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Chapitre 3 : Samedi soir 1

Emma

Le samedi soir enveloppe la ville d’un voile moiré, une lumière douce et chaude qui caresse les façades, plongeant les rues dans une intimité feutrée. Je me tiens devant la porte de la boîte de nuit, ma robe noire collant à ma peau comme une seconde peau, épousant chaque courbe que je connais bien mais que ce soir, je veux célébrer. Chaque pas que je fais résonne comme un défi lancé au silence de mes nuits trop calmes, à la monotonie d’un quotidien trop rangé.

Je sens l’excitation et la nervosité se mêler dans mon ventre, un mélange électrique qui fait battre mon cœur plus vite, comme un tambour tribal. Autour de moi, les basses grondent, me traversent, s’enfoncent dans mes os. Les corps dansent, ondulent, se cherchent et se frôlent, tissant une atmosphère chargée d’une sensualité palpable. La lumière change sans cesse, jouant avec les ombres et faisant scintiller ma peau sous un kaléidoscope mouvant.

Je m’installe au bar, mes doigts jouant machinalement avec mon verre, mes yeux s’égarant dans cette foule qui bouge sans cesse, qui vit avec cette fièvre douce. Je sens les regards qui se posent sur moi, certains furtifs, d’autres plus appuyés, plus lourds de promesses. Une main effleure mon épaule. Je tourne la tête doucement.

Il est là.

Grand, élancé, vêtu d’un costume noir impeccable qui met en valeur son torse large et ses épaules puissantes. Son visage est marqué, encadré d’une barbe soignée, et ses yeux sombres brûlent d’un feu intense, hypnotique. Un sourire en coin, à la fois sauvage et intriguant, étire ses lèvres.

Il avance vers moi avec une lenteur calculée, chaque geste chargé d’une assurance qui réveille en moi des désirs que je croyais endormis.

— Je peux t’offrir un verre ? murmure-t-il d’une voix grave et veloutée, un souffle contre mon oreille qui me fait frissonner.

Je hoche la tête, incapable de parler. Mon souffle se fait court, mon cœur tambourine à la mesure des basses qui résonnent autour de nous. Quelques mots s’échangent, mais ils sont déjà inutiles. Nos regards se parlent, brûlants de promesses silencieuses, d’urgences partagées.

Sa main chaude se pose sur ma taille, glissant lentement, son toucher traversant la fine étoffe de ma robe, embrasant ma peau nue. Je me cambre, abandonnée à cette caresse qui me consume.

Sans un mot, il attrape ma main, m’entraîne vers la piste de danse. La musique pulse avec une intensité nouvelle, rythmée et sensuelle. Il me rapproche de lui, nos corps s’effleurent à chaque pas, chaque mouvement.

Il danse avec une aisance hypnotique, me guidant avec douceur et fermeté. Je sens son souffle chaud contre ma nuque, ses mains glissent lentement sur mes hanches, m’attirant plus près, jusqu’à ce que nos torses soient collés l’un à l’autre. Je ferme les yeux, laissant le rythme m’envahir, laissant cette proximité allumer un feu sourd en moi.

Ses lèvres effleurent mon oreille, sa voix un murmure brûlant :

— Tu es magnifique.

Je frissonne, mes mains s’égarent sur son torse, découvrant la dureté sous le tissu. Nos corps bougent ensemble, dans une harmonie parfaite, chaque mouvement attisant l’envie qui grandit entre nous.

Il glisse une main sous ma robe, caressant ma peau avec une lenteur exquise. Je me cambre, respirant son parfum épicé, perdue dans la chaleur de ce moment suspendu.

La musique s’efface peu à peu derrière le tumulte de mes sens. Je sens son souffle s’approcher de mes lèvres, puis ses mains descendent encore, plus audacieuses, plus pressantes.

Je ne peux plus attendre.

Sans un mot, il m’entraîne vers les toilettes, dérobés à la foule, à la lumière, au monde. La porte se referme derrière nous, laissant place à l’obscurité chaude et rassurante.

