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05

Partie 5 : Le début du combat

Je me rappelle encore du jour où Sarah m'a annoncé qu'elle était malade. J'étais abasourdi...Comment c'était possible ? Pourquoi elle de surcroît. Elle s'est dégagée de mes bras et a ramassé le bouquet de roses. Elle l'a porté à son nez pour les humer les yeux fermés.

Sarah : Elles sont magnifiques et sentent hyper bon. Merci.

Moi :...

Sarah (en me tirant vers le lit) : Viens on fait une sieste je suis un peu fatiguée.

Je me suis laissé emmener dans le lit et elle s'est agrippée à mon torse tandis que j'étais couché sur le dos. Je lui ai fait un bisou sur le haut de la tête tout en caressant le long de son dos.

Moi : Comment tu l'as su ?

Sarah (lasse) : Cela faisait des mois que je ressentais des douleurs à mon sein gauche mais je me disais que c'était normal car j'avais déjà eu les mêmes douleurs lorsque j'allaitais encore Théo. Mais comme j'ai dit, ça a duré des mois et je me suis inquiétée, je voulais aller consulter quand ça s'est arrêté tout d'un coup. Pour moi le problème était réglé mais il y a quelques jours je suis tombée sur un reportage sur le cancer du sein et...et quelques symptômes étaient similaires. J'ai alors pris rendez-vous aujourd'hui pour une mammographie et... c'était ça.

Moi : Qu'est-ce que le médecin dit pour le traitement ?

Sarah : Je dois encore passer des examens supplémentaires mais c'est sûr que je dois passer par la chimio.

Moi : On va surmonter ça, ok ?

Elle a hoché la tête et elle s'est endormie quelques minutes plus tard. Je l'ai contemplée un long moment avant de rejoindre ma belle-mère dans le salon.

BM : Ça va Chris ?

Moi : Non...pas vraiment.

BM : Je sais, c'est dur. Et Sarah ?

Moi : Elle dort.

BM : Tu dois être sous le choc là. Moi-même je ne réalise pas encore. Pourquoi ma fille ? Elle a déjà tant souffert, pourquoi lui infliger cela ? Mais bon je mets tout dans les mains de Dieu. Quand j'ai perdu mon Daniel je pensais que la vie n'en valait plus la peine, et regarde comment je suis heureuse aujourd'hui.

Moi : Mais non elle ne va pas mourir ! Il y a de meilleurs traitements aujourd'hui, je la ferai suivre par les meilleurs oncologues. Rien ne lui arrivera.

BM (souriant) : Je sais Chris...Tu as en fait mal compris mes propos. Je sais qu'elle ne nous laissera pas, le Seigneur veille.

Moi : Je l'espère.

BM : Il ne faut pas être défaitiste. Sarah a besoin de soutien, tu devras être un rempart pour elle, l'épaule sur laquelle elle pourra se reposer. Il faut qu'elle voit de la positivité en toi, pas de la peur ni de la détresse.

Moi : Je le sais bien, je le ferai...Son père est au courant ?

BM : Non, elle est venue ici directement de l'hôpital.

J'étais bouleversé mais j'essayais au max de me contenir, ma BM a raison, c'est à moi de rassurer Sarah, je ne dois pas lui montrer que je doute ou que j'ai peur. Après la discussion avec BM, j'ai rejoint Sarah dans la chambre et je me suis couché à ses côtés. J'étais tellement préoccupé que je n'ai pas pu fermer l'oeil, elle par contre dormait paisiblement. Elle s'est réveillée une heure et demi plus tard et on est allés chercher les enfants chez Yoyo. Cette dernière était bien en joie par rapport à quand j'ai laissé les enfants plus tôt. Elle a annoncé sa grossesse à sa sœur qui en était ravie. On a discuté gaiement avant de prendre la route du super marché. Emerick était à son foot et Em bah toujours dans sa chambre ou fourrée quelque part avec sa copine Stella.

