03
Partie 3 : La famille Roux
Em : C'est qui Karen ?
Moi : Quoi ?
Sarah me regardait alarmée avec notre fils dans les bras. Mais d'où elle connaît Karen ? Et au moment où elle a soulevé sa main avec le journal de Karen dedans mon cœur s'est stoppé....Merde, je suis dans la merde.
Em (en larmes) : C'est vrai ce qui est écrit ? (à Sarah) je ne suis donc pas ta fille ?
Sarah : Ma puce écoute...
Em : Pourquoi vous m'avez rien dit ? Snifff pourquoi ?
Moi : Em suis-moi stp.
Sarah : Eli, laisse-moi faire.
Moi : Non t'inquiète pas, je m'en occupe.
Elle a acquiescé et j'ai pris la main tremblante de ma fille et on est montés dans sa chambre. C'était le moment que je redoutais le plus, je savais que je devais le lui dire un jour mais à chaque fois je repoussais l'échéance, avec la même excuse...elle était trop jeune. C'était la demie-heure la plus stressante de ma vie enfin peut-être pas autant au final mais bien dans le top 5. Je lui ai expliqué en essayant de lui épargner quelques détails quoique je pouvais pas cacher grand chose vu qu'elle a dû lire tout le journal. Elle m'écoutait en silence, elle pleurait quelques fois mais me demandait toujours de continuer. J'ai fini en m'excusant, c'est Sarah qui m'a envoyé un message en fait pour me le dire. Parce que moi, je voulais lui demander où est-ce qu'elle avait trouvé le journal. Mais vu son état je ne l'ai pas fait. Avant que je ne sorte de sa chambre, elle m'a demandé si elle pouvait garder le journal en question, j'ai dit oui et je suis sorti.
Sarah, elle était juste à côté de la porte en stress. Elle a préféré laisser du temps à Em avant d'aller lui parler, c'est son « bébé », elles ont une relation tellement particulière qu'à un moment je m'étais dit que je ne dirais jamais la vérité à Em mais Dieu en a voulu autrement. Le soir même elle a disparu de la maison, elle n'est rentrée qu'à 2h du matin. J'allais lui passer un savon quand sa mère m'a stoppé dans mon élan pour la protéger. J'étais fâché que ça se passe comme ça, elle nous a fait une peur bleue, elle revient comme par magie et Sarah la laisse faire. Elle l'a trop gâtée avec les années, je laissais faire mais je ne savais pas que ça irait à ce point ! Si on a eu des discordes dans l'éducation des enfants c'était bien sûr pour Em uniquement. Bref, ne parlons plus de ça parce que les problèmes ne faisaient que commencer, je le sentais.
Et comme je le pressentais Em n'a pas digéré cela comme je pensais qu'elle le ferait. Elle est en colère contre Sarah et moi, ce que je ne comprends pas. J'ai cru que ça durerait que quelque temps mais là ça fait 6 mois, 6 putain de mois qu'elle nous mène la vie dure. Elle qui n'a pas fait de crise d'adolescence et dont je me vantais auprès de tous était une vraie PESTE ! Je pèse mes mots quand je le dis, ça allait encore avec moi mais avec Sarah c'était autre chose. On aurait dit qu'elle la détestait, ça me brisait le cœur de voir ma femme pleurer le soir ou perdre le sourire lorsque Em était dans la même pièce. Elle était littéralement terrifiée à l'idée qu'Em lui sorte une vacherie. J'étais rarement présent quand elle le faisait mais je l'ai déjà vue manquer ouvertement de respect à Sarah.
J'ai tout essayé, les punitions, les confiscations de téléphone et d'objets électroniques mais rien, je vous dis bien RIEN n'a pu changé son attitude de pubère surexcitée ! Et puis...
Kelly : Papaaa !
Moi : Oui ma puce, qu'est-ce qu'il y a ?
Kelly : Théo, il veut pas jouer avec moi.
