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chapitre 6

Chapitre 6

Viviane Miller

**Une semaine plus tard…**

**Assise dans l’amphithéâtre, Viviane fixait le tableau sans réellement le voir.**

Ses yeux suivaient les gestes du professeur, mais son esprit était ailleurs — si loin, si profondément emmêlé dans une obsession qu’elle refusait d’admettre à voix haute.

Depuis une semaine, elle ne parlait plus à son père.

Depuis une semaine, elle vivait avec ce poids, cette tension, cette douleur.

Depuis une semaine… elle pensait à *lui*.

Alejandro.

Le king cartel.

Le fantôme.

L’ombre.

Et pourtant, l’homme à la présence la plus tangible qu’elle avait jamais ressentie de sa vie.

Elle tapotait distraitement son stylo contre ses notes.

Le professeur parlait de droit pénal, exposait des jurisprudences, citait des articles.

Elle n’entendait rien.

Tout ce qu’elle voyait, c’était ce moment.

Cet instant où elle avait failli tomber et où deux mains fermes, puissantes, l’avaient retenue.

Deux mains qui n’auraient jamais dû la toucher.

Deux mains de mort — mais qui l’avaient sauvée.

« Vivi ? »

La voix de Jennifer la traverse comme un sursaut électrique.

Elle cligne des yeux, revient violemment au présent, et réalise enfin que l’amphi est vide.

Littéralement vide.

Elle était restée assise, immobile, alors que tout le monde était sorti.

Jennifer l’observait, les bras croisés, sourcils froncés, l’air inquiet.

« Vivi, tu m’écoutes ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Ça fait une semaine que t’es… ailleurs. On dirait que tu planes. »

Viviane secoue la tête, ravale un soupir.

« Rien. Je suis juste fatiguée. »

Mensonge.

Un mensonge lourd comme du plomb.

Elles sortent toutes les deux de l’amphithéâtre.

Le soleil de midi éclaire le campus, les étudiants rient, se bousculent, s’assoient dans l’herbe.

La vie, elle, continue normalement.

Viviane, non.

À quelques mètres du portail, elle s’arrête brusquement et attrape la main de Jennifer.

« Jen… »

Elle inspire, hésite — se bat contre elle-même.

Puis lâche enfin la bombe.

« Est-ce qu’on peut… retourner dans la boîte de nuit de la semaine dernière ? »

Jennifer écarquille les yeux comme si elle venait d’entendre la chose la plus insensée du monde.

« QUOI ? Vivi ! T’es folle ? Tu veux mourir ou quoi ? On m’a dit que cette boîte appartient au king cartel en personne ! Et que ses hommes y sont tout le temps ! Et puis… même lui, paraît qu’il y passe souvent. »

Viviane avale difficilement sa salive.

Si seulement elle savait.Et en plus elle ne croit pas que la boîte puisse appartenir au dealer.

Si seulement elle savait qu’elle l’avait vu.

Touché.

Qu’il l’avait regardée — vraiment regardée.

Mais jamais, jamais elle ne dira ça.

Elle le protégera.

Elle ne sait pas pourquoi, c’est insensé… mais elle le sait.

Instinctivement.

Profondément.

« Oublie. Je… laisse tomber. »

Elle force un sourire.

Jennifer la fixe, perplexe, mais n’insiste pas.

Elles rejoignent ensemble le portail du campus.

Viviane tente d’agir normalement, mais son cœur bat vite, trop vite.

Chaque pas la rapproche de la maison, de la confrontation qui l’attend encore depuis sept jours.

Une heure plus tard…

Elle pousse la porte de la maison.

L’intérieur est silencieux, lumineux, immobile.

Son père est assis dans le salon.

Il lève la tête, la regarde passer, et avant qu’elle puisse monter les escaliers, sa voix retentit :

« Vivi. Attends. »

Elle se fige.

Expire profondément.

Elle n’a pas envie.

Vraiment pas.

Mais elle finit par faire demi-tour, lentement, en traînant les pieds comme une enfant punie.

Arnold lui tapote le canapé.

Voix douce.

Presque tendre.

« Assieds-toi. On doit parler. »

Elle s’exécute, en soupirant longuement.

Arnold Miller

Voir sa fille assise devant lui réchauffe enfin le cœur après une semaine de silence glacial.

Cette distance l’avait rongé, brisé, torturé.

Il n’était pas parfait, mais il l’aimait plus que tout au monde.

Il s’avance, s’agenouille devant elle comme un père qui reconnaît sa faute, et lui prend doucement les mains.

« Vivi… je suis désolé. Je n’aurais jamais dû m’énerver comme ça. Tu es tout pour moi. Je veux seulement te protéger. Je… j’ai paniqué. »

Sa voix tremble légèrement.

Il la regarde avec un amour immense.

Elle le fixe longuement, puis soupire — long, profond, presque résigné.

« Moi aussi je suis désolée, papa. Je n’aime pas qu’on se dispute. Je déteste ça. »

Il hoche la tête, la gorge serrée.

« Je te promets que jamais je ne lèverai la main sur toi. Jamais. »

Viviane baisse les yeux, puis se jette dans ses bras.

Ils s’enlacent longtemps.

Très longtemps.

Il respire enfin.

Quand elle se détache, il essuie une larme au coin de son œil avant de se relever.

Son téléphone sonne.

Il décroche automatiquement.

« Oui ? Je t’écoute. »

La voix de sa taupe, infiltrée depuis des mois dans l’organisation d’Alejandro, résonne à l’autre bout.

« Procureur Miller. J’ai une nouvelle. Importante. »

Arnold se fige.

Son cœur bat plus vite.

« Alors ? Parle. »

« Le dealer… il sera présent en personne demain soir. Lors d’un échange de cargaison. Dans la ruelle *Callejón del Silencio*. »

Le cœur d’Arnold bondit dans sa poitrine.

Il ne respire plus.

Il tremble presque.

LA ruelle.

LA chance qu’il attendait depuis des années.

Il serre le téléphone plus fort.

« Tu es sûr ? Absolument sûr ? »

« Oui. Il y sera. Personnellement. »

Arnold ferme les yeux.

Un sourire immense étire ses lèvres.

Le premier vrai sourire depuis des mois.

« Parfait. Merci. Reste discret. Je te recontacterai. »

Il raccroche.

Viviane le fixe.

« Papa… pourquoi tu souris comme ça ? »

Il se tourne vers elle, un éclat presque dangereux dans le regard.

« Je viens d’avoir une excellente nouvelle. »

Il inspire profondément, gonflé de fierté.

D’orgueil.

De vengeance.

« Demain soir, Vivi… je vais enfin pouvoir arrêter le dealer qui terrorise cette ville depuis trop longtemps. »

Son cœur bat plus fort.

Il jubile intérieurement.

Demain soir, *Alejandro Cruz* tombera enfin.

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