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Chapitre : 09

À vingt et une heures, la famille Delmonté arriva chez les Belmonté. Tous étaient élégamment habillés : Aaron et son fils portaient des costumes sur mesure, tandis qu’Isabella, sa mère et sa petite sœur arboraient de magnifiques robes. Ne voulant pas venir les mains vides, la mère d’Isabella avait apporté sa spécialité : des gâteaux au lait accompagnés d’un bon vin.

Accueillis dans le salon, ils prenaient un verre de jus quand une silhouette apparut. Isabella fut la première à la remarquer.

- Yagiz ? s’écria-t-elle, surprise.

Yagiz Belmonté, fils du puissant Amaury, était un homme élancé, à la beauté de prince. Toutes les filles rêvaient de lui. Il avait grandi aux côtés d’Isabella, fréquentant les mêmes écoles, bien qu’il eût toujours une longueur d’avance. Parti à l’étranger à la fin de ses études secondaires, il avait brillamment obtenu un master en gestion financière et d’entreprise. Son retour marquait sa préparation à succéder à son père.

- Isabella !

- Je rêve ou c’est toi ?

- C’est bien moi, Isabella, en chair et en os.

- Regarde-toi, tu es devenu un homme maintenant.

- Comme si j’étais un enfant avant ! Dois-je te rappeler que j’ai toujours été ton aîné ? la taquina-t-il. Toi aussi, tu es devenue une vraie femme.

- Comme tu peux le voir.

Les autres observaient la scène, amusés.

- Monsieur Delmonté, toutes mes excuses, dit Yagiz en se tournant vers Aaron.

- Pas besoin, fiston. Après tant d’années, c’est normal. Tu as bien grandi.

- Merci, monsieur. Madame Delmonté.

- Mon grand Yagiz ! Tu es devenu un vrai jeune homme.

Yagiz se tourna vers Isabella, qui lui lança un sourire malicieux.

- N’est-ce pas Élise ? demanda-t-il à la sœur d’Isabella.

- C’est bien moi, répondit-elle.

- Tu as tellement grandi ! Tu ne te souviens plus de moi ?

- Non.

- C’est normal, tu étais encore une petite fille quand j’ai pris l’avion. Et lui, c’est qui ?

- John, mon frère.

- Il vous ressemble beaucoup, monsieur Delmonté.

- C’est mon garçon, répondit ce dernier fièrement.

Tout le monde sourit.

- Depuis quand es-tu rentré ? demanda Aaron.

- Hier.

- Depuis hier ? Et tu n’as même pas cherché à m’écrire ?

- Je suis désolé, la fatigue du voyage. Je voulais me reposer. Quand mon père m’a dit qu’il vous avait tous invités ce soir, j’ai trouvé que c’était une excellente idée. Sinon, je serais passé vous voir.

- Et les études ?

- Tout s’est bien passé, monsieur. Je suis titulaire d’un master en gestion financière et d’entreprise.

- Waouh, c’est impressionnant !

- C’est mon futur héritier, il se doit d’être à la hauteur, répondit alors une voix grave venue du fond du salon

Tous les regards se tournèrent vers la voix : c’était le maître de maison qui venait de faire son entrée avec sa femme. Après quelques minutes de discussion, vint enfin le moment de passer à table.

La table était bien garnie de plusieurs mets accompagnés de bons vins.

Le dîner se déroula dans un calme total. À la fin, après la dégustation du gâteau, Amaury et Aaron se retrouvèrent de l’autre côté de la maison, dans le bureau du maître des lieux. Ce dernier attrapa deux verres, les remplit de whisky et en tendit un à Aaron.

- Ton fils est vraiment devenu un homme, remarqua Aaron. Tu as fait un excellent travail.

- Merci beaucoup. Que dis-je ? C’est l’un de mes meilleurs investissements, et il m’a honoré, se réjouit Amaury.

- C’est la base, et c’est ce que tout parent souhaiterait.

- Tu as parfaitement raison. Dis-moi, de quoi s’agit-il ? Quelle est cette urgence ?

Aaron prit deux gorgées de son verre avant de se tourner vers son interlocuteur, qui avait les yeux braqués sur lui.

- C’est mon entreprise, commença-t-il.

- Ton entreprise ? Il s’est passé quelque chose de grave ?

- Oui, très grave. J’ai fait faillite. Je suis totalement à bout de force.

- Faillite, tu dis ? Comment une entreprise comme la tienne pourrait-elle faire faillite ?

- En fait, le marché boursier a connu une chute sévère.

- Ne me dis pas que ton entreprise faisait partie de celles qui se sont effondrées ?

- Malheureusement, oui.

- Nous parlons de combien ?

- Cinquante milliards.

- Bon sang, c’est une sacrée somme.

- Oui. Je ne te demande pas grand-chose, juste un petit investissement. Ton empire est le plus grand du pays. Si les autres apprennent que le riche et prestigieux Belmonté a investi, ils feront de même.

Amaury vida son verre d’un trait.

- Toi et moi, nous nous connaissons depuis longtemps, et te voir dans cette situation me fait vraiment de la peine. Je sais que si c’était moi, tu n’hésiterais pas. Je ne te donnerai pas de réponse pour le moment. Laisse-moi en discuter avec mon fils, puisqu’il prendra bientôt la tête de l’entreprise.

- Je comprends parfaitement. Même s’il pose des conditions, je les accepterai.

- Je lui en parlerai ce soir, après votre départ.

- Merci beaucoup.

- Non, tu n’as pas à me remercier.

*

De l’autre côté, Isabella se trouvait dans le hangar avec Yagiz. Après tant d’années de séparation, ils avaient beaucoup à se dire.

- J’imagine que tu es venu avec ta fiancée ? demanda Isabella.

- Fiancée ? Non, Isabella, répondit Yagiz. C’est vrai que je n’ai jamais manqué de filles, mais je n’ai jamais choisi l’une d’entre elles.

- Pourquoi ?

- Je voulais quelqu’un d’autre.

- Et cette personne ne t’a pas suivi ? Ou bien elle vit ici ?

- On peut dire ça. Et toi ? Comment va ton fiancé ?

- Mon fiancé ? Je n’en ai pas pour l’instant, mais je suis en train de tomber amoureuse.

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