On a fait les courses joyeusement en famille et on est rentré à la maison juste après. On a déballer les courses pour les ranger. Les enfants sont montés prendre leur bain et Emerick est rentré et il a aidé ses frères. Emerick c'était le plus mystérieux de mes enfants, il me rappelait moi quand j'avais son âge. C'est fou quand des fois vos enfants vous rappellent à un moment donné ce que vous étiez aussi à un temps t de votre vie. Bref, on a préparé le dîner dans la bonne humeur et quand il fallait passer à table, j'ai tout de suite vu Sarah se crisper et perdre son sourire en voyant Em arriver. Celle-ci a lancé un bonsoir collectif avant de s'asseoir avec nonchalance à sa place. C'était en plus son jour pour dire les grâces et...

Em : Merci Seigneur pour ce repas que tu nous permets d'avoir. Aide les plus nécessiteux qui n'ont même pas un grain de riz à manger et prive les criminels et les MENTEURS pour leurs péchés. Amen !

Tout le monde a dit « Amen » sauf moi, j'avais bien compris l'allusion qu'elle avait faite en disant « menteurs » avec ce ton accusateur. Et c'est quoi cette prière ?! Elle m'entendra cette petite ! Bien heureusement elle n'a plus rien ajouté tout le long du repas et c'était tant mieux ! Ma femme, elle me souriait mais je savais qu'au fond c'était dur pour elle.

Plus tard on s'est retrouvés seuls dans notre chambre après qu'elle ait mis 30 longues minutes pour coucher Théo, c'est mon fils mais il m'a l'air d'être jaloux de moi. Il est tout le temps dans les pattes de Sarah et ça me joue des tours. Quand elle m'embrasse, il veut la même chose, quand elle est avec moi il veut dormir avec elle aussi, bref un véritable petit rival ce Théo.

Avec Sarah on a fait des recherches sur le net puis on s'est endormis, serrés l'un contre l'autre. Le Dimanche on a fait notre brunch quotidien sans l'aide d'Em bien sûr. Je préférais qu'elle ne soit pas là pour ne pas foutre la bonne atmosphère en l'air.

Le lundi, j'ai accompagné Sarah dans une clinique où elle a passé tous les tests supplémentaires nécessaires. Ça nous a pris toute la journée, j'avais déjà prévenu de mon absence au boulot aujourd'hui. Après 2 heures et demi d'attente, un médecin nous a reçu et nous a directement mis à l'aise. C'était une femme d'un certain âge, je dirais la cinquantaine. Son visage était bien entretenu et ses yeux étaient complimentés par des rides qui lui donnaient un air très joyeux. Mis à part ce dernier critère, cette femme aurait pu être ma mère. Ce que je veux dire c'est qu'elle lui ressemblait beaucoup. Elle avait la même carnation de peau que ma mère et ce visage bien que vieilli par rapport à celui dont je me souvenais, était en beaucoup de points commun à celui de Maman.

J'ai lâché mon trouble pour prendre la main de Sarah qui était super nerveuse depuis ce matin...

Dr : Mr et Mme Roux, je me présente Dr Thicot, oncologue ici à la Clinique Hartmann.

Nous : Enchantés Dr.

Dr : Je vous en prie, appelez-moi Murielle. Vous allez bien Sarah ?

Sarah : Oui, un peu nerveuse mais ça va.

Dr : Bien. Et vous Mr Roux ?

Moi : Pareil pour moi. Mais vous pouvez m'appeler Christopher.

Dr (souriant) : C'est entendu. Ça me fait plaisir de vous rencontrer bien que l'occasion qui vous emmène ici n'est pas très joyeuse. Mais c'est justement ce que je ne veux pas que mes patients pensent. Le meilleur chemin vers la guérison est celui d'avoir au départ un bon état d'esprit. Je ne dis pas que ça sera facile physiquement, malheureusement non mais si on est bien fort mentalement, tout se passera parfaitement bien.

On a simplement hoché la tête, cette femme savait parler et son speech semblait agir sur Sarah qui était de suite détendue.

Dr : On va alors commencer. Les résultats des tests que vous avez passé montrent que vous êtes à un stade 2, ce qui est un peu embêtant mais rien de dramatique, ne vous inquiétez pas. Je pense qu'il serait judicieux que vous suiviez d'abord une chimiothérapie avant la chirurgie.

Moi : La chirurgie ?

Dr : Oui la mastectomie permettrait une guérison totale avec bien moins de risques de rechute.

Moi : Ah ok.

