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Part 11
J’ai levé et la tête et j’ai vu un homme qui se tenait derrière Vivicka. A son air énervé j’ai directement su qui c’était. Et j’avoue que je n’ai pas tenté d’endiguer le flot de haine qui s’est déversé dans ma tête.
Le type : VIVI ! JE N’ARRIVE PAS A CROIRE CE QUE JE VOIS !
-Vivi : Marc ?! Qu’est ce que tu fais là ?
Ah il s’appelait Marc. En plus de ne pas être beau il avait un prénom stupide. Mais bon je ne suis peut être pas objectif.
-Marc : Hé ! ferme ta gueule ! C’est à moi que tu demande ça ? Tu embrasses les hommes en route et tu me demande ce que je fais là ? Hein ?
-Moi : hé ! Vous lui parler sur un autre ton ! Vous vous prenez pour qui ?
- Marc : toi, tu la ferme ! Vivi descend !
-Moi : Vivicka reste là. Ne te sens pas obligée. Et puis on n’en a pas fini toi et moi.
Je suis descendu de la voiture. Dès que j’ai mis un pied à terre l’autre a contourné la voiture par devant. On s’est croisé devant le capot.
-Moi : je ne suis pas votre copain. Donc vous me parlez sur un autre ton !
-Marc : sinon quoi ? Hein ? Un chien comme ça ! Tu vas me faire quoi ?
Je lui ai envoyé mon poing dans la figure. Il a évidement répliqué. Violemment. Je l’ai plaqué sur le capot et je lui balançais des coups de points. Mais il ne se laissait pas faire. Loin de là. On avait à peu près la même taille mais j’étais plus massif, donc plus puissant. Lui était plus fin donc plus rapide. Mais je n’allais surement pas le laissé gagner. Ce connard était incapable de rendre Vivicka heureuse et il lui parlait n’importe comment. Il ne la méritait pas.
On a roulé sur le sol. Moi au dessus de lui, puis retournement de situation, il s’est retrouvé au dessus de moi. Et ainsi de suite. Je sentais une douleur cuisante au niveau de l’arcade sourcilière et des côtes mais tant qu’il restait debout, je n’abandonnerais pas.
On s’est finalement relevé tous les 2 pour se mettre face à face. Il y avait quelque chose. Un truc qui manquait, c’était là, à la lisière de mon cerveau mais je ne parvenais pas à me concentrer assez dessus pour savoir quoi. Il fallait d’abord que je mette KO l’autre abruti. Alors que je m’apprêtais à m’élancer j’ai été solidement retenu par des bras. Pareil pour Marc. On s’est débattu comme on a pu mais les gens nous tenaient fermement.
-Marc : Chien ! Quoi il n’y a pas les femmes au Gabon ?! Regarde-moi un bâtard comme ça ! Rode encore autour de ma femme et je vais te tuer.
Mon accent m’avait encore trahi !
-Moi : Si tu étais capable de prendre soin d’elle elle ne m’aurait pas embrassé. Quand je pense qu’elle a refusé d’aller plus loin. Tout ça pour un abruti comme toi, incapable de voir le joyau qu’il a devant ses yeux.
A ce moment ça a fait « Tilt » dans ma tête. J’ai regardé vers la voiture mais je savais déjà qu’elle serait vide. Le joyau en question était parti. Constaté ce fait m’a vidé de toute mon énergie. Les gens qui m’arrêtaient l’ont senti et m’ont relâché. Marc continuait à vociférer mais je ne l’entendais plus. Je n’ai même pas eu le temps de lui dire au revoir, occupé que j’étais à joué le coq avec son stupide compagnon.
Je suis monté dans la voiture et j’ai activé le blocage automatique des portières. Un reste de son parfum subsistait encore dans l’habitacle. J’ai démarré et je suis parti me garer au Hilton. Je me suis demandé quel était exactement le plan de Dieu quand il me faisait vivre des trucs pareils. Vivicka...j’espérais que tout irait bien pour elle. Qu’il n’allait pas la battre, parce que nous les hommes...J’avais envie de l’appeler ou même de lui envoyer un message pour lui dire que si elle avait un problème elle pouvait venir ici, mais j’ai laissé tomber. J’avais déjà fait assez de dégâts comme ça. Et après tout Vivicka était une femme ! Je pouvais être sur que si j’allais entendre parler d’elle si les problèmes qu’elle a avec Marc dégénéraient.
