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02

Part 4

Jean parlant des objectifs à atteindre pendant le séjour de Cameron. Comme on en avait déjà parlé j'ai laissé mon esprit vagabondé. Je ne suis pas une rêveuse. Loin de là. Je suis même très pragmatique. Mais j'ai du choisir entre observer Cameron en bavant ou repenser à mon départ ce matin. Le premier choix étant totalement hors de question, j'ai rejoué dans ma tête la conversation que j'ai eue avec Marc alors que je m'apprêtais à partir.

Il m'avait retenue au niveau de la porte alors que je buvais une tasse de café debout.

-Marc: bonjour, c'est comment?

-Moi: Bonjour, ça va. J'y vais là. A ce soir.

-Marc: comment ça tu y vas? Et les enfants? Ils ne sont pas prêts!

J'ai regardé Marc interloquée. C'était quoi cette histoire encore? On avait établit un modus vivendi qui nous convenait à tous les 2. Je commençais plus tôt que lui donc, c'est lui qui s'occupait des enfants le matin. Et moi le soir. D'où mon étonnement.

-Moi: mais oui c'est normal, vu que c'est toi qui doit les préparer. Bon j'y vais.

-Marc: Non! Ce sont tes enfants, ils doivent aller à l'école et toi tu préfères aller à ton travail là plutôt que de t'occuper d'eux?

J'ai regardé ma montre. Je n'allais pas pouvoir préparer la réunion de ce matin comme je voulais vu le cinéma que Marc me faisait. J'ai déposé mes affaires et je me suis déshabillée à la vitesse de l'éclair. Puis j'ai réveillé les enfants et je les ai préparés. Je n'allais pas perdre mon temps à discuter avec Marc. Il cherchait les problèmes et moi il fallait que j'aille travailler. La solution la plus simple était que je m'en occupe. C'était la maxime de ma vie "faire/aller le/au plus simple" ou "plus c'est simple mieux c'est".

Pendant que les enfants prenaient le petit déjeuner je suis repartie m'habiller. Mars est venu me rejoindre.

-Marc: si je ne t'avais pas arrêté ce matin tu allais encore négliger tes enfants au profit de ton travail. Tu penses que c'est ça une bonne mère? Tu persiste à travailler alors que tu sais que je peux subvenir à nos besoins! Tu ne veux pas passer du temps avec tes enfants. Quel genre de mère es-tu?

Encore une fois faire le plus simple. Discuter avec Marc allait me faire arriver encore plus en retard. J'ai filé prendre MES enfants, que j'ai bu dans un verre d'eau, et je les déposé à l'école avant de me diriger vers mon travail.

Je reviens un instant au présent pour écouter Jean louer la coopération entre le Cameroun et le Gabon et blablater. Je souris intérieurement en pensant en Marc. Moi arrêter de travailler? JAMAIS. Je me souviens d'une période à la fin de mes études où j'étais au chômage et Marc travaillait. Tout l'argent du couple venait de lui. Pour faires les courses je devais demander l'argent 3 semaines avant la date prévue. Quand je lui demandais des sous pour n'importe quoi, j'avais l'impression de quémander. Il m'accordait à peine un regard et me répondait par des "je vais voir". Une fois je lui avais dit combien je trouvais son comportement pénible et insultant. Il m'avait dit que j'étais aussi pénible tout le temps lui demander de l'argent. J'ai donc retenue la leçon. Je m'accroche à mon boulot.

-Jean: donc Cameron tes interlocuteurs pendant tout ton séjour vont être Mlle Sora et moi même.

Je me suis tourné vers Cameron, j'ai fixé un point entre ses 2 yeux et j'ai souri. J'essayais de cette manière de tenir la bride à mon esprit mais, sans doute lassé de ne pas pouvoir aller à où il voulait, mon esprit s’est rebellé. Je me suis donc retrouvé à observé les plus discrètement possible Cameron Nguéma.