Dr : Mais ne vous inquiétez pas, il est possible de faire une chirurgie réparatrice après. Notre clinique propose ce service qui permet à nos patientes de retrouver leur confiance en soi après la maladie.

Sarah : Donc, j'aurai un vrai sein et un autre faux ?

Dr : En quelque sorte, après c'est à vous de choisir, vous pouvez décider de les refaire tous les deux.

Sarah : D'accord. Quand est-ce que je commence le traitement ?

Dr : Votre stade est un peu plus avancé alors le plus vite serait le mieux.

Sarah : Je serai donc hospitalisée ?

Dr : Oui.

Moi : Il n'y a pas moyen qu'elle soit suivie à la maison ?

Dr : C'est possible mais ce dispositif est très coûteux et n'enregistre pas les meilleurs scores en termes de résultats. Je vous déconseille vivement de faire cela.

J'étais triste que ce ne soit pas possible parce que je savais que Sarah ne voulait pas être séparée des enfants...mais bon on avait pas le choix. Finalement avec Dr Thicot ou plutôt Murielle, on a convenu pour un rdv le Lundi qui suivait pour l'hospitalisation de Sarah. J'ai préféré qu'elle aille passer la semaine chez son père, déjà pour le lui annoncer, mais surtout pour lui éviter le stress qu'Em lui cause en l'agressant. Je voulais l'avoir à mes côtés aussi mais je pense qu'elle avait besoin de s'évader, de prendre l'air afin d'être d'attaque dans un état d'esprit positif comme l'a précisé Dr Thicot.

Em je ne pouvais plus la voir en peinture je vous jure. Je ne pensais pas que ma fille m'énerverait autant. Et pourtant ce n'est pas constant, c'est juste que quand je la vois, je me rends compte que c'est à cause d'elle et de sa satanée crise là que ma femme doit s'exiler de la maison. Enfin, je la trouvais bien trop calme et j'avais vu juste ! Elle a osé me demander pourquoi Sarah n'était pas à la maison, je me suis contrôlé mais ça m'a saoulé quand elle a insisté. Je reconnais n'avoir pas été tendre mais comprenez-moi...Le lendemain j'ai pris tous les enfants, enfin sauf Em qui s'était enfermée dans sa chambre, elle n'est même pas descendue prendre son petit-déj...Bref, on est allés retrouver Sarah chez son père où nous allions passer la journée.

Mr Mensah m'avait parlé en aparté, il m'a demandé de soutenir Sarah à fond. Je ne l'avais jamais vu aussi vulnérable, limite il versait une larme. Le Parrain vous avez oublié ?? C'est vrai que les années qui s'ajoutent jouent sur son comportement mais il n'a rien perdu de sa prestance. Puis est arrivé le temps où il fallait rentrer. L'ambiance dans la voiture était vraiment comme je l'aime, j'arrêtais pas de prendre la main de Sarah qui se plaignait de mon manque d'attention sur la route. Elle comprenait pas qu'elle m'avait énormément manqué toute cette semaine ou elle faisait exprès ? Hm !

On arrive à la maison où on retrouve Emerick dans le salon...

Moi : Fils, c'était bien l'entraînement ?

Emerick : Oui bien. On a un match le Jeudi, tu viendras ?

Moi : Je verrai, tu me donneras l'heure et on s'organisera. J'ai envie de voir les prouesses de mon fils.

Il a juste souri avant de retourner à son jeu. Naturellement Kelly est partie le rejoindre tandis que Théo...bah Théo était encore dans les jupes de sa mère ! Il abuse lui, il lui faut un 2ème sevrage on dirait !

Je suis monté voir si la petite sorcière était dans son château hanté. J'ai cogné mais elle n'a pas répondu, j'ai ouvert et elle n'y était pas. Hm ! J'ai appelé sur son téléphone et elle n'a pas répondu non plus...J'ai remis un air joyeux sur mon visage avant de retrouver ma femme et le reste de mes enfants en bas. Je me suis mis aux fourneaux avec Kelly pendant que Sarah avait son moment mère-fils avec les garçons. L'horloge murale de la cuisine tournait encore et encore et cette petite qui est apparemment ma fille n'était toujours pas rentrée ! Au fond je paniquais quand même, vu que j'ai ENCORE essayé de la joindre sans succès. Quand tout mijotait sur le feu, mon commis (aka Kelly) et moi avons rejoint les autres dans le salon et on a calmement discuté. J'ai un peu charrié Théo qui ne lâchait pas sa mère et il m'a bien boudé, pfff quel jaloux !

