04
Partie 4 : Nouveau départ
Maman : Em ?
Moi : Oui je suis rentrée...Maman qu'est-ce que je dois savoir ?
Papa : Tu ne sais plus cogner aux portes ?
Moi : Maman ?
Papa : Je te parle Emily !
Maman : Chéri laisse-nous seules stp.
Papa : Sarah..
Maman : S'il te plaît Eli.
Il a obtempéré et je me suis retrouvée seule avec Maman. J'avais un mauvais pressentiment, c'était pas normal. Pourquoi aurais-je pitié d'elle ? C'est ma mère !
Moi : Maman je suis désolée pour tout ce que je t'ai fait subir depuis tout ce temps. Je n'ai pas d'excuses, j'ai...j'ai pas du tout été gentille. Mais je t'aime, tu es ma mère et rien ne pourra changer cela.
Elle s'est approchée de moi et on s'est enlacé. J'étais tellement bien là dans ses bras...Ma maman à moi. Nous nous sommes ensuite assises sur le lit et elle m'a caressé la joue. C'est fou comme sa chaleur m'avait manqué...oh que je suis bête d'avoir perdu autant de temps.
Mom : Mon gros bébé, qu'est-ce que t'as grandi !
Moi : C'est normal non ?
Mom : Oui mais quand je repense à la première fois que je t'ai vue.
Moi : C'était quand ?
Mom : Oh tu ne te rappelles sûrement pas, t'étais trop petite.
Moi : Vas-y vas-y raconte, tu mets trop de suspens !
Mom : Lol c'est bon c'est bon...A l'époque j'étais baby-sitter et ce jour-là j'étais au zoo avec un des enfants dont je m'occupais...puis j'ai buté sa poussette contre une autre et mon regard est tombé dans celui de ton père...
Moi : Mdr fais pas ton amoureuse !
Mom : Tchip laisse-moi hein jalouse-là ! Bref, t'imagines bien que c'était toi dans la poussette. T'étais à croquer, j'ai tout de suite flashé sur toi. J'ai pas pu m'empêcher de demander à ton père de me laisser te porter un moment.
Moi : Humm tu dis tu as flashé sur moi ou sur Papa ?
Mom : Tu veux écouter l'histoire ou pas ?
Moi : Oui c'est bon je déconne!
Mom : C'est mieux pour toi ! Je disais donc qu'après t'avoir porté, avec ton père on s'est perdus de vue. Bon pas vraiment, en fait on ne s'est échangés ni nos noms ni nos contacts. Sauf que le hasard a fait que quelques jours plus tard on s'est à nouveau croisés mais dans un supermarché cette fois. Tu étais toujours aussi mignonne et après ça il m'a demandé si ça me dirait de bosser pour lui, enfin d'être ta baby-sitter puisque l'ancienne a dû partir précipitamment.
Moi : NOOON !! Et c'est en travaillant pour lui et en t'occupant de moi que vous êtes tombés amoureux ?
Mom : Oui.
Moi : Whaouuh !! J'adore !
Mom : T'es bête ! Bon voilà hein, mais je tiens à signaler que je t'ai aimée toi avant d'aimer ton père. Je me rappellerai toujours de la fois où tu m'as appelée « Mama » pour la première fois.
Aaaaaaw et c'était parti pour une autre session de pleurs, on a abusé ! Et puis alors que je ne m'y attendais pas mais vraiment pas du tout !
Mom : T'es devenue une grande fille, tu as même des petits copains maintenant.
Moi : Rhoo Maman c'est même pas mon copain !
Mom : Tu veux dire ce n'est PLUS ton copain ? Hm tu m'en diras plus plus tard surtout que je n'aime pas le fait qu'il soit majeur.
Moi : Comment...ok j'ai compris.
Mom (en me caressant les cheveux): Je veux juste que Dieu me donne assez de temps sur Terre pour que je puisse être là le jour où on te passera la bague au doigt.
Moi : Hey mais bien sûr que tu seras là, si t'es pas là, je me marie pas.
Mom : Bébé tu sais je serai toujours là, je ferai tout pour ne pas vous abandonner.
