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Part 6
-Vivi: Bonjour Cameron
Vivicka regardait droit devant elle. Enfin elle regardait les boutons des étages qui s'allumaient au fur et à mesure que l'on montait.
J'avais l'impression qu'elle m’évitait. Ce qui m'allait très bien. Je me surprenais des fois à la fixer en réunion ou à être attentif à son rire que j'entendais à travers le mur qui séparait nos bureaux respectifs. Je ne savais pas si je devais prendre ça pour un bon ou un mauvais signe. Bon parce que pour la 1ere fois depuis mon mariage, quelque chose en dehors de mon fils et de mon travail avait piqué mon intérêt. Quelque chose ou plutôt quelqu'un. Mauvais signe parce que ce quelqu'un était une femme. Belle. Attirante. En tous cas elle m'attirait.
Elle m'a jeté un coup d'œil alors que l'ascenseur s'ouvrait au 1er étage. Deux personnes y sont entrées. N’empêche, j’ai senti une sorte de tension alourdir l'espace confiné de l'ascenseur. Je lui ai jeté un regard en coin. Cette chemise...le col était largement ouvert et en baissant les yeux on s'attendait à apercevoir les seins. Mais non. Un bouton tout ce qu'il y a de plus sage préservait ses seins des regards lubriques tels que le mien.
Les 2 intrus sont sortis au deuxième étage et je me suis mis face à elle, bien décidé à entamé la conversation. Tout plutôt que de subir en silence toute cette tension...
-Moi: tu vas bien aujourd'hui?
...sexuelle! J'ai eu de la peine à reconnaitre ma voix tellement mon intonation était rauque.
Vivicka a rapidement regardé mes oreilles avant de répondre.
-Vivi: oui. Et toi?
De nouveau ce regard fixé sur mes oreilles. Je sentais un début d'érection que j'ai attribué à ma longue abstinence et à son prénom. Sérieusement a-t-on idée de s'appeler Vivicka? Je ne sais pas pour vous mais la dernière fois que j'ai entendu ce prénom c'était dans un film X (Rodrigue Lombardi, j'espère que ce n'est pas le prénom de ta copine/sœur/mère. Si oui c'est dans la joie!). En plus on est dans un ascenseur ! Le clip de Calogero "en apesanteur" défilait dans ma tête.
-Moi: oui. Mon fils me manque.
-Vivi: ton fils uniquement? Et ta femme?
Je vivement relevé les yeux pour croisés les siens.
-Moi: Non!
La porte s'est ouverte à notre étage mais on resté les yeux dans les yeux pendant 5 bonnes secondes avant qu'elle ne sorte et que je la suive. Mais qu'est ce qui m'a pris de dire ça? On n'a plus prononcé un mot alors qu'on se dirigeait vers nos bureaux. Quelle image donnais-je de moi? Et d'Eve? Je suis vraiment un salaud! Et en salaud fini j'ai passé mon temps à reluquer son derrière moulé dans cette jupe...du diable! La jupe bleue mettait en valeur son derrière rebondi et, j'en suis certain, ferme.
Je suis entré dans mon bureau et je me suis installé derrière la table pour cacher mon début d'érection. J'ai mis la main dans ma poche et je me suis légèrement massé. Il ne restait plus qu'une semaine et demie à tenir. Après cela je serais de retour auprès de ma femme...avec laquelle je ne couchais plus. Mais ce serait déjà ça de gagné. Mon téléphone s’est mis à sonné et c’est ma très chère épouse qui m’appelait.
-Moi : Allo ? Bonjour Eve.
-Eve : bonjour mon chéri, comme tu vas ?
-Moi : bien. Et toi ? Il y a un problème ?
-Eve : non, non ! Il n’y a rien c’est juste que je voulais entendre ta voix. Tu me manques tellement.
Et moi je voulais TELLEMENT que ces douces paroles me fassent réagir mais je ne sentais rien. RIEN ! Merde ! Mais pourquoi, pourquoi grand Dieu n’étais-je pas amoureux de ma femme ? D’ailleurs que lui répondre ?
-Moi : hum...ok. Le bonhomme va bien ?
-Eve : Oui tu lui manques aussi. On a tous les 2 hâte que tu reviennes, chéri.