Puis il fallait leur faire prendre leur bain aux plus petits avant de mettre la table. Sarah s'occupait d'eux et moi je dressais la table avec Emerick, c'est fou comme il grandissait lui, le pire c'est qu'il était comme moi ! Bref, quand j'étais dans la cuisine tout seul, Sarah est arrivée en me demandant si j'avais des nouvelles d'Em, je lui ai répondu par la négative...

Sarah : C'est tout de même inquiétant chéri, c'est pas normal. Tu as essayé Stella ?

Moi : Non.

Sarah : Bah qu'est-ce que tu attends ? Vas-y !

Moi : C'est bon calme-toi, je suis sûr qu'elle veut juste faire son intéressante.

Sarah : Eli !

Moi : Ok, je l'appelle quand je finis.

Sarah : Tchipp laisse tomber je vais le faire moi-même.

Elle est sortie en piaffant. Pourquoi elle se fâche contre moi au juste ?! Je suis retourné à mes patates douces et même pas 5 minutes plus tard elle est revenue paniquée...

Sarah : Elle n'est pas avec elle !

Moi : Comment ça ?

Sarah : Elle a dit qu'elles se sont brièvement vues aujourd'hui et après elles se sont séparées. C'était il y a 2 heures.

Moi : Ok.

Sarah : Ok ?? C'est tout ce que tu trouves à dire ? Notre fille est je ne sais où et tu trouves rien d'autre à dire que « OK » ?

Moi : Ecoute, elle a dû faire un crochet quelque part, pas de quoi se faire un sang d'encre. On va manger et tu verras qu'elle arrivera dans pas longtemps, il y a peut-être un problème de train un truc comme ça.

Sarah (pas convaincue): Tu penses ? Et si elle ne voulait pas rentrer parce que...je suis à la maison ?

Moi : Ne raconte pas n'importe quoi, c'est une grande fille elle ne ferait pas ça.

Sarah : Je peux repartir chez Papa le temps d'al..

Moi : NON ! Il n'en est pas question ! Il faut que t'arrêtes de baisser les yeux devant elle, c'est tout ça qui l'encourage à te blesser davantage ! Montre-lui que tu es la Maman et non la copine dont elle peut se passer quand elle veut !

Elle n'a rien dit, elle est juste sortie de la cuisine les yeux humides. Ça me faisait mal de la voir comme ça, mais il fallait la remettre sur pieds, elle se laissait trop marcher dessus par sa fille. Du coup bah Em ne la respecte plus, et ça je ne pourrai pas faire changer Em si Sarah elle-même ne s'affirmait pas plus...On est passés à table et c'était assez silencieux, Sarah s'occupait exclusivement des enfants. Bon c'était prévisible, je lui avais crié dessus plus tôt. On a fini, on a débarrassé, on a fait la vaisselle, on a rangé mais dans tout ça, Em n'était pas rentrée. J'ai encore essayé son téléphone mais rien, j'ai rappelé Stella pour qu'elle m'explique bien les choses et surtout pour qu'elle me dise tout. Elle stressait et elle me mentait, j'en étais sûr !

On était tous les deux dans le salon, et elle appelait son père, sa mère, ses frères et sœurs pour savoir s'ils avaient vu Em. Comme ce n'était le cas pour personne, elle commençait à trop paniquer et moi aussi, sauf que moi j'arrivais à le camoufler, elle non. Du coup, elle me stressait encore plus en exagérant et tout.

Sarah : Il faut qu'on aille signaler sa disparition à la police, ce n'est pas normal.

Moi : Moi je pense qu'elle le fait pour qu'on se fasse un sang d'encre. Elle a bien fait la même chose quand elle a su pour Karen, non ?

Sarah : Oui mais elle était sous le choc, alors que là elle n'a rien eu à moins que...il s'est passé quelque chose avec elle quand je n'étais pas là ?

Moi : Non...euh enfin je lui ai juste dit un truc...

Sarah : Quel truc ?