Moi : Maman arrête tu me fais peur, qu'est-ce qu'il y a ?
Mom : Je suis malade et cette maladie n'est pas banale.
Moi (apeurée) : C'est...c'est quoi ?
Mom : Cancer du sein.
Moi :....
J'arrivais pas à dire un seul mot, je voulais juste pleurer. Je me suis encore jetée dans ses bras et j'ai pleuré. J'ai demandé pardon pour toutes les vacheries que je lui ai sorti pendant tous ces mois. On s'était couchées et quelque minutes plus tard elle s'était assoupie. Je lui ai fait un bisou avant de sortir de la chambre et de regagner la mienne où j'ai pas arrêté de pleurer toute la nuit. Je m'en voulais tellement...C'est Kelly qui est venue me réveiller, il était 12h presque. J'ai fait une petite toilette mais bon ça ne changeait pas grand chose à la tête de mort que j'avais. Oh la la mes cheveux étaient dans un de ces états ! Pfff...je suis descendue et tout le monde était à table. Mon père m'a lancé un de ces regards, hm ! J'ai enlacé Maman par derrière alors qu'elle était assise, je lui ai fait plein de bisous sous les regards médusés de mes frères, surtout Théo qui était en mode lâche ma mère, non mais ohh il est trop jaloux lui.
J'ai ensuite dit bonjour à tout le monde, ils me l'ont tous rendu sauf mon père. Celui-là un vrai rancunier !
Moi : Bonjour Pa'a !
Il voulait toujours pas répondre, j'ai vu Maman poser sa main sur la sienne avant qu'il ne réponde enfin. Tchiééé ! On a commencé à bruncher parce que les Dimanches à la maison c'était la tradition et c'était toujours Papa qui se collait à cette tâche. Malgré son caractère assez dur, c'est un cuistot hors pair !!
Mom : Em tes cheveux-là c'est comment ?
Moi : Ah ça fait un moment que je les néglige j'avoue. Mais c'est dur de m'en occuper toute seule.
Papa : Si t'arrêtais de faire ta gamine deux minutes, ils ne seraient pas dans cet état tes cheveux.
J'ai accusé le coup ! Maman lui a soufflé un truc avant de lui faire un bisou sur la joue. Théo n'en pouvait plus là ! Krkrkr !
Théo : Moi aussi je veux bisou Maman !
Kelly : On est à table Théo !
Tout le monde a rigolé, elle prend trop son rôle de grande-soeur au sérieux cette petite.
Maman : Mon chéri t'auras ton bisou quand tu auras fini ton assiette.
Théo : Mais il (en le pointant du doigt) a pas fini son assiette Papa.
Maman : Ok, ok.
Elle s'est levée pour lui faire son bisou et on a mangé tranquillement. Papa ne participait pas trop aux échanges verbaux et je savais bien que c'était à cause de moi. Après avoir débarrassé et fait la vaisselle, Kelly est venue me dire que le PADRE me faisait appel dans son bureau. Ça sentait les réprimandes. J'ai appris qu'avec lui il fallait prendre les choses à la légère au risque de se blesser soi-même. Il n'est pas méchant mon Papa mais quand on l'énerve il sait l'être ! Il était assis derrière son bureau en question mais cette fois il était moins fâché, enfin en apparence...
Moi : Avant de commencer, Papa je tiens à m'excuser pour hier. Je suis sortie sans demander ta permission en plus je suis rentrée très tard. Sans oublier que je ne répondais pas au téléphone. Je sais que vous étiez inquiets et je m'en excuse. Pardon Papa, je ne referai plus jamais cela.
Papa : Tu as fini ?
Moi : Oui.
Papa : C'est déjà bien que tu saches ce que tu as fait de mal. Je te pardonne, n'empêche tu es punie pour trois semaines, tu sais déjà ce que ça implique n'est-ce pas ?
Moi : Oui. Plus de sorties, plus d'argent de poche, utilisation de téléphone réduite à 20h en semaine et 22h le week-ends. Enfin, je suis de corvée de ménage tous les jours pendant ces trois semaines.
