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chapitre 5

Chapitre 5 – Les Murs ont des Oreilles

Londres Résidence Calloway Troisième nuit

Elle n'avait pas bougé de sa chambre.

Trois jours. Trois nuits. Zayn l'avait enfermée là pas physiquement. La porte n'était pas verrouillée. Il n'y avait pas de chaîne, pas de cadenas. Juste sa parole. Juste son ordre.

« N'en sors pas. »

Et elle était restée.

Comme une enfant sage. Comme une prisonnière volontaire. Comme ce qu'il avait voulu faire d'elle.

Les repas arrivaient sur un plateau, trois fois par jour, déposés par un domestique muet qui ne croisait jamais son regard. Elle mangeait sans faim. Elle buvait sans soif. Son corps ne réclamait plus de nourriture.

Il réclamait autre chose.

Ses mains.

Sa bouche.

Ses doigts à l'intérieur d'elle.

Chaque nuit, vers deux heures du matin, Zayn entrait dans sa chambre. Sans frapper. Sans prévenir. Il la trouvait éveillée toujours éveillée allongée sur ce lit trop grand, les draps remontés jusqu'au menton, le souffle court.

Et chaque nuit, il la touchait.

Pas beaucoup. Pas assez. Juste ce qu'il fallait pour la rendre folle.

La première nuit, il avait écarté les draps, baissé sa culotte (une nouvelle, blanche, en coton, qu'il lui avait fait mettre « Je veux être celui qui l'enlève »), et passé vingt minutes à lécher l'intérieur de ses cuisses. Rien d'autre. Juste ses cuisses. De ses genoux à son entrejambe, encore et encore, sa langue chaude et humide qui traçait des chemins qu'elle n'avait jamais imaginés.

Elle avait pleuré. Supplié. Agrippé ses cheveux.

Il s'était arrêté au bord de son sexe, avait relevé la tête, souri.

« Pas cette nuit. »

Et il était parti.

La deuxième nuit, il l'avait retournée sur le ventre. Ses mains avaient massé ses fesses, écarté ses cuisses, et sa bouche sa bouche avait trouvé ce petit trou qu'elle ne savait même pas qu'elle avait. Là, derrière. L'endroit dont personne ne parlait. Sa langue avait appuyé, léché, pénétré à peine.

Elle avait hurlé dans l'oreiller.

Ses doigts avaient agrippé les draps. Ses hanches s'étaient soulevées vers lui, offertes, suppliantes.

« S'il te plaît… s'il te plaît, Zayn… prends-moi… »

« Tu n'es pas prête. »

Il était parti.

Cette nuit était la troisième.

Amaya attendait.

Allongée sur le dos. Les draps baissés. Sa chemise de nuit remontée au-dessus de ses seins il aimait les voir, il le lui avait dit, et elle voulait lui plaire, elle voulait tellement lui plaire.

Elle avait honte de ce qu'elle était devenue.

En trois jours.

En trois nuits.

La vierge du couvent avait disparu, remplacée par cette créature qui ne pensait qu'à ça, qu'à lui, qu'à ses doigts et sa langue et ce vide brûlant entre ses cuisses.

La porte s'ouvrit.

Zayn entra.

Mais il n'était pas seul.

Une femme se tenait derrière lui. Grande. Brune. Des jambes interminables dans une robe rouge si courte qu'elle n'en couvrait rien. Ses yeux maquillés tombèrent sur Amaya, allongée, offerte, presque nue.

Elle rit.

« C'est ça, ta vierge ? On dirait une pute déjà. »

Amaya voulut se couvrir. Ses mains attrapèrent les draps, mais Zayn secoua la tête.

« Non. Reste comme ça. »

Elle obéit. Mains le long du corps. Seins à l'air. Sexe découvert.

La honte la brûlait par vagues, mais quelque chose d'autre brûlait aussi. Plus fort. Plus sombre.

Regarde, voulait-elle dire à la femme. Regarde comme il me regarde. Pas toi. Moi.

Zayn s'assit dans le fauteuil au pied du lit. Il croisa les jambes. Ses yeux noirs passaient de la femme à Amaya, comme s'il comparait deux marchandises.

« Elena, approche-toi du lit. »

La femme obéit. Ses talons claquèrent sur le parquet. Elle s'arrêta à côté d'Amaya, si proche que son parfum fleur, trop sucré envahit ses narines.

« Montre-lui comment on touche une femme. »

Le souffle d'Amaya se bloqua.

