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Cameron

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ALISSON
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Résumé

La vie vaut elle vraiment la peine d'y vivre si toute notre vie n'est que synonyme de douleur et de souffrance ?

adultèreréincarnationSexecontrat de mariageamour tristeles contraires s'attirentamour après mariageXianxiaamour triangulairefamille

01

J'allais devoir quitter ma femme.

Je la regardais donner le bain à notre fils et alors que je ressentais une vague d'amour quand je regardais Richard, quand je regardais Eve, je ne ressentais rien. Rien à part peut être de la haine.

Eve...elle portait pourtant bien son prénom. Elle était certainement aussi belle que la première femme. Aussi douce aussi. Mais Eve de la création n'était pas aussi perfide que ma femme. Oh sa perfidie s’était exprimé une seule fois, mais c'était la fois de trop. Elle m'avait fait un enfant alors que je n'en voulais pas. Une situation commune me direz-vous. Mais elle avait dit à ses parents et aux miens que je l'avais déviergée. On sait tous les 2 que c'est faux. Enfin tous les 3, avec le responsable de l'acte précité. Elle avait insinué les yeux pleins de larmes que, telle Eve (encore elle) de la création, je lui avais murmuré des paroles doucereuses pour l'amener à coucher avec moi. Et maintenant que j'avais obtenu ce que je voulais, je voulais l'abandonner enceinte.

Son père et le mien m'avaient menacé de milles morts et avant que j'ai eu le temps de dire ouf, j'étais marié. Je l'avais supplié de me libérer, de dire la vérité. Mais elle avait dis de cette air serein qui la caractérise, qu'elle m'aimait trop pour ça, qu'elle était la femme qu'il me fallait. Je n'avais rien pu faire.

J'étais donc marié. Avec une femme que je n'ai jamais aimée. Malgré tous les efforts qu'elle faisait. Franchement elle était parfaite...pour quelqu'un d'autre. Pas pour moi. Elle disait "oui" à tout ce qui venait de moi. Elle ne me contredisait jamais. Elle devançait tous mes besoins. Depuis 3 ans qu'on était mariés, je n'avais rien à dire contre elle... rien a part que je ne l'aimais pas.

-Eve: Chéri voici ta valise

Voilà qu'est ce que je disais? Je devais partir en voyage au Cameroun et madame avait déjà fait ma valise. Sans que je ne lui ai rien demandé.

-Moi: Merci.

J'ai pris ma valise et j'ai fait des gros câlins à mon fils. Puis je me suis dirigé vers la sortie. On habitait au camp de Gaulle. Donc pas loin de l'aéroport.

-Moi: Au revoir Eve.

-Eve: au revoir mon chéri. Bon voyage.

J'ai jeté un dernier regard à Eve qui tenait notre fils dans ses bras puis je suis monté dans le taxi qui m’attendait. Cap sur le Cameroun!

Le vol durait à peine 45 min. Deux heures plus tard je foulais le sol camerounais. Nsimalen. Ce n'était pas la 1ère fois que je venais ici. Je travaillais pour Total et j'étais fréquemment envoyé ici. Mais la dernière fois que j'étais venu s'était il y a 2 ans. J'avais hâte de voir mes collègues camerounais. Ils me taquinaient tout le temps sur mon accent "bizarre". On voit bien qu'ils ne se sont pas entendus parler. J'ai aperçu mon homologue camerounais me faire un signe de la main et j'ai foncé vers lui.

-Moi: Bonjour M. Meva!

-Meva: Bonjour! Bon retour. Ca fait quoi 1 an?

-Moi: non 2.

-Meva: tant que ça? J'ai l'impression que c'était hier qu'on t'a amené faire la tournée des boites de nuit.

Je rigole à ce souvenir. Lui et d'autres collègues m'ont effectivement fait découvrir Yaoundé by night. Ce fut épique! La boisson coulait à flots. Et les filles étaient plus disponibles les unes que les autres.