Je ne suis pas ton chéri ! Je ne suis le chéri de personne. Je sais, je sais, vous trouvez que j’exagère n’est ce pas ? Qu’il faut que je fasse des efforts ? Qu’on ne m’a pas forcé ? Beh si, on m’a forcé. Et au début du mariage j’ai vraiment essayé. J’ai tout fait et Eve aussi y mettait du sien. Elle continue toujours aujourd’hui. Mais la vérité c’est que Eve, je voulais juste coucher avec. Elle m’attirait sexuellement, c’est tout. Que Dieu me pardonne mais je n’ai jamais voulu l’épouser. Je lui ai dis et redis. Je l’ai supplié de me libérer, mais elle refuse. Et après un énième refus, j’ai décidé de laisser tomber. De ne plus rien faire. On habitait le même appartement, on dormait dans le même lit et elle s’occupait de moi et de la maison. C’est tout.
Je suis revenu au présent en entendant Vivicka parler de l’autre côté du mur. Elle m’était aussi interdite qu’Eve. A ma grande honte j’ai posé des questions sur elle. J’ai essayé d’être discret mais Jean m’a repéré.
-Jean : Hum le gabonais, je vois que la petite t’intéresse ! Oublie là. Elle est en couple et mère de 2 enfants. Moi-même j’ai voulu croqué ça (sortir avec) mais elle m’a envoyé balader.
J’ai souri, soulagé. Apparemment Vivicka Sora était une femme droite. Qui ne couchait pas à partout. J’aimais ça. Ca me plaisait même énormément, presque autant que le fait qu’elle ai repoussé Jean. Inexplicablement j’avais confiance en elle. Pour la 1ére fois depuis longtemps une femme titillai ma curiosité mais je ne pouvais rien faire parce qu’elle était en couple. Elle allait me repousser si je tentais quoi que ce soit. Du coup je me suis senti libre de partir parler avec elle, vers 17h alors que quelques uns d’entre nous prenaient une petite pause.
Je me suis accoudé de l’autre côté de la table où elle avait posé son gobelet de café. Immédiatement une tension s’est installée. Elle s’est redressée mais au lieu de me regarder elle a tourné sa tête vers la gauche. Genre « tu es là mais je ne te vois pas »
-Moi : Alors Vicvika, comment tu vas depuis tout à l’heure ?
-Vivi : bien.
Un silence est venu accompagner la tension. Je lui ai fait mon plus beau sourire et elle a cligné les yeux.
-Moi : jean m’a dit que tu avais des enfants ? 2 ? On ne dirait pas !
Là j’ai appuyé sur le bon bouton. Elle s’est tout de suite déridée. En bon parent gâteux que nous sommes nous nous sommes mutuellement montré les phots de nos gosses. Puis naturellement on s’est mis à parler comme si on se connaissait depuis longtemps. J’avais envie de lui parler d’Eve. Mais j’avais encore du respect pour elle. C’est d’ailleurs tout ce que je ressentais pour elle. Du respect et de l’amour platonique. Celui qu’on ressent pour sa petite sœur par exemple. Et j’ai évité de lui poser des questions sur son couple. Je savais déjà qu’elle avait un homme dans sa vie. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir. Ca m’aidait bien. Je pouvais ainsi céder à mon envie de mieux la connaitre sans pour autant céder à l’attirance que j’éprouvais pour elle.
A un moment j’ai regardé ma montre et j’ai vu qu’il était 18h. On avait parlé longtemps pourtant je n’avais pas la moindre envie de bouger de là. Malheureusement Vivicka a suivi mon mouvement.
-Vivicka : Ciel ! 18 heures ! J’ai juste le temps de fermer mon ordi avant de partir.
On s’est dirigé vers nos bureaux pendants que les autres en sortaient. Pris d’une inspiration j’ai lancé :
-Moi : et si on allait prendre un verre tous ensemble ? C’est mercredi aujourd’hui et demain on commence plus tard parce que c’est la réunion semestrielle. Ca vous dit ? Je paye la 1ère tournée.
J’ai reçu des concerts de « oui » mais je n’ai pas entendu celui qui était le plus important pour moi. Elle était derrière moi. Je me suis donc retourné pour la regardé. Elle a murmuré quelque chose à propos de ses enfants et a filé.
Malgré ma déception, je me suis dit que s’était peut être mieux ainsi. C’est le Seigneur qui m’envoyait un signe pour me dire que je me sentais vachement bien avec elle alors que je pouvais à peine supporté ma femme. Je ne me souvenais plus de ce qu’elle avait dit avant que je raccroche alors que les paroles que Vivicka et moi ont a échangées étaient gravées dans ma tête. Oui c’était peut être mieux ainsi.