Pourtant tout avait bien commencé. Et tout ce terminait plutôt bien. Je sentais bien que le baiser de Vivivka était un baiser d’adieu. Mais même ça je n’y pas eu droit jusqu’au bout. Quand je l’embrassais je n’ai pas pensé une seule fois à son mec, et que dire d’Eve ? Pas une seule pensée pour elle.
Je me suis lavé et j’ai soigné ma blessure à l’œil. Elle ne nécessitait pas que j’aille à l’hôpital. Je me suis couché. J’avais prévu d’appeler Eve mais je n’ai pas pu. Je ne pouvais pas l’appeler alors que je venais de me battre pour une autre femme. Je n’étais pas encore passé maître dans l’art d’être un salaud apparemment.
Dans mes prières j’ai eu une pensée pour Vivi. J’ai demandé au Seigneur de veiller sur elle et j’ai prié pour qu’il ne lui arrive rien de grave. Puis je me suis endormi.
Le lendemain matin j’ai attendu autant que j’ai pu à l’hôtel. Puis à l’aéroport, mais elle n’est pas venue. J’espérais vraiment qu’elle vienne. Pour que je lui dise au revoir convenablement. Pour pas que la dernière image qu’elle ai de moi soit moi en train de me battre avec Marc. Pour la revoir juste une dernière fois. Parce que vu que professionnellement, je changeais de secteur pour me consacrer à l’Afrique anglophone, c’était mon dernier voyage ici. Je n’allais sans doute jamais la revoir. Alors que mon cerveau me disait que c’était tant mieux mon cœur, lui, saignait.
Finalement j’ai fait mes adieux à Jean. Lui je savais que j’allais le revoir parce qu’il devait venir au Gabon. Je suis monté dans l’avion et j’ai fermé les yeux lors du décollage tellement je n’avais pas envie de partir.
Quelques heures plus tard j’étais à Loubev (Libreville). Vingt minutes plus tard je tenais mon fils dans mes bras. J’ai respiré son odeur d’enfant et mon cœur s’est un peu apaisé. Eve était là et me regardait. Elle m’a débarrassé de ma valise. Je leurs ai donné à tous les 2 les cadeaux que j’avais pris pour eux. Puis on a mangé et Eve a mis notre fils au lit. Puis elle est revenue vers moi.
-Eve : Alors ça c’est bien passé ?
-Moi : Oui merci. Et ici ?
-Eve : oui. Et ça ira mieux maintenant que tu es là.
Je n’ai pu retenir un soupir d’agacement en entendant cette phrase. Ça, plus ce que j’avais vécu au Cameroun, c’était un signe. J’étais déterminé.
-Moi : Eve libère moi s’il te plait ! Séparons-nous. Quitte-moi ! Je t’en prie.
Le visage d’Eve est passé de la plus grande douceur à l’extrême têtutesse.
-Eve : non ! Je t’aime Cam, je suis celle qui te faut. Tu ne t’en rends pas encore compte. Tu m’aimes aussi c’est pour ça que tu ne me quitte pas.
-Moi : Je ne te quitte pas parce que tu me l’as demandé. Tu m’as dit que ça allait avoir une mauvaise image et plus personne ne voudrait de toi en tant que femme. Je ne te quitte pas parce que tu as menacé de m’empêcher de voir mon fils. C’est pour ça et rien d’autre.
-Eve : tu penses à moi, à ce qui va m’arriver, aux conséquences de tes actes sur moi. C’est ça l’amour.
-Moi : oui je t’aime ! Comme on aime une petite sœur.
-Eve ; tu n’en sais rien vu que tu es fils unique. C’est de l’amour tout court. Je ne veux plus en parler. Si tu veux pars, mais moi je ne vais pas abandonner mon foyer et l’homme de ma vie. Qu’est ce qui t’es arrivé à l’œil ?
Je me suis levé sans répondre et je suis allé dans la chambre. J’étais encore plus déterminé qu’Eve. Dès que l’appartement finissait j’allais m’installer là bas. Oui quand j’ai fini la construction de ma maison, j’ai entamé celle d’un appartement. A un moment je vais dire à Eve qu’on va s’installer dans la maison. Oui je vais la laisser là dedans puis moi j’irais dans l’appartement. Tant pis pour elle. De toutes les façons je vais mettre la maison à son nom. Comme ça elle ne manquera de rien. C’est quand même la mère de mon enfant ! Alors que j’étais encore en colère suite à la conversation avec Eve, j’ai imaginé Vivicka enceinte jusqu’aux yeux...de moi ! J’ai souri jusqu’aux oreilles et je me suis endormi serein. Ce n’est qu’une question de temps mais je vais bel et bien quitté ma femme.
