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06

Part 13

Wahouuuuu. Etre célibataire chez ses parents c'est juste génial. Vous allez me dire que je régresse mais vous savez quoi? Je m'en fous!

Quand je ne veux pas conduire, le chauffeur me dépose. Ca fait 2 semaines que je n'ai plus pensé à ce qu'il fallait préparer dès mon retour à la maison. Je ne pensais qu'à moi et à mes bébés. Et je me laissais dorloter par mes parents. J'avais du expliquer aux jumeaux pourquoi Papa n'était plus là, mais à part ça la transition c'était bien passé. Marc ne me manquait pas le moins du monde, ce qui était très significatif. Je croquais la vie à pleine dents, allez dire!

Donc ce lundi matin j'ai confiance à la vie et à mon avenir. En plus c'est mon anniversaire (dédicace à Naguy Reteno-Cataracs et à Vanessa Happi). Je ne vais rien faire de spécial mais bon je suis quand même de bonne humeur. Maman a demandé à la cuisinière de faire un de mes mets préféré, le ndolé. On va mangé tous ensemble et puis c'est tout.

Je travaille tranquillement toute la journée. Je plaisante avec tout le monde. Les gens ont remarqués que je suis de meilleure humeur et ça se ressent sur mon travail.

Il y a quelque jours j'ai appris qu'un autre ingénieur allait venir du Gabon. Mon cœur à manqué un battement quand j'ai entendu ça, mais ce n'était pas Cameron.

J'ai du travaillé en étroite collaboration avec lui et il ressort de là que c'est un idiot. Qui prend tout le monde haut. Il a énervé tout le monde sans exception. Même la très stoïque Ginette à pété un plomb avec lui. Mais monsieur n'avait le temps de personne. D'ailleurs lui, il est petit et noir à l'image même du gabonais type dans ma tête (enfin l'ex image).

Il est 18h mais je bosse encore. Il n'y a personne qui m'attend à la maison, donc je prends tout mon temps. Et le lundi est un jour où j'ai toujours beaucoup de travail. Et puis on a l'habitude de manger un peu tard.

Je travaille tranquillement jusqu'a 19h et je range enfin mes affaires. Mais je dois jeter un dernier coup d'œil à mes mails avant de partir. Parce que j'attends une information importante. J'ouvre mes mails et je tombe directement sur le mail temps attendu. Je le lis et je décide enfin de tout fermer. Mais quand je repars sur la boite de réception un nom me saute au yeux. Cameron Nguema. Je reste interdite, les yeux grands ouverts et fixés sur mon écran. Une chanson traverse mon esprit. Pas toi je JJ Goldman. Le refrain c'est: "quoi que je fasse, où que je sois, rien ne t'efface, je pense à toi". C'est exactement ce que je vis avec Cameron. Je ne pense pas à lui tout le temps au point de ne rien faire. C'est plus vicieux que ça. Je me lève en pensant à lui, je m'habille en pensant à lui, je mange en pensant à lui, je travaille en pensant à lui. Et bien évidement je rêve de lui. Il est comme une tâche de fond ou une analyse de fond sur un ordinateur. La tâche/l'analyse est en cours mais malgré ça on peut continuer à faire autre chose sur l'ordi. C'est comme si il m'habitait. Comme si il est là avec moi chaque jour. Je me dis que c'est parce que on a rien pu faire, on a pas exploré ce qui aurait pu être et du coup je sublime toutes les sensations que j'ai ressenti. J'avais réussi à me faire à cette idée. Cameron était presque devenu immatériel, peut être avais je imaginé sa présence et ce qu'on avait vécu? Mais ce mail venait de faire voler en éclat tout le château de cartes que j'avais soigneusement monté.

Mes doigts tremblaient sur la souris. Le curseur était au dessus du mail mais je n'ai pas cliqué. En plus il n'y avait pas pas "'d'objet". Je n'ai donc aucune idée quant au contenu du mail. J'ai hésité pendant 5 minutes puis finalement je l'ai mis à la corbeille sans le lire.