J’avais provoqué l'hilarité générale en montrant mon alliance pour justifier mon refus de terminer la nuit avec une fille. Oui je n'aimais pas ma femme mais j'étais un homme de principes. Je n'allais pas la tromper. Même si ça faisait bien 2 ans que je ne l’avais pas touchée. C'est long. Très long pour un homme comme moi habitué a croqué la vie. Mais depuis mon mariage, j'étais comme éteint de l'intérieur. Rien ne m’intéressait à part mon fils. Je ne vivais que pour lui. Le reste du temps j'étais un fantôme qui travaillait. Je regardais passer ma propre vie en me demandant comment mettre un peu de couleur à tout ça. Mais jusque là je n'avais rien trouvé comme solution. A part quitter ma femme.

-Moi: Alors Jean quoi de neuf ici chez vous depuis que je suis parti?

-Jean: Rien. Quelques nouvelles têtes. Les jeunes tout juste diplômés qui arrivent là en terrain conquis et croient tout savoir sur le monde du travail. 25-26 ans. Ils nous appellent les vieux ou la vieille génération, ces abrutis.

J'ai souris. C'est vrai qu'être traité de vieux à 35 ans pouvait être légèrement irritant.

Jean a ralenti pour entrer dans l'enceinte du Hilton Hôtel. Oui la direction logeait bien ses cadres en déplacement. D'ailleurs l'appartement que j'avais au Camp de Gaulle était un appartement de fonction. Parce que j'avais été recruté en Angleterre. Ça m'a permis de construire ma maison à la vitesse grand V.

Jean m'a accompagné à la réception avec tous mes bagages. Je ne restais que 3 semaines, raison pour laquelle je logeais à l'hôtel. Pour des séjours plus longs, un appartement était mis à notre disposition.

J'ai récupéré ma clé et je suis monté dans ma chambre. C'était une suite avec salon et chambre séparés. Jean m'a tendu les clés d'une voiture, ainsi qu'un téléphone portable et m'a quitté.

J'ai pris une douche et je me suis étendu sur mon lit. J'ai envoyé un texto à Eve pour lui dire que j'étais bien arrivé et j'ai fermé les yeux.

J'ai repassé ma vie dans ma tête. Cameron Nguema, 35 ans, jeune cadre dynamique travaillant à Total. Marié, un enfant, une maison, une voiture. Voyage beaucoup, en bonne santé et malheureux comme les pierres.

Je me suis tourné sur le côté et j'ai mis le drap sur ma tête. J'allais oublier... salaud de 1ere catégorie puisque j'allais devoir quitter ma femme.

Part 2

Le lendemain matin j'ai pris ma voiture pour me rendre sur mon lieu provisoire de travail. A Mvan. Comme je l'ai dit ce n'est pas la 1ère fois que je viens au Cameroun, loin de là. Je suis donc habitué et j'ai mes repères. Je me gare sur le parking et je prends mes affaires.

A mon entrée je fais un grand sourire à la réceptionniste. Je l'aime bien, elle est très gentille.

-Moi: Bonjour Annie

-Annie: Bonjour M. Nguéma. Contente de vous revoir. Vous allez bien?

-Moi: bien merci et vous? Comment va votre fils?

-Annie: très bien. Il entre à l'école en Septembre.

-Moi: comme le mien. Bon j'y vais.

Je prends l'ascenseur pour le 3e étage. En marchant dans les couloirs je reconnais les visages familiers, et je les salue. J'atteins enfin le bureau de Jean Meva.

-Moi: Bonjour.

Il y a là Jean et 2 des ses collègues avec lesquels j'ai déjà travaillé. Bill et Patrick.

-Patrick: alors le gabonais ça va?

-Moi: oui bien et vous?

Ils éclatent tous les 2 de rire. Je suis habitué.

-Bill: ton accent nous a trop manqué.

On prend de nos nouvelles mutuellement et je m'installe pour travailler dans un bureau adjacent à celui de Jean. Pour cette mission je vais devoir travailler en collaboration avec les contrôleurs de gestion et les auditeurs.

Cette première journée est consacrée à l'adaptation Je vais enchaîner les réunions et les déplacements dans les services à partir de demain. Je travaille normalement. Je fais une pause à midi pour appeler Eve et parler un peu à mon fils. Pareil à 18h vers à la fin de journée.

A 19h au silence qui m'entoure je sens que les locaux sont presque vides. Seuls les cadres supérieurs sont encore là. En même temps vu ce qu'on nous paye, on ne compte plus nos heures. Mais là c'est bon pour moi. J'arrête pour aujourd'hui. Justement Jean, Bill et Patrick entrent dans mon bureau leurs affaires à la main.