J’ai pris mes affaires et, avec les autres, on est parti boire un coup.
Part 7
J’avais besoin de parler à quelqu’un de ce qui m’arrivait. De ce que je ressentais. Malheureusement ma meilleure amie n’était pas là et il était hors de question que j’en parle à ma mère. Je voulais croire que ce n’était rien, mais je sentais bien que c’était quelque chose. Une heure. On a parlé pendant une heure ! Même les débuts avec Marc n’ont jamais été aussi...biens. Mon Dieu quand il m’a dit que sa femme ne lui manquait pas, au lieu de plaindre la malheureuse, je me suis dit « tant mieux ».
Mais non, je n’étais pas comme ça. Je ne pouvais pas penser ça de la femme d’autrui et me permettre de ressentir une chaleur et une légèreté bienfaisante quand je suis avec lui. Non, je ne suis pas comme ça.! Ai-je vraiment eu envie de croquer puis de lécher ses oreilles dans l’ascenseur ? C’est moi ? La même Vivi qui prône partout la fidélité. Avoir pensé à embrasser sa bouche et ses oreilles, est ce que c’est tromper ? Ciel ! C’est moi qui me pose ses questions ? Mais qu’est ce que ce gabonais de malheur m’a fait exactement ? Il m’a envoutée ? Pendant quelques secondes, j’ai pensé abandonner les jumeaux pour profiter encore quelques instants de lui. Heureusement que je me suis reprise.
C’est peut être parce que tout n’allait pas bien dans mon couple ? Oui c’est surement cela. Aussi pourquoi je laissais tomber ? Marc était mon homme ou pas ? Ce n’est pas parce qu’il n’avait pas les oreilles aussi sexy que l’autre que je devais tout foutre en l’air.
J’ai récupéré les jumeaux et on est rentré à la maison. Heureusement qu’ils étaient fatigués. Je les ai lavés puis mis au lit. Puis j’ai rapidement préparé des légumes avec de la banane plantain. Marc m’a envoyé un message pour dire qu’il était bloqué dans les embouteillages. C’est un signe. Depuis qu’il a commencé à sortir avec Mélanie je n’avais plus droit aux textos. Mais il a recommencé. Peut être à cause de mon allusion d’hier. Toujours est-il que pour moi c’est un signe.
J'ai pris une douche et je me suis légèrement parfumé. Puis j'ai enfilé une petite nuisette sexy. Enfin j'ai fait la table pour une personne. Je me suis installé dans la chambre et en entendant Marc j'ai lu un dossier sur lequel je travaillais au boulot. J'ai travaillé quelques instant pu j'ai enfin entendu Marc rentré.
J'ai mentalement suivi son cheminement. Là il traverse la cuisine, marque une pause devant la table dressée puis continu au salon. Il posé sa mallette, enlève sa veste puis va jeter un coup d'œil dans la chambre des jumeaux. Puis il repars dans la cuisine et s'installe. Quinze minutes plus tard il se dirige enfin vers la chambre. J'étains la lumière, range mon dossier et je prends une pause lascive sur le lit.
Il ouvre la chambre et s'arrête surpris. La chambre est éclairée avec des bougie parfumées posées au sol. Et moi je suis installée au centre du lit. Dès qu'il ferme la porte je me lève et me dirige vers lui en me déhanchant. J'arrive devant lui et j'attrape sa cravate que je commence à défaire.
-Moi: bonsoir chéri.
-Marc: bonsoir Vivi. En quel honneur tout ça?
Avais-je besoin d'une raison? Vraiment ne vient pas tout gâcher avec tes questions.
-Moi: en ton honneur. Ca te plait? Je te plait?
-Marc: tu poses les réponses ma douce.
La cravate au sol, je m'attaque à la chemise. Elle rejoint la cravate au sol. Puis je me dirige vers le lit et je lui fais signe de me suivre.
Je m'assois et il se place entre mes jambes écartées et j'enlève ses chaussures, ses chaussettes et enfin sont pantalon.
Marc respire à peine. Je vais vous expliquer pourquoi. Il se trouve que je n'aime pas trop faire la fellation. Ca a toujours été un petit problème entre nous. Et maintenant que j'y pense c'est peut être pour cela que Marc est parti voir ailleurs.