J'ai rangé précipitamment mes affaires et j'ai pratiquement couru jusqu'a la voiture. Je suis monté et j'ai démarré. Pourquoi il m'a écrit un mail? Qu'est ce qu'il veut me dire? Qu'est ce qu'il veut?

Je suis arrivé à la maison et j'ai filé dans ma chambre en prenant les jumeaux au passage. Je me suis enfermée et j'ai joué avec eux pendant une bonne heure. Ils m'ont souhaité un joyeux anniversaire puis on est sorti. Ce soir exceptionnellement ils allaient se coucher un peu plus tard..

Puis alors que d'habitude le lundi je me reposais, je suis allée suivre la télé. Je devais absolument m'occuper l'esprit pour m'éviter de penser. Je montais, descendais, m'agitais dans tous les sens sous l'œil interrogateur de mes parents.

Puis on est passé à table et on a chanté avant de manger. Je me suis dis que j'avais autour de moi pour mes 24 ans, les êtres que j'aimais le plus au monde. Mais j'aurais bien voulu qu'une autre personne soit là. Et cette personne ce n'était pas Marc.

J'ai mis les jumeaux au lit et je suis repartie regardé la télé en compagnie de mon père. Après quelques instants où je me suis agitée dans tous les sens mon père à éteint la télé.

-Papa: Vivi mon bébé, qu'est ce qu'il y a ?

-Moi: rien papa, rien.

-Papa; arrête, je vois bien que quelque chose ne va pas. Dis moi.

-Moi: je convoite quelque chose qui ne m'appartiens pas et que je ne devrais pas convoité. Et que d'ailleurs je ne peux pas avoir

-Papa: Ah! Tu sais on ne fait toujours ce qu'on devrait dans la vie. Souvent il y a des choses contre lesquelles tu ne peux résister. Peut importe le mal que tu te donnes ou celui que tu risque de faire à quelqu'un. Le propriétaire de la chose en l'occurrence. C'est la vie.

-Moi: si seulement c'était aussi simple.

-Papa: depuis quand la vie est simple? Il faut se battre pour ce qu'on veut. Si tu es en accord avec ton cœur et ta conscience, il faut y aller. Quitte à faire du mal à certaines personnes. Il faut juste prier le Seigneur pour qu'il t'aide à faire les bons choix. D'accord mon bébé?

-Moi: oui.

Mais bon j'avais laissé passer ma chance de vivre quelque chose d'exceptionnel avec Cameron donc...tant pis.

A 23 heures, tout le monde est parti se coucher. A 00h30 je me tournais et retournais encore dans mon lit. A 2h du matin je me suis levée pour aller faire un verre de lait chaud. Ca allait m'aider à dormir. Comme je ne voulais pas l'amener dans ma chambre, je suis aller le boire dans le bureau de ma mère. Le lait était fini depuis longtemps mais je restait là, fascinée par l'écran de l'ordinateur éteint. Puis je l'ai allumé et, avant de changer d'avis, je me suis connecté. J'ai ouvert ma boite professionnelle. Je suis allé fouiller la corbeille. Dieu merci elle n'avait pas encore été vidée. J'ai violement appuyé sur la souris et l'objet de mes tourments s'est enfin ouvert. Quelques lignes:

"Bonjour Vivivka,

J'espère que tu vas bien.

Je sais que c'est un jour spécial pour toi aujourd'hui. Je te souhaite donc le meilleur. Que du bonheur. Profites de la vie et vis là de telle façon que l'année prochaine à cette même date tu puisse te retourner, regarder les actes que tu as posé, ce que tu as fait, et que tu n'ai aucun regret. Aucun. La vie est si courte qu'il faut bien penser a prendre ce qu'elle te donne et a en tirer le meilleur.

Bon anniversaire."

J'ai lu et relu le mail jusqu'a ce que l'image soit brouillée par mes larmes. J'ai posé ma tête sur le clavier et mon front a appuyé sur la touche "descendre" (la petite flèche qui pointe vers le bas), jusqu'a ce qu'elle ne puisse plus aller plus loin et remette donc un signal sonore. J'ai relevé la tête et là j'ai remarqué qu'il y avait un post scriptum. Il était donc tout en bas. Comme si Cameron ne voulait pas que je lise.