-Patrick: eh le gabonais la journée est fini. Viens on s'en va.

Je m'empresse de ranger mes affaires. Ils m'attendent en bavardant un peu fort. J'entends un coup sur le mur puis une voix de femme:

-eh! Taisez vous vous croyez où là? Certains parmi nous travaillent.

Comme obéissant à un signal ils crient encore plus forts et font même des bruits d'animaux. Les cadres font les sérieux pendant la journée devant les employés qui sont en dessous d'eux, mais je vous garanti que quand ils décident de relâcher la pression, ils deviennent complètement fous. Comme Jean, Bill et Patrick en ce moment.

Ils m'abandonnent pour aller dans le bureau d’à côté. Je les entends chahuter.

-Jean: tu crois que tu travaille plus que qui?

-Plus que vous!

-Patrick: Ah va là bas! Vous les contrôleurs de G. vous vous croyez tout permis.

-Vous êtes jaloux de notre pouvoir! Ooooh Bill je rêve ou tu m'as tiré la langue? Un vieux comme toi?

-Bill: comme je suis vieux, je n'ai plus de langue? Je fais ce que je veux.

Je les rejoins dans le bureau. Je vois une femme qui est de dos. Elle est en train de ranger ses affaires. Tout en répondant à Bill.

-Ah! Attend alors.

Elle se retourne en tirant la langue et son doigt sous l'œil, elle le tire vers le bas. Je ne peux m'empêcher de glousser. Ce qui attire l'attention de tout le monde. La jeune fille reprend son expression normale. J'ai l'impression qu'elle est un peu mal à l'aise.

-Moi: Bonsoir.

-Patrick: ah le gabonais! Entre, entre!

Je quitte la porte et je m'avance dans le bureau. Je m'approche de la fille, la main tendue.

-Moi: Cameron Nguéma. Enchantée.

La fille a à peine le temps d'ouvrir la bouche que Jean à déjà pris la parole

-Jean: Elle c'est Vivicka .Sora. C'est même bien que vous vous rencontriez ce soir. Vous allez travaillez ensemble.

Je me retourne vers la fille. Je la regarde vraiment. Elle est plutôt jolie. Chez moi au Gabon, on aurait dit que c'est un" nerveux bouquet". Taille moyenne. Je dirais dans le mètre 70. Ni trop mince, ni trop grosse. Les cheveux défrisés tiré en arrière dans un chignon haut. La coiffure met en valeur son visage un peu long et ses traits fins. Elle croise mes yeux à peine une seconde et me sourit.

-Elle: j'ai encore une bouche et je peux m'en servir pour dire autre chose que des bêtises. Je peux me présenter toute seule. Enchantée M. Nguema

-Moi: puisque qu'on est appelé à travailler ensemble je propose qu'on passe aux prénoms comme avec les trois énergumènes ci.

-Jean: Eh! C'est qui que tu traites d'énergumène? Si tu t'amuse on envoi juste la population de Douala pour vous envahir, vous et vos 2 millions d'habitants. Et je suis gentil en disant 2 millions.

-Moi: oui c'est parmi ses 2 millions qu'on a réussi à extraire 22 joueurs pour participer à la CAN. Ce que vous n'avez pas pu faire avec votre Eto'o national.

J'ai dis ce qu'il ne fallait pas.

-Bill: quoi?! Mais c'est parce qu'on ne voulait pas venir. On ne voulait pas vous faire de l'ombre, vous êtes quand même un pays frère. Et puis c'était votre CAN, on a eu pitié.

-Moi: Mais bien sur! Console-toi.

On sort tous du bureau en continuant à discuter. La fille est silencieuse derrière nous. Au parking chacun monte dans sa voiture pour rentrer chez soi.

Je rentre à l'hôtel. Après ma douche je me couche et je ferme fort les yeux. Il faut que je dorme pour que demain arrive vite. J'ai hâte d'y être.

Part 3

Je suis rentrée chez moi. A peine je suis entrée dans l'appartement que mon fils m'a sauté dessus, suivant quelque secondes plus tard par sa sœur.

-Maman!!!

