu’on est revenu chez papa quand j’avais 13 ans.
J’avais 16 ans, quand un jour le gardien est venu avec Nathan, soi-disant qu’il avait un dossier important à remettre au patron. Tu parles ! C’était une ruse pour pouvoir voir mon père. Il cherchait un job étudiant, avait-il dit. Il était motivé, il était prêt pour nettoyer les voitures ou faire du jardinage. Mon père a souri et lui avait dit:
• Tu es bien brave mon garçon, quand les gens rentrent dans cette maison c’est pour demander du poisson, toi tu veux apprendre à pêcher. Reviens me voir samedi.
C’est ainsi que mon père prit Nathan sous ses ailes. Il lui obtint une bourse d’étude pour la France. Au retour de la France on a commencé par sortir ensemble. Mon père nous a même donné sa bénédiction.
J’avais 22 ans quand on s’est marié coutumièrement je finissais ma licence et Nathan avait 24 ans. Comme cadeau de mariage, mon père nous a offert un vaste terrain en plein centre-ville. Quand nous avons déménagé pour ce quartier, la maison ne ressemblait pas du tout à ce qu’elle est aujourd’hui. Mais, petit à petit nous l’avons construit ensemble. Je travaillais dans une banque et je faisais les cours du soir pour obtenir ma maitrise.
Deux ans après, mon père mourut d’une courte maladie. J’ai eu ma première fille, un mois après le décès de mon père.
Tout allait bien jusqu’à ce que ma belle débarque chez nous, pour m’aider à m’occuper de la petite. Elle n’est plus jamais repartie. Bien au contraire, ses deux filles sont venues nous rejoindre.
Le calvaire a commencé à ce moment. Je suis devenue la bonne à tout faire, et pour ma belle-mère et pour mes belles-sœurs.
La banque dans laquelle je travaillais a fermé ses portes me laissant au chômage.
Deux ans après, j’accueillais ma deuxième fille. Si cela ne tenait qu’à moi je me serais arrêtée là, mais c’est sans compter sur Nathan et sa famille qui veulent absolument un garçon. Deux ans après j’accouchais encore d’une fille, puis d’une autre après elle. Actuellement, ma dernière fille a un an (j'en ai 4 en tout). Toujours pas de garçon et la pression monte.
J’ai essayé d’expliquer à nathan que c’est Dieu qui décide si cela doit être un garçon ou une fille, mais pour lui on essayera jusqu’à l’avoir.
Komi : Madame on est arrivé.
Moi (sortant de mes pensées) : Merci komi, je te laisse prendre les affaires s’il te plait. ma fille Enam s’est endormie dans mes bras.
Je prends un grand souffle et descends de la voiture. Je vois ma belle-mère devant le portail et me dit : « Welcome back to the hell »
Moi : Bonjour maman
Les filles (en chœur) : Bonjour mémé.
Je sais d’avance qu’elle ne me répondra pas. Mais, depuis toutes ces années que j’ai passé dans cette maison, je n’ai jamais manqué de dire ce “bonjour” qui ne reçoit une réponse, que quand Nathan est à côté.
Le chauffeur m’aide à rentrer toutes les valises à l’intérieur. Apparemment Nathan devait régler quelque chose d’urgent au boulot, la raison pour laquelle ce soit le chauffeur qui soit venu nous chercher !
Belle-mère (tapant dans ses mains) : L’argent de Nathan souffre ici dehors, alors qu’elle n’est même pas foutue de lui donner un garçon. Tout ce que madame sait faire, c’est de se pavaner dans les avions et dans des habits de luxes. Mais tant que je suis en vie, je verrai la fin de tout ceci. Après je pourrais mourir en paix.
J’entends ma belle-mère pester ces paroles, d’une oreille distraite. Je me dis “me voici de retour”. Une larme menace de couler. Mais, je respire profondément afin qu’elle ne sorte pas.
Je trouve Ruth et Rachelle assises dans la cour, je les dépasse sans un mot. Je peux encore tolérer la mère, mais pas les sœurs.
Comme elles ne veulent pas répondre à mes salutations, je ne me gênerai pas non plus.
J’ouvre notre appartement et m’en vais mettre Enam au lit, je me charge de donner une douche aux trois autres et vais les coucher. Les pauvres! elles sont épuisées par le voyage.
Je rejoins ensuite la cuisine,après une bonne douche. Je fais juste une liste de ce qu’il y a ou pas, histoire de pouvoir faire les courses plus tard.
