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Chapitre 3 – Le premier duel

Chapitre 3 – Le premier duel

Le matin suivant baignait l’Académie Saint-Rémy d’une lumière dorée, presque trop belle pour être réelle. Les jardins parfaitement taillés semblaient sourire à chaque étudiant qui franchissait les grilles en fer forgé. Mais pour Ethan Moreau, cette perfection ne faisait que souligner son statut d’intrus.

Il serra les bretelles de son sac usé, conscient des regards qui se posaient sur lui. La veille, il avait déjà osé défier les « Dieux » en public. Et dans un établissement où chaque rumeur circulait à la vitesse d’une flèche, il n’avait fallu que quelques heures pour que son nom soit sur toutes les lèvres.

Un groupe d’élèves chuchota en le voyant passer :

— C’est lui, le boursier…

— Celui qui a parlé à Apollon comme si c’était un vulgaire étudiant…

— Il est fou, il va se faire broyer.

Ethan se contenta de sourire intérieurement. Il avait l’habitude d’être sous-estimé. Les regards hautains, les jugements rapides, il les avait toujours subis. Mais ici, au cœur du repaire des héritiers les plus puissants de France, la partie allait être plus dangereuse que jamais.

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La rencontre avec Aphrodite

Alors qu’il traversait le hall, une silhouette se détacha de la foule. Isabella Montclair, alias Aphrodite, s’approcha avec une démarche assurée. Sa beauté faisait taire les conversations autour d’elle : cheveux blonds comme des rayons de miel, uniforme impeccable, regard d’un bleu pénétrant.

— Tu n’as pas froid, Moreau ? lança-t-elle d’une voix douce mais tranchante. On dit qu’à force de n’avoir que l’air comme manteau, on finit par s’endurcir.

Ethan arqua un sourcil, ne répondant pas tout de suite. Isabella aimait provoquer, il le voyait déjà. Mais ses yeux, derrière l’éclat de défi, brillaient d’une curiosité étrange.

— Rassure-toi, dit-il enfin, je n’ai pas besoin de manteau quand je suis entouré d’autant de chaleur… surtout quand elle émane des regards de tout le monde sur moi.

Un éclat de rire nerveux parcourut le hall. Aphrodite, elle, resta un instant silencieuse. Ses lèvres s’étirèrent lentement en un sourire amusé.

— Intéressant. Tu n’es pas comme les autres boursiers. Tu parles trop bien pour ta condition.

Ethan inclina légèrement la tête.

— Peut-être parce que je sais que les titres et les fortunes ne font pas tout.

Ce fut au tour d’Isabella de hausser un sourcil. Elle recula d’un pas gracieux, comme une lionne qui observe sa proie avant d’attaquer.

— Nous verrons combien de temps tu tiendras, souffla-t-elle avant de disparaître dans la foule.

Ethan sentit son cœur battre plus vite. Ce n’était pas une menace frontale, mais c’était bien pire : Aphrodite venait de l’inscrire sur sa liste.

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L’invitation d’Apollon

Plus tard, alors que la sonnerie annonçait la fin des cours de la matinée, un attroupement bloqua la sortie. Gabriel Devereux, alias Apollon, trônait au milieu de ses comparses. Élégant, sourire insolent, il semblait fait pour dominer l’espace qu’il occupait.

— Moreau ! appela-t-il d’une voix claire.

Le hall entier se tut. Tous savaient que lorsque Apollon décidait de s’adresser à quelqu’un, ce n’était jamais pour le féliciter.

Ethan se retourna lentement.

— Oui ?

Apollon croisa les bras, son regard brillant d’arrogance.

— Puisque tu sembles avoir des nerfs d’acier, j’ai une proposition. Nous organisons une petite réception ce soir, une fête digne de l’Olympe. Les invitations sont… exclusives. Mais j’ai décidé de t’offrir une chance.

Un murmure parcourut les élèves présents. Un boursier invité à l’une des soirées des Dieux ? C’était impensable.

Ethan resta de marbre.

— Et si je refuse ?

Maxime Durand, alias Arès, ricana.

— Alors tu seras déjà perdu. Car ici, celui qui refuse l’Olympe n’existe pas.

Julien Caradec (Hermès) ajouta d’un ton moqueur :

— Et puis, imagine… toi, dans un vrai costume, au milieu des dorures et du champagne. Ça ferait un beau spectacle.

Camille Rochefort, alias Héra, ne dit rien. Mais son regard froid pesait sur Ethan, comme un avertissement silencieux.

Apollon s’avança, tendant une enveloppe noire au sceau doré.

— Alors, Moreau ? As-tu le courage de marcher parmi nous ?

Ethan hésita une seconde, puis tendit la main et prit l’invitation.

— J’ai toujours aimé défier les dieux, répondit-il calmement.

Un éclat de stupeur parcourut la foule, suivi d’un rire clair d’Apollon.

— Excellent. Alors à ce soir.

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Le poids du choix

Toute la journée, Ethan sentit les regards sur lui. Certains élèves l’admiraient déjà en secret : il osait là où personne n’avait jamais eu le courage. Mais d’autres attendaient sa chute avec impatience.

À la bibliothèque, il tomba sur Camille Rochefort, alias Héra. Elle lisait calmement, ses cheveux sombres tombant sur ses épaules. Quand elle leva les yeux vers lui, ce fut sans animosité mais avec une gravité glaciale.

— Tu n’aurais pas dû accepter, dit-elle d’une voix posée.

— Pourquoi ?

— Parce que chaque fête de l’Olympe est un piège. C’est leur manière de tester ceux qui osent exister.

Ethan soutint son regard.

— Et toi, Héra, tu ne fais pas partie du piège ?

Elle referma son livre avec lenteur.

— Moi, je me contente d’observer. Tu découvriras que les Dieux ne sont pas une famille, mais une arène.

Sur ces mots, elle se leva et partit, le laissant troublé.

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La fête clandestine

La nuit tomba vite sur Saint-Rémy. Guidé par les rumeurs, Ethan se retrouva devant une immense demeure située aux abords du campus. Des voitures de luxe bordaient l’allée, et des éclats de musique s’échappaient des fenêtres illuminées.

Il inspira profondément avant de franchir le seuil.

L’intérieur était un déferlement de richesses : lustres étincelants, buffets débordant de mets raffinés, flûtes de champagne à perte de vue. Les élèves les plus influents dansaient, riaient, exhibaient leur supériorité.

Et au centre de tout cela, les cinq Dieux régnaient comme des souverains.

— Mesdames et messieurs ! lança Apollon en levant son verre. Ce soir, nous accueillons un invité… particulier.

Tous les regards se tournèrent vers Ethan. Des murmures sceptiques, des sourires moqueurs.

Apollon désigna une scène improvisée.

— Puisqu’il prétend avoir sa place parmi nous, je propose un petit jeu. Un duel d’éloquence. Qu’en dis-tu, Moreau ?

Ethan sentit l’électricité dans l’air. Le piège s’était refermé. Mais il n’allait pas reculer.

Il avança lentement, monta sur l’estrade et fixa Apollon droit dans les yeux.

— J’accepte.

Le premier duel venait de commencer.

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