Moi : C'est parce que tu le pinces à chaque fois.
Kelly : Mais il aime ça !
Moi : Non il déteste ça !
Kelly : Je joue avec qui alors ? Ya Emi est enfermée dans sa chambre.
Moi : Ah ! Et Emerick ?
Kelly : Il dit qu'il ne joue pas avec les petites filles.
Moi : Dis tu veux aller chez Tata Yoyo ?
Kelly : Ouiiiii comme ça je vais jouer avec Patricia.
Moi : Mais c'est encore un bébé ! Bref, va te préparer je vais vous y emmener.
Kelly : Ouiiiiiii !!
Bon je ne vous la présente pas vous avez compris, c'est ma fille de 6 ans Kelly-Anne et Théo le tout dernier qui aura bientôt 3 ans. Je remercie tous les jours Dieu d'avoir mis Sarah sur mon chemin. Parce que oui cette femme est...je pense pas que le qualificatif exact existe pour elle. Je lui dois tellement, sans elle je n'aurais eu ni Kelly ni Théo. Oui en effet, il s'en est passé des choses en quoi, 10 ans? Vous voulez savoir ? Hm.
Bien c'est moi qui ai déconné, je l'avoue déjà mais j'avais mes raisons sachez-le. N'ayez pas de mauvaises idées déjà, je ne l'ai pas trompée ! Loin de là hein, je ne suis pas comme ça, vous me connaissez. Bref, avant que Kelly-Anne ne soit conçue, Sarah et moi avons vécu une année très dure et on était même proches du divorce. Pourquoi ? Hm j'ai honte d'en parler franchement mais bon...Tout a commencé quand Emerick a eu ses 3 ans, tout allait bien en fait. J'avais la famille parfaite, une belle-famille grande et aimante, des amis sincères, en gros PARFAIT de chez parfait ! Sarah travaillait toujours dans le même cabinet et moi dans une autre banque où j'ai eu un poste mieux placé. Côté travail c'était bien aussi mais je ne vous cache pas que j'ai eu une période sombre. Avec la crise, notre banque a licencié encore et encore, et j'en ai fait les frais. Mais comme Dieu veille, après 3 mois d'inactivité, j'ai trouvé du travail. Merci Seigneur !
C'est bon je sais je vous fais chier, vous vous demandez c'est quand que le problème va arriver vu que je fais que dire que tout est parfait (ou presque). Mais bon voilà ça. C'était le lendemain de l'anniversaire d'Emerick et ce soir-là elle était particulièrement sexy et très chaude. Alors qu'elle me faisait des bisous un peu partout...
Sarah : Eli mon amour ?
Moi : Humm yes my lady.
Sarah : J'ai envie d...
Elle n'a pas fini sa phrase que je l'ai embrassée, on a fait l'amour...(le pied) alors que je venais de m'effondrer après ma jouissance.
Sarah : Ça me manque tu sais ?
Moi (dans les vapes) : Quoi ?
Sarah : La maternité.
Moi : La maternité ?
Sarah : Oui la grossesse, tout ça. Je pense qu'il est temps qu'on mette notre 3ème en route !
Moi : T'es sûre ? Elliot (Emerick) n'a même pas 4 ans.
Sarah : Oooh mais il est vieux lui, t'inquiète pas.
Moi : Ok, prenons notre temps tu veux bien ?
Sarah : Hum ok.
