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chapitre 5

Chapitre 5

Arnold Miller

**Arnold tournait en rond dans la salle à manger , les mains crispées sur ses tempes, le cœur battant trop fort pour qu’il puisse respirer calmement.**

**Chaque pas résonnait sur le parquet, un tambour dans le silence de la pièce, un écho de sa colère et de sa peur.**

**Comment sa fille avait-elle pu lui mentir ? Comment pouvait-elle, cette petite qu’il chérissait depuis toujours, se mettre en danger dans la boîte de nuit la plus dangereuse du Mexique ?**

**Il s’arrêta brusquement devant la fenêtre, la main posée contre le vitrage, les yeux perdus dans la ville qui s’éveillait sous le soleil matinal.**

**Tout son corps était tendu, prêt à exploser, prêt à réagir face à l’imprudence de Viviane.**

— Viviane… répéta-t-il d’une voix qui tremblait entre colère et inquiétude. Où étais-tu hier soir ?! hurla-t-il finalement, incapable de contenir sa fureur.

**Elle le regardait, les yeux grands ouverts, sérieux, presque défiant.**

**Le silence qui suivit fut presque plus insupportable que ses cris.**

— Je… papa, dit-elle doucement, je…

— Ne mens pas ! l’interrompit-il, frappant la table de toute la force de sa colère. Ça suffit ! Où étais-tu ?! Tu sais ce qu’il pouvait t’arriver là-bas !

— Arrête de crier sur moi ! répondit-elle calmement, presque froidement. Oui, j’étais dans cette boîte… et alors ?

**Arnold sentit la rage lui brûler les veines. Ses poings se serrèrent, et instinctivement, il leva la main pour la corriger.**

**Mais il se retint au dernier moment, les doigts crispés dans l’air, comme suspendus entre colère et raison.**

**Viviane écarquilla les yeux. Jamais… jamais il n’avait levé la main sur elle. Jamais.**

— Si tu voulais… murmura-t-elle, la voix tremblante mais déterminée… tu pouvais me frapper, pourquoi attendre ?

**La phrase lui coupa le souffle. La colère et l’inquiétude se mélangèrent dans son esprit.**

**Il savait qu’il devait garder son sang-froid. Mais l’amour qu’il éprouvait pour elle était trop grand pour être contenu.**

— Monte dans ta chambre, ordonna-t-il, la voix glaciale. Et tu es privée de sortir… jusqu’à nouvel ordre.

**Elle le foudroya du regard, une étincelle de défi dans ses yeux.**

— Je te déteste, papa, lança-t-elle en montant les escaliers, chaque pas résonnant comme un défi contre son autorité.

**Arnold resta immobile, le souffle court, les mains tremblantes légèrement.**

**Un long soupir échappa de ses lèvres, un mélange de soulagement et de frustration. Il ne savait plus quoi faire.**

**Tout son univers, son contrôle sur le monde, sur ses affaires, sur la ville… tout semblait dérisoire face à l’intrépidité et l’insouciance de sa fille.**

**Il s’assit finalement, la tête dans les mains, tentant de calmer le tourbillon d’émotions qui le traversait.**

**Il repensa à chaque instant de sa vie avec Viviane. Depuis la mort de sa femme, il avait été seul pour la protéger, pour la guider, pour faire d’elle une jeune femme forte et intelligente.**

**Mais cette indépendance, ce courage, parfois cette imprudence, le rendait fou.**

— Putain… murmura-t-il pour lui-même. Elle est mon trésor… la prunelle de mes yeux… et je ne peux rien faire pour la protéger de ce monde.