Part 12
Oui j’ai fui et alors ? Sur le moment je n’ai rien trouvé de mieux à faire. Deux hommes qui se battent pour moi, certaines auraient apprécié mais pour moi c’est juste une image qui symbolise le gâchis qu’est ma vie en ce moment. Oui le gâchis. Je suis à la maison et j’attends Marc. J’ai appelé Maman pour lui demandé si elle pouvait rester avec les jumeaux ce soir. Je ne veux pas qu’ils soient là lorsque Marc rentrera. Je regarde mon téléphone : 30 appels en absences de Marc. Dix de son meilleur ami à qui il a évidement tout raconté. Ce mec est comme une petite fille. Il ne sait pas régler ses problèmes calmement, il faut toujours qu’il rameute du monde. Finalement je l’entends rentrer.
Je suis tranquillement installée au salon. Il débarque en furie.
-Marc : je t’appelle tu ne réponds pas ? Hein ? Tu te prends pour qui ?
-Moi : me voici devant toi, il y a quoi ?
-Marc : je dis hein ? Tu te fous de ma gueule ? Il y a quoi comment ? Ce n’est pas toi la pute qui embrassait un homme devant le Hilton ?
J’ai rigolé au mot « Pute ». Non vraiment c’est l’hôpital qui se fout de la charité.
-Moi : oui et alors ?
Marc est resté interdit devant tant d’insolence.
-Marc : Vivi ne blague pas avec moi. NE BLAGUE PAS AVEC MOI !
J’ai levé les sourcils.
-Moi : Sinon quoi ? Tu vas faire quoi ? Tu vas appeler ma mère, pour lui dire que j’ai embrassé un mec ou qui John (son meilleur ami) ? Ah non lui est déjà au courant.
-Marc : donc tu as honte ? Il ne fallait pas te comporter comme ça. Qu’est ce que je ne t’ai pas donné ? Hein ? Je t’ai tout donné, tout ! Mais tu as voulu allez voir ailleurs. Heureusement que je t’ai suivi sinon je n’allais jamais savoir.
-Moi : Savoir quoi ? Pardon Marc laisse moi tranquille, j’ai mal à la tête.
-Marc : tu n’as même pas la décence de t’excuser, tu me parle fort et tu es insolente. Tu es arrivée n’est ce pas ?
-Moi : Je te demande les excuses pour quoi ?oui je suis arrivée au point où je ne te supporte plus. Je n’ai pas couché avec lui mais j’aurais dû.
Oui j’aurais dû. Au moins j’aurais su ce qu’est la vraie passion et j’aurais eu des souvenirs.
-Marc : QUOI ? c’est à moi que tu dis ça ? Va dormir chez tes parents sinon je risque de te faire du mal.
-Moi : je ne bouge pas d’ici. Toi va dormir chez Mélanie !
Il y a eu un silence de mort.
-Marc : qu...qu..Quoi ? C’est qui Mélanie ?
-Moi : « qu...qu...quoi c’est qui Mélanie », fis je en le singeant.
-Moi : tu ne connais plus Mélanie ? C’est elle qui t’a remercié de l’avoir propulsée au 7e ciel. C’est la fille qui t’envoie des photos de ses seins ou de ses fesses. C’est celle qui te manque. Celle que tu désires. C’est la fille que tu baises chaque semaine avant de rentrer ici. Tu te souviens de Mélanie maintenant ?
-Marc :...
-Moi : oui j’ai lu tous tes messages. J’ai lu tous les messages que vous vous êtes échangé. Alors s’il te plaît ne me pollue pas l’air et arrête de jouer à l’outragé. S’il y a quelqu’un qui doit crier ici c’est moi !
-Marc : Vivi ma chérie...
Là j’ai éclaté en sanglots. De grosses larmes roulaient sur mes joues et je ne pouvais pas les arrêter.
Mars est venu et il m’a pris dans ses bras.
