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Part 8
-Vivi: Cameron.
La manière dont on prononçait nos prénoms était parlante. Il n'y avait rien à ajouter. Ca disait tout. Au son de sa voix j'ai reçu des picotements dans tout le corps. Je sentais ses seins écrasés contre mon torse. Mes annulaires et auriculaires posé sur la cambrure de ses reins...sur le haut de ses fesses. J'avais une conscience aigu de tout ça. Le haut de sa tête juste sous mon menton. Sans même y penser j'ai poser mon menton sur sa tête. J'étais bien mais il y avait quelque chose qui n'allait pas, mais quoi? En réfléchissant j'ai serrer sa taille. Elle était vraiment parfaite. Pas trop petite comme d'Eve qui...Eve! Simultanément on s'est écartés l'un de l'autre. Elle m'a regardé avec des yeux effarés. Je devait avoir à peu près la même expression sur mon visage.
-Moi: ça va? Rien de cassé?
-Vivi: Non. Merci
J'ai raclé ma gorge.
-Moi: je venais te proposer de prendre un café. L'étage est quasiment vide et c'est tout triste.
-Vivi: je venais te proposer la même chose.
-Moi: Les grands esprits se rencontrent. On y va?
Elle a fait oui de la tête et j'ai failli lui prendre la main. Mais je me suis retenu.
On a pris nos cafés et on est reparti s'installé dans son bureau à elle. Les gobelets étaient vides depuis longtemps mais nous on était encore en train de parler. Des nos familles respectives. Du fait que tous les 2 on était enfants uniques. Du fait qu'elle avait fait ses étude supérieures en Afrique du Sud et donc qu'elle était parfaitement bilingue comme moi. du coup on s'est mis à parler anglais en riant des particularités anglaises et sud africaines.
On a discuté de tout et de rien. Quand elle n'était pas d'accord elle le faisait savoir. Elle ne semblait pas le moins du monde impressionner par moi. Par le fait que bien que je ne travaille pas ici au Cameroun, je sois son supérieur hiérarchique. Elle avait du répondant et ça me plaisait. donnait un point de vue critique à mes actions ou à idées. Ca me changeait agréablement d'...Disons le ça me changeait d'Eve.
Elle était en train de parler de certains plats camerounais que je n'avais jamais gouté. Je l'écoutais le plus sérieusement du monde quand j'ai remarqué le mouvement de sa bouche. Et puis ses yeux qui souriaient. L'ensemble de son visage. Elle était belle. Vraiment. Je me suis mise à la regarder dans les yeux et finalement elle s'est tu. Mais elle m'a rendu mon regard. On est resté les yeux dans les yeux je ne sais pas combien de temps. Mais on s'est compris. Pas besoin de mots. On savait ce qui nous restait à faire. Elle a tourné la tête.
-Vivi: je vais me remettre au boulot sinon je ne vais pas mériter mon salaire.
-Moi: T'inquiètes! Je ne vais pas cafter à ta hiérarchie. Surtout que c'est un peu de ma faute. Allez j'y vais.
A seuil de la porte je me suis tourné vers elle. Son image était déjà gravé dans mon esprit mais je voulais la regarder encore une fois. Parce que après aujourd'hui on allait tout les 2 s'éviter. C'est ce qu'on a conclu, sans qu'il y ai besoin d'échanger les mots. Ce qu'on faisait était trop dangereux. On était trop sensible à nos présences respectives. Donc pour le bien de tout le monde, plus de longues conversations, ni de tête à tête pendant des heures. C'était mieux ainsi. Je suis reparti dans mon bureau.
Quelques jours plus tard...
Aujourd'hui c'est mon vendredi, mon dernier jour ici au boulot. On est en fin d'après-midi et je fais le tour des bureaux pour dire au revoir à ceux avec qui j'ai travaillé. Après avec mes collègues les plus proches on va prendre un verre, sorte de pot de départ. J'avais invité "tout le monde" qui m'était proche. Même elle. Ca aurait été bizarre si j'invitais Ginette et pas elle. Mais j'étais persuadé qu'elle allait refuser. J'avais envie qu'elle accepte mais elle DEVAIT refuser. Finalement j'ai commencé à ranger mes affaires. Puis tous ceux qui participaient au pot de départ se sont réunis dans mon bureau. Même elle. On a tirer au sort 2 "Capitaine SAM" (la personne qui ne boit pas et reconduit les autres). Moi j'avais laissé la voiture à l'hôtel. J'avais bien l'intention de boire comme un trou pour oublier. Oublier à coté de quoi je passais.
