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Chapitre : 11

Yagiz rejoignit sa place et changea aussitôt de sujet.

- Concernant l’investissement, j’accepte, papa. Mais à une seule condition.

- Je t’écoute, fiston. C'est quoi ta condition ?

- Papa, il faut que je te dise quelque chose.

- De quoi s’agit-il ? Tu es devenu bizarre, tout à coup.

- C’est normal, parce qu’il s’agit d’une question de sentiments. Je sais qu’on ne doit pas mêler les sentiments aux affaires, mais en réalité, je suis amoureux d’Isabella Delmonté, confessa-t-il.

Amaury, qui s’attendait à tout sauf à cela, resta figé pendant quelques secondes, regardant son fils comme s’il était devenu quelqu’un d’autre.

- Amoureux, dis-tu ?

- Oui, papa. J’ai toujours été amoureux d’elle. Ce sentiment me ronge depuis longtemps. Sans te mentir, j’ai failli ne pas partir à l’étranger à cause d’elle. Mais j’ai compris que c’était pour mon avenir et pour ta réputation. Maintenant que je suis de retour, je veux être avec elle, me marier avec elle.

- Si je te suis bien, ta condition, c’est d’épouser Isabella Delmonté ? demanda son père.

- Oui, père, répondit-il fermement.

- Pour dire vrai, je ne sais pas si je dois être heureux ou inquiet face à tout cela.

- C’est tout ce dont j’ai besoin, papa.

- Tu as gardé ce sentiment jusqu’à aujourd’hui ? C’est incroyable. Je comprends pourquoi tu ne m’as jamais présenté de fille, et dire que je voulais justement t’en parler. Je pensais même que tu étais…

- Non, papa, coupa-t-il, je ne suis pas ce que tu penses. J’ai toujours aimé les femmes. À l’étranger, j’en ai connu pas mal, mais aucune ne faisait le poids face à Isabella.

- L’amour quand ça nous tient. Si c’est ce que tu veux vraiment, alors je n’y vois aucun inconvénient. J’espère seulement que cela ne sera pas un frein à ta gestion.

- Je t’en fais la promesse, papa.

- Très bien. Demain, j’en parlerai avec son père pour voir ce qu’il en découlera.

- D’accord, papa. Je vais me reposer, je suis épuisé. Merci beaucoup.

- Bonne nuit, fiston.

- À toi aussi, papa.

Yagiz sortit du bureau. Dès sa sortie, Amaury appela Aaron pour l’inviter à venir le lendemain matin.

***

Très tôt, alors que le soleil dormait encore, Aaron répondit présent à l’appel. À son arrivée, il fut conduit directement au bureau d’Amaury, qui fut surpris de le voir si ponctuel.

- Tu as été rapide, mon cher ami, remarqua Amaury en consultant sa montre.

- Oui, il s’agit d’affaires. Et tu sais bien qu’après l’heure, ce n’est plus l’heure.

Les deux hommes éclatèrent de rire.

- Je te sers quoi ? De l’eau ou du whisky ?

- Aucun des deux.

- Tu es stressé ? demanda Amaury.

- Non, je suis juste pressé d’entendre la nouvelle que tu veux me partager.

- Dans ce cas, détends-toi, et laisse-moi te servir un verre, on discutera mieux ainsi.

- D’accord.

Amaury saisit deux verres, les remplit de whisky et en tendit un à Aaron. Ils burent une gorgée en même temps avant qu’Amaury ne reprenne place.

- Il a accepté d’investir, annonça-t-il.

Aaron poussa un profond soupir de soulagement.

- Et la condition ? Ou bien il n’y en a pas ? demanda-t-il.

- J’y venais. Mon fils a été clair sur ce point, et j’aimerais que nous nous entendions. J’y ai longuement réfléchi, et je pense que c’est une bonne chose.

- Dis-moi, de quoi s’agit-il ? S’il est question du partage des gains ou s’il souhaite tout contrôler, cela ne me dérange pas. Pour l’instant, je veux juste sauver ma société.

- Non, rien de tout ça. Tu sais bien que l’argent n’est pas un problème.

- Alors, c’est quoi ? Je meurs d’impatience.

Amaury posa son verre et croisa les mains sur le bureau.

- Mon fils aimerait prendre ta fille pour épouse, annonça-t-il.

Le siège d’Aaron sembla soudain instable, comme s’il flottait dans le vide.

- Se marier avec ma fille ? demanda-t-il, incrédule.

- Oui, c’est la condition posée. J’y ai pensé, et je crois que ce n’est pas une si mauvaise idée. Nos deux familles s’uniraient, et tu bénéficierais de tous les privilèges et soutiens nécessaires. Qu’en dis-tu ?

- Je n’en sais rien. Penses-tu que ce soit vraiment une bonne idée ?

- Oui. Réfléchis-y, mon cher ami. Ce sont les affaires. Tu as le choix d’accepter ou de refuser.

- Et si je refuse ?

- Alors, tu n’auras ni nos investissements, ni les privilèges qui vont avec.

- Je vais y réfléchir et te revenir.

- Je te laisse y penser tranquillement. Mais ne tarde pas : il s’agit de ton entreprise, et chaque minute compte.

- Tu as raison. Je ne sais pas comment te remercier. Tu es le seul à me tendre la main en ce moment, même si je n’ai pas encore accepté la condition.

- C’est la moindre des choses que je puisse faire, mon cher ami.

- Je vais te laisser, tu dois sûrement avoir d’autres obligations avec ton fils.

Aaron vida son verre et se leva. Amaury fit de même et lui serra la main.

- J’espère que tu prendras la bonne décision pour ta société.

- Oui.

Aaron quitta le bureau. À peine la porte refermée, Yagiz entra à son tour.

- Si tu étais arrivé un peu plus tôt, tu aurais croisé Monsieur Delmonté.

- J’étais occupé avec les relevés bancaires. Alors, vous avez discuté ?

- Oui, je lui ai parlé de ta condition.

- Il est d’accord ?

- Il a promis de me faire un retour très bientôt. Dis-moi, as-tu vraiment réfléchi à ta condition ?

- C’est ce que je veux, papa. Je l’ai toujours voulu à mes côtés.

- Bien. Espérons qu’il accepte, alors.

- Oui, espérons. J’ai vérifié les relevés bancaires, tout est en ordre.

- Parfait. La réunion débutera dans une heure.

- En attendant, je vais étudier quelques dossiers.

- Vas-y, fiston.

Il sortit du bureau.

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