Ça je ne voulais pas. J'avais plus envie d'autre enfant et je ne savais pas comment lui dire. Elle m'a laissé du répit un moment puis sans rien me dire j'ai découvert qu'elle avait arrêté la pilule. J'ai donc arrêté tout rapport sexuel avec elle. J'ai résisté près d'un mois puis j'ai zappé. Je suis un homme, de surcroît son mari ! Si je ne couche pas avec elle, avec qui le ferai-je ? Et vice-versa ! Ça l'amusait visiblement parce qu'elle n'arrêtait pas de m'aguicher depuis tout ce temps. Elle savait qu'elle allait gagner mais je n'avais pas dit mon dernier mot. J'évitais de jouir en elle, au début elle n'avait pas remarqué mais quand elle a compris j'avais une autre stratégie déjà :p
J'avais calculé son cycle en fonction de la date du début de ses menstrues. Je me suis vraiment informé sur le sujet du coup je pouvais jouir en elle sans problème et puis bah elle pensait que tout allait bien. Mais c'est Sarah, je la connais bien, elle est trop intelligente et elle m'a démasqué vu que je venais de lui demander si elle avait eu ses règles.
Elle : Mais c'est quoi ton problème au juste ? Dis-moi !
Moi : Rien, je veux juste qu'on prenne notre temps.
Elle : Du temps je t'en ai donné ! Ça fait plus de 4 mois qu'on l'a eue cette conversation. Eli me prend pas pour une conne, tu ne veux plus d'enfants c'est ça ?
Moi : Oui c'est ça.
Elle : T'as pas le droit de me faire ça ! Ce n'est pas ce qu'on s'était dit avant qu'on se marie !
Moi : Tu as bien dit « avant qu'on se marie », mon avis a changé entre temps.
Elle : Mais tu t'entends ? Tu penses que c'est toi qui décide ?
Moi : Baby...
Elle : Oh don't baby me ! Je veux un bébé et tu vas me le faire ce bébé que tu le veuilles ou non !
C'est là que l'enfer a commencé vraiment. En apparence, elle restait la même mais une fois qu'on était seuls dans notre chambre. Elle me boudait ! Et puis, il y a eu ce jour où elle a débarqué dans notre chambre, elle a fermé la porte à clé avant de la dissimuler je ne sais où. Elle est ensuite venue se placer devant moi les mains sur les hanches.
Moi : Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle : Les enfants sont chez ma mère.
Moi : Heu c'était prévu ??
Elle : Oui.
Moi : Et pourquoi je n'étais pas au courant ?
Elle : Tu l'es maintenant ! Bref, on a la maison pour nous deux jusqu'à ce soir. Je suis en pleine période d'ovulation là donc tu as...hm (en regardant sa montre) environ 7 heures pour me mettre enceinte.
Moi : Quoi ?
Elle : On commence quand tu veux !
Moi : T'es devenue folle c'est ça ?
Elle : Non je suis complètement lucide.
Moi : Sarah...
Elle a commencé à se dévêtir sous mes yeux de manière très suggestive. Bref, j'ai détourné mon regard vers ma tablette pour pas tomber dans son piège. Je l'ai sentie se coller tout contre moi dans le lit mais je refusais catégoriquement de succomber. Mais c'est une guerrière, elle a mis sa main sur ma partie sensible, je l'ai retirée et elle l'a remise. Ce petit jeu a continué un moment avant qu'elle ne se jette sur moi. A un moment son plan a failli marcher vu que mon érection commençait à pointer le bout de son nez. En fait il y avait un truc de sexy dans son envie de me « violer » parce que oui c'était le cas.
Je suis finalement allé me réfugier dans la sdb et puis ça l'a énervé à fond ! Au bout d'une heure, alors que je pensais qu'elle avait abandonné, elle n'arrêtait pas de cogner à la porte et ruminer sa colère...
Sarah : ELI OUVRE-MOI CETTE PORTE TOUT DE SUITE ET FAIS-MOI L'AMOUR !! C'EST TON DEVOIR CONJUGAL ALORS SORS DE LA !
