Chapitre 4 : L’ombre du passé
Chapitre 4 : L’ombre du passé
Le cœur de Léna battait à tout rompre alors qu’elle quittait l’ascenseur.
Il savait. Elle en était presque certaine maintenant.
Ce prénom, cette manière de l’observer, les silences... Tout indiquait qu’il jouait avec elle. Mais dans quel but ? Se venger ? Lui arracher Noah ? Ou… autre chose ?
De retour chez elle, elle tenta de retrouver un peu de calme. Noah dessinait au sol, couché sur le ventre, les pieds en l’air, insouciant. Il avait dessiné un bonhomme aux cheveux noirs et aux yeux bleus.
— C’est qui, ça ? demanda-t-elle doucement.
— C’est mon papa, répondit-il tout naturellement. Mais je sais pas comment il s’appelle…
Un frisson traversa Léna. Elle s’accroupit, lui caressa les cheveux.
— Il s’appelle Liam, murmura-t-elle. Mais il ne sait pas que tu existes.
— Pourquoi tu lui dis pas ?
Elle se mordit la lèvre. Noah avait posé la question qu’elle se posait chaque nuit.
— Parce que… j’ai eu peur, mon ange.
Il haussa les épaules et retourna à son dessin.
Le lendemain matin, l’ambiance dans le bureau était plus pesante que jamais. Liam semblait absorbé par ses dossiers, mais chaque fois qu’elle bougeait, elle sentait son regard la suivre.
Elle tapait un courrier lorsqu’il lança soudain :
— Vous avez changé depuis l’université.
Léna se figea.
— Pardon ?
— Votre voix. Elle est moins… naïve. Moins douce. Mais je suppose que la maternité, ça change une femme.
Elle releva lentement la tête. Son regard croisa le sien.
— Pourquoi vous me dites ça ?
Il se leva, s’approcha d’elle, les mains dans les poches, calme, trop calme.
— Parce que je déteste les secrets. Et les fuites.
Elle recula d’un pas, se heurta au bord de la table.
— Je ne suis pas venue pour raviver le passé. Je suis ici pour travailler, c’est tout.
— C’est tout ? répéta-t-il, en arquant un sourcil. Pas pour me dire que j’ai un fils que j’ignore depuis cinq ans ?
Elle sentit l’air se bloquer dans sa gorge.
Il savait.
Cette fois, il ne jouait plus. Il affirmait.
— Tu… tu n’en voulais pas. Tu m’as fait comprendre que je n’étais rien pour toi.
Il rit. Un rire amer, glacé.
— Je n’ai jamais eu cette chance, Léna. Tu es partie sans un mot. Sans me laisser une seule explication.
Elle baissa les yeux. Des souvenirs douloureux remontèrent. Le message. La peur. L’humiliation.
— On m’a menacée, Liam. On m’a fait croire que tu voulais m’écarter. Que j’étais un problème.
Il plissa les yeux.
— Qui ?
Elle secoua la tête, en larmes.
— Je ne sais pas. Je n’ai jamais su. J’ai fui. Pour moi. Pour lui.
Un silence lourd s’installa.
Liam s’éloigna lentement, se tourna vers la baie vitrée. Il posa une main sur la vitre, le regard perdu dans les immeubles.
— Alors c’est vrai. Noah… c’est mon fils.
Léna hocha la tête, la gorge serrée.
Il resta immobile quelques secondes. Puis :
— Je veux le voir.
Elle sentit son monde vaciller. Ce moment qu’elle avait craint depuis si longtemps était arrivé.
Et ce n’était que le début.
