Bibliothèque
Français
Chapitres
Paramètres

Chapitre : 05

La maîtresse de maison se leva, elle n’en croyait pas ses yeux. Cinquante milliards ? C’était juste incroyable. Comment son mari avait-il pu permettre un tel désastre ? Debout à l’entrée de la chambre, elle regardait son homme qui, assis sur le lit, avait la tête baissée.

- Tu n’as jamais perdu une telle somme, que s’est-il passé ? s’enquit-elle.

- Je ne sais pas, chérie. Le marché boursier n’a jamais connu un problème pareil.

- Si le pire arrivait, quel serait notre sort ?

- Je risque de vendre l’héritage familial, y compris cette maison et tous nos biens.

- Ce n’est pas vrai. As-tu cherché à avoir un investisseur ? L’aide de tes proches, peut-être ?

- J’ai essayé, mais ils ont tous refusé de me prêter main-forte. C’est la panique totale.

- Je comprends, mais tu dois te calmer. Tu trouveras certainement une porte de sortie.

- Ce n’est pas aussi facile que ça, chérie. Quand une entreprise traverse une telle crise, il faut forcément une main forte. Sinon, elle finit par sombrer et disparaître. J’ai pesé toutes les opportunités possibles, mais rien.

- Je vais essayer de discuter avec quelques femmes pour voir si leurs maris peuvent nous aider.

- As-tu oublié que ces maris dont tu parles sont mes amis ? J’ai déjà essayé de les joindre, sans succès.

- Peut-être que leurs femmes feront l’affaire. Laisse-moi tenter aussi.

- D’accord, vas-y.

- En attendant, va te doucher. Je demanderai à ce qu’on te fasse une tasse de thé. Et s’il te plaît, ne fais pas cette tête devant les enfants.

- Je suis conscient, ne t’inquiète pas. Et merci beaucoup.

- Je suis ta femme, je ne laisserai jamais ton empire s’écrouler.

  Aaron se leva, s’approcha de sa femme et saisit ses lèvres. Malgré l’haleine de son mari, elle répondit tendrement à son baiser. Au moment où ils se laissaient emporter, la porte s’ouvrit sur Isabella. Les deux se détachèrent aussitôt, faisant comme si de rien n’était.

- J’ai interrompu quelque chose ? demanda Isabella.

- Non, chérie, entre, répondit sa mère.

- Je suis désolée, j’aurais dû frapper avant de rentrer. Je venais te saluer, papa.

- Tu n’as pas à t’excuser pour ça, mais bon, la prochaine fois, n’oublie pas de le faire. Viens là.

  Isabella se jeta dans les bras de son père, qui déposa un baiser sur son front.

- Où sont ton frère et ta sœur ? Je ne les ai pas vus en rentrant.

- Ils sont dans leurs chambres, papa. Tu es rentré tôt aujourd’hui.

- Oui, je voulais passer le reste de ma journée avec vous avant de passer à table.

- Il y a un souci ?

- Non, aucun, répondit Aaron en regardant sa femme. Bon, je vais me doucher, je vous laisse.

  Sur ces mots, le maître de maison disparut derrière la porte de la salle de bain avec sa veste. La mère d’Isabella ouvrit alors son sac et sortit un téléphone portable : un iPhone 16.

- C’est pour toi, fit-elle en lui tendant le téléphone.

  Toute heureuse, Isabella le saisit en s’agitant.

- Merci beaucoup, maman, c’est vraiment gentil !

- Tâche de ne plus le laisser tomber n’importe comment.

- Je t’en fais la promesse, maman.

  Elle passa encore quelques minutes avec sa mère avant de prendre congé. Ce soir-là, Aaron resta serein pendant le dîner. Il discuta avec ses enfants, raconta des blagues qui les firent rire aux éclats. Mais une fois la maison plongée dans le silence, lorsque tout le monde dormait, la tristesse revint l’envahir.

- Comme je te l’avais dit, j’ai essayé de joindre quelques personnes.

- Et ? Qu’as-tu eu comme résultat ? demanda Aaron.

- Elles m’ont promis de convaincre leurs maris. J’espère que cela fonctionnera.

- Oui, chérie, espérons vraiment.

  Pendant que le couple se rongeait à chercher une solution à cette crise, Isabella, de son côté, jubilait avec son nouveau téléphone. Malgré l’heure tardive affichée sur le réveil à son chevet, elle restait concentrée sur son portable : elle voulait tout installer avant de dormir, tous ses réseaux sociaux, sans exception.

- Je dois terminer avant de dormir, se promit-elle.

  Elle resta éveillée jusqu’à deux heures du matin avant de sombrer enfin dans le sommeil.

  Très tôt le matin, elle se réveilla sous les assauts de son alarme. Sa tête était lourde, comme si elle avait porté un fardeau toute la nuit. Elle se redressa, appuya sur le bouton pour stopper le bruit, prit son téléphone portable et vérifia si elle avait reçu un message. Des dizaines de notifications s’affichaient, mais elle n’y prêta pas attention. Doucement, elle descendit du lit, entra sous la douche, se lava, enfila un jean et un t-shirt, chaussa ses baskets blanches, rangea deux livres dans son sac et sortit.

  En descendant les marches, elle fut accueillie par l’odeur du petit-déjeuner. Tout le monde était déjà à table, sauf elle.

- Bonjour tout le monde.

- Bonjour, chérie, répondit sa mère. Tu as bien dormi ?

- Oui, maman, dit-elle en déposant un bisou sur sa joue.

- Tu es prête à affronter ta journée ? demanda le maître de maison.

- Oui, papa, répondit-elle en lui rendant le même geste.

- Bonjour, grande sœur, dirent son frère et sa sœur.

- Bonjour, mes petits trésors.

  Elle les prit tous les deux dans ses bras avant de s’asseoir à table et de se servir.

- Isabella, j’aimerais que tu déposes ton frère et ta sœur avant d’aller à l’université, si cela ne te dérange pas ?

- Non, maman, je le ferai.

- Parfait.

  Le petit-déjeuner se déroula dans le calme, rythmé seulement par le bruit des fourchettes et des tasses. À la fin, Isabella tint parole : le chauffeur déposa d’abord son frère et sa sœur, puis prit la direction de l’université.

  En chemin, Isabella décida de se détendre en admirant le paysage qui défilait. À quelques mètres du carrefour central, elle remarqua quelque chose. Intriguée, elle se tourna pour vérifier si elle ne rêvait pas, puis fit signe au chauffeur de s’arrêter.

- Un problème ? demanda ce dernier, surpris.

- Peux-tu faire demi-tour un instant ? J’aimerais vérifier quelque chose.

- À vos ordres, madame. Dites-moi quand c’est bon.

  Le chauffeur recula lentement.

- C’est bon, arrête-toi, dit Isabella.

  Elle baissa la vitre et cria :

- Liam !

Téléchargez l'application maintenant pour recevoir la récompense
Scannez le code QR pour télécharger l'application Hinovel.