Chapitre : 12
Assis à la cantine de l’université, Isabella et Liam prenaient calmement leur petit-déjeuner tout en discutant.
- J’ai beaucoup apprécié ton cadeau, tu sais, répéta Liam.
- Combien de fois vas-tu le dire, Liam ?
- Autant de fois que je le voudrai. C’est un très beau cadeau. J’aimerais te dire quelque chose.
Isabella, qui s’attendait à une telle phrase, posa sa cuillère et leva les yeux vers son interlocuteur.
- De quoi veux-tu me parler ? demanda-t-elle.
- Ma mère aimerait te rencontrer cet après-midi.
- Ta mère ? s’étonna Isabella. Attends, tu lui as parlé de moi ?
- En fait, elle n’a pas arrêté de me demander ce que tu représentais pour moi. Je lui ai dit que tu étais mon amie, et elle a voulu t’inviter à partager un repas avec nous.
- Tu aurais pu me prévenir plus tôt, Liam. J’aurais dit à mon chauffeur de ne pas passer me chercher cet après-midi.
- Oui, mais je n’avais pas ton numéro.
- Bon sang, j’avais oublié de te le donner. Ce n’est pas grave, j’accepte l’invitation de ta mère.
- Tu es sérieuse ?
- Oui, très sérieuse. Un instant.
Isabella sortit son téléphone, chercha un contact et lança un appel.
- Oui, allô ? Non… j’ai un exposé et je risque de rentrer plus tard… non, elle ne dira rien… je prendrai un taxi… quoi ? Tu viendras me chercher à la fin ? D’accord, je te ferai signe alors.
Elle raccrocha.
- C’est réglé. Et surtout, ne me remercie pas.
Liam sourit.
- Tu m’as démasqué.
- Je commence à bien te connaître.
Après avoir fini de manger, ils rejoignirent leurs cours respectifs.
À la fin des cours, Isabella se rendit chez Liam. À son arrivée, elle fut accueillie par la maîtresse de maison.
- Soyez la bienvenue.
- Merci, madame.
- Installez-vous confortablement, je vais vous apporter de l’eau.
Sourire aux lèvres, la mère de Liam s’éclipsa.
- C’est ma maison ici, j’espère que tu n’es pas gênée ?
- Non, Liam, ta maison me plaît beaucoup. Et ta mère est vraiment belle, je vois de qui tu tiens ta beauté.
- Viens-tu de dire que je suis beau ?
- Moi ? Non, je n’ai jamais dit ça, répondit-elle en souriant.
Au même moment, la maîtresse de maison revint avec un verre d’eau.
- Nous n’avons pas d’eau fraîche ici.
Isabella saisit le verre et le but d’un trait.
- C’est déjà parfait, maman.
- Étant à la cuisine, je n’ai pas eu le temps d’aller chercher du jus ou une boisson. Liam, peux-tu m’aider à prendre quelque chose pour notre invitée ?
- Oh, ne vous dérangez pas. Je prendrai ce que vous avez l’habitude de boire, maman. Je ne suis pas très fan des jus.
- Du vin alors ?
- Non, pas de liqueur. Juste de l’eau, ça me va, vous savez.
- D’accord. Je vais dresser la table, et nous allons manger.
- Si cela ne vous dérange pas, j’aimerais vous aider, proposa Isabella.
- C’est gentil, mais vous êtes notre invitée, c’est à nous de tout préparer.
- J’insiste, maman.
Surprise, la mère de Liam se tourna vers son fils, qui haussa les épaules.
- C’est par où ? demanda Isabella en se levant.
- Par ici, ma fille.
Elle suivit maman Liam jusqu’à sa petite cuisine et l’aida à disposer ce qu’elle avait cuisiné sur la table. Une fois le dressage terminé, ils se retrouvèrent enfin tous à table.
- C’est quoi ? demanda Isabella.
- C’est du ragoût. Non, ne me dis pas que tu n’en as jamais mangé ?
- Non, je n’ai jamais goûté un tel plat. J’ai hâte d’en prendre pour la première fois.
- Tu vas beaucoup aimer. Donne-moi ton assiette.
Isabella tendit son plat à maman Liam, qui la servit. Elle se précipita pour prendre une première bouchée, puis une deuxième. Elle ferma lentement les yeux, savourant le goût incroyable. C’était juste excellent, différent des repas qu’elle avait l’habitude de prendre chaque jour.
- Alors ? C’est comment ?
- Je ne sais pas comment qualifier votre plat, maman. C’est juste incroyable, je n’ai jamais goûté quelque chose d’aussi délicieux.
- Tu es sûre ou tu cherches juste à m’épater ?
- Très sûre, maman. Puis-je en avoir encore ?
- Avec plaisir, ma fille.
Elle fut servie à nouveau. Pendant le repas, Isabella ne cessait de se régaler, félicitant la mère de Liam pour ce magnifique plat qu’elle avait préparé rien qu’en son honneur. À la fin, elle aida celle-ci à débarrasser la table.
- Je n’avais jamais goûté quelque chose d’aussi bon, c’est incomparable à ce que je mange chaque jour. Je comprends mieux pourquoi Liam est ainsi. Non, maman, votre plat est waouh.
- Tu peux passer quand tu veux, je te le referai autant de fois.
- Vous me verrez ici très souvent.
Tous éclatèrent de rire.
- Ma fille, je tenais à te remercier pour tes gestes : tu viens chercher Liam tous les jours et tu le déposes aussi, sans oublier le cadeau que tu lui as offert. Son père avait reçu un appel d’urgence, sinon il serait là aussi. Nous te sommes redevables.
- Non, maman, vous n’avez pas à me remercier. Vous avez un brave fils et je vois qu’il vous ressemble beaucoup en matière de bon cœur.
- Je suis profondément touchée. Toi aussi, tu es une très bonne fille. Je m’attendais à ce que tu fasses preuve d’une attitude bourgeoise, mais non.
- Nous sommes toutes les mêmes, maman. J’aime beaucoup apprendre des autres. Ça ne sert à rien de se montrer supérieure ou inférieure.
- Tu as parfaitement raison. Je suis intriguée : comment mon fils a-t-il rencontré une telle amie ?
- C’est une longue histoire. En fait, votre fils m’a sauvée lors d’un accident qui aurait pu me coûter la vie.
- Accident ? Quand ? Il ne m’en a jamais parlé.
- Je ne voulais pas t’inquiéter, maman.
- Attends, était-ce la raison pour laquelle tu avais cette blessure au bras ?
- Oui, maman.
- Vois-tu, ma fille ? Il ne m’en avait pas parlé. Il avait trouvé une excuse du genre : il s’était blessé.
- C’était dans le but de ne pas t’inquiéter, maman.
- Ce n’est pas grave. Je suis enchantée que tu aies aidé cette jeune demoiselle, ce serait dommage de perdre une si belle personne avec un bon cœur.
- Je suis flattée.