Moi : C'est rien, je ne pense pas que ce soit ça qui...

Sarah (en soupirant) : Laisse tomber, je vais à la police avec ou sans toi.

Attendez, ne me dîtes pas que c'est à cause de ça qu'elle ne rentre pas ?! Ah non, j'ai même été gentil hein, pffff faut que je pense déjà à la punition à lui donner à son retour. Bah oui, je SAIS que rien ne lui est arrivé, c'est quand même ma fille je le sens !

Moi : Mais attends moi !

Elle était déjà prête en plus, j'ai pris la première veste que j'ai pu attraper sur le porte-manteau et je l'ai suivie. Elle semblait plus déterminée que jamais au volant de sa voiture. En fait, ça me faisait bizarre de la voir conduire. En général, si nous étions dans la même voiture, c'était toujours moi qui conduisait...Une fois au poste de police, alors que ma femme s'entretenait avec l'agent qui nous a accueilli, j'ai entendu un truc et ça m'a interpellé. En fait c'était le regard de Sarah qui me dérangeait plus...

L'agent : Bien, nous allons lancer les recherches de suite.

Sarah : Merci, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

L'agent : Sans vouloir vous vexer Madame, il se pourrait qu'elle soit allée voir son petit-ami. Ça arrive souvent ici.

« Petit-ami »... «petit-ami »... »petit-ami »...C'est impossible, ma fille ne peut pas avoir un petit-ami, c'est pas possible, vraiment pas. Mais la tête de Sarah me disait tout autre chose. Ils nous ont promis de nous appeler s'ils ont du nouveau. Au retour, j'ai pris le volant et Sarah était dans les nuages...

Moi : Chérie ?

J'ai dû me répéter parce qu'elle ne m'entendait pas du tout...

Elle : Euh oui ?

Moi : Tu savais qu'elle avait un petit-ami ?

Elle : Quoi ?

Moi : Em ! Je te parle d'Em là !

Elle : Non mais je l'ai vu une fois.

Moi : Comment ça ?

Elle : Il l'avait déposée à la maison et je rentrais en même temps.

Moi : Et tu ne m'as rien dit ?!

Elle : Pour que tu tues mon enfant ?

Moi : N'empêche, t'aurais dû me le dire. En plus...

Elle : On ne va pas discuter de ça.

Moi : Ok, bon qu'est-ce que tu sais sur lui ?

Elle : Comment... ? (soupir) Je sais juste qu'il a 21 ans et qu..

Moi : QUOI ?? Tu te rends compte de ce..

Elle : Arrête de psychoter, ok ? Arrête ! Ils ne sont plus ensemble, elle lui a dit de ne plus l'appeler, elle l'a dit devant moi !

Moi : Et c'est tout ?! Putain pourquoi tu n'as rien dit à la police ? Qu'est-ce qui ne nous dit pas qu'il lui a fait quelque chose ?

Elle : Je ne pense pas.

Moi : Bordel tu réfléchis des fois ?

Elle : C'est à moi que tu t'en prends maintenant ? Vas-y dis-le, que c'est de ma faute !

Elle me regardait avec cet air désabusé et super triste. Je sais que je n'aurais pas dû lui parler comme ça mais la vie de notre fille est en jeu peut-être du coup cacher un truc pareil c'est juste...irresponsable. J'ai roulé fébrilement jusqu'à la maison et je n'avais même pas garé qu'elle était déjà sortie de la voiture furieusement. J'ai bien garé avant de me fondre dans mon siège, j'y suis resté assez longtemps, j'avais besoin de me calmer et surtout de savoir que faire. D'abord il faudrait qu'Em rentre, ce serait déjà ça. Je suis sorti de la voiture et je suis rentré dans la maison où tout était sombre, en même temps il était déjà minuit. Je suis allé voir si les enfants dormaient bien avant de redescendre dans le salon. J'ai encore appelé Em mais elle n'a pas décroché. Je me suis allongé sur le canapé et j'ai commencé à avoir des regrets...Avais-je intentionnellement laissé tomber ma fille ? Je pense que oui, car j'ai sous-estimé ce par quoi elle passait, j'étais trop aveuglé par la colère que je ressentais quand elle faisait du mal à Sarah. J'aurais probablement dû agir autrement, on en serait pas là.