On est allés dans un cabaret. Vivicka et moi n'avons pas échangé un mot durant toute la soirée. On faisait partie du même groupe mais on s'évitait le plus possible. Et c'était tant mieux. Bizarrement alors que j'avais prévu de boire, pour l'instant j'en était à la malta Guinness. Les autres m'avait d'ailleurs chahuter à ce sujet vu que je n'étais pas le capitaine SAM. Mais voilà, j'avais changer d'avis. C'était mieux que je reste sobre. Pour vivre pleinement ma dernière soirée avec elle. Profiter des derniers instants (même si on ne les passaient pas vraiment ensemble) et me souvenir des moindres détails.
Les autres passaient leurs temps à se moquer de moi.
-Ton accent va trop nous manquer.
-Prêts a affronter le Togo (foot)?
-Il faut aller repeupler votre pays parce que quand l'un de vous quitte le territoire ça se ressent. Vous êtes tellement peu nombreux.
-Il parait que vous voulez vous mettre à l'anglais? Vous prenez toujours les camerounais comme modèles. C'est bien. Kiakiakia.
-Cameron, le camerounais d'adoption!
J'en passe et des meilleurs. En plus il y avait Marina, une collègue qui me faisait un rentre dedans pas possible. J'avais bien remarqué ses regards pendant ces 2 semaines mais elle n'avait rien fait. Il semblerait qu'elle ai décidé d'attaquer ce soir. Mais vraiment elle me laissait indifférent. Complètement. Ce soir je n'avais d'yeux que pour une seule personne...qui se trouve en ce moment au bar en train de commander pour tout le monde vu que les serveuses trainaient.
Elle est revenue avec quelques boissons et m'a tendu ma deuxième Malta de la soirée. Alors que les autres se moquaient encore de moi, j'ai vu dans son regard qu'elle comprenait. Et elle même était au Coca, mais ça c'était normal, vu qu'elle était capitaine Sam.
Mon téléphone s'est mis a vibrer. C'était Eve.
Je suis sorti pour répondre.
-Moi: allo?
-Eve: mon chéri?
Je n'avais pas envie de répondre à son "mon chéri". Alors j'ai utilisé une vieille technique.
-Moi: Eve? Allo? Eve c'est toi?
-Eve: oui c'est moi. Tu as fini aujourd'hui non? Tu es où là? j'entends de la musique.
Je n'avais jamais menti (sciemment) i à Eve et ce n'est pas aujourd'hui que j'allais commencer.
-Moi: Les collègues et moi on prend un verre pour fêter mon départ. Toi ça va? Tout va bien là bas?
-Eve: oui. Je suis contente que tu rentres bientôt. Dimanche je pourrais enfin te prendre dans mes bras. Tu m'as manqué. Je t'aime tu sais?
-Moi: oui je sais.
-Eve:...
Je n'allais pas dire ce qu'elle voulait entendre. Encore plus maintenant que j'expérimentais des émotions que je n'avais jamais connues.
-Moi: Bon je vais te laisser. Embrasse le petit bonhomme. A dimanche.
-Eve: mais...
J'ai raccroché. Je ne voulais plus rien entendre. J'ai raccroché et je me suis dirigé vers les toilettes. Juste comme j'étais à l'endroit qui séparait les toilettes hommes de celles des femmes, l'objet de mes pensées de ces 2 dernières semaines est sortie des toillettes femmes.
Sans réfléchir je l'ai attirée dans un recoin sombre. Je voulais juste savoir. Juste savoir si ça allait être aussi bon que ça en avait l'air. Ce n'était pas grand chose. Je priais Eve et le Seigneur de me pardonner mais il fallait que je sache.
J'ai baissé la tête.
Part 9
Je n'ai pas attendu que le visage de Cameron atteigne le mien. Je suis allé à sa rencontre. Il fallait que je sache si ça allait être aussi bien que je me l'imaginais. Alors que je me mettais sur la pointe des pieds je me suis dis que j'allais forcement être déçue. Je n'allais rien ressentir de spécial, à la limite même ça allait être moche.