Ça m'a fait rigoler, je n'ai pas pu m'arrêter un moment de rigoler tellement c'était drôle ! Ça l'a encore plus énervé et puis plus rien. Je pense être encore resté plus d'une heure enfermé avant de sortir de là-bas. Ça devenait un peu trop ridicule à mon goût. Et puis je ne l'ai pas vue dans la chambre, en fait elle était en bas enroulée dans une couette sur le canapé devant la télé avec un gros pot de crème glacée dans les mains. Je me suis approché et je l'ai vue renifler. Je l'ai prise dans mes bras et elle y a pleuré tout doucement avant de me frapper copieusement. Voilà je suis victime de violences conjugales aussi.
Sarah : Tu me détestes à ce point ? Au point de ne plus vouloir faire d'enfants avec moi ?
Moi : Ce n'est pas ça.
Sarah : Mais c'est quoi alors ? Contrairement à toi j'ai une horloge biologique et j'ai envie d'avoir encore au moins 3 enfants !
Moi : TROIS ?? Bébé c'est trop !
Sarah : Normal que ce soit trop pour toi, tu veux même pas m'en faire un !
Moi : Wow tu veux faire une équipe de foot ou quoi ?
Sarah : Pourquoi pas ? C'est bien moi qui vais souffrir pendant 9 mois à chaque fois ! Je te demande juste un peu de ta semence pour cela et toi tu fais le beau !
MDR ! Ma semence ??! Krkrkrkr ELLE ME TUE !
Moi : Dis comme ça c'est facile ! Mais moi je veux pas que tu souffres.
Sarah : Ce n'est pas de la souffrance, du moins on oublie vite une fois qu'on tient le bébé dans nos bras !
Moi : Oui...c'est magique !
Sarah : Dis j'ai fait quelque chose ?
Moi : Non, non !
Sarah : Ok, tu veux juste pas. J'ai compris ! Au moins tu sais que les donneurs de sperme ça existe !
Moi : Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Sarah (en se levant) : Tu as bien compris très cher ! Si tu ne me donnes pas ce que je veux, j'irai le chercher ailleurs ! Et t'inquiète pas, t'auras pas à reconnaître cet enfant !
Moi : Mais..
Elle a quitté le salon me laissant littéralement sur le cul ! Elle est folle elle ! Par où elle va passer pour me faire un enfant dans le dos de la sorte ? C'est ce qu'on va voir ! Je sais que ça peut paraître cruel mais je ne suis pas prêt à la revoir mi-morte juste parce qu'elle veut un enfant. Il y a trop de risques, je ne veux pas souffrir à nouveau comme la dernière fois c'est tout. C'est égoïste de ma part ? Non je ne trouve pas, je ne veux pas que quelque chose lui arrive. Au pire on passera par une mère porteuse mais je ne pense pas que l'idée lui ferait plaisir. Alors je me suis renseigné sur la vasectomie et j'ai pris rendez-vous chez un médecin spécialisé là-dedans.
Malheureusement pour moi, elle est tombée sur le mail confirmant mon rendez-vous en utilisant ma tablette et ça a dégénéré...
Sarah : C'est pour quoi faire ? Tu as des problèmes urinaires ?
Moi : Euh non enfin oui euh.
Un autre de mes points faibles : je ne sais PAS lui mentir !! Grrrr les mecs donnez-moi les astuces parce que là...je stagne !
Sarah : Depuis quand ? Pourquoi tu m'as rien dit ?
Moi : Non c'est pas ça, c'est juste pour une vérification.
Sarah : Quel genre de vérification ? Attends...me dis pas que c'est ce que je pense.
Une vraie sorcière, comment elle a deviné ?!
Moi : Sarah.
Sarah : Non tu n'as pas osé !
Moi : Je n'allais pas le faire, je voulais me renseigner c'est tout !
Sarah : Pourquoi tu veux te renseigner sur un truc pareil ? Tu y as déjà pensé c'est que tu voulais le faire ! Eli tu te rends compte de la chose ? Pourquoi...