« Quoi ? »

« Tu as entendu. » La voix de Zayn était calme. Tranquille. Comme s'il demandait de passer le sel. « Elena sait s'y prendre. Beaucoup mieux que toi. Regarde. Apprends. »

Elena sourit. Un sourire carnassier. Ses mains descendirent.

Amaya voulut se recroqueviller. Fermer les jambes. Disparaître.

Mais son corps refusa.

Ses cuisses s'écartèrent toutes seules.

Elena émit un petit bruit satisfait. « Elle est déjà bien dressée. »

Ses doigts effleurèrent le sexe d'Amaya. Pas comme ceux de Zayn pas de propriété, pas de possession. Juste une caresse technique, clinique, presque détachée.

« Tu vois, petite vierge ? » Elena tournait ses doigts autour de son clitoris, lentement, sans émotion. « Le plaisir, c'est pas magique. C'est de la mécanique. Ici, plus fort. Là, plus doux. »

Amaya ne voulait pas aimer ça.

Elle n'aimait pas cette femme. Elle ne voulait pas de ses doigts. Elle voulait Zayn, ses mains à lui, sa bouche à lui, tout de lui.

Mais son corps traître, animal, affamé se cambrait déjà sous les caresses d'Elena.

Son bassin se souleva.

Un gémissement lui échappa.

« Tu vois ? » dit Elena en accélérant le mouvement. « Elle est comme toutes les autres. Une chatte en chaleur. »

Zayn ne disait rien. Il regardait. Il observait. Ses yeux brillaient dans la pénombre.

« Arrête… » souffla Amaya. « Arrête, s'il te plaît… je veux pas… pas elle… »

« Tu veux qui ? »

« Toi. »

Le mot résonna dans la pièce.

Elena rit. Ses doigts s'enfoncèrent plus profondément. Deux, puis trois. Amaya n'était plus assez serrée pour que ça fasse mal ses nuits avec les doigts de Zayn l'avaient ouverte, préparée, corrompue.

« Toi, Zayn, » répéta-t-elle en pleurant presque. « Toi, seulement toi, toujours toi… »

« Laisse-la, Elena. »

Les doigts se retirèrent. La femme recula. Amaya resta là, pantelante, vide, ouverte, tremblante.

Zayn se leva. S'approcha du lit. Il ne regarda même pas Elena comme si elle n'avait été qu'un outil, un jouet qu'il venait de ranger.

Il s'allongea à côté d'Amaya. Sa main caressa ses cheveux en sueur.

« Tu vois ? » murmura-t-il. « Maintenant tu sais ce que c'est d'être touchée par quelqu'un d'autre. Ce n'est pas pareil, hein ? »

Elle secoua la tête. Ses larmes coulaient.

« Non. »

« Parce que ton corps est à moi. » Sa bouche trouva son cou. Lècha la peau salée. « Même quand quelqu'un d'autre te touche, c'est pour moi que tu jouis. »

« Oui. »

« Dis-le. »

« Mon corps est à toi. »

« Encore. »

« Mon corps est à toi. »

Il sourit. Et cette nuit-là, pour la première fois, il la laissa le toucher aussi.

Ses mains tremblantes découvrirent sa poitrine dure. Ses abdos. La toison sombre sous son ventre. Son sexe énorme, chaud, vivant, qui bougeait sous ses doigts comme une bête endormie.

Elle le caressa. Maladroitement. Avec des petits bruits de surprise à chaque nouvelle découverte.

Zayn gémit. Un son grave, rauque, qu'elle n'avait jamais entendu.

« Tu vas me tuer, petite innocente. »

« J'apprends. »

« Trop bien. »

Il la retourna sur le ventre. Son sexe pressa contre ses fesses, glissant entre ses cuisses, sans pénétrer. Juste cette chaleur, cette pression, cette promesse.

« La prochaine fois, » murmura-t-il contre sa nuque, « ce sera toi qui toucheras Elena. Et tu feras pour elle ce qu'elle a fait pour toi. »

« Non… »

« Si. Parce que je veux te voir devenir ce que tu as toujours été au fond. »

« Quoi ? »

Il mordit son épaule. Pas fort. Assez pour laisser une marque.

« Ma pute. »

Cette nuit-là, Amaya ne dormit pas.

Elle resta éveillée, allongée contre lui, sa main posée sur son cœur qui battait trop vite.

Et pour la première fois, elle se demanda si elle allait en sortir vivante.

Ou si elle voulait seulement en sortir.

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