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#####Chapitre 5 Le prix du spectacle

La porte d’entrée se referma enfin derrière Chloé, brisant le silence de plomb qui s’était installé dans l’appartement. Le bruit du loquet qui s'enclenchait sonna comme le signal de départ d'une tempête.

Je n'avais pas bougé du canapé. Mes mains étaient moites, mes jambes légèrement tremblantes, et mon regard était resté fixé sur la chaise vide où ma meilleure amie venait de capituler mentalement face à mon frère.

L’odeur de la tension sexuelle flottait encore dans l'air, mêlée au parfum de Gabriel.

Il resta debout près de la table pendant quelques secondes, observant la porte close avec un sourire arrogant, avant de se tourner lentement vers moi. Ses yeux sombres brillaient d’une lueur sauvage, celle d’un prédateur qui venait de réussir sa chasse. Il commença à marcher vers moi, d'un pas lent, mesuré, presque félin. Chaque pas qu'il faisait rapprochait le feu de la poudre.

« Alors ? » me lança-t-il, sa voix plus basse et éraillée que d'habitude. « Tu as bien regardé, ma petite sœur ? »

Je me levai d'un bond, poussée par une vague de jalousie et de désir si violente qu'elle me submergea instantanément. Je traversai la distance qui nous séparait et plantai mes mains contre son torse rigide, sentant le battement rapide de son cœur sous le tissu de son tee-shirt.

« Tu es un monstre, Gabriel », soufflai-je, les larmes aux yeux mais la voix brûlante de colère. « Tu as joué avec elle sous mes yeux. Tu as vu comment elle te regardait ? Tu l'as touchée ! »

Gabriel laissa échapper un rire sombre, un son guttural qui me fit frissonner de la tête aux pieds. Sans un mot, ses mains descendirent sur mes hanches avec une poigne de fer. En un mouvement fluide et puissant, il me fit reculer et me plaqua contre le mur adjacent, bloquant mon corps avec le sien. Le choc fut léger, mais la

chaleur de sa peau contre la mienne me coupa le souffle.

« Et tu as adoré ça », murmura-t-il à mon oreille, ses lèvres effleurant mon lobe, me faisant cambrer le dos malgré moi. « Je t'ai observée tout le long, Naïsh. Tu ne lisais pas ton livre. Tu tremblais. Tu voulais être à sa place, ou plutôt… tu voulais que je te montre à quel point tu es la seule qui compte vraiment. »

« Je te déteste », mentis-je, ma voix s'éteignant dans un gémissement alors que ses mains glissaient sous mon sweat-shirt pour agripper ma taille nue. Ses doigts étaient brûlants, ancrant sa possession dans ma chair.

« Mens-moi encore », répliqua-t-il avant de s'emparer de mes lèvres avec une fureur inédite.

Ce n'était pas un baiser tendre ; c'était une revendication de territoire. Ses lèvres écrasaient les miennes, sa langue réclamait la mienne avec une urgence et une violence qui reflétaient toute la frustration et l'excitation accumulées pendant cette heure de simulation avec Chloé. Il se servait de ce feu interdit pour nous consumer tous les deux.

Je passai mes bras autour de son cou, m'agrippant à lui comme s'il était ma seule bouée de sauvetage dans cet océan de péché. Ma jalousie se transforma instantanément en une passion dévorante. Il avait beau séduire le campus, il avait beau rendre folles mes amies, ce soir, dans l'ombre de notre appartement, c'était mon nom qu'il murmurait contre ma peau.

Il fit glisser ses mains le long de mes cuisses, me soulevant sans effort. Mes jambes s'enroulèrent instinctivement autour de sa taille alors qu'il me transportait vers notre chambre, sans jamais rompre notre baiser affamé. Ce soir-là, les limites de notre secret allaient être repoussées encore plus loin, et je savais que, peu importe les conséquences du lendemain, j'étais prête à tout brûler pour lui.

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