chapitre 4
Chapitre 4 – Le Contrat de Chair
Londres Résidence Calloway Le lendemain matin
Amaya se réveilla avec le goût de lui sur sa langue.
Pas littéralement. Il n'avait pas embrassé sa bouche. Mais ses doigts ses doigts qu'il avait léchés devant elle, ses doigts qui portaient son goût à elle étaient restés imprimés dans sa mémoire comme une marque au fer rouge.
Elle se leva. Sa chemise de nuit portait encore les plis de la nuit précédente. Entre ses cuisses, une sensibilité nouvelle. Une conscience aiguë de ce trou, de cette fente, de ce vide qu'il avait rempli.
Ses jambes tremblèrent quand elle posa les pieds sur le sol.
Je suis souillée.
Le mot traversa son esprit comme une flèche. La voix des sœurs. Celle de Mère Supérieure. « Une fois qu'un homme t'aura touchée, tu ne seras plus jamais pure. »
Mais en dessous de cette voix, il y en avait une autre. Plus petite. Plus chaude.
Je ne veux plus l'être.
Elle s'habilla avec soin. Pas une des robes grises du couvent elle les avait brûlées dans un accès de rage silencieuse la veille, en cachette, dans la cheminée de sa chambre. Non. Elle choisit la seule autre chose qu'elle possédait.
Une robe bleu pâle que Sœur Marguerite lui avait offerte pour son départ. « Pour que tu aies l'air d'une jeune fille normale, ma chérie. »
Normale.
Elle ne serait plus jamais normale.
En descendant l'escalier monumental, elle croisa deux domestiques qui baissèrent les yeux. Pas par respect. Par gêne. Ils savaient. Toute la maison savait. La vierge du couvent était montée à l'étage avec le maître, et elle en était redescendue différente.
La cuisine était vide.
Sauf lui.
Zayn Calloway était assis à la table de granit noir, une tasse de café à la main, un journal ouvert devant lui. Il portait une veste de costume gris clair et une chemise blanche ouverte au col. Il avait rasé sa barbe de la veille. Il sentait bon.
Il ne leva pas les yeux quand elle entra.
« Assieds-toi. »
Elle obéit. Sans réfléchir. Ses jambes la portèrent vers la chaise en face de la sienne, et elle s'assit, les mains sur les genoux, droite comme une pensionnaire devant la supérieure.
« Tu as bien dormi ? »
La banalité de la question la désarma.
« Oui… Zayn. »
Il releva la tête. Un éclair dans ses yeux noirs. Pas de la colère. Du plaisir. Elle avait dit son prénom. Sans qu'il le lui rappelle.
« Tu vois ? Tu apprends vite. » Il prit une gorgée de café. « C'est une bonne chose. Parce que ce qui va suivre demande de la rapidité d'esprit. »
Il sortit une liasse de papiers d'une sacoche en cuir posée à ses pieds. La fit glisser vers elle.
« Lis. »
Amaya prit les feuilles. Ses mains tremblaient.
CONTRAT DE SERVICE AMAYA CARTER / ZAYN CALLOWAY
Son cœur se serra.
Elle lut.
Clause 1 : Mademoiselle Carter résidera à la résidence Calloway pour une durée indéterminée.
Clause 2 : Mademoiselle Carter renonce à tout contact avec l'extérieur sans autorisation écrite préalable.
Clause 3 : Mademoiselle Carter s'engage à se conformer aux demandes de M. Calloway, sans restriction, dans l'enceinte de la résidence.
Clause 4 : M. Calloway s'engage à subvenir à tous les besoins matériels de Mademoiselle Carter.
Clause 5 : En cas de grossesse, M. Calloway assumera l'intégralité des responsabilités financières.
Ses doigts crispés sur le papier.
« Qu'est-ce que c'est ? » Sa voix n'était qu'un souffle.
