#####Chapitre 4 Les leçons de la tentation
L’air de l’appartement était devenu lourd, presque suffocant. Chloé était assise à la table de la salle à manger, ses cahiers de droit constitutionnel étalés devant elle. Gabriel s’était installé juste à côté d’elle. Trop près.
Beaucoup trop près. De ma position, feignant de lire un roman sur le canapé du salon, je ne perdais pas une miette de la scène. Mon cœur battait à un rythme irrégulier, partagé entre une jalousie féroce qui me tordait l’estomac et un frisson d’excitation totalement interdit.
« Tu vois, Chloé, cette section sur la séparation des pouvoirs est cruciale pour ton examen », murmura Gabriel d’une voix basse et posée.
Il se pencha au-dessus de son épaule pour pointer un paragraphe du doigt. En faisant ce mouvement, son torse frôla subtilement le dos de ma meilleure amie. Je vis Chloé se raidir instantanément, son souffle se coupant l'espace d'une seconde. Elle fixa la page, mais je savais pertinemment qu’elle ne lisait plus un seul mot. L’odeur du parfum de Gabriel, un mélange boisé et musqué, devait être en train de lui tourner la tête.
« Je… oui, je vois », bafouilla-t-elle, les joues teintées d'un rose vif qui trahissait son trouble.
Gabriel sourit en coin. Il savait exactement ce qu’il faisait. C’était son jeu favori : pousser les femmes à bout sans jamais avoir l’air d'y toucher. Il posa sa main sur le dossier de la chaise de Chloé, ses doigts effleurant délibérément quelques mèches de ses cheveux.
« Tu es très tendue, Chloé. Relâche-toi. Le droit n’est qu’une question de logique… et de passion. »
Il fit glisser lentement sa main du dossier de la chaise pour la poser sur l’épaule de Chloé, effectuant une légère pression, un massage circulaire qui se voulait innocent mais qui transpirait la séduction. Chloé ferma les yeux un court instant, laissant échapper un soupir tremblant. Elle ne le repoussait pas. Personne ne repoussait Gabriel.
À travers la pièce, le regard de mon frère se détacha un instant de Chloé pour se planter directement dans le mien. Ses yeux brillaient d’un éclat provocateur, presque pervers. Il me défiait. Il me montrait son pouvoir, sachant pertinemment que cette vision me rendait folle de désir et de possession. Ma main se crispa sur le
tissu du canapé. Je brûlais d'envie de me lever, de chasser Chloé de cette pièce et de réclamer ce qui m'appartenait. Mais le spectacle de ma meilleure amie succombant lentement au piège de mon frère m'enchaînait sur place, m'offrant un plaisir sombre et inédit.
« Essayons cet exercice », reprit Gabriel, sa main glissant le long du bras de Chloé pour guider ses doigts sur le stylo, établissant un contact charnel prolongé qui fit frémir la jeune fille de la tête aux pieds.