Toujours est-il que j'enfonce la main dans son boxer et, surmontant ma répulsion, je le prends dans ma bouche.
Quarante-cinq minutes plus tard Marc se couche à côté de moi et ôte le préservatif. Il pousse un gros soupir de contentement.
-Marc: wahou Vivi ma chérie c'était génial. GE-NIAL. Mon Dieu. Qu'est ce qui t'a pris ce soir?
Je fais semblant de ne pas entendre la voix qui me dit que j'ai fait ça parce que je me sentais en danger et coupable.
-Moi: parce que j'en avait envie. Parce que je t'aime.
-Marc: Moi aussi je t'aime ma chérie. Je suis content que tu ai changé d'avis concernant...euh...
Non Marc je n'ai pas changé d'avis concernant la fellation. Ca m'a dégoutée je ne peux pas vous mentir. Mais je peux mentir à Marc.
-Moi: je...
-Marc: seulement il faut que tu pratiques plus...euh...tu mets encore les dents. Mais je te la garanti dans quelque temps tu vas devenir une spécialiste.
J'ai juste envie de me lever et d'aller faire un bain de bouche. Et il me parle de devenir spécialiste? Il a bu l'huile!
Je me suis blottie contre lui pour qu'on laisse là les stupidités et qu'on dorme. Mais apparemment Marc n'en a pas fini avec moi.
-Marc: j'ai vraiment apprécier ton accueil ce soir. Tu n'imagines même pas. J'aimerai que ce soit comme ça tous les jours, tout le temps. Je rentre et je trouve une maison éclairée et ma femme et mes enfants qui m'attendent. C'est pour cela que je veux que tu démissionnes.
Je ferme les yeux et fait semblant de dormir pour ne pas avoir à répondre. Il me fatigue avec cette histoire de démission. Ce n'est pas Cameron qui me demanderait de quitter mon boulot pour m'occuper de lui. J'en suis certaine!
J'ouvre brusquement les yeux devant l'énormité de ce qui vient de me traverser l'esprit. Non, non et non! Je n'ai jamais pensé ça!
Je roule sur Marc pour l'empêcher de parler et surtout pour qu'il me fasse oublier tous les autres hommes parasites qui sont dans mon esprit. Enfin il serait plus juste de dire pour qu'il me fasse oublier le magnifique spécimen mâle qui se balade dans ma tête comme si il était chez lui.
Après un second round, Marc s'endors enfin et moi je reste les yeux grands ouverts dans le noir. Cameron. Encore lui. Ce qui prouve que Marc n'a pas bien fait son boulot. Mais j'ai trouvé ce qui ne va pas. Entre Marc et moi ce n'est qu'un passage à vide comme beaucoup de couple en traversent. Comme je l'ai fait ce soir, je vais continuer à faire des efforts et tout redeviendra comme avant. Et puis de toutes les façons Cameron part bientôt. Je vais l'oublier en 2 temps 3 mouvements.
Le lendemain matin je suis au travail. Ma collègue Ginette et Jean Meva vont en déplacement ce matin. Comme ça j'aurais le bureau à moi toute seule toute la journée. Venue de je ne sais où (certainement envoyée par le diable) une pensée traverse mon esprit. Cameron aussi est seul dans son bureau. Et d'ailleurs en bien y réfléchissant on est quasiment seul à cet étage. A causes des divers déplacements, maladies et congés il n'y a que quelques bureaux occupés. sans que je sache pourquoi mon cœur se met à battre la chamade. En fait je sais pourquoi, mais vous l'avez compris, depuis que j'ai rencontré un certain personnage, je suis devenue une autruche.
Je me concentre et me remets résolument à la tache...pendant 2minutes. Peut être qu'un petit café me ferait du bien? Je me lève et à la sortie de mon bureau je me dirige vers la gauche alors que la machine à café est sur la droite. Indécise je m'arrête me tourne vers la droite avant de me retourner d'un bond et d'entrer en contact avec un torse que j'identifie immédiatement. J'inspire profondément avant de reculer d'un pas...et de perdre l'équilibre.
Je sens qu'il me rattrape et encore une fois j'ai le nez contre son torse. Comme un reflexe, j'inspire encore. Une fois, 2 fois, 3 fois! Je sens ses bras descendre autour de ma taille.
-Cameron: Vivicka.