Papa : Très bien. Tu peux disposer.
Moi : Je peux te dire quelque chose avant ?
Papa : Oui je t'écoute.
Moi : Je t'aime Papa.
Il semblait surpris, il n'a rien dit je me suis donc dirigée vers la porte et j'ai fait demi-tour pour lui faire un câlin rapide avant de sortir vite de là-bas. S'il est fâché tant pis hein lol ! Maman m'attendait dans ma chambre avec tous ses outils, elle allait s'occuper de mes cheveux. Elle a commencé par le bain d'huile avant de shampouiner et de conditionner(après-shampoing). Je lui ai raconté ce qui s'est passé avec Papa et on a bien rigolé. Ma plus grosse surprise était probablement celle de recevoir un texto de Papa un peu plus tard : »Je t'aime aussi ma fille ». J'en étais émue, mon papounet à moi !! On a passé un bon moment mère-fille auquel Kelly s'est ajoutée puisqu'elle aime trop me copier lol. Pendant tout ce temps, j'avais oublié que ma mère était malade. Mais c'était mieux même, plus tard quand j'étais toute seule j'ai commencé à faire des recherches sur le cancer du sein, les traitements à suivre, les témoignages et tout ça. J'en suis sortie pas très rassurée, les gens en guérissaient au final, bon oui un taux assez fort mais c'est le traitement qui est dur avec les effets indésirables et tout. J'avais bien plus peur après avoir vu tout ça qu'avant.
Une semaine plus tard >>>>>>>>>>>>>>>
« Le numéro composé n'est plus attribué... » bla bla bla...Pfff on dirait que Clay n'était toujours pas de retour, c'est étrange d'habitude il revient après deux, trois jours mais là hm ! Je ne pensais pas trop à ça parce que Maman allait être hospitalisée dans deux jours. Ça m'attristait au plus haut point, alors l'affaire Clay, bah on s'en fout (pour le moment). Papa était plus tendu que jamais du coup il s'énervait pour rien. On savait tous que c'était à cause du cancer de Maman, il exprimait sa souffrance de cette manière.
La veille du départ de Maman pour l'hôpital, elle est venue dans ma chambre et c'est là que j'ai failli craquer mais je l'ai pas fait, je voulais lui insuffler du courage ainsi.
Mom : Il va bien ton vieux petit copain ?
Moi : Je ne sais pas en fait. Bref Maman on sait toutes les deux que tu n'es pas venue pour me dire ça.
Mom : On ne peut vraiment pas te blaguer toi !
Moi : Je tiens ça de toi en plus !
Mom : Hm j'avoue ! Bon voilà je vais faire 2 semaines à l'hôpital, c'est pas beaucoup en plus. Mais pendant ce temps tu seras la maîtresse de la maison. Tu dois t'occuper des plus petits c'est-à-dire Kelly et Théo, ok ?
Moi : Okay ;)
Mom : Surtout Théo, tu sais combien il est difficile. N'oublie pas de me signaler si quelque chose ne va pas avec lui. Pour Kelly je compte sur toi pour la remettre sur les rails mais bon ne la tape plus comme la dernière fois hein ?!
Moi : Lool okay mais Maman c'est que ta fille abuse des fois !
Mom : Parce que tu penses que tu n'abusais pas toi quand tu étais plus petite ?
Moi : Ah non, moi je me comportais toujours dignement et avec classe !
Mom : C'est ça, t'inquiète pas que j'ai ton historique ! Bref, c'est pas tout, le ménage aussi est à faire, je ne veux pas retrouver ma maison sale.
Moi : Hm ça fait beaucoup déh, mais comme c'est si gentiment demandé...
Mom : Ce n'était pas une « demandaison » mais un ordre ma fille !
Moi : Je sais kèh !
Mom : Arrête de m'imiter toi !
Moi : C'est normal, je suis la nouvelle maîtresse de maison, tu l'as dit toi même !
Mom : Oui mais attends quand même que je parte avant, tchié ! C'est ça que tu attendais on dirait !
Moi : Mais non Ma'a !