Je sens ses mains se poser sur mes joues, ses lèvres cherchent les miennes avec une urgence dévorante. Nos corps s’imbriquent, s’embrasent. Ma robe glisse doucement sur mes épaules, découvrant ma peau tendre à ses caresses.

Il me soulève délicatement, me posant contre le mur. Ses mains parcourent mon dos, descendent lentement, explorant chaque centimètre, éveillant en moi un désir incandescent.

Je sens ses doigts effleurer mon intimité, provoquant des frissons qui montent jusqu’à ma gorge. Nos souffles se mêlent, haletants, alors qu’il pénètre en moi, lentement d’abord, comme pour savourer chaque instant.

Je m’abandonne à cette danse sauvage, à ce feu qui nous consume, laissant mes mains s’accrocher à son cou, mes jambes s’enrouler autour de lui. Chaque mouvement est une explosion de plaisir, chaque contact une promesse de plus.

Le temps n’a plus de prise sur nous.

Il n’y a que la chaleur, l’ombre, la nuit.

Et ce samedi qui s’écrit au rythme de nos corps en fusion.

Je remets ma robe en silence, mes doigts tremblants encore du plaisir qui pulse sous ma peau. Dans le miroir fissuré, je croise son regard derrière moi. Il ne dit rien. Il ne sourit pas non plus. Il m’observe, comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’on venait de faire. Comme s’il me découvrait tout juste.

Je passe une main dans mes cheveux, tente de reprendre une contenance, mais rien ne sera plus jamais exactement à sa place, maintenant.

Pas moi.

Pas lui.

Pas nous.

Il s’approche sans un mot, ses mains encadrent mes hanches, ses lèvres se posent sur mon épaule nue. Un baiser lent. Inattendu.

— Viens, murmure-t-il, sa voix plus rauque, plus grave.

Je n’ai pas besoin de demander où.

On sort de la boîte sans un regard pour la foule, les murs, la nuit électrique. Il marche vite, sûr de lui, et je le suis, les talons claquant sur l’asphalte comme un écho impatient. Je devrais me poser des questions, me méfier de cet inconnu dont je ne connais même pas le prénom. Mais tout en moi brûle encore, tout en moi réclame davantage. Plus que des caresses volées. Plus qu’un mur froid et une porte fermée.

Un taxi. Quelques mots échangés. Je le regarde à travers la vitre, son profil découpé par les lumières de la ville. Il ne parle pas. Mais sa main cherche la mienne, la serre fort.

Je laisse faire.

Son appartement est vaste, épuré, fait de silence et de béton brut. Rien n’y respire la chaleur. Sauf lui.

Il m’attire dans la pénombre du salon, et cette fois, c’est moi qui l’embrasse. Avec une audace neuve. Une faim insolente.

Il s’effondre avec moi sur le canapé, ses mains glissent sous ma robe, impatient, dévorant, et je ris contre sa bouche, essoufflée.

— Tu es toujours comme ça ? je murmure contre sa gorge.

— Non.

Un seul mot. Froid, tranchant. Vrai.

Il me regarde avec une intensité presque douloureuse.

— Juste avec toi.

Alors je le dévore à mon tour.

Je veux qu’il se souvienne de moi.

Je veux m’imprimer sur sa peau, sur sa langue, dans ses nuits.

Je veux qu’il me désire demain, et le jour d’après.

Il me soulève, m’emporte dans sa chambre. Cette fois, il prend son temps. Il explore. Il apprend. Il réinvente. Chaque geste est une réponse à un soupir. Chaque frisson appelle un autre.

Je jouis contre lui, les yeux ouverts, sans honte. Il m’observe, le regard fixe, fasciné.

— Dis-moi ton nom, je souffle.

Un sourire étire ses lèvres.

— Elias. Et toi ?

— Emma.

Il répète mon prénom comme une promesse.

Et je me perds encore dans ses bras.

On s’endort bien plus tard, les corps enchevêtrés, la nuit déjà entamée.

Son souffle régulier contre ma nuque.

Sa main sur mon ventre.

Et dans l’obscurité, je sens mon cœur battre autrement.

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