La reprise des cours
•• PRÉCÉDEMMENT ••
“Sûrement, cette femme est en train de Iire mes pensées. En tout cas, moi j’ai la foi qu’elle finira par être ma femme.”
Deux semaines plus tard.
•• MICHELINE ••
Tout est fini, et je ne verrai plus mon adorable mari. Il est gravé dans ma mémoire et je ne pourrai jamais l’oublier. Dorénavant, je vais m’occuper de mes enfants, toute seule. Bientôt, ils doivent répondre les cours, pourtant je n’ai plus assez d’argent pour payer leurs frais de scolarité. Ce qui est un peu marrant, leur directeur m’avait bel et bien dit qu’il ne va plus les permettre d’entrer en classe sans avoir payé les frais de scolarité.
Tout est vraiment compliqué pour moi, mais je n’ai pas le choix. Malgré tout, je ne cesse non plus de rendre grâce à Dieu.
Je suis en train de laver les habits de mes enfants et du coup, Rodrigue est venu me voir.
_ Maman, est-ce qu’on pourra y aller ce lundi ?
Une très belle question, mais je ne sais pas vraiment comment lui répondre. Normalement, c’est tonton Vianney qui devrait prendre en charge les besoins de Rodrigue et König, mais hélas ! Après les obsèques, il a pris tous les biens de son frère sans penser à ces innocents orphelins. Son plus grand souhait est de me marier, pourtant je ne suis pas vraiment intéressée. Je préfère aller me battre ailleurs que de rester toujours dans cette famille. La seule personne qui peut me faire vivre heureuse dans cette famille, c’est mon mari. À part lui, je ne peux plus céder mon cœur à aucun autre homme.
_ Maman, pourquoi tu n’aimes pas répondre à certaines de mes questions ?, me demande Rodrigue en serrant la mine.
_ Non, mon fils, ce n’est pas ça !
_ C’est quoi alors ?
_ Juste que je ne sais pas quoi te dire parfois !
J’essaie de le convaincre, mais il ne veut pas me comprendre.
_ Rodrigue, je ferai de mon mieux pour que vous puissiez vous rendre à l’école ce lundi. C’est promis !
_ Maman, j’aimerais te dire quelque chose.
_ Vas-y, je t’écoute !
_ Je t’aime beaucoup maman. König aussi t’aime fort.
J’ai failli couler des larmes ce jour, mais je suis restée forte. König est venu nous rejoindre et on continue la discussion ensemble. À peine dix minutes, on a entendu le bruit de la voiture de tonton Vianney. Je crois fortement que sa présence va beaucoup m’aider.
_ Maman, pourquoi tonton Vianney porte les habits de papa ?
_ Non König, ce ne sont pas les habits de ton père. C’est pour lui-même.
_ Non maman, c’est faux !
Après Rodrigue, c’est le tour de König de me poser des questions. Vraiment, ces deux enfants me font trop réfléchir.
_ König, tu n’as jamais porté les habits de ton frère ?
_ Maman, on dirait que tu ne le vois pas bien hein. Regarde la culotte qu’il a porté !, me dit Rodrigue.
On a éclaté de rire, car König a porté la culotte de son frère. Cela va me permettre de bien lui expliquer les choses.
_ Voilà, tu as porté la culotte de ton frère, c’est pareil pour tonton Vianney et ton père, dis-je à König.
_ Ok, je te comprends. Mais, pourquoi tonton Vianney et papa ne s’amusaient pas ensemble, comme Rodrigue et moi avons l’habitude de le faire ?
_ Allons saluer tonton Vianney, je vais te répondre après !
Si je n’ai pas dit ça, cette discussion n’allait pas se terminer ce matin.
•• VIANNEY ••
Je me suis assis sur la chaise préférée de mon frère et dans un instant, sa femme et ses enfants sont venus me voir. Après les salutations, König et Rodrigue sont allés dans la chambre.
_ Madame, je dis hein, pourquoi König ne m’aime plus ?
_ Comment moi je peux le savoir ?