On a encore rigolé et elle m'a dit aussi de bien bosser à l'école avant qu'on ne se laisse et que tout le monde aille au lit. Bien sûr j'ai pleuré toute seule sous ma couette après. Et puis elle est partie le lendemain matin, moi j'allais au lycée, Emerick à son collège, Kelly dans son école primaire et enfin Théo à la crèche. Ça se voyait qu'ils étaient tous dévastés, bon sauf Théo qui comprenait pas trop.
C'était une journée de merde au bahut, Stella l'avait compris et je lui ai dit pour Maman, elle était désolée mais bon qu'est-ce qu'on peut faire ? Ah si, prier. J'avais arrêté je confesse, mais je m'y suis remise depuis quelques jours. Maman a toujours dit que c'est important. Le soir, on a dîné mais l'ambiance n'était pas là malgré tout ce que Papa faisait pour détendre l'atmosphère. Mais c'était sans compter sur Théo et Kelly...
Kelly : Elle va rentrer tard Maman ?
Papa : Euh non tu as oublié ? Elle est à l'hôpital pour reprendre des forces, on ira la voir le week-end.
Kelly (triste) : Ah...donc on ne va pas la voir tous les jours ?
Papa : Non mais ça ne va pas durer ma chérie.
Kelly : Mais...mais qui va me faire mes cheveux ?
Papa : Ta sœur les fera pour toi. Hein Em ?
Moi : Oui bien sûr. Théo tu manges pas ?
Théo :...
Papa : Théo ?
Théo : J'ai pas faim !
Papa : Mais il faut que tu manges bonhomme, sinon t'auras faim plus tard.
Théo : Je veux Maman !
Je voyais que Papa ne savait pas quoi dire, il semblait perdu le pauvre. J'ai alors pensé à intervenir pour calmer le petit boudeur qui me sert de petit frère.
Moi : Hey Théo, on va appeler Maman après, hum ?
Théo (implorant) : C'est vrai ?
Moi : Oui mais fini au moins la moitié de ton plat.
Il a essuyé les larmes de ses yeux avant de renifler et de prendre une bouchée. Mon père m'a lancé un regard reconnaissant et on a pu manger en paix. Après le dîner, j'ai « fait » les cheveux de Kelly, c'est une folle elle ! Il n'y avait rien à faire, elle avait des mini-vanilles. En fait, elle voulait juste qu'on les touche, elle aime trop ça...
Moi : Kels c'est bon hein j'ai fini.
Kelly : Déjà ? Mais tu n'as pas hydraté !
Moi : Rhooo toi-là hein ?!
J'ai appliqué un leave-in (les nappy de la page comprendront) vite fait et j'ai fait quatre ponpons avec ses vanilles. Elle a de beaux et longs cheveux soyeux comme moi d'ailleurs. On a eu la chance d'avoir une mère comme la nôtre, elle nous a appris les bons gestes depuis toutes petites. Bon j'avoue si elle ne me suit pas un peu, je vais vite en freestyle genre je m'en occupe pas trop et ça fait une touffe horrible ! Donc Kels et moi finissions quand Théo s'est invité dans la chambre, depuis qu'il sait ouvrir les portes on respire plus.
Théo : Tu as appelé Maman ?
Moi : Mais non je t'attendais mon petit chou.
Théo : C'est vrai ?
Rhooo lui il aime trop dire « C'est vrai ? », il ne peut pas terminer une conversation sans ça. Bref, j'ai composé le numéro de Maman et elle a décroché à la 2ème sonnerie...
Elle (à voix basse) : Em ?
Moi : Oui, ça va ? Pourquoi tu chuchotes ?
Elle : T'as oublié que je suis dans un hôpital ? Bref, qu'est-ce qu'il y a ?
Moi : Il y a Théo qui veut te souhaiter une bonne nuit.
Elle : Aaaaw mon bébé, passe-le moi vite.
Moi : Y en que pour ton fils hein !
Elle : Passe-le seulement !
