Chapitre : 07
Isabella hocha la tête. Ils éclatèrent de rire.
- Sacrée coïncidence, remarqua-t-elle.
- Dis-moi, c’est toi, la chanteuse d’à côté ?
- Oui, c’est moi.
- Tu as une très belle voix.
- Merci beaucoup pour le compliment.
- J’ai fini de mon côté. Si tu n’as pas encore terminé, je peux t’aider.
- S’ils te voient ici, dans les toilettes des filles, ils vont croire qu’on fait quelque chose !
- Non, ils ne penseront pas ça.
- Bon, dans ce cas, aide-moi.
Liam alla chercher ses outils et revint vers elle. En travaillant, Isabella se remit à chanter. Liam, charmé par sa voix, se mit à danser. Très vite, ils oublièrent où ils se trouvaient. Ils riaient, chantaient, dansaient. Parfois, Liam montait sur un pot et tenait un outil comme micro, tandis qu’Isabella riait aux éclats. L’ambiance était si joyeuse qu’ils finirent par se retrouver dans les bras l’un de l’autre.
Leurs cœurs battaient à l’unisson. Leurs visages se rapprochèrent, leurs yeux se fermèrent. Mais un bruit les fit sursauter : la main d’Isabella venait d’effleurer le bouton de chasse d’eau.
Ils reprirent aussitôt leurs esprits.
- Je pense que c’est bon, je retourne en salle, dit-il.
- Oui, c’est bon. Et merci beaucoup.
- À tout à l’heure.
Liam ramassa ses outils et quitta les toilettes. Seule, Isabella resta figée un instant, revivant la scène. Leurs rires, leurs pas de danse, leurs regards et ce baiser qu’ils avaient failli échanger. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Comment pouvait-elle ressentir quelque chose d’aussi fort pour un garçon rencontré la veille ?
Elle finit par ramasser ses outils et quitta les toilettes le cœur battant encore.
***
À seize heures, Isabella rejoignit son chauffeur, déjà garé de l’autre côté de la rue. Au moment où il démarra, elle le stoppa d’un geste.
- J’attends quelqu’un.
- Je dois aller chercher votre frère et votre sœur à dix-sept heures, madame, fit le chauffeur en jetant un œil à l’horloge numérique du tableau de bord.
- Ce n’est pas un souci, ils nous attendront. Nous serons déjà là-bas avant l’heure.
Comme un serviteur obéissant, il coupa le moteur. Isabella s’installa confortablement sur le siège arrière, sortit son téléphone et commença à faire défiler des vidéos TikTok.
Les minutes s’écoulèrent. À seize heures cinquante, elle se rendit dans la cour, scrutant les alentours de l’université, cherchant Liam du regard.
- C’est moi que tu cherches ? demanda une voix derrière elle.
- Oui ! répondit-elle en sursautant légèrement. Je t’attendais.
- Je pensais que tu serais déjà partie.
- Je t’ai promis de t’attendre, je ne pouvais pas briser ma parole. On y va ?
- Oui, allons-y.
L’un derrière l’autre, ils rejoignirent la voiture.
- Bonsoir, monsieur, lança Liam.
- Bonsoir, jeune homme, répondit le chauffeur avant de s’adresser à Isabella. Madame, je peux démarrer maintenant ?
- Oui, allez-y.
Le véhicule s’ébranla doucement.
- Je voulais m’excuser pour tout à l’heure, dit Liam après un moment, tournant la tête vers Isabella.
- T’excuser ? Pourquoi donc ? Tu n’as rien fait de mal, à mon avis.
- Je parle de ce qui...
- Non, tu n’as pas à t’excuser, coupa-t-elle avec un sourire. On s’est simplement laissé emporter par le moment. Et puis, je ne regrette rien.
- Si tu le dis, je suis vraiment rassuré.
Isabella préféra changer de sujet.
- Tu habites encore loin ?
- Non, il faut tourner à droite après la deuxième ruelle.
Le chauffeur suivit ses indications et s’arrêta quelques minutes plus tard, devant la maison de Liam.
- Tu habites ici ? s’étonna Isabella.
- Oui, c’est chez moi. Merci encore pour le trajet.
- C’est un plaisir, Liam.
Il lui adressa un sourire avant d’ouvrir la portière.
- À demain, lança Isabella en agitant la main.
Le chauffeur fit marche arrière et reprit la route. Isabella, silencieuse, ne cessait de revivre la scène des toilettes. Les yeux rivés sur son téléphone, elle souriait bêtement, comme si les images repassaient sur l'écran. Pourquoi voulait-elle aller plus loin avec un garçon qu’elle connaissait à peine ? Il n’y avait plus de doute : elle était en train de tomber amoureuse.
***
De retour chez lui, Liam s’enferma dans sa chambre. Allongé sur son lit, il repassait chaque instant en boucle. Leurs rires, leurs gestes, ce moment suspendu où leurs lèvres allaient se frôler… et si le baiser avait eu lieu ? Que se serait-il passé ? Il n’en avait aucune idée. Tout ce qu’il savait, c’est qu’Isabella occupait désormais ses pensées.
***
Cinq jours plus tard...
Malgré la détermination de la mère d’Isabella à aider son mari, toutes les portes restèrent fermées. Personne ne voulait investir, personne ne voulait risquer son patrimoine. De plus, les actions de l’entreprise n’avaient pas trouvé preneur. Même ceux qui, autrefois, rêvaient de devenir actionnaires de Delmonté Finance Group avaient oublié cet objectif. Tout le monde avait peur de perdre son argent.
- Nous sommes foutus, conclut Aaron. Toutes les portes sont closes.
- Qu’allons-nous faire maintenant ? demanda sa femme.
- Je n’en ai aucune idée. Les gens ne veulent même pas acheter nos actions. Actuellement, il n’y a qu’une seule option qui s’offre à nous.
- Vendre l’entreprise ?
- Oui, c’est la seule option.
- Tu ne peux pas vendre ton héritage, celui de tes enfants !
- C’est ça ou je risque de tout perdre. Je n’ai pas le choix.
- As-tu cherché de l’aide auprès de ton ami ?
- De qui parles-tu ?
- Comment s’appelle-t-il déjà ? Amaury Belmonté.