"PS: I miss you."

Part 14

Une petite phrase de rien du tout et voilà comment je me retrouvais à Libreville. Au bord mer. Au lycée d'Etat ou à Nzeng ayong. Oui pourquoi je n'irais pas au Gabon hein? Je pouvais postuler pour une grande société là bas. Avec mon CV ça ne devrait pas trop être difficile. Qu'est ce qui me retenait ici hein?

J'atterris brutalement sur terre. Deux bouts de chou me retenaient ici. Je n'allais les déraciner parce que je poursuivais un homme...qui ne m'avais rien promit. C'est vrai soyons pragmatiques 2 secondes et résumons les faits:

1. On s'était embrasés 2 fois;

2. Les 2 fois étaient géniales;

3. On ne s'était rien dit à par un "I miss you";

4. Il vivait au Gabon et moi ici au Camer;

5. Il avait un fils et moi 2 enfants;

6. IL ETAIT MARIE.

Dites moi ce qui là dedans me faisais croire que je pouvais ramasser mes enfants, mes cliques, mes claques et aller rejoindre Cameron? Que j'allais trouver quoi là bas? Monsieur installé avec sa femme qui soi disant lui manquait? Bon sang non! Je ne chercherais de stage nulle part. J'irais nulle part et surtout pas au Gabon, What the fuck?!

Cette mise au point avait servi au moins à une chose, a ôter les idées de voyage de ma tête. Mais c'est tout ce à quoi ça avait servi. Pour le reste j'étais toujours habitée, que dis-je, HANTEE par M. Nguema. Tellement hantée que je ne lui avais pas répondu, alors que ça faisait bien 10 jours que j'avais reçu ce mail. Euh... je n'avais pas le temps, trop de boulot, trop d'enfants, trop de tout et n'importe quoi. Je savais juste que je n'avais pas encore répondu à ce mail de malheur...non de bonheur. C'était un mail de bonheur, il m'avait rendu heureuse. Vous avez vu? J'essaie de faire de moins en moins l'autruche. C'est bien non?

Toujours est-il qu’une fois de plus j'étais au boulot à 19 heures. J'avais fini de travailler, mais quelque chose me retenais là mais je ne savais pas quoi. Rhooo arrêtez de me gronder ou de lever les yeux, c'est bon! Je fais sortir l'autruche qui est en moi. Je savais ce qui me retenait ici. Il fallait que je réponde à Cameron. Chaque fois que j’ouvrais ma boite mail j'avais l'impression que je ne voyais que son mail à lui. Sans réponse. Allez Vivi, haut les cœurs! Ce n'était qu'un mail. J'ai cliqué sur son mail puis sur répondre.

"Salut.

Je vais bien et toi? Merci pour tes vœux. Ils ne vont droit au cœur."

Après réflexion j'efface cette dernière phrase. Puis j'ajoute un PS

"PS: mon adresse perso c'est vivickasora@yahoo.fr"

J'ai envoyé rapidement le mail avant de changer d'avis. J'ai essuyé la sueur sur mon front. Ouf voilà c'est fait. J'ai essayé de respirer lentement pour calmer les battements de mon cœur. A croire que je venais de courir un 100 mètres. Encore que...oui je venais de courir un 100 mètres émotionnel. Satisfaite de moi même j'ai rangé mes affaires et je suis rentrée chez moi.

Je sautais dans tous les sens et je faisais des bisous à tout le monde. Mes parents m'ont demandés ce qui m'arrivait.

-Moi: rien je suis de bonne humeur c'est tout.

-Maman: eh bien c'est tant mieux.

Je me suis occupé des jumeaux puis j'ai mangé et enfin je me suis installé devant mon ordinateur. J'ai ouvert mon Facebook. Grace aux multiples applications stupides de fcbk je me suis rendu compte que ce dernier mois, la personne qui avait le plus visiter mon profil était...Marc. J'ai ris. Il allait finalement me faire pitié. On ne s'était pas revu depuis que l'on s'était séparé. Quand il venait prendre les enfants je ne sortais pas. Ce n’est pas que je lui en voulais ou quoi que ce soit, c'est juste que je trouvais qu'il n'en valait pas la peine. Ce n'était pas moi qu'il venait voir, c'était les gosses. Donc vraiment...