Ses lèvres ont touchées les miennes et j'ai fermé les yeux. Alors que je m'attendais à de la férocité je n'ai eu que de la douceur. De la légèreté. Il a embrassé le coin gauche de ma bouche puis le droit. Puis enfin j'ai eu droit à une centrale. Sa langue a pointé et s'est promenée le long de la jonction de mes lèvres. J'ai ouvert la bouche. J'ai passé les bras autour de son cou et là, JE l'ai embrassé. Nos lèvres, nos salives, nos souffles se mélangeaient de manière intimes. On s'est éloigné pour reprendre nos souffles puis je suis repartis à l'assaut. On s'est embrassé encore et encore jusqu'a ce qu'il faille encore une fois reprendre nos souffle. Il a m'a gardé dans ses bras et a posé son front contre le mien. Moi j'ai gardé les yeux fermé. Je n'avais pas été déçue. En fait à mon grand désespoir, cela a dépassé mes espérances les plus folles. Sous mes yeux fermé il y avait des petites étincelles dont l'intensité diminuait à mesure que le temps passait. Le sang battait à mes tempes alors que je me demandais pourquoi je n'avais jamais ressenti cela avec Marc. Pourquoi je n'avais pas rencontré Cameron avant? C'est avec lui que j'aurais pu avoir les jumeaux. Même l'évocation de ma famille n'a pas réussi à mes faire quitter les bras de Cameron.
-Cameron: Vivicka, je...
-Moi:...
-Cameron: je...
-Moi: chutttttt...moi aussi
Je ne sais pas exactement ce qu'il allait dire mais une chose est sure ce serait pareil pour moi. Que pouvait-il bine dire? Qu'il n'avait jamais ressenti ça? Pour moi aussi c'était une première. Qu'il était engagé? Moi aussi. Qu'il était désolé pour la personne qui partageait sa vie. Moi j'était désolée pour sa femme et pour Marc. Qu'il était désolé mais qu'il ne regrettais pas le moins du monde? Encore une fois pareil pour moi. Donc oui "moi aussi" c'est tout ce qu'il fallait dire. J'ai inspiré pour que son odeur remplisse mes narines, mon cerveau...mes souvenirs. Il sentait "Jazz". Mélangé avec son odeur personnelle ça donnait un cocktail qui affolait mes sens. Oui il sentait "Jazz" comme mon père. Mon père cet homme fidèle que j'étais en train de déshonorer.
Finalement je me suis reculée et j'ai passé les bras autour de mon torse parce que j'avais soudainement froid. J'ai encore fait un pas en arrière alors qu'il me regardait. Alors qu'on se regardait.
Je me suis adossé à un mur et on continuait se regarder. Ciel! Quel gâchis! J'ai tourné la tête puis je suis repartie dans la salle rejoindre les autres. Mais je n'avait plus vraiment le cœur à la fête. D'ailleurs je ne l'ai jamais vraiment eu. Je n'aurais jamais du venir ici. J'aurais du résister. Mais je voulais le voir une dernière fois. Il n'y avait rien de mal à ça. J'aurais dû rentrer chez moi. Comme ça je n'aurais jamais su qu'un simple baiser pouvait me mettre dans cet état. Je n'aurais jamais su qu'un feu d'artifice pouvait exploser dans ma tête juste à cause d'un baiser. Je n'aurais découvert toute l'insipidité des baisers de Marc. J'ai continué à discuter avec mes collègues mais je pensais à ma vie. Que fallait-il faire? Sauver mon couple. Voilà ce qu'il fallait faire. Il était hors de question que je pense à autre chose.
Cameron est revenu et la soirée à continué jusqu'a tard dans la nuit. Dès son retour il a abandonné sa Malta Guinness pour passer au Whisky. Sec. pas "On the Rock" ou coupé au coca. Le 1er verre il a porté un toast silencieux. Les autres lui ont demandé "en quel honneur?".
-Cameron: A la dame qui occupe mes pensées. Si proche et en même temps si loin. A toi!
-Les autres: A ta femme!
Moi je savais à quoi m'en tenir. Il ne pensait certainement pas à sa femme.
-Ginette: hum c'est mignon. Il pense à sa femme. C'est vrai que le Gabon est proche géographiquement mais pour lui elle est loin. Mignon vraiment.
Les gens étaient idiots ou quoi? C'est à moi, à moi qu'il pensait!
Après ça Cameron a donc enchainé verre après verre. Toujours du whisky pur, donnant ainsi corps à la légende qui disait que les gabonais sont de gros buveurs. Mais il tenait bien l'alcool s'était même impressionnant. A question posée, il nous a répondu que les camerounais, les gabonais et autres peuples (sauf les russes) n'étaient que de la rigolade par rapport aux jeunes anglais. Les coma éthyliques étaient légion là bas. Donc oui il tenait bien l'alcool parce qu'il avait de l'entrainement.