J'ai dû m'endormir...en ouvrant les yeux je vois l'heure, je regarde ensuite mon téléphone : aucun appel. Pffff 1h45 du matin et ma fille est je ne sais où dehors. Je suis allé aux toilettes avant de monter voir Sarah. Je l'ai retrouvée assise dans la baignoire recroquevillée sur elle-même. J'ai tout de suite paniqué et je me suis baissé à son niveau...

Moi : Bébé qu'est-ce que t'as ?

Sarah : J'ai peur.

Moi : Viens.

Elle a levé les yeux vers moi et je l'ai aidé à sortir de la baignoire et je l'ai faite asseoir sur le lit.

Moi : Ne me dis pas que t'étais là-dedans tout ce temps ?

Sarah :...

Moi : Il ne va rien lui arriver, ok ? On va prier pour ça.

On s'est tous les deux mis à genoux et j'ai fait la prière, j'ai demandé au Seigneur de guider les petits pas de ma fille vers la maison. On a dit « Amen » et elle s'est assise à nouveau sur le lit.

Moi : Je n'aurais pas dû crier sur toi tout à l'heure, je suis désolé.

Sarah : C'est pas grave.

Moi : Tu te sens mieux ?

Sarah : Oui, cette prière m'a apaisée.

Moi : Sache que quoi qu'il arrive, ce n'est pas de ta faute.

Sarah : C'est pas si facile que ça...Elle n'est pas chez Stella, ni chez Yoyo. Chez personne qu'on connaît ! Paris c'est dangereux, sniffff s'il lui arrive quelque chose je ne me le pardonnerai jamais.

Moi: C'est pas de ta faute, elle fait juste sa fille gâtée. Ne te mets pas dans cet état-là ce n'est pas bien pour toi. Il faut que tu te reposes.

Sarah : Je ne peux pas...sachant qu'elle est peut-être dehors toute seule.

Moi : Ou pas...Bébé on a prié et je sais que ça va s'arranger, elle va finir par rentrer. Ce sera alors temps de lui dire la vérité.

Sarah : Non Eli, non ! Je ne veux pas qu'elle me revienne par pitié. Pas comme ça !

Moi: Elle va finir par le savoir de toute façon et je pense qu'il est mieux de ne plus rien lui cacher. C'est une grande fille maintenant.

Sarah: Je sais mais...pas maintenant.

Moi : Bébé...

Sarah : Em ?

Je me suis retourné et Em se tenait là à la porte, relativement en forme.

Em : Oui je suis rentrée...Maman qu'est-ce que je dois savoir ?

Sarah : Je...je

Moi (à Em): Tu ne sais plus cogner aux portes ?

Em: Maman ?

Moi : Je te parle Emily !

Sarah: Chéri laisse-nous seules stp.

Moi: Sarah..

Sarah: S'il te plaît Eli.

J'étais rouge de colère. Elle osait encore défier mon autorité et comme à chaque fois, bah Sarah la laissait faire. Je les ai laissé et j'ai appelé la police pour leur dire qu'Em était rentrée et j'ai fait un message groupé à tous les membres de la famille qui s'inquiétaient sûrement autant que nous. Après ça, je faisais les 100 pas dans le salon. C'est quand j'ai entendu un bruit de porte qui se refermait, je suis monté dans la mienne et Sarah était endormie. J'ai eu la tentation d'aller remonter les bretelles à Em mais il était tard quand même. Je me suis assuré que tout était bien fermé et j'ai pris toutes les clés pour pas qu'elle nous fasse une autre fugue.

J'ai rejoint Sarah dans le notre lit et j'ai dormi. Au fond, j'étais soulagé de voir qu'Em n'avait rien hein mais je ne voulais pas le montrer comme ça. Bref, mon réveil a sonné et en ouvrant les yeux pour l'éteindre, quelque chose de magnifique hypnotisait mon regard. C'était Sarah qui était en sous-vêtements et qui faisait ses cheveux devant sa coiffeuse. Elle me faisait dos du coup elle ne me voyait pas. Moi je ne la lâchais pas des yeux, je la regardais passer ses doigts section par section dans ses cheveux pour appliquer un produit. J'avais l'impression que ses gestes elle les faisait au ralenti. J'étais tellement absorbé par ce spectacle que je l'ai observée pendant bien plus de 20 minutes. Et quand elle s'est passée de la crème sur le corps c'était en « slow motion », popopopo des fois moi-même je wanda sur la femme que j'ai, excusez ma gabonitude. J'étais tendu, très tendu dans mon bas de pyjama. Et puis bah elle m'a grillé...comme d'habitude en fait...