Nathan (hurlant) : Miliaviiiiiiiiiiiiiii {milia c’est le diminutif d’Emilie, et « vi » dans notre langue veut dire petite}
Je rigole, en entendant Nathan crier mon prénom comme un gamin. Mine de rien, cette voix m’a manqué. Il m’a manqué, mon Nathan!
Moi : Je suis dans la cuisine chéri.
Nathan : Tu m’as manqué Milia.
Moi : Je sais, tu m’as manqué aussi
Nathan : Allons dans la chambre, comme ça tu pourras me montrer combien je t’ai manqué.
Moi (secouant ma tête) : Pardon Nathan, j’ai beaucoup de chose à faire, comme défaire ma valise par exemple.
Nathan : Je vais t’aider à ranger. En attendant, laisse-moi m’occuper de toi. Je te sens tendue, très tendue même
Moi : Nathan si tu veux qu’on mange dans cette maison ce soir, laisse-moi faire ce que j’ai à faire, tant que tes filles dorment encore
Nathan : Ruth et Rachelle viendront t’aider
Moi (éclatant de rire) : ….
Nathan : Mais ce n’est pas drôle. Appelle-les! Elles ont des mains aussi. Ce n’est pas juste pour venir récupérer une grande assiette, quand tu as fini de préparer
Moi : Nathan s’il te plait je viens de rentrer. Le peu de paix que j’ai encore ne me le prend pas. Pardon laisse tes sœurs, là où elles sont.
Nathan : Milia, tu n’es pas la bonne de mes sœurs. Ma mère, je peux encore comprendre, vu son âge, mais Ruth et Rachelle ? Non, pas dans ma maison !
Moi : Nathan, Nathan, Nathan je t’ai appelé 3 fois. Je viens d’arriver. Laisse-moi un peu de répit s’il te plait. Tu iras crier sur elles et lundi quand tu iras au boulot, c’est sur moi que tout ceci va retomber.
Nathan : Bon, laisse tout ça. Je vous invite les enfants et toi, au restaurant. Mes sœurs vont se débrouiller comme elles le faisaient, pendant tout ce temps où tu n’étais pas là.
Moi : Je dois faire les courses. Si on va au restaurant aujourd’hui, demain on y retournera encore ?
Nathan : Mon Dieu Milia que tu peux être têtue parfois, on fera les courses avant d’aller au restaurant. Va te reposer aussi. Tu as fait un long voyage.
Moi : Hmm ok.
Je laisse tout ça et rentre dans la chambre, avec Nathan derrière moi.
A peine nous franchissons le seuil de la chambre, que Nathan commence à appuyer mes fesses
Moi : Nathan tu as dit que je devais me reposer hein!
Nathan : Oui tout ça c’est pour te permettre de te détendre, en plus tu fais trop l’hypocrite, alors qu’en réalité ça te plait même.
Moi (rigolant) : Nathan ta folie me dépasse.
Nathan (me faisant des guili-guilis) : C’est qui le fou, c’est qui le fou hein?
Moi : Mais c’est toi, arrêteuh krkrkrkr...
Nathan : Si je suis fou, c’est de qui ?
Moi : Krkrkr Nathan, on va réveiller les enfants.
Nathan : Répond alors.
Moi : De moi Nathan, tu es fou de moi.
Nathan (s’en allant) : Voilà qui est mieux.
Moi (essoufflée) : Tu as des problèmes toi.
Nathan (revenant) : Ah bon ?
Moi : Mais non je ne parlais pas de toi, je parlais à la porte.
Nathan : Voilà qui est mieux pour toi.
Nathan sort de la chambre et je sais déjà où il va, dans la chambre de ses filles. Même si elles dorment il va rester là-bas, à les regarder. Pour nous qui n’avons plus de père, seulement là-bas.
********** Aicha********
Hassan (criant) : tu viens d’où aicha ?
Moi : Pff Hassan, tu cries dans mes oreilles, alors que là j’ai juste envie de retrouver mon lit !
A peine je finis ma phrase, que je reçois une gifle qui me coupe la parole
Maman : Mais Hassan, regarde l’état dans laquelle est ta fille. Au lieu de t’inquiéter pour elle, tout ce que tu trouves à faire c’est de la frapper encore?
Une des coépouses de ma mère s’y mêle. Tout ce que je déteste dans cette maison !
Elle (à maman): Mais Azia, s’inquiéter pour elle ? Sûrement que la femme, d’un des hommes mariés avec qui elle couche, lui a sauvagement refait le portrait.