L'heure du départ avait sonné. Cameron partait le dimanche. Jean et lui allait se revoir ce jour là. Il a donc fait ses adieux aux autres.
-Jean: Vivi je te le confie. Ramène le au Hilton. Je compte sur toi pour qu'il arrive à bon port ma chérie.
Jean par contre était saoul comme une abeille. Quand il commençait à balancer les "chéri" c'est qu'il était "bon".
-Jean: Cam mon chéri, à dimanche. Je te confie Vivi, je compte sur toi pour qu'elle arrive à bon port.
Voilà qu'est ce que je disais?
J'ai pris Cameron et 3 autres personnes dans ma voiture. Ils habitaient en centre ville dans le même secteur. Je les ai d'abord déposés les uns après les autres. Cameron ne parlait pas, il avait les yeux fermés. Il les ouvraient juste pour dire "bye et merci pour l'accueil". Finalement on est resté que tous les 2. Il a fermé les yeux et posé sa tête contre la vitre. Qu'il dorme! Son silence m'arrangeait bien.
Je suis entrée dans l'enceinte du Hilton et je me suis garée.
-Moi: Cameron...
-Cameron: oui Vivicka?
La clarté de sa voix m'a prouvé qu'il ne dormait pas le moins du monde.
-Moi: on est arrivé.
-Cameron: déjà?
-Moi: oui.
Il s'est redressé et a regardé droit devant lui.
-Cameron: ok.
Personne n'a bougé dans la voiture. J'ai posé la tête sur le volant.
-Moi: Cameron descend s'il te plait. Ne le rend pas plus difficile que ça ne l'est déjà.
-Cameron: je n'ai pas envie de descendre. Je n'ai pas envie de te laisser.
-Moi: Cameron s'il te plait. Va t'en!
-Cameron: demain. Viens me voir demain s'il te plaît. Je t'en prie. En tout bien tout honneur. On ne va pas rester à l'hôtel.
-Vivi: j'ai pas l'intention de coucher avec toi!
-Cameron: moi non plus. Pourtant Dieu sait que j'en ai envie.
Il n'y avait rien a ajouter à cette dernière phrase.
-Cameron: tu viendras Vivicka? Stp, je ne peux pas te quitter comme ça. Comme si on n'était que de vagues connaissances. Tu viendras?
Je n'allais certainement pas venir ici demain. Pour me faire encore plus mal et jouer avec la tentation. Ce n'était pas sain et malhonnête envers Marc.
-Moi: D'accord. Je passerais vers 18h.
Ne me demandez rien. Apparemment ce que j'avais prévu de dire c'est transformé en cours de route. J'avais donc accepté, je n'allais pas retirer ma parole.
Il a mis sa main sur la mienne sur le levier de vitesse et l'a serrée.
-Cameron: merci. A demain.
Il est descendu et j'ai attendu qu'il soit entré dans l'hôtel pour démarrer et rentrer rejoindre ma famille.
Part 10
La première chose que j'ai faite quand je suis entré dans ma chambre s'est de prendre ma bible pour prier. J'ai demandé au seigneur de me pardonné pour tous les péché que j'avais commis aujourd'hui. Je lui ai aussi de me donner la force de faire ce qu'il fallait. La force d'accepter ce qui ne pouvait être changé, le courage de changer ce qui pourrait être changé et la sagesse de faire la différence. J'ai terminé avec les traditionnelles prières pour mon fils, Eve et le reste de ma famille.
J'ai pris une douche et je suis couché pour me rendre compte que je n'aurais pas du faire mes prières aussi vite. Parce que là j'étais en train de repenser à ce que j'avais fait avec Vivicka. Il fallait que j'aille chercher loin, très loin, dans ma conscience pour trouver une trace de culpabilité. Ca m'a semblé tellement naturel que oui, j'ai du mal à me sentir coupable. Mais je le suis bel et bien. Au début de mon mariage avec Eve, j'ai essayé de m'adapter et d'avoir une vie de couple normale mais rien, je n'y suis pas arrivé. Vraiment Eve n'est pas faite pour moi et je ne suis certainement pas fait pour elle. Mais elle ne veut rien comprendre, elle ne veut pas comprendre que l'on n'est pas fait l'un pour l'autre. Alors qu'avec Vivicka...c'était comme 2 pièces d'un puzzle qui s'imbriquent parfaitement l'une dans l'autre. Au mot imbriquer mes pensées ce sont envolées vers d'autres cieux. J'ai imaginés nos 2 corps nus luisant de sueur. Je me suis imaginé tout ce que je voulais lui faire. Oui je le sentais, si Vivicka et moi on s’imbriquait, ça allait être tout simplement parfait. Ne me demander pas comment je le sais, je le sait c'est tout. En attendant j'étais bon pour une autre prière.