Ciel! C'est le genre de type qui m’attirait quand j'étais encore célibataire. Et si j'étais encore libre, je n'aurais pas hésité à jouer de mon charme. Outres ses oreilles que, décidemment, je trouvais fascinantes, il avait aussi les yeux les plus doux que j'ai jamais vu. J’y voyais donc de la douceur, de la gentillesse, mais aussi quelque chose qui me parlait plus que n'importe quel mot. L'insatisfaction. Ainsi qu'un peu de cynisme. Ce que je voyais dans ces yeux, je le voyais chaque matin quand je me brossais les dents devant mon miroir. Oui comme moi il attendait plus de la vie, mais... c'était son problème et celui de sa femme, ai-je complété quand mes yeux son tombés sur son alliance. Je ne devais pas penser à ses problèmes...je ne devais même pas penser à lui tout court. Jean était quelqu'un de très consciencieux. Je sais qu'il allait très bien s'occuper de Cameron. Moi je n'allais intervenir que lorsqu'il sera complètement indisponible.

La réunion est terminée. Chacun retourne dans son bureau. Moi et certaines filles on se retrouve dans notre coin "Kongossa", le temps d'avaler un café.

-Il est vraiment trop mignon le gabonais.

-Je confirme. C’est un "sac" (façon de dire qu'à lui seul il vaut plusieurs hommes. L'expression complète est "un sac d'hommes/de femmes).

-et il est tellement calme. Toujours souriant. Il a l'air paisible. Comme si il n'avait aucun problème dans ce bas monde.

Apparence! Moi j'avais remarqué ce qu'il y avait dans ses yeux, mais bon je n'aillais pas le dire.

-C'est vrai, il est très apaisant. Même quand tu parle avec lui. N'est ce pas Vivi?

Je ne pouvais pas répondre vu que je n'avais jamais parlé avec lui plus de 30 secondes. Et je n'avais pas l'intention de changer cet état des choses.

-Moi: je pense qu'il est marié les filles. Vous devriez arrêter de fantasmer sur lui.

ON devait toutes arrêter.

-Il est marié et alors? Une l'alliance a déjà arrêté quel homme ? Chez certains, l'alliance les poussent même à faire encore plus de bêtises. Il n'y a que les femmes qui pensent à la fidélité. On crie partout à l'égalité des sexes. Moi j'ai décidé que dans ce domaine d'être l'égale de mon gars dans tous les sens du terme. Je vais rendre coup pour coup. Les hommes croient même que quoi?

Je la comprenais parfaitement, Marina. A un moment il y en a marre d'être prise pour une moins que rien. Pour celle qui doit supporter et pardonner. "Une vraie femme supporte et ne quitte pas son foyer au moindre problème". Et un vrai mari c'est quoi? Quelqu'un qui trompe sa femme, attend d'elle qu'elle lui pardonne, mais est incapable de faire pareil si Madame va voir ailleurs?

Je me posais la question mais je m'en foutais de la réponse. J'avais trop de problèmes dans ma vie pour me battre encore pour la condition des femmes. C'est plus simple de ne rien faire et de supporter. Et vous savez comme j'aime les solutions simples. Ce n'est certainement pas moi qui vais changer le monde et faire avancer la cause féministe.

Je suis repartie bosser et je me suis attelée à mon travail. J'ai décidé de ne pas me laisser distraire par la voix que j'entendais dans le bureau d'à côté. J'ai toujours trouvé l'accent gabonais un peu bizarre, mais là je me surprenais à le trouver charmant. C'est la seule fois où je me laissais distraire, quand j'entendais sa voix mélodieuse. Ce n'était pas bien méchant. C'est vrai qu'il a parlé au téléphone toute la journée, mais bon...c'était plus simple de l'écouter que de me concentrer pour ne pas entendre sa voix. Et moi j'aime les choses pragmatiques et simples.

Part 5

-Marc: j'aimerai vraiment que tu passe plus de temps avec les enfants. A cause de ton activité ils ne te voient quasiment jamais.

Traduction: quitte ton boulot et plus vite que ça.

-Moi: et tu trouves qu'ils te voient assez toi?

-Marc: tu sais très bien que ce n'est pas pareil.