_ Ce n’est pas ton enfant ?
_ N’oublie pas qu’il est également ton enfant !
_ Hum !
D’ailleurs, je ne sais pas la raison pour laquelle je lui pose ces inutiles questions hein. Au lieu d’aller droit au but, je suis là en traînant autour du sujet.
_ Madame, qu’en penses-tu de notre relation ?
_ Je suis désolée.
Juste en entendant le mot, désolée, mon cœur m’a tellement fait du mal. Honnêtement, je ne fais que rêver de sa beauté du jour au lendemain. On dirait que je suis trop fan d’elle.
_ Sincèrement, je veux t’épouser.
_ Ton frère est loin de nous tous, mais il est toujours près de mon cœur. Sa place restera à jamais dans mon cœur. Encore une fois, je suis désolée.
_ Tu me fais rire hein. En tout cas, on verra bien. Dis-moi ce que tu penses des études de tes enfants !
_ S’il plaît à Dieu, ils vont se rendre à l’école ce lundi.
_ As-tu de l’argent pour payer les frais de scolarité ?
_ Pas encore ! J’aimerais aussi qu’on parle de ça.
Waouh, c’est vraiment une chance pour moi ! Avec ce sujet, je peux trouver ce que je désire chez elle. Ah, ce n’est rien d’autre que sa chatte ! Je veux bel et bien la goûter comme mon frère.
_ Je vais accepter de payer leurs frais de scolarité à une seule condition.
_ Hum ! Il s’agit de quoi ?
Du coup, je me suis mis à genoux afin d’être un peu romantique ce matin. Je fais tout cela, mais mon esprit ne me laisse pas tranquille à cause de ma femme. Si et seulement si elle est au courant de mon acte, hum ! Je serai cuit en même temps.
_ Veux-tu m’épouser ?
_ Idiot, laisse-moi tranquille ! Je vais me débrouiller toute seule pour payer les frais de scolarité de mes enfants.
_ C’est ce qu’on verra !
L’esprit d’exagération dérange cette femme, mais elle ne se rend pas compte. J’ai toujours confiance en moi que je vais l’avoir, tôt ou tard.
J’ai passé quelques heures avec la famille et le soir, je compte partir. J’ai démarré ma voiture et au même moment, Micheline est venue me voir.
_ Tonton, concernant l’achat du terrain, c’est comment ?
_ Je te ferai tout ce que tu désires, si tu acceptes d’être ma seconde madame. Au revoir !
La pauvre veuve se met à rire, au lieu de pleurer. Vraiment, Micheline n’arrête pas de me surprendre.
Quelques jours plus tard.
•• RODRIGUE ••
Il est temps que mon petit frère et moi reprenions les cours. On a fait plusieurs semaines à la maison, et ce n’est pas du tout bon.
J’ai fini de me laver, et König aussi s’est rendu dans la salle de bain avec notre mère. Une bonne dizaine de minutes plus tard, j’ai constaté que tonton Vianney est de retour. La façon dont on a galéré ces deux jours, au moins il va nous sauver.
_ Maman, je compte aller lui demander de l’argent, qu’en penses-tu ?
_ Hum ! En tout cas, je n’ai rien à dire.
_ J’arrive.
Je suis allé le saluer et on se met à discuter.
_ Bonne journée à vous !
_ S’il te plaît tonton, tu ne vas rien nous donner ?
_ Comme quoi ? Dégage devant moi !
Je suis allé rejoindre König et ma mère en pleurant. Ça fait vraiment mal d’être orphelin.
_ Maman, on peut trouver un peu de farine de manioc ?
_ Attends, je vais voir !
Ma mère est allée dans la cuisine et par chance, elle est revenue avec une petite farine de manioc dans un sachet. Elle nous a donnés ça et on est parti. Sur la route, König m’a demandé :
_ Alors, dis-moi ce qu’on va manger à l’école !
_ Ne t’inquiètes pas !
Mon petit frère a besoin d’une très bonne réponse, mais c’est plus fort que moi. La mort n’est pas du tout bonne.
À suivre….