Je me suis exécutée et ils se sont parlés pendant au moins cinq minutes mais de rien d'intéressant quoi. Mais bon Théo posait beaucoup de questions sur son absence et tout, ce qui était embêtant. Comment allait-il résister encore 2 semaines ? Après Théo ce fut le tour de Kelly qui parlait cheveux et qui « dénigrait » ouvertement mes talents de coiffeuse, quelle ingrate ! Quand j'ai enfin pu récupérer mon téléphone...
Moi : Sinon tu te sens bien ?
Elle : Oui ça va, les gens sont sympas ici.
Moi : Tu nous manques déjà beaucoup.
Elle : Mais vous aussi. Continue de bien t'occuper des enfants et de ton père aussi.
Moi : Il n'est pas bien ton mari.
Elle(inquiète) : Comment ça ?
Moi : Il est trist...
Click !
Ça a coupé shit !! J'ai essayé de rappeler mais ça tombait direct sur sa messagerie, je suis sûre qu'il s'est déchargé son téléphone. J'ai couché Théo pendant que Papa s'occupait de Kelly. Emerick était dans son lit mais ne dormait pas, en fait il partage la même chambre que Théo comme elle est assez grande.
Moi : Ça va toi ?
Emerick : Mouais.
Moi : Mouais c'est pas une réponse hein. Maman t'envoie des bisous.
Emerick : C'est bien.
Moi : Ecoute, si tu veux parler je suis là.
Emerick : Ok. Bonne nuit.
Moi : Sweet dreams frérot !
Je suis sortie de là-bas un peu inquiète. Emerick est très renfermé et cela depuis qu'il est tout petit. Les seules fois où il est vraiment ouvert et en extrême joie, c'est quand il a un ballon sous les pieds. C'est un passionné de foot, et mon père l'a vite compris c'est pourquoi, il compte l'inscrire dans une école de foot. Ce n'est pas encore complètement décidé mais je pense que c'est en bonne voie, et puis mon frère il est doué. Ce que je veux dire en gros c'est qu'il m'inquiète, surtout qu'il est encore plus refermé depuis l'annonce du départ de Maman.
Whaaaah ça fait même pas 24h qu'elle est partie que je suis déjà éprouvée. J'ai l'impression d'avoir pris 10 ans d'un coup, on aurait dit une mère de famille. J'ai relu mes cours vite fait et je me suis endormie. Les journées qui ont suivi se ressemblaient toutes, elles étaient harassantes et dépourvues de joie. Maman c'était notre moteur de bonne humeur en fait. Bref, le dîner c'est moi qui m'en occupait parce que Papa rentrait assez tard. Tata Yoyo est venue deux fois nous déposer de quoi manger parce que je n'étais pas très bonne aux fourneaux. Mais en fin de semaine ça a changé parce que Mamie s'est installée à la maison. Je me sentais vraiment moins fatiguée après ça.
Puis le week-end est arrivé, j'étais trop contente de revoir Maman. J'avais remarqué qu'elle avait maigri et qu'elle souffrait malgré ses sourires de façade. Mais ça se sentait que nous voir, tous ses enfants lui faisait un bien fou. On y a passé trois heures puis il fallait rentrer, c'était trop dur de voir Théo et Kelly pleurer, j'ai vraiment lutté pour pas pleurer avec eux. On est allés chez Papi ensuite, là-bas on était sûrs de retrouver le sourire avec lui. Papa nous a déposé avant d'aller je ne sais où. Il est ensuite venu nous chercher le soir après le dîner. Une fois à la maison, Mamie n'y était pas, elle était apparemment chez Tata Yoyo qui elle était enceinte. Elle avait donc besoin d'aide avec Patricia. Mamie c'est une magicienne, elle s'occupe de tout le monde même si des fois elle nous insulte bien fort lol.