Justement non je ne savais. Si il faut 2 personnes pour faire un enfant, c'est bien parce que un enfant à besoin de ses 2 parents. Il n'a pas besoin de sa mère plus que son père ou de son père plus que sa mère, il a besoin des 2. Mais partout dans le monde on mettait l'accent sur la mère. C'est elle qui doit être le plus présente pour ses enfants. C'est totalement faux. Mon père a toujours été là pour moi. Toujours. D'ailleurs quand je suis né il a pris ses vacances d'été juste pour être là. J'ai eu mes 2 parents avec moi tout au long de ma vie. Même à présent. Donc vraiment Marc et son "tu sais très bien que c'est pas pareil " là, il peut se brosser. J'ai lâché un petit "hum" qui avait le double avantage de ne m'engager à rien et donnait l'envie à Marc de continuer à parler.

-Marc: Et puis ça m'agace aussi que tu ressentes le besoin de travailler. Tu ne me pense pas capable de m'occuper de vous trois?

Oh si il en était parfaitement capable. Et puis Marc aimait sincèrement ses enfants. Autant qu'un égoïste et un macho comme lui pouvait aimer son prochain. Moi y compris. Mais que celui qui est parfait lui jette la première pierre.

-Moi: Bien sur que si chéri. Tu es capable de t'occuper de nous. Tu es un vrai homme et c'est pour ça que je t'aime.

J'espérais ainsi détourner son attention de mon boulot. Je n'avais pas envie de discuter ce soir. J'avais envie de terminer mon repas tranquillement, suivre les "Esprits criminels" éventuellement faire l'amour puis dormir.

-Marc: dans ce cas démissionne et occupe toi des enfants.

-Moi: non

Il y a les femmes qui sont faite pour rester à la maison et il y a les autres. Je faisais partie de la 2e catégorie. Quand les jumeaux sont nés, je me suis arrêtée 6 mois. Après j'ai repris mon activité. Je ne pouvais pas rester à la maison pour m'occuper de mon mari et de mes enfants. Certaines s'épanouissaient comme ça. Pas moi.

-Marc: tu vois?! J'en ai marre de laisser une maison vide le matin quand je pars. Tu n'es pas toujours là quand je rentre. Et j'en ai marre de manger la nourriture de la femme de ménage. Ce n'est pas elle ma femme.

Marc était injuste. La femme de ménage venait 3 fois par semaine et préparait quelques plats. Le reste du temps c'était moi. Mais à quoi bon discuter?

-Marc: tu vois? Tu ne réponds rien. J'ai raison. Vivi ma chérie, j'aimerais vraiment que tu démissionnes. Je préfère te savoir à la maison.

-Moi: je ne vais pas démissionner Marc!

Marc a ouvert les yeux ronds. Je le contredisais très rarement. J'étais plutôt grande gueule et Marc avait l'habitude de dire qu'il m'a maté. En réalité je ne veux passer mon temps à discuter avec lui. Je lui donne l'impression qu'il a toujours raison, que je baisse les yeux devant lui. Moi ça ne me gène pas et tout le monde est content. Donc c'est un peu normal qu'il soit étonné.

-Marc: pardon?

-Moi: chéri je ne vais pas démissionner. Je vais garder mon travail. Il n'y a pas moyen de discuter.

Il m'a regardé en plissant les yeux.

-Marc: Tu as déjà un amant là bas hein? Tu couches avec qui là bas à Total? C'est pour cela que tu t'accroches à ton boulot hein?

Même si Marc criait, je savais qu'il n'allait pas me frapper. Il n'était pas comme ça. J'ai éclaté de rire tandis qu'une image d'oreilles parfaites traversait mon cerveau.

-Moi: Pardon ne me fais pas rire. Si tu crois que tout le monde est comme toi!

Dès que cette phrase est sortie je l'ai regretté. Pourquoi j'ai ouvert ma bouche?

-Marc: Pardon?

J'ai arrêté de rire. Puis j'ai déposé mon assiette dans l'évier.

-Marc: Vivicka! Qu’est ce que tu as dit?

-Moi: tu m'as très bien comprise.

Je suis sortie et je me suis installée devant la télé juste comme "Esprit Criminels" commençait.

Marc s'est tenu debout devant la porte de la cuisine. Puis il est venu vers moi.

-Marc: Vivi ma puce, je ne sais pas ce que tu crois savoir mais tu sais combien je t'aime non? Quoi qu'on ai pu te dire c'est faux. C'est toi ma femme.