Moi (m’avançant vers elle) : Et toi, qui t’a sonné ? Je peux savoir qui t’autorise à mettre ta sale bouche dans mes affaires? Femme jalouse et aigrie que tu es. Au lieu de penser à l’avenir de tes multiples mioches, tout ce qui t’intéresse c’est lécher le cul d’Hassan. pfff!
Hassan : Aicha c’est moi que tu appelles Hassan ? Moi ton père ? Ce n’est pas toi qui va me déshonorer tu comprends ? J’étais ici hier nuit, je ne t’ai pas vu, tu reviens on te parle, tu allonges ta bouche pour me manquer de respect.
Moi : Être père, ce n’est pas seulement coucher une femme Hassan. Sinon ce serait trop facile. Pour moi tu n’es qu’un géniteur, pas un père! Donc, je vais t’appeler Hassan.
Hassan : Azia tu vois ? Tu vois ? Si jamais aïcha va en mariage et qu’on nous la ramène parce qu’elle n’est pas vierge, vous allez dégager toutes les deux de ma maison.
Moi : Hassan du bruit. Tu fais trop de bruit et pour rien en plus. Ecoutez-moi, je reviens de la pharmacie, je ne me sens pas bien et je ne suis pas d’humeur à écouter vos idioties.
Hassan : Azia tu ne dis rien ? Tu vois comment ta fille me parle et tu ne dis rien ? Regarde son accoutrement ? Regarde bien ce que ta fille porte ? C’est digne d’une fille musulmane ? Tu fais honte à ton prénom Aicha. Dire que je t’ai donné le prénom de ma mère. Elle doit se retourner dans sa tombe. Dévergondée que tu es !
Moi : Amina (Amen)
Je les dépasse et rentre dans ma chambre. J’ai tellement mal ! En plus le bruit d’Hassan et ses femmes m’a donné de graves maux de tête. Pffff! Je me masse le corps, avec une pommade que la pharmacienne m’a recommandée, quand ma mère rentre dans la chambre
Maman : Mon Dieu Aicha, que t’est-t-il arrivé ?
Moi : Maman j’ai été agressée hier soir. Je ne veux même plus me rappeler de ces moments. L’essentiel c’est que je sois en vie.
Maman : Aicha, il va falloir faire attention. Faut arrêter de sortir la nuit, c’est dangereux ma fille.
Je vais mettre de l’eau chaude pour ton massage.
Moi : Ça va maman
Maman : Dis-moi ma fille, tu n’aurais pas un billet de 5000.
Moi : C’est un grand NON maman
Maman : Mais laisse-moi terminer ma phrase.
Moi : Maman je ne vais pas te donner 5000, pour que tu ailles le donner à Hassan.
Maman : Aicha c’est pour moi même.
Moi : Maman il vient te coucher et en plus tu dois lui payer ses services ? On aura tout vu dans cette vie. Tu peux retourner dire à Hassan, d’aller demander à une autre de ses femmes.
Maman : Contrôle ton langage jeune fille.
Moi : Maman on connait tous l’histoire. Hassan ne dort jamais ici, sauf quand sa première femme le fout dehors, parce qu’il a soit engrossé une fille, soit il a épousé une autre femme ou un truc de ce genre. Et comme son revenu ce sont ses femmes, il vient chercher de l’argent ici.
Maman : Aicha, c’est ton père quoi qu’il arrive et il reste mon mari. Il dit qu’il a des analyses à faire, donne lui un billet de 5000 francs
Moi (énervée) : Conneries. Maman tu te fatigues oh, ton mari comme tu le dis n’auras pas les sous d’une prostituée aujourd’hui.
Maman : Aicha toi aussi, tu sais qu’il ne le pense pas. Toutes ses paroles, c’est parce qu’il a honte de ne pas pouvoir s’occuper de vous. C’est sa manière de s’accrocher au peu d’autorité qui lui reste.
Moi : Maman yee ? Tout ce que tu racontes là me laisse à 37 comme degré. Si tu vas dire à ton mari qu’aujourd’hui, il a joué bidet, tout le monde gagnera en temps et en tranquillité.
Maman (pleurant) : Eh Aicha snif snif!
Moi : Maman va lui dire oh. On va gagner en temps, parce que tout ce que tu fais là, j’ai déjà vu ça. La stratégie-là ne marche plus. Faut innover un peu
Maman : Hmmm
Moi : C’est ça hmmm
Elle se lève et s’en va.
A peine une heure après, son mari la remplace.
Hassan : Aicha j’ai appris que tu t’es faite agressée ?