Le lendemain matin je me suis réveillé en pleine forme. J'ai pris mon petit déjeuner et je suis partie à la cathédrale qui n'était pas loin. Il n'y avait pas d'office mais être dans ce lieu m'a aidé et m'a remis les idées en place. A mon retour j'ai appelé Eve pour pouvoir parler avec mon fils. Puis j'ai fait mes bagages en laissant juste 2 tenues hors de ma valise. Maintenant j'allais attendre.
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Vivi
Le samedi généralement je restais chez moi. Je m'occupais des mes jumeaux. Avant Mélanie, Marc restait aussi, mais maintenant, je crois que le week-end, il va chez elle. Le voilà qui s'apprête a sortir justement.
-Marc: ma chérie, à ce soir.
-Moi: oui je vais rentrer tard.
Marc s'est brusquement arrêté.
-Moi: je vais à la réunion (tontine) et après je vais voir une amie. C'est son anniversaire aujourd'hui. Je vais laisser les jumeaux chez maman.
J'ai dit cela sans le regarder. A vrai dire je ne savais pas mentir. Je n'ai jamais eu besoin de ce talent avant. J'espérais juste que Marc ne se doute de rien, mais ma propre voix sonnait faux à mes oreilles. Vu qu'il ne disait rien, j'ai levé les yeux et je lui ai souri.
-Marc: quelle amie?
-Moi: Marina, tu ne la connais pas. Mais je te parle souvent d'elle non?
-Marc: à ce soir alors.
-Moi: A ce soir.
Il est venu m'embrasser avant de partir.
Le pire c'est que je ne mentais pas vraiment. Marina avait vraiment son anniversaire. J'avais prévu d'y passer...le temps de déposer son cadeau et de repartir.
J'ai emballé le cadeau puis j'ai joué avec les jumeaux toute la journée. Je les ai préparés puis je me suis préparé. J'ai mis une chemise bleu et un jean blanc avec des ballerines. Mon sac, le cadeau et j'ai quitté la maison.
Je suis arrivé chez mes parents. Ma mère était ravie d'avoir les jumeaux pour cette journée. Je suis allé boire un verre d'eau à la cuisine. Je m'apprêtais à partir quand elle m'a bloqué.
-Maman: Vivi ça va?
-Moi: oui pourquoi?
-Maman: ça n'a pas l'air. Je te sens bizarre depuis quelque temps.
-Moi: oui c'est vrai, mais je te le garanti d'ici lundi ça va aller.
Oui puisque Cameron partais demain dimanche. J'espérais que le fait qu'il soit totalement hors de ma portée allait me remettre les idées en place.
-Maman: tu es sure? Donc tu vas démissionner?
-Moi: Heiiiiiiin? Non! Pourquoi? C’est quoi cette histoire?
-Maman: Marc m'a appelé. Il m'a dit qu'il te sentait bizarre, stressée. Il dit que c'est ton boulot et qu'il aimerait que tu démissionne. Mais apparemment tu ne l'écoute pas. Tu ne veux pas être plus présente pour tes enfants selon lui.
Quel salaud! Il s'est permit d'appeler ma mère. Je sais pourquoi. Ma maman a travaillé pendant quelque temps puis quand elle m'a eu elle s'est complètement arrêtée. Marc croit que pour cette raison ma mère va essayer de me faire entendre raison. Ce qu'il ne sait pas c'est que maman a toujours regretté de s'être arrêtée si longtemps. Quand elle a voulu reprendre, elle était dépassé par les progrès et l'affluence de plus jeunes qu'elle dans sa branche. Alors elle s'est tournée vers les affaires. Un travail qui n'avait pas d'horaires fixes et qui lui permettait d'être là pour papa et moi.
-Moi: maman tu me conseilles quoi?
- Maman: dis-moi ce que tu veux faire, moi je ne veux pas t'influencer!
-Moi: je ne vais certainement pas démissionner et je l'ai dit à Marc. Je trouve ça stupide et puéril qu'il vienne t'en parler.
