
Résumé
Je suis König Apetovi, le benjamin de la famille. Mes parents n’ont que deux enfants, mon grand frère et moi. Nous sommes nés dans une famille où les membres adorent les morts plus que les personnes vivantes. Oui, ce n’est pas un débat, mais c’est tout ce que nous vivons dans le village. Concernant les villages ou pays voisins, j’en sais rien. Mais, mon intuition n’arrête pas de me dire qu’une grande partie du monde entier adopte la même pratique. À travers tout ce que mon frère et moi avons vécu, j’ai finalement compris que certaines personnes préfèrent gaspiller leur argent lors des funérailles que de venir en aide aux personnes qui sont dans le besoin. “LES FUNÉRAILLES”, un titre un peu effrayant, mais la lecture en vaut la peine, puisque je vais dévoiler quelques secrets cachés derrière les funérailles.
La jalousie de Angela
•MICHELINE
Comment vais-je annoncer cette mauvaise nouvelle à mes enfants ? Oh seigneur, pourquoi moi ? Je suis devenue une veuve ou quoi ? Je n’arrive pas à y croire.
Je me suis assise à côté du corps de mon mari et son petit frère est venu. Sincèrement, l’être humain est très cruel. Vianney, le petit frère de mon mari vit en ville avec sa famille. Lorsque mon mari était gravement malade, il n’est jamais venu le visiter, mais après sa mort, il est la première personne à faire son apparition. Franchement, je ne sais plus comment les qualifier dans ce petit village.
_ Madame Micheline, sois forte, ça va aller !, me dit Vianney en s’accroupissant près de moi.
_ Qu’est-ce qu’il va aller ?, lui demande-je. Je viens de perdre mon mari et tu me dis que ça va aller ?, ajoute-je.
_ Calme-toi madame ! D’ailleurs, je ne sais pas la raison pour laquelle tu pleures. Normalement, tu devrais être heureuse, car la mort de ton mari va te rendre un peu riche. Tu n’imagines pas ? Par chance, mon frère et moi sommes très gentils dans ce village, donc les gens vont sûrement nous cotiser.
_ On dirait que la mort de ton frère ne te dit rien, n’est-ce pas ?, lui demande-je d’un air très énervé. Tout ce qui t’intéresse, c’est la richesse, pourtant la mort de ton frère de sang ne te gêne même pas.
_ Il est parti, c’est parce que son heure a sonné. À quoi les larmes et lamentations me serviront ? Rien du tout, donc laisse-moi tranquille ! Tes enfants vont bientôt rentrer, d…
Je l’ai stoppé, car je ne veux même pas qu’il termine sa phrase. J’ai jeté un coup d’œil sur la montre, et il est presque midi. Rodrigue, mon fils ainé a neuf ans. Il est sage et connaît déjà la différence entre la vérité et le mensonge. Par contre, König demeure toujours le plus innocent, vu son âge. Tout ce qui m’inquiète, c’est ce que je vais dire à Rodrigue. Honnêtement, je suis très embrouillée, puisque je ne veux pas aussi le voir triste. Malgré tout, ce stupide ne fait que me regarder. À peine cinq minutes, il m’a dit :
_ On va falloir raconter des mensonges aux enfants afin qu’ils ne soient pas au courant de la mort de leur père.
_ Mais, pourquoi ? C’est leur père, et ils doivent connaître la vérité. Tu ne le trouves pas que c’est mieux ?, lui pose-je difficilement la question, toujours en coulant des larmes.
_ Ma future épouse Micheline, calme-toi !
_ Quoi ?
Sur place, il a reçu une paire de gifles. Ce voyou me prend pour qui même ? Malgré tout ce qu’il se passe, il ne cherche que ses propres intérêts. Oh mon Dieu ! Mais pourquoi cette méchanceté envers moi ?
Les veuves voisines ont été victimes de cet acte, et, sincèrement j’ai eu pitié d’elles. Surtout la manière dont on les traite dans la famille après les obsèques, hum ça fait très mal. Malheureusement pour moi, je suis en train de lire la même chose sur le visage de tonton Vianney. Oui, il va certainement me demander d’être sa seconde épouse après les funérailles de mon défunt mari. Dans tous les cas, je ne peux jamais lui permettre une telle chose.
_ Maman…! Maman…!
La voix de mes enfants me parvient depuis la chambre de leur père. Immédiatement, Vianney a couvert son frère, et nous sommes sortis de la chambre en fermant soigneusement la porte. J’ai également bien essuyé mes larmes avant de m’approcher de mes enfants.
Dès que König m’a vu, il s’est précipité pour m’embrasser. Par contre, Rodrigue s’est mis à l’écart et nous guette.
_ Maman, maman, où est papa ?, me demande König.
_ Il dort dans sa chambre, donc ne vas pas le déranger !, lui réponds-je difficilement, et en étant très courageuse.
_ C’est faux ! König, maman te trompes.
Je me demande si Rodrigue a déjà pris la nouvelle quelque part ou quoi ? Je me suis approché de lui et lui ai dit :
_ Mon prince, tu as quoi ?
