Chapitre 4
« Mais, pour quoi m’en veut-il au juste ? » me demandai-je à en couler les larmes.
– Que me voulez-vous encore ? m’enquis-je, déprimée.
– Tu le sais bien ! répondit-il au bout d’un interminable silence.
– Non, je n’en sais rien ! Et vous savez, à cause de vous, j’ai été sévèrement battue à la maison cet aprème par mes parents et si vous allez continuer, je vous jure que je vous signalerai aux membres de l’administration de l’école et c’est d’ailleurs ce que je compte faire.
– Ne sois pas stupide, ma chère. Je ne suis pas là pour t’effrayer. Et surtout, je m’excuse d’avoir été la cause de ta correction à la maison. Excuse-moi beaucoup s’il te plaît. Au fait, si tu me vois devant ta classe maintenant et à pareille heure, c’est pour te dire quelque chose qui me tient beaucoup le cœur.
– Pour me dire quoi ?
– Arrête d’être bizarre avec moi, réclama-t-il.
– Vous savez ? Si vous n’avez pas cours, moi, j’en ai et je dois me rendre en classe.
– Non, n’y va pas maintenant.
– Et pourquoi ?
Le jeune élève devint triste et s’emmura dans un silence total. Ce fut lorsque je voulus le surpasser qu’il me fixa d’un regard peint de tristesse.
– Ne t’en va pas. Je voudrais te parler…
– Pour me dire quoi ?
– S’il te plaît, je voudrais t’exprimer mes sentiments les plus profonds qui me font souffrir nuit et jour depuis que je t’ai vue pour la première fois.
Je fus frappée de stupéfaction car, c’était ma première fois que moi je le voyais. En plus de ça, c’était la première fois que j’entendais quelqu’un me parler de sentiments. Étant bleue dans cette aventure, je lui demandai de quel genre de sentiment voulait-il me parler.
– C’est pour te dire jusqu’à quel point je t’aime et combien j’ai mal à chaque fois que je te vois passer sans te témoigner ce que je ressens pour toi.
Je fus une fois encore surprise car, c’était aussi pour la première fois que j’entendais quelqu’un me parler de cette expression de « je t’aime ».
Aussitôt, me parvint à l’esprit la voix de ma mère qui récitait ses conseils ! Ensuite, ses menaces. Je me souvins aussi de mon père. Je me rappelai de sa manière de nous frapper lorsque nous commettons une erreur impardonnable.
Je murmurai à mon interlocuteur, déçue :
– Mon cher, je suis encore une gamine. Je suis très jeune et tu sais, ces histoires de "je t’aime" me font beaucoup peur parce que mes parents sont très sévères et très rigoureux. Je ne veux pas avoir à faire à eux.
– Pour tes parents, ne t’inquiète pas du tout. Au fait, Grâce, sans te mentir, tu es celle que désire mon cœur.
Je fus frappée par une frayeur. Oui, je me demandai comment ce diable avait pu faire pour connaître mon prénom. Ahurie, je lui demandai respectueusement celui qui lui aurait dit mon prénom.
– Quand on aime quelqu’un, on fait tout pour connaître tout de lui. S’il te plaît, ne me déçois pas et ne me rejette pas non plus, je t’en prie.
Je baissai la tête et ne sus quoi répondre. J’eus l’envie de lui dire « oui » et attendre les conséquences parce qu’il avait un beau visage et une belle taille. Il était aussi tout mignon. Sa corpulence rimait bien à sa beauté.
– Et comment on t’appelle, toi ? lui demandai-je après quelques secondes de silence.
– Bruno, me répondit-il.
Après quelques secondes de silence, je lui répondis :
– Il me plaît bien de hisser avec toi ce lien que tu désires mais tu vas devoir me laisser fermer tout d’abord mes dix-huit ans.
– S’il te plaît, nous pouvons commencer en attendant et avec le temps tu pourras les fermer !
– S’il te plaît mon cher Bruno, je ne veux pas avoir de problèmes avec mes parents sinon, je serai foutue toute ma vie.
– Je te comprends ; mais crois-moi, je ferai tout de mon mieux pour t’épargner les problèmes.
– Je manque de compréhension.
– Je disais qu’on allait mener la relation si tu acceptes mais de façon discrète.
– D’accord, laisse-moi réfléchir alors !
– Et quand me donneras-tu ta réponse ?
– Peut-être dans deux semaines.
– Deux semaines ? C’est déjà trop s’il te plaît.
– Si tu veux vraiment une réponse rassurante, mieux vaut m’accorder le temps que je t’ai demandé.
Dépassé par la durée, mon compagnon retint sa voix. Il baissa ensuite la tête.