Elle n'a pas continué sa phrase, elle est sortie avant de craquer, je savais qu'elle allait pleurer. Mais oui j'étais prêt à aller au bout de mon idée, j'étais prêt à le faire. C'est à partir de ce moment que notre relation n'était plus la même, j'étais même sûr qu'elle était là juste pour les enfants. Ça me peinait et je voulais arranger les choses mais ça allait être difficile, elle veut tomber enceinte et moi je ne veux pas. Mais bon j'ai fait le premier pas, résultat : j'ai été brutalement rejeté, mêmes mes petites attentions elle n'en voulait plus ! Et c'était juste le début des galères croyez-moi !
Elle passait plus de temps chez son père et très vite il m'a convoqué chez lui. Je mentirais si je disais que je n'avais pas peur parce que j'étais mort de trouille en fait. C'était notre première véritable crise depuis qu'on s'était mariés et accessoirement depuis les menaces copieuses de son père. Mais j'étais sûr que s'il m'écoutait il allait me comprendre.
On était la veille de notre réunion chez son père quand elle m'a balancé dans le plus grand calme qu'elle voulait le divorce. Naturellement on s'est encore disputés après ça et elle est partie dormir dans la chambre d'Emerick. Je comprenais pas pourquoi elle ne me comprenait pas ! Je ne le faisais pas pour moi mais pour ELLE. Bref, le lendemain à la réunion c'était un peu chaud. On était dans le bureau de Mr Mensah, elle était assise les jambes croisées et la mine serrée. Elle évitait tout contact visuel avec moi, c'en était agaçant.
Mr Mensah : Bien, si je vous ai convoqué ici c'est parce que j'ai remarqué l'ambiance qui règne entre vous depuis quelques semaines et ça m'inquiète. D'autant plus que Sarah ne veut absolument rien me dire. Alors je PEUX savoir ce qui se passe entre vous, SVP ?
Moi : Elle veut divorcer !
Sarah : Oh please ne fais pas ta victime !
Moi : Parce que c'est toi la victime ici ? Tu sais ce que tu me fais subir depuis des mois ?
Sarah : Ne m'énerve pas Eli !
Moi : Ne me parle pas comme ça !
Mr Mensah : ÇA SUFFIT ! C'est quoi ces comportements ? On aurait dit des gamins de 5 ans !
Elle s'est mise dans la même position que tout à l'heure avant que son père ne reprenne son discours...
Mr Mensah : Bien, maintenant que c'est calme, on va pouvoir « parler ». Sarah c'est vrai cette histoire de divorce ?
Sarah : On ne se supporte plus alors oui je veux divorcer.
Mr Mensah : C'est tout ?
Sarah : Oui.
Mr Mensah : Tu peux me donner plus de détails ?
Sarah : Je laisse cet honneur à Chris.
Je déteste quand elle m'appelle Chris, tout le monde peut m'appeler Chris sauf elle. Eli c'est réservé pour elle !
Moi : Je peux vous parler en privé Mr Mensah ?
Mr Mensah : Bien, cette histoire vous concerne tous les deux mais si tu es plus à l'aise sans sa présence, ça peut se faire.
Sarah : Non j'insiste pour rester. Il y a des zones d'ombres que j'espère éclairer en l'écoutant.
J'ai soupiré avant de m'expliquer, son père m'écoutait silencieusement sans sourciller. J'ai fini mon speech en affirmant fermement que je ne lui donnerai pas le divorce. Ça je refuse, il a été tellement dur de l'épouser que je ne m'en séparerai pour rien au monde !
Je ne vais pas aller en détail sur la suite mais comme vous le savez au final on ne s'est pas séparés. Son père nous a conseillé séparément. J'ai reconnu mes torts et elle les siens. Mais nous deux ne voulions pas changer nos avis respectifs sur cette affaire de bébé. Alors l'ambiance dans laquelle nous étions a prospéré encore quelques semaines avant que je ne cède. Je savais que je n'avais pas le droit de lui enlever ses chances de devenir mère mais j'avais tellement peur, j'avais tellement peur de la perdre. En même temps, en restant dans cette situation je la perdais aussi, peu à peu je la perdais alors j'ai demandé pardon. C'est vrai que je ne lui avais jamais vraiment dit à quel point son coma après son accouchement m'avait traumatisé. Et pourtant, Dieu sait que j'en ai souffert.