J'avais envie de l'enlever de mes amis, mais encore une fois ce serait lui donner trop de poids.

J'ai tchaté avec ma meilleure amie qui en ce moment était en Afrique du Sud. Elle me manquait trop. Si elle avait été là elle m'aurait déjà donné son avis. Un avis objectif. D'ailleurs elle a toujours détesté Marc. Je me souviens qu'elle m'avait giflé quand je lui avais dit que j'étais enceinte de Marc. On s'est séparées et j'ai trainé encore un peu sur Twitter, facebook et Viadeo. On ne sait jamais si il pouvait y avoir des opportunités de job dans d'autres pays de la sous-région...Le Gabon par exemple!

Finalement n'y tenant plus j'ai ouvert mon mail perso. Cinq messages. Des notifications de facebook, de la pub et tout en haut un "Hello" de "nguemacameron@hotmail.com".

J'ai sauté de joie sur ma chaise, à telle point que je l'ai renversé, et j'ai fais une petite danse. Puis je me suis reprise et je me suis assise.

J'ai ouvert le mail.

"Hello

Voici mon mail perso.

Comment je vais? Je suis debout. C'est tout.

Content que tu ailles bien. Et les enfants?"

J'ai appuyé frénétiquement sur la petite flèche pour atteindre le bas du message. J'ai fermé les yeux de bonheur quand j'ai vu le post scriptum:

PS: "Natural woman (You make me feel) d'Aretha franklin"

J'ai bien évidement filé sur Youtube pour écouter cette chanson que, à ce moment, je ne connaissais pas. J'ai écouté les paroles et après l'avoir téléchargée, je l'ai mise en mode repeat. C'est fou, je ressentais exactement la même chose. Avant de le rencontrer, j'étais comme blessée à l'intérieur. Mais il a tout chamboulé. Avant je ne savais pas ce qui n’allait pas chez moi, mais après ses baisers j’ai su. Et quand j'étais avec lui, je me sentais bien. A ma place.

Mais mon pragmatisme a vite repris le dessus.

-Moi: Vivi qu'est tu en train de faire exactement? Je rêve les yeux fermé sur une chanson? Je me prends pour Bridget Jones?

J'ai tout arrêté et j'ai éteins l'ordinateur. N'importe quoi!

Une semaine plus tard, en fin d'après midi, on était en réunion. Et je vous jure je n'ai rien vu venir. Rien du tout. La réunion était terminé et on passait aux "faits divers": les trucs importants mais qui ne concernaient pas la réunion.

Quelques personnes ont parlées pour annoncer des naissances, deuils et autres. J'écoutais d'une oreille. Puis Jean a pris la parole.

-Jean: j'ai oublié de vous prévenir plus tôt, mais lundi, notre bon ami gabonais, Monsieur Nguéma revient nous voir!

Patrick et Bill ont manifesté bruyamment leur joie, tandis que moi...qu'est ce que j'avais fait déjà? Je sais plus. J'avais comme un sifflement dans mes oreilles. La réunion s'est terminée. Et j'ai été la dernière à sortir. Je me suis levée mais je ne tenais plus sur mes jambes. J'ai titubé jusqu'au mur le plus proche pour m'appuyer dessus, mais là encore c'était trop de poids. Je me suis laissé glisser au sol, la tête, le cœur et le corps en folie.

Ciel! Cameron Nguéma ME revenait. Il fallait que je déménage de chez mes parents.

Part 15

C'est tout juste si je ne poussais pas l'hôtesse dehors tellement j'avais envie de sortir de cet avion. Le Cameroun, quel magnifique pays. Capable de produire des hommes mais surtout des femmes de valeur. Capable de produire de magnifiques spécimens de la race humaine, tels que Vivicka Sora.