J'avais fait d'une pierre 2 coups. Ma mère était jumelle. Moi j'étais fille unique. Maman m'a dit que les jumeaux sautent une génération. Je ne la croyais pas jusqu'a ce que je fasse ma première échographie et qu'on entende 2 cœurs qui battaient dans mon ventre.

J'ai fais des bisous à mes cœurs avant de me diriger vers la chambre. Marc est sorti de la chambre juste quand j'y entrais. Il a fait demi-tour et m'a suivi.

-Moi: Bonsoir. Ca va? Comment était ta journée?

-Marc: tu as vu l'heure? Tu sors d'où?

-Moi: du boulot. Je vais encore sortir d'où? Je t'ai prévenu non?

-Marc: ton boulot là que tu cris partout! Hum! Un jour un jour tu vas me dire vraiment ce que c'est.

Faut pas croire. Marc sait très bien ce que je fais dans la vie. Seulement les hommes adultères sont les plus jaloux du monde. Ils savent ce qu'ils font et croient que tout le monde fait comme eux. Ce n'est pas mon cas. Pourtant j'aurais pu. Soyons pragmatiques: Marc me trompe. Il a un 2e voire un 3e bureau là dehors (2e bureau=maitresse). Pourquoi pas moi? J’aurais pu. J'ai plein de dragueurs. Mais non! Je n'ai pas le temps pour ça. Mon travail et mes enfants ça me va. Marc croit que je ne sais pas ce qu'il fait. Il ne sait pas que je suis au courant pour Mélanie. Un jour j'ai fouillé son téléphone. Parce que j'avais des soupçons. Des rumeurs. Des gens qui l'apercevaient à un endroit alors qu'il disait qu'il était ailleurs. Un soir il a abandonné son téléphone sur la table sur de lui. Il a un HTC avec un code tactile. Il croit que ça le protège. Je n'ai même pas eu à faire 2 tentatives. Marc a une assez haute opinion de lui même. J'ai donc dessiné un M sur l'écran tactile et le téléphone d'est décodé. J'ai eu accès aux messages de Mélanie. Il n'a même pas pris la peine de les effacer.

Je n'ai pas eu mal. Ca ne m'a pas dérangé. Les camerounais considèrent comme normal de gérer plusieurs femmes à la fois. Pour eux, c'est comme respirer. J'ai déposé le téléphone sur la table et je me suis remise à suivre le "Dexter" sur Canal +. Comme si de rien n'était. En même temps, "rien n'était". Rien ne venait de se passer. Je n'avais rien découvert d'extraordinaire. Je n'allais pas faire une crise de colère ou de larmes. Pourquoi le ferais-je? Dans quel but? J'allais crier et pleurer et après? J'aillais le quitter? Pour aller où? Mais surtout pour qui? Un autre qui allait également me tromper à la première occasion? Pffff. Ce n'était pas rose tous les jours. Je ne ressentais pas le grand frisson c'est vrai. Mais voilà c'est le père des jumeaux et tant qu'il rentre à la maison, il peut coucher avec toutes les Mélanie du monde, je m'en fous. Tant que ça reste hors de chez moi.

Je vais à la cuisine me servir à manger. Je suis fatiguée. Je mange donc rapidement. Puis je vais laver les jumeaux et je les mets au lit. Je me lave également et au lit.

A 22 heures Marc vient me rejoindre. Il va prendre une douche et je soupire de contrariété. Marc ne se lave pas le soir. Sauf quand il veut faire l'amour.

A peine il a touché le lit qu'il m'embrasse. Je suis fatiguée mais je réponds à son baiser. Sinon on va encore dire que les femmes sont toujours fatiguées. Il me caresse puis monte sur moi. Je dois avouer que Marc est doué. Il est à mon écoute. Mais là je suis juste fatiguée. J'ai envie de dormir. J'essaie de me concentrer. Je le caresse et je pousse des soupirs quand il faut. Je ne sais même pas quand j'ai commencé à faire ça. A Simuler. Je fais ça depuis tellement longtemps! Bien avant que je sois au courant pour Mélanie. Ah tiens cette histoire m'a fait quelque chose finalement. Parce que à partir de là, je crois que je n'ai plus rien éprouvé pour lui. J'ai demandé qu'on reprenne les préservatifs. Je lui ai sorti une raison bidon et il n'a rien trouvé à redire.