« Ton avenir. »
« C'est… c'est un contrat d'esclavage. »
Zayn haussa une épaule. « C'est un contrat de consentement éclairé. » Il posa sa tasse. Se leva. Fit lentement le tour de la table jusqu'à se tenir derrière elle. Ses mains se posèrent sur ses épaules. « Je vais te prendre, Amaya. Pas aujourd'hui. Pas demain. Mais bientôt. Et quand ce sera fait, tu ne pourras pas dire que tu ne le voulais pas. »
« Je ne le veux pas. »
« Tes doigts dans ta chatte la nuit dernière disent le contraire. »
Le mot chatte. Brut. Cru. Personne ne lui avait jamais dit ce mot. Les sœurs disaient « en bas ». Les livres disaient « entre ses cuisses ». Lui disait « chatte » comme on dit « pain » ou « table ». Comme si c'était normal.
Ses joues brûlèrent.
« Je ne… ce n'était pas… »
« Ce n'était pas quoi ? » Il se pencha. Sa bouche contre son oreille. Son souffle chaud sur sa nuque. « Pas du désir ? Pas du besoin ? Pas de l'amour ? Non, en effet. Ce n'était pas de l'amour. C'était mieux. C'était vrai. »
Ses mains glissèrent de ses épaules à ses bras. Les remontèrent. Effleurèrent ses seins à travers le coton fin de sa robe.
« Signe. »
« Non. »
Un doigt pinça son téton à travers le tissu. Elle haleta.
« Signe, Amaya. »
« Pourquoi tu veux que je signe ? Si tu veux me prendre… tu peux… je ne peux pas te stopper. »
Il rit. Un son grave qui vibra contre sa colonne vertébrale.
« Parce que je ne veux pas d'une proie vaincue. Je veux d'une victime consentante. » Il la retourna sur sa chaise. Elle se retrouva face à lui, ses jambes prisonnières entre les siennes. Il s'accroupit devant elle. Leurs regards au même niveau. « Je veux que tu signes parce que je veux que tu regardes le papier demain, dans un an, dans dix ans, et que tu te souviennes que tu as choisi. »
Ses doigts attrapèrent sa main. La guidèrent vers le stylo posé sur la table.
« Choisis-moi, Amaya. »
Elle pleurait. Des larmes silencieuses. Pas de peur. Pas de tristesse.
Du soulagement.
Parce que depuis la seconde où elle avait posé les pieds dans cette maison, elle attendait qu'il lui donne la permission de tomber.
Sa main trembla. Le stylo toucha le papier.
Amaya Carter.
La signature tremblotante, maladroite, comme celle d'une enfant qui apprend à écrire.
Zayn prit la feuille. La lut. Sourit.
Et posa le contrat sur la table.
Puis il glissa une main sous sa robe.
Elle n'avait pas de culotte. Elle n'en portait plus depuis la nuit dernière la sienne était restée trempée sur le sol de sa chambre, et elle n'avait pas osé en demander une autre.
Ses doigts rencontrèrent sa toison. Descendirent.
Elle était déjà mouillée.
« Tu vois ? » murmura-t-il. Ses doigts jouaient à l'entrée, sans entrer, juste pour la sentir frémir. « Ton corps a signé avant toi. »
Il la pénétra d'un doigt.
Elle gémit.
« Aujourd'hui, » dit-il en bougeant lentement, profondément, « je vais t'apprendre ce qu'est la patience. »
Il ajouta un doigt.
« Je vais te toucher jusqu'à ce que tu ne puisses plus penser. »
Il accéléra.
« Je vais te faire jouir jusqu'à ce que tu ne saches plus dire mon nom. »
Sa respiration se coupait. Ses mains s'agrippèrent à ses épaules.
« Mais je ne vais pas te prendre. Pas encore. »
« Pour… pourquoi… »
« Parce que je veux que tu me supplies. »
Il retira ses doigts. Se leva. Reprit sa tasse de café comme si de rien n'était.
« Maintenant, monte dans ta chambre. N'en sors pas. »
« Mais… »
« Monte. »
Elle monta.
Les doigts tremblants, les cuisses trempées, le corps en feu.
Elle monta dans sa chambre, s'allongea sur le lit, et attendit.
Attendit qu'il vienne.
Attendit de supplier.
Attendit de tomber.
