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Chapitre 5 — Entre leurs mains 1

Entre leurs mains

Léna, jeune femme indépendante au caractère de feu, accepte un poste d’assistante dans une maison d’édition familiale réputée. Elle pensait y trouver une stabilité. Elle y découvre le chaos… et le désir.

Il y a Raphaël, l’aîné : froid, exigeant, autoritaire. Son patron. Il ne sourit jamais, mais quand il la regarde, son corps réagit sans réfléchir.

Et il y a Léo, son jeune frère : charmeur, libre, provocateur. Il la trouble d’un simple clin d’œil, joue avec elle, la fait rire, l’énerve… la fait craquer.

Tous deux la veulent. Tous deux la touchent, la marquent, la testent.

Léna tente de résister, mais entre la tension dans le bureau, les jeux nocturnes, et les secrets qui les lient tous les trois, elle perd peu à peu le contrôle.

Mais dans cette histoire, ce n’est pas que de sexe et de passion.

Il y a des mensonges de famille, des blessures anciennes, et un choix impossible.

Car si elle cède à l’un… elle perdra l’autre.

Ou peut-être… se perdra-t-elle elle-même entre leurs mains.

Léna

Le hall sent l’encre et le cuir.

Pas l’odeur banale d’un lieu de travail. Non. Une odeur lourde, presque sensuelle. Comme un vieux livre posé sur un corps nu.

Je serre mon sac contre moi, mes doigts s’y agrippent un peu trop fort. Comme si ce tissu pouvait me protéger.

Morel & Morel Éditions.

Un nom qui claque comme un cachet de cire.

Tout ici respire la rigueur et le silence feutré du pouvoir.

Je redresse les épaules. J’ai choisi une robe noire simple, cintrée à la taille, qui épouse mes hanches avec justesse, sans provocation.

Mes escarpins claquent doucement sur le marbre. J’avance avec aplomb. Enfin… j’essaie.

On m’a dit de faire attention.

Que l’un des deux frères était froid comme la mort, l’autre brûlant comme l’enfer.

Mais personne ne m’a dit que les deux seraient là quand je franchirais la porte.

— Léna Dumont ? demande une voix grave.

Je me retourne.

Il est là.

Raphaël Morel.

Grand. Droit. L’élégance stricte d’un homme qui a banni toute émotion de son visage.

Costume noir. Chemise sans un pli. Montre discrète mais hors de prix.

Et surtout ce regard — dur, impassible, tranchant.

Des yeux d’un gris métallique, presque froids, qui glissent sur moi comme une lame sous la peau.

— Monsieur Morel ? je demande, presque incertaine.

— Le plus vieux, oui, répond-il sans un sourire. Raphaël. Suivez-moi.

Il ne me tend pas la main. Il ne m’adresse même pas un signe de tête.

Il tourne les talons.

Je le suis, mes hanches balançant malgré moi à chaque pas.

Il ne se retourne pas. Mais je sens son regard, furtif, qui descend lentement le long de mes jambes nues, devine le galbe de mes cuisses, la cambrure légère de mes reins sous la robe.

Ce n’est qu’une intuition… mais mon cœur rate un battement.

Nous traversons un couloir aux murs ornés de photographies en noir et blanc. Des auteurs. Des couvertures. Des éclats de prestige.

Puis, il pousse une porte.

Le bureau est immense. Classique. Sombre. Silencieux.

Des étagères jusqu’au plafond, des ouvrages reliés cuir, un bureau en acajou massif.

Tout est à sa place. Aucun papier ne dépasse. Aucun cadre n’est de travers.

Tout est sous contrôle.

Comme lui.

— Asseyez-vous, ordonne-t-il.

Je m’installe, les genoux serrés, mes mains croisées sur mes cuisses.

Il feuillette mon CV. En silence.

Je déteste ce silence. Il est trop net. Trop tendu. Il pèse comme une main sur ma gorge. Une main invisible qui m’empêche de respirer.

— Vous avez un bon parcours, finit-il par dire. Mais ce n’est pas ça qui m’intéresse.

Je hausse un sourcil, piquée.

— Ah non ?

Il referme le dossier. Lentement. Puis relève les yeux vers moi.

— Non. Ce qui m’intéresse, c’est ce que vous cachez.

Je le fixe, surprise.

Mais je sens déjà la chaleur remonter le long de mon dos.

Parce qu’il ne parle pas de mon CV.

Il parle de moi.

De ce que je suis quand je ne souris pas. De ce que je tais.

Et dans ses yeux, je vois une promesse trouble. Une mise à nu, déjà commencée.

Mais avant que je puisse répondre, la porte s’ouvre à la volée.

— Frérot, tu fais peur à tout le monde, encore ? lance une voix rieuse.

Il entre comme une tempête.

Et je comprends tout de suite.

Léo Morel.

Même carrure que son frère. Mais plus souple. Plus indocile.

Chemise blanche ouverte sur la gorge, cheveux un peu trop longs, regard rieur, insolent, joueur.

Et ce sourire… ce sourire qui désarme. Qui trouble.

Il me voit.

Et il s’arrête.

Ses yeux glissent sur moi. Lentement.

Ils descendent le long de mes jambes croisées, s’attardent sur mes cuisses, remontent sur ma taille, effleurent la naissance de ma poitrine sous le tissu.

Puis il revient à mes yeux. Et là, il me sourit comme un homme qui sait exactement ce qu’il veut.

— Oh. Tu ne m’avais pas dit que la nouvelle assistante était… délicieuse.

Je rougis.

Je sens mes joues s’échauffer, mais je ne détourne pas le regard.

Parce que moi aussi, je regarde.

Et ce que je vois chez lui n’a rien d’innocent.

Raphaël soupire.

— Tu es en retard, Léo.

— Ou en avance sur quelque chose d’intéressant.

Il s’approche, tire une chaise à mes côtés. S’assoit.

Ses genoux frôlent les miens. Son parfum est plus chaud, plus musqué.

Un mélange de cuir, de cendre et de quelque chose de sauvage.

Je sens sa jambe glisser lentement contre la mienne.

Pas un contact accidentel.

Un contact voulu. Maîtrisé.

Et mon cœur, ce traître, s’emballe.

— Léna, c’est ça ? murmure-t-il.

Je hoche la tête.

— Tu sais qu’on a une règle ici ?

Je plisse les yeux, un peu sur la défensive.

— Laquelle ?

— Ne jamais tomber amoureuse d’un Morel. Ça finit toujours mal.

Il me sourit. Mais son regard est sérieux.

Profond. Intense. Presque… désolé.

Comme s’il savait d’avance que je n’y couperais pas.

Je me redresse, le menton haut.

— Je ne suis pas venue pour tomber amoureuse. Je suis venue travailler.

Raphaël, toujours silencieux, me fixe.

Un sourcil s’arque légèrement.

Léo, lui, éclate de rire.

— Jolie réponse, murmure-t-il. Dommage que ce ne soit jamais si simple.

Et là, je comprends.

Ce bureau n’est pas juste un lieu de travail.

C’est un territoire.

Un champ de tension. Une arène.

Et moi, j’y suis entrée avec ma robe noire, mes courbes marquées et aucun bouclier.

Ils me regardent tous les deux.

L’un avec la froideur d’un juge.

L’autre avec la faim d’un prédateur.

Et je ne sais pas encore lequel est le plus dangereux.

Mais je sens déjà que je vais le découvrir… de très près.

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