Sarah : Je t'ai réveillé chéri ?

Et comme un con, j'ai direct fermé les yeux. J'entendais par ses pas qu'elle s'approchait et son parfum il enivrait toute la chambre. Puis j'ai dû ouvrir les yeux parce qu'elle s'était mise à califourchon sur moi.

Sarah (d'une voix taquine) : T'es encore fâché pour hier ?

Moi :...

Sarah : Je te demande pardon mon amour. Fais-moi un sourire je t'en prie.

C'est ça, quand elle bafouait mon autorité devant Em, elle ne parlait pas comme ça.

Sarah : Hm ? Hein Eli chéri d'amour de mon cœur.

Eh beh elle va me sortir tous les petits noms là, une vraie manipulatrice...oooh merde je ne pourrai pas résister là !! Elle n'arrête pas de se frotter à mon entrejambe et zut !

Sarah : Humm je crois savoir comment me faire pardonner...

Moi : Non !

Sarah : Quoi non ? Tu es plus que prêt mon chéri et (en chuchotant dans mon oreille) j'ai envie de toi.

Moi : Damn Sarah !

Sarah : Ouuuuuh !!

Elle venait de crier parce que je l'ai faite basculer sur le lit et cette fois j'étais au-dessus. Laissez-moi vous dire que je l'ai copieusement corrigée. Non plus sérieusement au moment où je m'apprêtais à lécher ses tétons, elle m'a stoppée dans mon élan et m'a dit de bien les torturer parce que je ne les reverrais pas de si tôt. C'était bizarre parce que j'ai repensé à l'opération qu'elle allait subir...Enfin, la machine était lancée et on s'est aimés comme jamais ce matin-là...On a terminé dans la salle de bain puis j'ai dormi comme un bébé. A mon réveil, elle n'était pas là, je suis descendu la chercher et elle était aux fourneaux. Je l'ai un peu effrayée en l'enlaçant par surprise...

Moi : Tu sens bon !

Elle : Et toi pas du tout !

Moi : Rhooo !

Elle : Va te laver stp !

Moi : Même pas un bisou ?

Elle : Surtout PAS ! Ta bouche pue un peu.

Moi : Eh beh merci ! Et pourtant hier tu ne lâchais pas mes lèvres, ingrate va !

Elle : Tout de suite les grands mots ! Va seulement, quand tu vas revenir je vais te faire plus qu'un bisou.

Moi (en m'allant) : Pfff j'en veux plus de toute façon de tes bisous « cheap » (moins chers) là !

Elle : C'est ça, file !

Ahahahaha, I'm totally into her (je suis trop dans elle) ! J'ai pris ma douche le sourire aux lèvres. Ensuite je suis allé réveiller les enfants...tous sauf Em. Oui quoi ? Si elle est assez grande pour rester très tard le soir dehors, elle l'est aussi assez pour se lever toute seule. Je ne suis pas sa mère hein, tchiiip ! Bon après que les autres bambins aient fini leur toilette, j'ai commissionné ma petite Kelly pour appeler sa sœur. Quand cette dernière est redescendue et qu'elle a noyé ma femme de bisous, j'étais mieux, je l'avoue. Enfin, vous me connaissez, c'est pas pour autant que je vais lui sourire hein ! On a passé un très bon moment entre les caprices de Théo et les petites remontrances de Kelly. Après ça, j'ai fait appeler Em dans mon bureau et ce qui s'y est passé m'a beaucoup surpris ! Venant d'Em c'était inespéré, tellement que je n'ai pas pu répondre. De son « Je t'aime Papa » à son câlin, je suis resté sans voix. Vous vous rendez compte que je venais de la punir pour 3 semaines et qu'elle m'a quand même sorti ça ?! Wooow, je lui ai envoyé un petit texto où je lui disais que je l'aimais. Bah bien sûr que je l'aime ma fille, un peu casse-pied mais tellement attachante quand elle veut...Naturellement Sarah était avec ses filles et moi avec les garçons.