_ Maman, on m’a dit que papa est mort.
_ Calme-toi, ce n’est pas vrai ! Allez saluer tonton Vianney !
Ils sont allés chez Vianney, quant à moi, je me suis rendue dans ma chambre pour pleurer encore. Je n’arrive plus à garder mes larmes. Oui, c’est plus fort que moi.
Je me suis cachée en pleurant, mais par malheur Rodrigue a fait son entrée. Dès qu’il m’a encore vu, il m’a dit :
_ Alors, pourquoi pleures-tu ? Donc, c’est vrai ?
_ Où est ton petit frère ?
_ Il est chez tonton Vianney.
_ Rodrigue, écoute-moi ! C’est vrai que ton père n’est plus là, mais il va revenir dans les jours à venir. Ok ?
_ Comment ça ?
_ Il est mort, mais il va revenir nous voir de temps en temps.
_ À quoi ça sert de tromper nous les enfants ? Il fallait plutôt être honnête avec nous non ?
Vraiment, il est très éveillé. Finalement, je n’ai pas d’autre choix que de lui dire la vérité. Une fois fini de lui parler, son petit frère aussi est venu nous rejoindre.
_ Maman, pourquoi as-tu des larmes aux yeux ?, me demande König.
_ Non König, maman n’a rien. Ok ?
_ D’accord grand frère !
_ Maintenant, vas jouer avec tes frères ! Ils t’attendent au dehors.
Cette fois-ci, je suis sous le choc. Sérieusement, ça m’étonne que Rodrigue a pu apaiser son petit frère. Je vois en lui, la force et le courage de son père. Au moins, je pourrais me mettre à l’aise si je le vois.
_ Maman, pourquoi tonton Vianney nous a dits de l’appeler papa ?
_ Oh non, c’était juste une manière de vous consoler. Ok ?
_ D’accord maman !
Vianney veut jouer avec moi, mais je ne pourrai jamais le laisser faire. Il est très idiot à ce que je vois. Si les autres veuves se laissent manipuler par les membres de leur famille, Vianney doit savoir que moi Micheline, je suis différente.
Une semaine plus tard.
•ANGÈLE
La mort du grand frère de mon mari est quelque chose qui me dérange énormément, mais je ferai quand même de mon mieux pour les empêcher. Ah oui, moi-même je le savais que mon mari, Vianney va prendre la décision d’épouser madame Micheline, comme leur impose la tradition.
Je ne suis pas sûre que je vais partager mon mari avec une sorcière. J’ai tellement confiance en moi de ce côté.
Un matin, je suis en train de m’habiller et mon époux est venu me voir. À travers son habillement, tout est clair qu’il va encore se rendre au village.
_ Où vas-tu ce matin ?
_ Je vais au village. As-tu oublié que j’ai perdu mon frère de sang ?
_ Cela ne me concerne pas, lui dis-je tristement. D’ailleurs, dis-moi, qui s’occupera de la veuve et ses enfants ?
_ Nous ne sommes que deux garçons, donc c’est mon devoir de la prendre comme une femme. Ils viendront vivre en ville.
_ Tout cela peut être possible après ma mort.
_ Madame, calme-toi ! On dirait que tu es juste jalouse de Micheline.
Ça m’étonne que Vianney ne maîtrise pas bien sa femme. Je suis très dangereuse, mais il ne se rend pas compte. Dans tous les cas, on verra bien la suite.
_ Prenez soin de vous, à demain !
_ Quoi ? Tu ne vas pas rentrer ce soir ?
_ Il ne nous reste qu’une semaine pour les funérailles, donc je serai très occupé
_ C’est toi qui as tué ton frère ? Monsieur, je veux te voir à la maison ce soir.
_ Arrête tes conneries devant moi ! Je ne suis pas ton enfant. Ok ? Tu es sur mon toit, donc j’ai le droit de te dire ce que tu dois faire. N’importe quoi !
Je suis très étonnée par la réaction de mon mari. Sans tarder, il a pris sa voiture pour partir. Je suis en colère dans ma chambre et notre fille est venue me voir.
_ Maman, est-ce que tout va bien ?
_ Oui Victorine, tout va très bien !
_ D’accord ! Je suis même prête.
_ Je suis prête aussi.
J’ai pris la clé de ma voiture, et je suis allée déposer ma fille à l’école. Je ne compte pas encore expliquer ce problème à Victorine. Elle est très petite pour connaître ces choses.
Quelques minutes après, je suis de retour et immédiatement, j’ai appelé Micheline.
_ Bonjour ma sœur !
_ Arrête-moi ça ! Est-ce que je peux être vraiment la sœur d’une sorcière ?, lui demande-je au téléphone en criant.
_ Mais, qu’est-ce que tu racontes là ?
_ Tu as tué ton propre mari afin d’être en relation avec le mien, n’est-ce pas ? Sache que toi tu as échoué ton plan ! Je ne peux jamais te permettre une telle chose.
Elle se met à pleurer au téléphone et c’est tellement un plaisir pour moi.
À suivre….