Moi : J'ai cru que tu ne te réveillerais jamais...c'était horrible, je ne veux plus revivre ça !
Sarah : Et ça ne va pas arriver mon cœur. Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de ça ?
Moi : Désolé, j'aurais dû, je sais.
Sarah : Je peux passer une batterie de tests avant pour qu'on soit sûrs que tout se passe bien. Et je me ferai suivre avec précaution pendant la grossesse.
Moi : Tu étais aussi bien suivie la dernière fois mais c'est quand même arrivé.
Sarah : J'étais en dépression aussi alors que cette fois, tu seras là avec moi, on va beaucoup prier et tout va bien se passer je te le promets.
Moi : J'ai peur Sarah.
Elle m'a caressé la joue en souriant et elle m'a hug. J'étais...ému. A ce moment-là je me sentais tellement « safe », la peur s'était peu à peu envolée. La voir là devant moi tout sourire me faisait demander pourquoi j'avais autant douté. C'est vrai que les conditions ne seront pas les mêmes que sa précédente grossesse, clairement pas les mêmes alors il était fort possible que tout se passe bien comme elle le dit.
Sarah : Je ne te savais pas aussi poule mouillée.
Moi : J'ai jamais dit que j'étais un super héros !
Sarah : Mais tu es mon super héros à moi.
11 mois plus tard, nous accueillions Kelly-Anne dans notre petit foyer. Vivre cette grossesse chaque jour était une vraie bénédiction. N'ayant jamais été présent quand Karen attendait Em ni pendant que Sarah attendait Emerick, c'était une expérience toute nouvelle pour moi et j'ai trouvé ça magique. Un peu stressant mais magique, d'autant plus que tout s'est passé sans encombre !
Contents de cette belle réussite, on a récidivé 3 ans plus tard et Théo est rentré dans nos vies. J'étais particulièrement heureux que ce soit un garçon. Ça nous faisait deux filles et deux garçons, parfait n'est-ce pas ? Bon mon insatisfaite de femme voulait en rajouter un autre, je n'étais pas contre mais bon...
Enfin revenons dans le présent...Je roulais en direction de chez Yoyo la petite sœur de Sarah qui était mariée à un ivoirien et le couple avait une petite fille toute belle d'un an. Mais oui les choses ont évolué hein et dire que cette petite craquait pour moi, hm ! Une fois devant son immeuble, Kelly a aidé son frère à descendre de la voiture et nous avons sonné chez les N'Guessan. C'est Madame même qui a ouvert...
Yoyo : Vraiment vous me prenez pour votre babysitter !
Elle est devenue agressive avec le temps, je vous dis même pas !
Moi : Bonjour à toi aussi ! Les enfants dîtes bonjour !
K&T : Bonjour Tata Yoyo !
Yoyo : Humm bonjour les enfants, entrez donc !
Une fois assis dans le salon, j'ai lancé la conversation parce que Yoyo semblait être de très mauvaise humeur ce matin, et pourtant tout à l'heure au téléphone elle était bien joviale !
Moi : Ma femme ça va ?
Yoyo : C'est aujourd'hui que je suis ta femme ?
Moi : Mais tu l'as toujours été même si tu m'as trompé et que tu vis avec cette personne.
Yoyo : Tchuiiip celui-là même !
Moi : Dis-moi ce qu'il a fait que je le corrige !
Yoyo (très énervée) : Bah il a fait comme tous les hommes, c'est-à-dire me mettre en cloque continuellement ! Moi je vais faire que m'occuper des enfants et grossir pendant que lui prendra du bon temps et ira sauter sur tout ce qui bouge ! Grrrrrr il m'énerve !