Ma punition a été levée juste un jour après le départ de Maman, Papa a jugé que j'ai été assez sage comme ça. Du coup j'avais droit à mon téléphone à toute heure de la journée :) J'arrivais pas à fermer l'oeil quand soudain Stella m'a appelée, je lui ai dit que j'étais un peu tristounette à cause de Maman. Et pour me changer les idées, elle m'a raconté comment elle a rembarré Vincent, isssh celui-là même est fou ! Il a en même temps montré son vrai visage, il a dit qu'elle était juste bonne à b****r ! Et des conneries de ce genre, j'étais trop triste pour elle, je savais quand même qu'elle avait déjà pleuré, sinon elle n'aurait pas été de si bonne humeur. J'en étais soulagée...
Stella : Et Clay le magnifique ?
Clay ? Clay ? Ah Clay ?? Oh my God !
Moi : Si je te dis que je n'ai pas pensé à lui depuis le temps...
Stella : Loool toi-là hein ! Bon en même temps tu avais tellement à faire.
Moi : Oui et puis il était injoignable la dernière fois que je l'ai appelé.
Stella : Essaie encore aujourd'hui.
Moi : Ok, coupe pas, je te mets en attente.
Quelques secondes plus tard...
Moi : Copine ça fait pareil hein!
Stella : Ah peut-être qu'il n'est pas revenu.
Moi : C'est bizarre, il met jamais autant de temps, ça va faire deux semaines là. Bon quand il reviendra il appellera.
Stella : Sûrement...mais il ne te manque pas ?
Moi : Si, un peu.
On a encore un peu rigolé et j'ai pu dormir paisiblement. Le lendemain Théo était « malade », il nous faisait une grosse déprime, il ne voulait que Maman. C'était tellement inquiétant que Papa l'a emmené avec lui à l'hôpital pour la voir. Je le comprends quand même, il est toujours collé à Maman, ils ont un lien assez spécial. Il a pu résister pendant la semaine mais je pense que le fait de la voir la veille a rouvert la plaie en quelque sorte.
Ça a vraiment cassé l'ambiance à la maison, de plus il était tout peiné quand ils sont rentrés de là-bas. Mamie est revenue et miraculeusement il s'est endormi sans encombre. Le lundi, la routine a repris, heureusement les vacances pointaient déjà le bout de leur nez et j'avais le bac de français à passer. Je n'étais pas trop stressée parce que je suis une grande littéraire même si je suis en ES. C'est dans deux semaines, après ça je suis free !! J'espère que Clay reviendra vite !
En fin de semaine, alors que mes frères et moi étions excités pour le retour de Maman qui était censé être dans 4 jours. Sauf que ce vendredi soir-là, Papa nous a annoncé une mauvaise nouvelle.
Moi : Comment ça elle revient pas ?
Papa : Calme-toi, les petits vont t'entendre.
Moi : Mais ils vont finir par savoir, ils pensent tous qu'elle sera là Mardi.
Papa : Je sais. Je vais leur dire.
Moi : Mais pourquoi ?
Papa : Sa tumeur est toujours là, il faut continuer la chimio.
Moi : Elle tient le coup ?
Papa : Oui, c'est une battante, tu la connais ta mère. Ne t'inquiète pas trop pour tes frères et prépare-toi pour ton examen, ok ?
Moi : Ok.
Papa : Toi aussi Emerick, accroche-toi !
Il a juste hoché la tête et il est sorti de la pièce. Il n'est pas net lui, je suis sûre qu'il souffre énormément de l'intérieur mais comme il garde toujours tout pour lui, ça doit être un vrai génocide dans son cœur. J'aimerais tellement l'aider mais comment ? Moi-même je ne suis plus sûre de pouvoir tenir.
Mon moral était au plus bas jusqu'au lendemain même. Encore pire quand j'ai vu Maman à l'hôpital...Kelly et Théo étaient sur son lit et Emerick était assis sur une chaise en retrait.
Kelly : Maman ce sont pas tes cheveux ça !
Mom : Si, en fait c'est une perruque avec mes cheveux.
Moi : Pourquoi ?
Mom : Je les ai coupé, ils tombaient de toute façon.
Moi : :'(
Mom : C'est quoi ces têtes ? Des cheveux ça repousse hein !
Kelly : On va faire une grande fête à la maison.
Mom : Ah oui ?
Théo : Oui quand tu vas venir à la maison.
Kelly : Oui, Mardi.