-Marc : c’est pour ça que tu l’as embrassé ? Pour te venger de moi ? Mélanie n’est rien pour moi. Je couche juste avec elle alors que toi je t’aime. Elle me faisait des trucs que tu refusais de faire. Mais maintenant ça va aller. Ne pleure pas Vivi, stp, pardonne-moi.
J’ai continué à pleurer et Marc essuyait mes larmes. Ses larmes que je versais...pour un autre homme. C’est vrai que je pleurais pour Marc et notre relation qui était morte. Le père de mes 2 merveilles que j’allais quitter. Mais je pleurais surtout pour Cameron, ce qui aurait pu être, ce qui ne sera jamais. Je n’ai même pas pu lui dire tranquillement au revoir. Encore une fois il a fallu que Marc vienne tout gâché. Ciel, un homme que je ne connaissant que depuis 2 semaines ! Que m’avait-il donc fait pour que je pleure comme ça ?
J’ai pris un mouchoir et j’ai essuyé mon nez et mon visage.
-Marc : Vivi je suis désolé. Excuse-moi. C’est fini, je n’irais plus voir Mélanie, je vais être...
-Moi : Je m’en fous !
-Marc : Vivi écoute je suis...
-Moi : Je m’en fous. Je vais rentrer chez mes parents. Tu pourras faire ce que tu veux avec ta Mélanie, je m’en fous ! Je ne me sens plus concernée.
-Marc : quoi ? C’est le gabonais là qui t’a tourné la tête ? Tu n’irais nulle part !
-Moi : il est parti. Il est rentré au Gabon ! Maintenant va t’en, je ne veux plus te voir. Je veux être seule. Fous le camp chez Mélanie !
Je suis partie m’enfermer dans la chambre et j’ai pleuré de tout mon cœur sur le lit. Puis je me suis endormie.
Je me suis réveillée, cassée, les yeux gonflés mais l’esprit clair. Je n’allais certainement pas continuer avec Marc. Ce n’était même plus un semblant d’amour que j’éprouvais pour lui. Plus de respect. Pas de haine. En fait je n’éprouvais rien pour lui. Rien du tout. Et comparer cela avec l’explosion que j’ai ressenti avec Cameron c’était comme comparé l’obscurité et la lumière du soleil.
Je me suis levé, j’ai pris une douche et je suis allée dans la chambre des jumeaux. J’ai rempli 2 valises puis je suis partie m’occuper de mes affaires à moi. En repassant par le salon j’ai vu que Marc avait dormi sur le canapé. Il était d’ailleurs en train de se réveiller. J’ai continué ma route.
J’avais remplie une valise quand Marc est venu me rejoindre dans la chambre.
-Marc : tu fais quoi ?
Je n’ai pas répondu. J’ai posé la valise sur le sol et j’ai pris une des valises des jumeaux. J’ai tiré le tout à l’extérieur et je les ai mises dans la voiture. Je prenais la dernière valise quand Marc m’a bloqué le poignet.
-Marc : écoute Vivi je suis désolé. J’ai fauté et toi aussi. On oublie tout et on recommence à zéro ? Pourquoi tu veux partir pour si peu ? Tu jettes à la poubelle tout ce qu’on a vécu. Tu as pensé aux enfants ? Non n’est ce pas ? Tu ne penses qu’a toi.
J’ai commencé à tirer la valise.
-Marc : si tu pars je reste avec les jumeaux.
J’ai souri dans ma tête. Marc ne pouvait pas s’occuper des jumeaux tout seul. Il ne voulait même pas. Juste pour voir sa réaction j’allais le prendre au mot.
-Moi : d’accord. Reste avec eux. Je les prendrais le week-end.
-Marc : quoi ? Non ! Tu veux m’abandonner tes enfants ? Je sais que tu ne seras pas bien s’ils ne sont pas près de toi. Tu vois ? Moi je pense à toi et aux enfants alors que toi...
-Moi : Moi je pense à toi et à Mélanie. Marc c’est bon. Ne nous engueulons pas. Ne nous battons pas pour des futilités. Je t’enverrais les jumeaux le week-end. Je vais repasser prendre le reste de nos affaires plus tard.
Je l’ai planté là avant qu’il ne puisse ajouter un mot. J’ai démarré la voiture et je me suis dirigé vers chez mes parents. La rencontre avec Cameron avait au moins eue le mérite de me montré que je me contentais de bien peu de choses.
Une nouvelle vie de CÉLIBATAIRE commençait pour moi et j’avais bien l’intention d’en profiter.