J'essaie de me concentre sur nos 2 corps en mouvement mais rien n'y fait mon esprit s'échappe. Je pense aux jumeaux. Il va falloir que je fasse un tour chez mes parents avec eux. Ca fait longtemps qu'ils ne les ont pas vus. Il va aussi falloir que j'aille faire un tour sur mon chantier. Oui MON. Marc n'est pas au courant. Pourquoi lui dirais-je? Lui ne m'a rien dit à propos de Mélanie.

Je pense que ce sont des choses à dire à la personne avec laquelle on partage sa vie. " Chéri je construit une maison" "ah bon c'est bien! Moi j'ai un 2e bureau, elle s'appelle Mélanie. Tu la construis où ta maison?"

Voilà, ça aurait pu se passer comme ça et tout le monde aurait été au courant de tout. Mais non. Monsieur à son jardin secret? Moi aussi!

Je pousse un faux soupir de bien être pour encourager Marc. Puis mon esprit va encore se balader. Je repense à ma journée. On avait beaucoup de travail. Pour préparer la visite de notre collègue gabonais. Ma collègue, Ginette, m'a dit qu'il venait régulièrement. Mais comme je n'étais là que depuis 1 an et demi, je ne l'avais jamais vu. Toute la journée je l’avais entendu me rabattre les oreilles a propos de Cameron Nguema.

"Il est sympa" "j'adore son accent chantant' "Il est très mignon". Notre secrétaire commune a lâché un "Bref il est beau et sympa" simple et concis. Je l'aimais bien. Pragmatique tout comme moi. Mais entre nous, depuis quand les gabonais sont mignons? A part leur joueur de foot là, celui dont j'ai oublié le nom, il y a encore qui? Tous les gabonais sont petits, noirs et plutôt insignifiants. Je sais c'est méchants mais bon... tous les gabonais que j'ai rencontré sont comme ça qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? (C'est dans la joie les Gabonais. En vrai vous êtes très mignons). D'ailleurs Ginette ne s'est pas gênée pour me dire que je me trompais, mais j'étais sure de moi. On a même fait un pari. On avait parié que si en toute honnêteté je le trouvais moche, je lui filais une espèce de pierre colorée que j'avais rapportée de Johannesburg et dans le cas contraire, elle me donnait son ensemble de post-it de toutes les couleurs qu'elle avait obtenu je ne sais où.

Je secoue la tête de gauche à droite. Ce que Marc prend pour de la passion. Laissons le croire ce qu'il veut. En fait je pensais à ma pierre. J'allais devoir m'en séparer. Parce que quand il était entré dans le bureau alors que je faisais l'idiote, j'ai eu un choc.

Ce n'est pas parce que je suis en couple que je n'ai plus les yeux pour regarder. Et apprécier. Premièrement il n'était pas court. Pas du tout. Premier cliché à partir à la poubelle. Il était grand. Bien plus que moi. Deuxièmement il n'était pas noir, mais plutôt clair de peau. Un peu comme moi. Pas métis. Juste clair. Enfin the last but not the least il n'était pas quelconque. Loin de là. Il était peu enrobé. Pas de graisse. Mais plutôt massif. Ca lui allait bien. Ses oreilles étaient décollées et il avait des petits yeux. Une belle bouche fine et...des belles oreilles. J'ai décidé sur le champ que j'aimais ses oreilles.

Je me suis lancé à moi même un avertissement. Pas question d'aimer les oreilles de qui que se soit. A part celles de Marc que j'ai sensuellement caressé, histoire de monter ma bonne volonté participative.

Oui il ne fallait rien faire de stupide. J'estimais que si Marc était allé voir ailleurs, alors j'avais le droit moi aussi. Il a rompu le contrat qui nous liait tacitement. Mais bon je n'avais pas vraiment envisagé de le faire. Je n'en avais même pas envie. Je ne suis pas comme ça. Je ne trompe pas mon compagnon. Mais quand j'ai senti le froid de l'alliance de Cameron Nguema contre mes doigts, j'ai eu un sentiment de déception qui m'a fait comprendre que je devais me tenir éloigné de lui le plus possible.

J'ai crié en même temps que Marc. Enfin, j'allais pouvoir dormir. Je me suis tournée sur le côté et j'ai fermé les yeux. Demain est un autre jour.