Moi : ……
Hassan : Faut qu’on aille porter plainte
Moi : …….
Hassan (se grattant la tête): Tu dois avoir mal ! Sinon moi-même depuis hier soir, je n’ai pas dormi de la nuit ma colonne vertébrale me lâche. Tout ça c’est la vieillesse.
Moi (comptant les moutons dans ma tête) : …..
Hassan : Je suis allée à l’hôpital ce matin, je dois faire une analyse… c’est après ça qu’ils pourront voir ce que j’ai vraiment.
Moi : …..
Hassan : Aicha tu m’entends ? Je souffre trop ma fille.
Moi : Eh Dieu, je sais qu’on doit être tenté dans la vie, mais cette tentation-là seulement me dépasse. Hassan, quand tu auras fini de faire ton cinéma, ferme la porte derrière toi.
Hassan : Aicha, je suis ton père, tu me dois du respect. Dans la vie c’est une main qui lave l’autre. Une fille peut aider son père aussi
Moi : Hassan une main lave l’autre et vice versa. Ce n’est pas dans un seul sens. Comme j’ai dit à ta femme il y a peu, je ne donne R c’est-à-dire Rien oh!
Hassan : Même pas 3000 ?
Moi : NON. Je ne veux pas te déshonorer avec mon argent
Hassan : Ce n’est pas bien d’être rancunière ma fille. Tu ne peux pas prendre des paroles de colère pour argent comptant.
Moi : Hassan tu perds ton temps. J’ai eu droit à ce discours 999 fois et dans toutes les tournures possibles. Et à la fin, c’est toujours mon nom qui est votre cure dent. Mais pour aujourd’hui là c’est un Non, N-O-N, NON.
Hassan : Aicha, réfléchis un peu. Comment tu peux m’appeler Hassan, devant des frères et sœurs ? Tu ne peux pas bafouer mon autorité devant tout le monde comme ça!
Moi : ….
Hassan : Aicha ?
Moi : Crois-moi, tu n’aimerais pas entendre ma réponse. Laissons comme ça !
Hassan : Hmm et si demain je meurs ?
Moi : Je n’ai pas d’argent. Dans quelle langue je vais vous le dire ? Je ne travaille pas. Là où je suis, je n’ai qu’un billet de 2000 francs sur moi.
Hassan (s’énervant) : Mais qu’est-ce qu’un adulte comme moi, va pouvoir faire avec 2000?
Moi (étonnée) : ???
Hassan : Bon ce n’est pas grave. Donne, je vais me débrouiller.
Moi (énervée) : Hassan tu t’entends parler ? Je suis sûr que l’argent que j’ai donné à maman pour la semaine dès qu’elle a vu ta queue, elle a tout utilisé pour te faire une sauce 6 pièces (expressions pour dire plusieurs sortes de viande). Et quand je te dis que je n’ai que 2000, tu oses dire de te le donner, sachant que tu as tes rejetons ici et qu’il faut les nourrir ?
Hassan : Mais….
Moi (le coupant) : Mais quoi Hassan ? Mais quoi ? {Je me lève rageusement et vais prendre le billet de 2000 FCFA et le lui balance en hurlant}… va boire dans les bars que tu veux ? Va te saouler la gueule Hassan. Et puis tu viendras coucher tes femmes devant leurs enfants. Ça me laisse à 37.
Hassan a ramassé les sous sans vergogne et est sorti de ma chambre. Je sens une douleur sourde dans ma poitrine.
Normalement, tout ça ne devrait plus m’atteindre. Mais, je ne peux m’empêcher de penser à ces parents que Dieu m’a donné, surtout à ce père. J’ai honte de mon père. Quand il s’agit de boire il ne se rappelle pas qu’il est musulman.
Mais quand il faut insulter Aicha, il peut réciter le coran comme une récitation.
Les larmes coulent de mes yeux. Je les essuie brutalement, en soufflant comme si j’avais des contractions. Je me place devant le miroir et souffle tout en me parlant:
• Aicha calme toi, calme toi. Tu ne pleures pas, car tu es une gagnante. Bientôt, tout ceci va finir. Tu auras la vie qui t’est destinée, celle que tu mérites. Tu es une princesse en réalité. Dieu a fait une erreur en t’envoyant dans cette famille. Ce n’est pas ta place. Pleurer te donnera des rides. Une princesse n’a pas de ride. Prépare toi pour quand tu auras retrouvé ta vie.
Crédit photo: Google; Gabrielle Union
