Bibliothèque
Français
Chapitres
Paramètres

Chapitre 4

Un autre jour s'est écoulé. Il ne restait plus que douze nuits avant l'Éclipse Cramoisie.

Elara est retournée dans sa petite tour. Dès qu'elle est entrée, son premier ordre a été :

« Maeve, allume le foyer. »

Alors que le feu a pris, la lumière orange a dansé sur le mur, illuminant les objets auxquels elle s'était autrefois accrochée comme des preuves.

La robe ivoire — destinée à sa cérémonie du Serment de Sang avec Lucien.

Le portrait au mur — la représentant au bord d'une forêt enveloppée de brume, comme si elle croyait encore que quelqu'un viendrait la ramener chez elle.

Sur la coiffeuse, quelques petits objets :

Une bague gravée de l'écusson des Ashbourne ;

Un bracelet aux maillons d'argent noirci ;

Un médaillon en verre cramoisi foncé, scellé avec une goutte du sang de Lucien.

Des cadeaux de Lucien.

Chacun, durement gagné.

La bague, patiemment façonnée de ses propres mains après sa majorité, ses doigts saignant de l'effort.

Le bracelet, échangé contre trois sacs de scrip sanguin dans un marché de Chasseurs parce qu'il avait entendu dire qu'il offrait une protection.

Le médaillon, une récompense du Conseil pour sa bravoure au combat, qu'il avait failli perdre lors d'une escarmouche à la frontière.

La ville chuchotait — Lucien Ashbourne était follement amoureux d'Elara Voss.

Autrefois, Elara l'avait cru.

Mais l'homme capable d'une telle folie avait disparu.

« Le feu est prêt, ma dame. » Maeve a placé un brasero en fer noir devant elle, les yeux déjà rougis. « Ma dame… vous chérissez ce tableau. Vous le regardez chaque nuit. Pourquoi le brûler ? »

Elara n'a pas répondu.

Elle s'est approchée du mur, a décroché le portrait, et sans hésiter, l'a jeté dans les flammes.

Alors que le papier se recroquevillait et noircissait dans l'étreinte du feu, elle s'est retrouvée transportée cinq ans en arrière — lors de son Rite de Première Nourriture.

Lucien lui avait offert ce tableau, son regard la tenant comme sa seule lumière.

« Elara, » avait-il dit alors, « tu es en âge. Veux-tu être ma future Consorte ? »

C'était la dernière fois qu'il avait sérieusement parlé de prêter serment avec elle.

Le feu a consumé le sourire peint.

La voix d'Elara était douce.

« Les fiançailles sont annulées. »

« Garder ces objets ne fait de moi qu'un objet de risée. »

Maeve a fait un mouvement pour le récupérer, mais Elara l'a arrêtée.

« Brûle ce qui peut l'être. »

« Vends ce qui ne peut pas l'être. »

Elle a regardé Maeve, son ton gagnant une parcelle de chaleur.

« Je vais quitter ce monde. »

« Mais toi, tu dois vivre. »

Les larmes de Maeve coulaient librement tandis qu'elle hochait la tête avec ferveur.

Le lendemain matin, Elara s'est rendue comme d'habitude à la maison principale pour rendre hommage à ses parents.

Les marques des fouets en argent sur son dos étaient encore à vif, une douleur persistante, comme des clous, ancrée dans sa poitrine.

Chaque pas était une agonie.

Dans le couloir, elle a croisé Lucien.

Il se tenait à l'autre extrémité du corridor, grand et droit, son attitude froide.

Le visage qui promettait autrefois la sécurité ne rayonnait plus que du détachement.

En voyant sa pâleur, le front de Lucien s'est plissé. Il a fait un pas en avant, tendant la main vers sa main froide.

« Elara, tu es pâle. Qu'as-tu ? »

« Rien, » Elara a retiré sa main. « Une nuit agitée. »

Il n'a pas insisté, comme si sa détresse n'était qu'une « humeur ».

Il a exposé son but.

« Aujourd'hui, c'est l'anniversaire du décès de ma mère. »

« Je suis venu te chercher pour te rendre à la crypte de la famille Ashbourne. »

Un jour fixe chaque mois, Elara l'accompagnait pour rendre hommage.

Sa mère l'avait détestée de son vivant, allant jusqu'à déclarer : « Si Elara Voss franchit jamais le seuil des Ashbourne, je ne connaîtrai aucune paix dans la mort. »

Lucien avait défié le vœu mourant de sa mère pour être avec elle.

Alors Elara y était allée, mois après mois, cherchant une acceptation qui ne viendrait jamais.

Maintenant, tout avait changé.

Elara a croisé son regard, sa voix effrayamment calme.

« Je ne t'accompagnerai plus. »

« Ta future Consorte est Celeste Voss. »

Le froncement de sourcils de Lucien s'est accentué, ses mots semblant provoquer une irritation sincère.

« Elara, dois-tu être si mesquine ? Dois-tu rivaliser avec Celeste pour tout, même cela ? »

« L'approbation posthume de ma mère est-elle si vitale pour toi ? »

Mesquine.

Elara a failli éclater de rire.

Elle a ouvert la bouche pour répliquer, mais un goût cuivré a soudainement envahi sa gorge.

Instinctivement, elle a pressé un mouchoir contre ses lèvres.

Quand elle l'a retiré, le blanc du lin était taché d'une éclaboussure cramoisie vive.

Du sang.

---

Téléchargez l'application maintenant pour recevoir la récompense
Scannez le code QR pour télécharger l'application Hinovel.