Au même moment Papa est entré dans la chambre. Maman elle ne trouvait pas les mots. Papa a donc annoncé la bombe d'une assez douce manière mais bon personne pouvait prévoir ça...Théo était plus calme que d'habitude et semblait comprendre ce que Papa disait mais Kelly elle avait les larmes aux yeux. Je l'ai prise dans mes bras et sans qu'on ne s'y attende, Emerick s'est levé furieusement...
Emerick : Je te déteste Maman, je te déteste !
Il nous a laissé dans la chambre tous bouches-bées ! Il s'est passé quoi là ? Le temps que je réagisse Maman éclatait en sanglots. Papa m'a ordonné de suivre Emerick. J'ai couru pour le rattraper alors qu'il était à un arrêt de bus dehors...
Moi (essoufflée) : Qu'est-ce qui...t'arrive ?
Emerick : Je veux pas en parler.
Moi : Tu vas le faire ! Tu penses qu'elle a besoin de ça en ce moment ? Tu penses que ça lui fait plaisir d'être dans cet hôpital ? Elle se BAT pour nous et tout ce que tu trouves à faire c'est de lui balancer ce genre de vacheries ?
Emerick : Il n'y a pas si longtemps de cela, tu faisais la même chose. Pourquoi n'en aurais-je pas le droit aussi ?
Il l'a dit avec un tel calme que j'ai cru halluciner. Emerick ? Depuis quand il parle comme ça ? Le temps que je me reprenne il était monté dans le bus. J'ai dû m'asseoir pour encaisser d'abord le choc. Le pire c'est qu'il n'avait pas totalement tort...Je me suis sentie tellement mal...
Quand je suis retournée dans l'hôpital, Tonton Nathan (le frère de Maman) sortait de la chambre avec Théo et Kelly. Il m'a fait la bise avant de me dire qu'il emmenait les petits chez lui. On s'est dit bye et j'ai trouvé Maman dans les bras de Papa qui la consolait. J'ai préféré ne pas les interrompre, je ne saurais moi-même pas la consoler, j'aurais juste pleuré. J'ai pris le bus puis le train sans vraiment savoir où j'allais...puis j'ai pensé à Clay, lui saurait quoi me dire dans ces moments-là. Je suis allée chez lui et...stupeur le double des clés que j'avais n'ouvrait plus la porte. Les serrures ont-elles été changées ? Ça veut dire qu'il est revenu ? J'ai essayé de l'appeler mais ça disait toujours la même chose. J'étais encore dans le couloir quand j'ai vu un voisin sortir de son appartement...
Moi : Bonjour Mr.
Lui : Mlle ? Je peux vous aider ?
Moi : Oui, euh est-ce que Mr Clay, l'habitant de cet appartement est de retour ?
Lui : Je ne connais pas de Mr Clay.
Moi : Bah si, il habitait bien ici, j'ai même le double des clés sauf que la serrure semble avoir été changée.
Lui : Je ne pourrai pas vous aider, désolé Mlle.
Il est parti et là un homme qui avait l'air d'un concierge s'est approché...
Lui : Vous cherchez quelqu'un Mlle ?
Moi : Oui, Cassius Clay ?
Lui : Je ne connais pas de personne de ce nom.
Moi : Et l'occupant de cet appart ?
Lui : Ah Mr Louvin ? Il a quitté l'immeuble depuis 2 semaines maintenant...
Moi : Quoi ?
Lui : C'est lui que vous cherchez ? Mais Cassius Clay ce n'est pas le boxeur américain ?
Moi : Merci pour votre aide.
Je suis sortie de là-bas en courant, j'étais stupéfaite. Il m'avait abandonnée en fait. Il m'avait menti, il se faisait appeler Clay...Oh mon Dieu que je suis bête...J'ai pris le train pour rentrer à la maison et des larmes ont coulé de mes yeux sans que je ne puisse les retenir. Ma mère n'allait pas bien, Emerick avait un problème, bref ma famille était en crise et le seul homme que j'ai jamais aimé m'avait complètement fait tourner en bourrique...