**Il se leva de nouveau, marcha jusqu’à la fenêtre, fixant la ville qui bouillonnait en contrebas.**

**Chaque bruit, chaque mouvement, chaque sirène dans les rues était un rappel que le danger était partout, mais surtout pour elle.**

**Il savait qu’aucun de ses ennemis ne devait jamais savoir qu’il avait une fille.**

**Si quelqu’un venait à s’en prendre à elle, ce serait la fin pour eux. Mais il ne pouvait pas tout contrôler, pas ce soir, pas cette fois.**

**Le silence du bureau était pesant. Il prit une profonde inspiration, essaya de calmer son cœur qui battait trop vite, trop fort.**

**Et dans ce silence, une seule pensée persistait : protéger Viviane, quoi qu’il en coûte, quoi qu’il se passe.**

Alejandro Cruz

**Assis dans son bureau plongé dans la pénombre, une cigarette entre les doigts, il observait la fumée s’élever dans l’air comme un voile fantomatique, une signature de sa présence silencieuse et dangereuse.**

**Chaque mouvement de ses mains, chaque expiration de fumée, semblait calculé, maîtrisé, comme lui-même.**

**Diego entra sans frapper, comme toujours. Fidèle depuis le tout début, loyal au-delà de toute limite, il connaissait Alejandro mieux que quiconque.**

— Les dons sont arrivés chez le père, comme convenu, dit-il calmement, d’une voix mesurée mais ferme.

**Alejandro posa les yeux sur lui, le visage impassible, le regard glacial.**

**Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, presque imperceptible.**

— Bien. Chaque année, reprit-il, je m’assure que le père puisse s’occuper des orphelins. Comme moi. Je refuse qu’un autre enfant finisse comme j’ai fini… non, jamais. Je leur offre un avenir… glorieux.

**Diego hocha la tête, silencieux, respectueux, mais une inquiétude à peine perceptible traversait ses traits.**

— Ça va, patron ? demanda-t-il, s’assurant que rien n’atteigne son calme légendaire.

— Oui, répondit Alejandro simplement, ses yeux fixant un point imaginaire dans la fumée.

**Diego hésita, puis continua, conscient qu’il devait soulever le sujet délicat.**

— Et pour hier… je m’excuse d’avoir prononcé votre nom devant l’inconnue à la boîte.

**Un flash traversa l’esprit d’Alejandro. L’image de la jeune femme surgit, claire, précise. La silhouette fragile mais audacieuse, le regard ouvert, la surprise et l’inquiétude mêlées dans ses yeux.**

**Elle avait entendu son nom. Alejandro Cruz. Le mythe. La légende vivante. L’homme que personne ne voyait jamais.**

**Et pourtant, une étrange assurance l’envahit.**

**Il savait, instinctivement, qu’elle ne dirait jamais rien. Jamais.**

_Ne t'inquiètes pas elle ne dira rien.

— Pourquoi es-tu si sûr ? demanda Diego, l’ombre d’un doute dans la voix.

**Alejandro haussa les épaules, un sourire froid et imperceptible.**

— Instinct. Rien d’autre.

**Il se pencha légèrement en arrière, les yeux fixant le plafond sombre. Cette fille… elle avait été la première à voir Alejandro Cruz pour ce qu’il était vraiment. Pas un mythe, pas une légende, mais lui.**

— Patron… tout le monde vous craint. Si elle allait voir les flics… si elle racontait quelque chose… on aurait des ennuis, dit Diego, hésitant.

**Alejandro tourna lentement la tête vers lui, les yeux perçants comme des lames. Puis un sourire léger se dessina sur ses lèvres.**

— Elle n’en fera rien, dit-il, sûr de lui. Elle ne dira rien. Et je le sais.

**Diego hocha la tête, rassuré, confiant dans le jugement et l’instinct de son patron.**

**Il savait qu’aucune menace, aucun danger, aucune pression ne ferait fléchir Alejandro Cruz lorsqu’il s’agissait de ses décisions.**

**Alejandro tira une longue bouffée de sa cigarette. La fumée envahit l’air, épaisse et lourde, enveloppant le bureau dans une atmosphère de mystère et de pouvoir.**

**Il resta silencieux un long moment, pensif, revivant la scène de la boîte de nuit. Cette inconnue, ce regard, ce frisson… quelque chose venait de changer.**

**Pour la première fois, quelqu’un voyait Alejandro Cruz tel qu’il était vraiment. Et il savait, au plus profond de lui, que ce simple regard allait marquer le début de quelque chose d’inévitable et de dangereux.**

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