Chapitre 4
La rage monte en moi. Je la pousse brusquement et je quitte la pièce. Je monte directement dans ma chambre, je ferme la porte et j’allume la lumière. Et quoi ? Qu'est-ce qu'elle fait là ? C'est Recho, la meilleure amie de ma femme, assise sur mon lit.
— Oooh.. je crois que tu t’es trompée de chambre belle-sœur.. balbutié-je.
— Pas du tout. Je suis venue pour toi.
Je reste figé, incapable de répliquer. Parmi toutes les amies de ma femme, Recho est la seule que je respecte sincèrement. Toujours digne, toujours présente pour ma famille, sérieuse, irréprochable.
Comment peut-elle oser pareille folie ? Peut-être que c’est l’alcool qui la fait délirer..
— Ardy.. pourquoi as-tu peur ? Personne ne nous verra, insiste-t-elle en s’approchant.
Je recule d’un pas, je n’arrive pas à croire que cette femme, qui a toujours eu l’air si correcte, ose franchir une telle limite.
— Recho, arrête. Tu es en train de faire une erreur, dis-je d’une voix basse mais ferme.
Elle sourit, s'approchant plus de moi jusqu'à me coller à la peau.
— Une erreur ? Non, c’est toi qui te retiens depuis trop longtemps. Je sais ce que tu désires, souffle-t-elle en posant sa main sur ma poitrine.
Je ne sais comment réagir avec elle. Tout en moi crie que je dois l’arrêter, mais une part de moi est troublée. Elle n’est pas n’importe qui, et c’est bien cela qui rend la situation encore plus dangereuse.
Chaque fibre de mon corps me dicte de la repousser, de lui ouvrir la porte et de mettre fin à cette folie. Oui, ce que je dois faire.
J'ouvre la porte et sors.
— Qu’est-ce que c’est que ces manières ?! s’écrie Recho en rejoignant ma femme.
— Quoi encore ? demande celle-ci.
— Ton mari, des années à te dominer et il ose me repousser ?!
Ma femme éclate de rire.
— Il ne pourra plus jamais me dominer, crois-moi ! Regarde-moi, je redeviens une adolescente !
Recho renchérit, furieuse.
— Je lui ai demandé un verre, il m’a crié dessous ! C’est ça ton mari ? Ce pantin ose me parler comme ça ?
Ma femme, avec une détermination glaciale, éteint la musique. Le silence brutal qui s'installe est lourd. Elle me rejoint, le visage impassible, et m'administre une gifle devant tout le monde. L'impact claque. J'ai senti le picotement sur ma joue, puis une vague de chaleur et de honte m'a submergé. J'ai comme l'impression que le monde entier me regarde. Les rires résonnent dans la pièce.
— Pourquoi cette gifle ? Je demande, la voix étranglée par l'humiliation.
— Pour avoir manqué de respect à mes invités ! Elle me jette des mots au visage, comme des cailloux.
Je la fixe. Puis je regarde Recho.
— C'est vrai, n'est-ce pas ? Tu ne m'as pas manqué de respect ? Ou bien ? dit-elle en s'approchant, sa posture agressive, comme si elle se battait avec une autre femme. Je sens son souffle sur mon visage, elle veut me provoquer.
— Ça suffit maintenant.
Une voix claire et calme nous interrompt. Je tourne la tête et vois une jeune femme que je n'ai jamais vue auparavant, vêtue de façon très respectable. Je sens un bref instant de soulagement.
— Sabby, tais-toi ! Recho la calme avec une autorité surprenante.
— Je n'arrive pas à comprendre. Il a fait tout ce qu'il pouvait, toutes les boissons sont là, il a le droit de se reposer. Depuis..
Ma femme l’interrompt sèchement.
— Et toi, qui es-tu ? Tu n'es qu'une simple invitée, reste à ta place ! Recho, tu as trouvé où ce déchet ?
Recho éclate de rire.
— C’est ma petite cousine, je l’ai ramenée chez moi pour me servir de ménage. Mais maintenant je vois qu'elle veut m'en faire voir..
— Tu sais quoi ? Je m'en vais, répond Sabby.
Elle arrive sur la porte de sortie et s'arrête. Elle me lance un regard de pitié dans ses yeux.
— Quand je suis arrivée, j'ai cru que c'était une blague entre mari et femme, mais maintenant j'ai compris, Martina. C'est ton mari, tes amis vont te perdre.
Elle dit cela, et part. Je reste là, figé, mon corps me fait mal et mes pensées sont embrouillées. Ils continuent leurs affaires comme si rien ne s'était passé. Finalement, je retourne dans ma chambre.
Quelques minutes plus tard, mon ami Bennett est venu me voir.
— Mec, tu fais n'importe quoi.
Je m'effondre sur le lit.
— Benny, je ne suis pas d'humeur.
— Je comprends, dit-il. Depuis que je suis arrivé, je me demande si c'est la Martina que je connais, ou s'il y en a une autre.
Je lui raconte tout ce qui s'est passé, sans rien cacher. Je sens une tristesse profonde en moi, mais aussi de la honte.
— Mec, tu me déçois. Même si tu vis chez elle, assure-toi qu'elle ne te monte pas à la tête. Continue à te comporter comme un mari et oublie que tu es chez elle.
— Facile à dire, Bennett, ça ne t'est pas encore arrivé, dis-je, une pointe de douleur dans la voix.
— Et alors ? N’a-t-elle pas vécu chez toi avant ? Combien d’années depuis votre mariage ? Elle a longtemps vécu sous ton toit. Alors relève-toi, frère.
Nous avons beaucoup parlé, et cela m'a tellement mis en colère que je n'ai pas pu dormir. La rage remplace la honte.
Lorsque la fête se termine, je vois le jeune homme qui a une liaison avec ma femme. C'est un petit jeune, du genre à se faire entretenir par des femmes plus âgées.
Ils montent les escaliers pour entrer dans la maison. Une vague de rage pure me submerge. Je cours et commence une bagarre. Je me bats comme un homme désespéré. Je frappe le jeune homme tellement fort que ma femme a peur.