-Maman: Dieu merci! J'ai eu peur que tu l'écoutes au final. Je ne vois pas pourquoi tu devrais démissionner. J'en ai parlé à ton père et il est d'accord avec moi. Je ne sais pas ce qu'il a cru que je te dirais mais en tout cas ne te laisse pas faire!
J'ai souri à ma mère et je suis partie énervé. Marc avais du culot vraiment. Je me demande comment il allait réagir si je partais dire à sa mère qu'il se foutait royalement de ma gueule avec une femme nommée Stéphanie!
Je suis arrivée à la réunion, j'ai donné ma cotisation. Puis je suis allé chez Marina. Je sentais une impression bizarre. Encre des picotements dans la nuque. Je me suis retournée plusieurs fois mais personne ne me regardais.
J'ai passé 2 heures chez Marina, on a suivi le match et vu le Les Lions indomptables (nom de l'équipe nationale de foot) ou plutôt les chatons domptés se faire éliminés. Je ne suis pas très foot, mais 2 CAN d'affilée sans la participation du Cameroun ça fait beaucoup, même pour moi. A 17h15 je poussais la porte de la réception du Hilton. Cinq minutes plus tard j'étais devant la porte de la chambre de Cameron. Je me suis demandé ce que je faisais là. La porte c'est ouverte et j'ai eu la réponse à ma question. Cameron m'a fait signe d'entrer.
Je me sentais un peu gênée, mais en 2 temps 3 mouvements il m'a mise à l'aise. Il m'a d'abord charrié sur l'élimination des Lions. Je ne pouvais pas trop lui répondre puisque je ne savais pas ce qu'avais fait le Gabon. Il a vu que je ne m'enflammais pas aussi vite que Patrick et Bill et il a changé de registre.
-Cameron: On dirait une scène d'un film glauque. Une femme vient voir son amant dans sa chambre d'hôtel. Il ne manque plus que le mari en colère pour que la scène soit parfaite.
J'ai éclaté de rire et l'atmosphère s'est détendue. J'ai eu une petite pensé pour Marc, vite balayée par le fait qu'il ai osé appeler ma mère.
-Cameron: tu es mon guide aujourd'hui. Je te suis. On va où?
On a pris sa voiture et je l'ai amené à la Brique (quartier). On s'est empiffré de 50-50 (brochettes qui coutent 50 fcfa) et bu de jus naturels. Encore une fois on a eu une de ses longues conversations dont semble-t-il on a le secret. Puis je lui ai fait visiter des coins de Yaoundé qu'il ne connaissait pas.
Finalement on a pris le chemin du retour. A fur et à mesure qu'on se rapprochait du Hilton mon humeur s'assombrissait. J'avais passé une excellente fin d'après midi et je regrettais que ce soit déjà fini. Lui non plus ne parlais pas. Cette fois c'est moi qui ai mis la main sur la sienne et je l'ai serrée. Heureusement que la voiture était une automatique. Finalement il s'est garé devant le Hilton. On est resté silencieux pendant quelques minutes. Puis:
-Cameron: merci. Tu ne sais pas le bien que ça me fait. En 3 ans s'est la 1ère fois que je me sens aussi vivant. Merci. Je regrette tellement de ne pas t'avoir connue plus tôt, dans d'autres circonstances. Il a défait sa ceinture de sécurité et s'est tourné vers moi. J'ai également défait la mienne.
-Cameron: je n'ai jamais eu autant de mal à quitter ce pays.
Je voulais vérifier un truc. Je voulais vérifier si ce que j'avais ressenti hier était un rêve, un fruit de mon imagination. Si les sensations ressenties n'ont pas été multipliées parce qu'on croyait qu'on ne se verrait plus (la situation était la même aujourd'hui mais bon...). Il fallait que je vérifie.
Je me suis donc penchée et j'ai pris son visage entre mes mains. Je l'ai embrassé comme si ma vie en dépendait. Comme si c'était la dernière fois que je le voyais. Ce qui était le cas. Par ce baiser je lui disais tout ce que je ne pouvais pas prononcer. J'y faisais passer tous mes regrets.
J'avais les yeux fermés et je savourais l'un des plus beaux instants de ma vie quand j'ai ressenti de la fraicheur dans mon dos. Quelqu’un venait d'ouvrit la portière passager. Cameron à lev' la tête et moi je me suis tournée.
Et merde!