Moi : Wow ma chérie tu es enceinte ?
Yoyo : C'est ce que tu as entendu !
Moi : Félicitations !
Yoyo : Félicitations ? Tu me félicites ? Pffff les hommes vous êtes tous les mêmes !!
Moi : Heu c'est pas ce que je voulais dire. Ecoute, je vais partir avec les enfants, tu dois sûrement être épuisée.
Yoyo : Ah non non non, ils vont me changer les idées mes neveux. Faut aller !
Moi : Ne te dérange pas.
Yoyo : Tu as déjà fini de me déranger hein ! Hum la prochaine fois il y aura amende !
Moi : Ok, j'ai compris ma BS !
Yoyo : Je quitte donc de statut de femme à BS, tchiéé ?
Moi : Rhooo !
Yoyo : Pardon, faut partir. Fais-moi signe quand tu viendras les chercher. Bonne journée !
Et elle s'est levée pour rejoindre la cuisine. Woow déjà qu'en temps normal elle est fofolle, avec la grossesse c'est un autre niveau hein, je wanda ! Loïc le pauvre je le plains ! Krkrkr !
J'ai dit au revoir aux enfants sans oublier de leur dire de pas faire de bêtises. Sur le chemin du retour j'ai pensé à ma femme (la vraie lol) alors je l'ai appelée...
Moi : Mme Roux ?
Elle : Oui ?
Moi : Oh oui tout sec ? Bref, je suis dans Paris, t'as fini ce que tu faisais ?
Elle : Heu non...oui.
Moi : Lool oui ou non ? T'es où que je vienne te chercher.
Elle : Non c'est bon, je passerai chez Maman avant de rentrer.
Moi : Alors on se retrouve là-bas.
Elle : Et les enfants ?
Moi : Kelly et Théo chez Yoyo, Emerick au foot et Em dans sa chambre.
Elle : T'as pas autre chose à faire ?
Moi : Non, j'ai juste envie de passer du temps seul avec ma femme.
Elle :...
Moi : A toute !
Je savais qu'elle était encore abattue à cause de toute cette histoire avec Em. Il fallait que je trouve un moyen de communiquer avec celle-là pour qu'elle arrête son cirque mais avant il faudrait que Sarah se sente mieux. J'ai fait un saut chez un primeur pour prendre un panier de fruits puis chez un fleuriste. Une bonne heure plus tard, j'étais chez ma belle-mère qui m'a ouvert avec un petit sourire.
BM : Tu vas bien mon fils ?
Moi : Oui Maman et toi ?
BM : Ça va ici merci. (en prenant le panier) Aaw tu n'aurais pas dû. Merci.
Moi : C'est normal. Elle est là Sarah ?
BM : Oui dans sa chambre.
Moi : Elle dort ?
BM (les yeux larmoyants): Non. (en m'attrapant la main)...Tu dois être fort pour elle.
Moi (inquiet) : Qu'est-ce qui se passe ?
BM : Va la voir.
Je me suis quasiment rué vers sa chambre et quand elle m'a vu avec le bouquet de roses dans les mains, elle a quitté son lit pour me sauter dans les bras.
Moi : Pourquoi tu te faisais désirer au téléphone alors que je te manque autant ?
Je ne comprenais pas trop ce silence, du moins jusqu'à ce que je sente mon polo s'humidifier. Elle ne me lâchait pas, en fait elle s'accrochait à moi comme à une bouée de sauvetage.
Moi : Ne te mets pas dans cet état pour Em, on va trouver une solut...
Elle : Je suis malade Eli sniif...j'ai un can...cer du sein...
J'ai instantanément lâché le bouquet, j'avais bien compris, elle est...Oh mon Dieu pourquoi ? Pourquoi ? Je ne savais pas quoi faire d'autre à part la serrer à mon tour contre moi. Mon amour...non.