Je ne l'ai même pas regardé. Shemar Moore/Dereck Morgan était bien plus intéressant dans son tee-shirt moulant que Marc qui croyait que j'étais née de la dernière pluie. Fugitivement je me suis dis que je devais vraiment me poser des questions si je préférais regarder la télé plutôt que d'écouter ou de discuter avec mon homme.

Marc s'est installé derrière moi et a passé un bras autour de mes épaules avant de me faire un bisou dans le cou.

-Marc: Vivi chérie, qu'est ce qui te fait croire que je ne te suis pas fidèle, toi mon cœur, mon âme, ma vie?

J'ai repensé aux bons moments que j'ai vécus avec Marc. Quand on était plus jeunes et insouciants. Quand il m'a fait la cour, quand j'ai accepté, quand on a rencontré nos parents mutuels, et bien sur les jumeaux. C'est vrai on a vécu de bons moment, alors pourquoi s'accrocher aux mauvais?

-Moi: rien. J'ai juste dis ça comme ça. Je sais que tu ne me trope pas mon amour. Tout comme moi je ne te trompe pas. Je t'aime tu sais.

Oui je me mettais la tête dans le sable et alors? Tes couples ayant vécus pire que ça ont tenus bon. Pourquoi pas le mien? J'ai résolument fait taire la voix qui disait que des couples avaient également rompus pour moi que ça, pourquoi pas le mien?

Je ne pouvais pas attendre de tous les hommes qu'ils soient comme mon père. Le couple de mes parents était mon modèle... jusqu’à ce que je comprenne que ce qu'ils vivaient était exceptionnel. Mon père était un mari fidèle, marié à une femme fidèle. Ils s'aimaient comme au premier jour, peut être même encore plus à mesure que les années passaient. Ils avaient ce je-ne-sais-quoi, cet air qu'ont les couples heureux et harmonieux. Malheureusement le schéma était dur à reproduire, malgré tous mes efforts. J'avais choisi Marc après une sélection minutieuse. Et si à l'époque j'avais décelé quelques défauts, je n'avais jamais soupçonné ceux que je découvrais aujourd'hui. Mais bon, je faisais partie des millions de femmes trompées par leur mari/mec/compagnon. Pas de quoi fouetter un chat n'est pas?

Alors que je me penchais pour l’embrasser, je me suis demandé si les gabonais sont aussi infidèles que les camerounais.

Le lendemain matin je suis arrivé au boulot après m'être occupé des jumeaux. Depuis la dernière fois il ne s'en occupait plus matin. Sa raison? Il était fatigué et avait besoin de sommeil. Son boulot de commercial était trop stressant. Commercial sédentaire svp. Bref laissons là le sujet de Marc. J'étais juste obligé de me lever plus tôt pour m'occuper de mes bébés.

J'étais de bonne humeur ce matin. La petite partie de jambes en l'air d'hier m'avait donné de l'énergie. Je me sentais en forme. J'ai donc mis une chemise blanche qui moulait ma poitrine avec une jupe taille haute bleue qui s'arrêtait quelques centimètres au dessus du genou. Classe sans être trop sexy. Des talons pas très hauts complétaient ma tenue. J'ai appelé l'ascenseur.

Alors que j'attendais je me suis soudainement redressée. J’avais un petit picotement au niveau de la nuque. Quelqu'un m'observait. Je ne me suis pas retournée. Mais alors que d'habitude, les regards me laissaient indifférente (il n'y avait pas de nombreux beaux gosses au boulot), là pour le coup je me suis sentie différente. L'ascenseur est arrivé et s'est ouvert sur un bruit feutré. J'y suis entrée et quand je me suis tourné pour faire face à la porte j'ai rencontré de beaux yeux noirs.

J'avais réussi à éviter M. Oreilles sexy pendant plusieurs jours. Tout ça pour me retrouver dans l'ascenseur avec lui ! Zut !

La porte s'est refermée avec un petit "ding" qui selon moi symbolisait le rire moqueur que le destin a du lâcher quand il m'a mise dans cette situation.

-Cameron: Bonjour Vivicka.

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