Pourquoi je me retrouve là alors que je devrais être au Ghana? Eh bien il parait que mon collègue a fait un boulot tellement merdique que certains ici ont menacés de démissionner s’il revenait au Camer. Et devinez qui on a envoyé pour essayer de recoller les pots cassés (réclamé à grands cris par ses collègues camerounais svp)? MOIIIIIII. J'étais tellement content que j'ai offert un stylo Mont Blanc à mon collègue fouteur de merde. Il n'avait aucune idée du bien qu'il me faisait. J'étais au Cameroun et que je sois pendu si je laissais passer ma chance avec Vivi.

En chantonnant je suis parti récupéré mes valises et j'ai retrouvé Jean, fidèle à son poste. J'avais beaucoup de bagages parce que...

-Jean: Alors comme ça tu es tellement amoureux de notre pays que tu reste 2 mois?

Voilà Jean à tout dit. J'allais passer 2 semaines à l'hôtel parce que l'appartement libre était en travaux puis après je serais "chez moi". Encore une fois Jean m'a laissé au Hilton. J'ai gardé le même numéro et il m'a donné les clés de la même voiture. Parfait.

Dès qu'il sorti j'ai plongé sur mon téléphone avec l'intention d'appeler Vivicka. Mais je me suis retenu. Il fallait d'abord que je la voie. Que je sache si elle allait bien et si elle était encore avec l'autre abruti. Parce que, me concernant, je ne me sentais plus lié à Eve de quelque manière que ce soit. Je l'ai suppliée, engueulée, menacée, mais rien. Elle est toujours là. M'en fous. Je la considère comme étant une colocataire. D'ailleurs depuis mon retour je dors sur un clic-clac (canapé lit) au salon. On est dimanche. Je vais donc devoir attendre demain pour voir Vivicka.

Le lendemain matin quand je suis arrivé elle n’était pas là. En déplacement. Je n’ai absolument pas pu me concentrer de la journée. Puis enfin j’ai entendu son pas dans le couloir. Le bruit a ralenti pour s’arrêter tout à fait prêt de la porte de mon bureau. Puis elle a continué et elle est entrée dans mon bureau.

J’étais déjà debout à l’attendre. On s’est fixé pendant une minute puis, posément j’ai contourné le bureau et je me suis dirigé vers la porte. Elle ne me quittait pas des yeux et tournais sur elle-même à mesure que je me déplaçais dans le bureau. J’ai fermé la porte...Et je me suis jeté sur elle. Cette fois si elle avait un tissage (greffe pour les camers) plutôt longue que j’ai pris dans ma main, j’ai tiré vers le bas et je l’ai embrassé. Mon Dieu ! Vivicka s’est agrippé à mes épaules et répondait à mon baiser en poussant des petits gémissements.

Je l‘ai relâché. On se regardait tout les 2 complètement essoufflés.

-Moi : Bonjour.

-Vvi : bonjour. On se voit ce soir ?

OUI ! Merci mon Dieu !

-Moi : oui ! Oui ! Et Marc ?

-Vivi : je ne suis plus avec lui. Tout ça c’est un peu grâce à toi. Tu m’as ouvert les yeux.

Je me suis tout de suite sentie mal à l’aise quand elle a fini de parler.

-Moi : tu l’as quitté à cause de moi ? Depuis quand ?

-Vivi : le dimanche où tu es rentré chez toi.

J’ai pris une inspiration. J’allais certainement faire le truc le plus stupide de ma vie mais il fallait que je le fasse.

-Moi : je ne sais pas Vivi. C‘est encore récent pour toi. Moi je n’ai jamais aimé Eve, mais toi tu as aimé Marc. Et c’est le père de tes enfants. Tu es sure de toi ? Je ne veux pas être celui qui va tout gâcher si jamais tu veux redonner une chance à ton couple.

J’ai tout de suite eu envie de retirer ce que j’avais dit. Mais je voulais, autant que faire ce peut, faire les choses bien. La situation était déjà assez bancale comme ça. Pas besoin d’en rajouter.

-Vivi : Eve c’est ta femme ? Et tu ne l’as jamais aimé ? On va en parler une autre fois. Dans l’immédiat je sais juste une chose : je suis sure de moi. Et j’ai envie d’être avec toi. J’ai même déménagé de chez mes parents en moins de 3 jours. Que te faut-il de plus comme preuve ?