Ce à quoi je ne pouvais pas arrêter de penser était l'hospitalisation de Sarah, oui plus que 2 jours et elle allait être à l'hôpital. Je cherchais aussi la manière de le dire aux trois autres petits. Je m'inquiétais plus pour Théo, vous savez déjà comment il est...Finalement, nous avons réussi tant bien que mal à le leur annoncer de la manière la plus douce possible. J'ai donné un peu plus de détails à Emerick qui à son habitude avait tout pris avec calme. Kelly elle posait beaucoup de questions, quant à Théo bah il s'est blotti à sa mère et ne l'a plus lâchée au point de dormir avec nous. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait jusqu'à son départ...Tout s'est passé tellement vite que moi-même j'ai été rattrapé par les événements.

Elle était censée suivre une chimio pendant deux semaines avant de subir une opération. J'arrive même pas à donner le nom exact de cette opération, ça me semble tellement barbare. Bref, avec les enfants ça allait au début, quand je dis « début » c'est genre le 1er jour quoi. Et c'était qui la source ??! Son excellence Théo ! Par contre j'ai eu l'agréable surprise d'avoir l'aide d'Em. Elle a su trouver les mots que je n'avais pas. Je pense que ce qu'on traverse actuellement va vraiment la faire mûrir. J'ai pas pu me concentrer au boulot aujourd'hui, j'ai même quitté mon poste plus tôt pour aller la voir à l'hôpital. Et j'ai malgré tout pas pu la voir plus de 5 minutes, ordres du médecin. J'étais vraiment DOWN !!

Le lendemain les visites étaient permises alors j'ai filé direct la voir après le boulot. C'était trop bien même si je la sentais déjà un peu affaiblie. Mais bon je savais que ça allait être comme ça alors...

Moi : Tu as bonne mine chérie.

Elle : C'est ça, continue de me blaguer.

Moi : Mais c'est vrai !!

Elle : Hm je te crois alors. Sinon les enfants ?

Moi : Y en a que pour eux hein ?!

Elle : Me gaspille pas la salive please, j'ai la gorge assez sèche comme ça hein.

Moi : Euh pardon. Ils vont tous bien ne t'inquiète pas.

Elle : Et toi ?

Moi : Moi ? Oh ça va, je gère.

Elle : Je suis...je suis tellement désolée de vous faire vivre ça.

Moi : Non non non non, pas de ça Sarah. Rien est de ta faute et on va ressortir de ça encore plus soudés qu'avant, c'est que du positif.

Elle :...

Moi : Et SURTOUT ton fils va lâcher tes jupons pour de bon !

Ça l'a fait sourire. J'espère qu'elle sera plus forte, moi aussi d'ailleurs. Avec les enfants c'était toujours pareil et comme la veille, Em se débrouillait super bien. Par contre, le lendemain je suis allée voir Sarah, elle m'a demandé de ne plus passer la voir en semaine. Comme quoi ça affecterait les enfants de pas nous voir tous les deux le soir. Je voulais pas mais je savais qu'elle avait raison alors même si ça me faisait mal, j'ai attendu le week-end, comme les enfants quoi. Sinon entre temps, ma belle-mère s'est installée à la maison, ça m'arrange beaucoup avec les enfants à gérer et tout. Et puis le week-end est arrivé, avec les enfants on est allés la voir sauf que...elle était vraiment déjà amaigrie. Théo a évidemment collé sa mère pendant que Kelly la harcelait de questions. C'était tellement beau de la voir sourire...On était bien malgré tout, les enfants étaient tristes de partir mais c'était déjà mieux que rien....

La nuit même à la maison, j'ai couché Théo et quand c'était le tour de Kelly, elle a dit qu'elle n'avait sommeil. Dans d'autres circonstances, je l'aurais couchée de force mais je la savais troublée alors je l'ai emmenée avec moi dans le salon. Nous avons regardé Gulli (chaîne tv) jusqu'à ce que j'ai senti son petit ronflement. Sarah fait le même des fois, il nous faut être forts pour surmonter cette étape. Mais mon cœur de père et de mari est tourmenté par la peur et le doute...

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