-Moi : si tu es sure de toi, quelques jours de plus ou de moins ne vont rien changé à l’affaire ou à ce qu’on ressent l’un pour l’autre non ?

Vivicka a regardé mes lèvres puis mes oreilles avant de mordiller sa lèvre inférieure. Je l’ai prise par le bras pour la faire sortir du bureau sinon, je ne répondais plus de rien.

J’ai fermé la porte et je me suis adossé dessus. Pourquoi je lui avais dit ça ? Quel besoin avais-je de jouer le gentleman, l’homme bien, puisque de toutes les façons j’allais tromper mon épouse ? Et puis Vivicka était libre comme l’air. Pfff quel idiot !

J’ai ouvert la porte pour la rappeler et je me suis trouvé nez à nez avec Jean. Zut, je suis reparti m’assoir et j’ai essayé de bosser.

Une semaine plus tard.

Plus tendu que moi tu meurs ! Je n’avais jamais autant ressenti cette tension émotionnelle et sexuelle.

Vivicka et moi on ne s’est pas beaucoup vu cette dernière semaine. Pour trois raisons. Nos déplacements respectifs, Jean était toujours collé à mes basques et la plus importante raison : je l’évitais. Puisque je lui avais demandé de réfléchir, je devais au moins lui laisser le temps et attendre qu’elle soit prête ou qu’elle retourne avec Marc.

Ce soir j’étais tout seul dans le bureau. J’entendais Vivicka rire dans le bureau d’à côté et mon cœur faisait des bons à chacun de ses gloussements.

A 17h j’ai entendue sa collègue dire.

-Vivi stp couvre moi. J’ai un petit problème et je dois partir plus tôt.

-Vivi : pas de souci. Vas-y.

Sa collègue est partie avec ma concentration. Je ne pouvais penser qu’à une chose, j’étais seul dans mon bureau et Vivicka était seule dans le sien. Mais bizarrement mes pieds restaient fermement ancrés au sol.

Les gens passaient devant mon bureau pour rentrer chez eux. J’ai regardé ma montre. 18h.

J’ai commencé à ranger mes affaires. Mais j’ai reçu un appel et je me suis remis au travail. J’ai pourtant senti quand Vivicka est sorti de son bureau et au lieu de se diriger vers l’ascenseur elle est venue vers mon bureau. Elle est entrée. Je suis resté cloué sur ma chaise. Je n’avais pas peur, non ! C’est juste que si je me levais elle allait constater dans qu’elle était je me trouvais parce que je nous avais imaginés en train de faire l’amour sur mon bureau. Je ne voulais pas passer pour celui qui a juste envie de coucher avec elle.

-Vivi : Cameron.

-Moi : Vivicka.

Silence après ses 2 mots. Puis Vivicka s’est reprise et s’est approché pour se mettre juste à côté de moi.

-Vivi : ça fait longtemps ! Je voulais juste te dire ‘’A demain’’.

Etant toujours assis j’ai levé mes yeux vers ce visage qui peuplait mes nuits...et mes jours. Ce que je voyais dans ses yeux était l’exact reflet de ce qu’il y avait dans les miens. La passion, le désir, la frustration et une autre émotion que je ne préférais pas citer. C’était trop tôt, trop vite, trop explosif, trop profond, trop compliqué. Pourtant c’est cette émotion qui m’a fait poser la tête contre son ventre, juste sous ses seins.

Elle a mis une main sous ma mâchoire et l’autre sur ma tête et là mon cerveau a comme explosé. Je me suis senti tellement bien, tellement à ma place ! Et Vivicka qui me caressait la tête ! Elle savait instinctivement ce que je vivais et essayait de me calmer. Comment une situation aussi naturelle pouvait être si compliquée à tenir ?

J’ai entendu des voix qui s’approchaient. J’ai eu du mal a quitté l’abri chaud et douillet de ses seins, ses bras et de son ventre mais il le fallait. Elle m’a fait un baiser sur le haut de ma tête puis s’est éloigné.

Arrivée au niveau de la porte elle s’est retournée et m’a dit « à demain ». La lueur qui brillait dans ses yeux ne me disait rien qui vaille.

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