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Chapitre 3

Le lendemain matin, alors que je pénètre dans le bureau, une atmosphère électrique règne déjà dans la pièce. J’aperçois plusieurs femmes assises dans la salle d’attente, chacune plus nerveuse que la précédente, des CV en main, prêtes à se battre pour le poste que Claire a failli perdre.

Je passe près d’elles, les évaluant d’un regard.

Elles semblent prêtes à tout pour entrer dans mon monde. Je les vois se raidir sur mon passage, je peux facilement sentir la tension qui abrite cette pièce.

Je me dirige vers mon bureau, l’esprit déjà tourné vers d’autres affaires, mais une pensée fugace m’effleure l’esprit. Peut-être que cette fois-ci, je trouverai enfin quelqu’un qui saura supporter le poids de mes exigences. Quelqu’un qui ne sera pas effrayé par l’ombre que je projette.

Je me demande si l’une d’entre elles pourrait être celle qui me fera oublier, même un instant, les démons qui hantent mon passé. Mais ce n'est qu'une pensée passagère, car je sais que je ne peux jamais vraiment laisser quiconque entrer dans ma vie. Je suis seul, et c’est ainsi que je préfère le rester.

Je m’assois derrière mon bureau, le regard sur les femmes qui se succèdent pour l’entretien. Chacune d’elles est plus ennuyante que la précédente. Certaines parlent d’elles- mêmes avec une arrogance déconcertante, d’autres se livrent à des banalités superficielles. J’ai l’impression de perdre mon temps.

Quand la candidate avant-dernière entre, je sens un léger frisson d’anticipation. Elle ne mâche pas ses mots.

— Dans les couloirs, j’ai entendu les candidates se plaindre de votre attitude peu courtoise pendant les entretiens. D’autant plus que votre réputation de patron cruel n’est plus à prouver. Écoutez, je veux ce poste, mais je ne vais pas vous mentir : je vous trouve beaucoup trop arrogant, et je ne vous permettrai pas de me manquer de respect.

Je lève un sourcil, intrigué par son culot.

— Vraiment ? C’est audacieux de votre part de venir ici et de dire ça. Je suis curieux de savoir ce que vous espérez gagner avec une telle déclaration.

Elle croise les bras, un sourire en coin.

— Peut-être un peu de respect. Mais ça n’a pas l’air d’être votre fort.

Je me penche légèrement vers elle, un rictus sur le visage.

— Écoutez, vous avez beaucoup de courage, mais il ne faut pas oublier que votre apparence pourrait bénéficier d’un petit coup de polish.

Elle ne se laisse pas démonter. Elle attrape son sac, se redresse avec une élégance indéniable, et dit :

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— Je sais déjà que je ne vais pas être prise, mais tant pis. Je préfère garder mon intégrité plutôt que de devenir une pièce de décor dans votre cirque.

Avec un léger mouvement de tête, elle sort de la pièce, me laissant perplexe. Il y a quelque chose dans son attitude qui me plaît, même si je n’aime pas l’admettre.

La dernière candidate entre alors, avec un sourire si plaqué qu’il en devient presque grotesque. Elle déborde de candeur et de naïveté, et je sais d’avance qu’elle va m’ennuyer.

— Bonjour, je suis ici pour…

Je l’interromps avant qu’elle n’ait le temps de finir.

— Vous savez, il n’y a pas de place pour l’optimisme naïf ici. Vous risquez d’être très déçue.

Elle continue de sourire, comme si mes paroles ne l’atteignaient pas.

— Je suis sûre qu’avec un peu de travail, je peux m’adapter.

Je plisse les yeux, intrigué par sa résilience.

— Vous êtes toujours aussi souriante malgré tout ce que je viens de dire ? C’est un peu déconcertant.

— Merci ! Je crois que le sourire aide à passer au-dessus des choses.

Je la fixe intensément, comme pour la faire flancher, mais elle reste impassible. C’est déroutant.

— Vous pouvez partir, vous savez. Cela pourrait vous éviter des désillusions.

Elle hoche la tête, mais son sourire reste intact. Je fronce les sourcils, perplexe. C’est un personnage assez particulier que j’ai là…

Une fois les entretiens terminés, je fais signe à ma nouvelle secrétaire de venir dans mon bureau. Lorsqu’elle arrive, je lui remets un dossier et ajoute :

— Rappelle les deux dernières candidates et dis-leur qu’elles sont embauchées.

Elle me regarde avec étonnement, le dossier en main.

— Mais… elles ont candidaté pour le même poste, pourquoi les deux ?

Je me redresse, agacé.

— Chaque femme a ce qu’elle mérite, Claire.

Elle semble perdue, son regard se perd dans le vide. Après avoir jeté un coup d’oeil sur le dossier que je lui ai remis, elle me demande de nouveau :

— Et pourquoi ce poste particulier pour Moniqua Hills ?

Ma patience s’effrite.

— Je t’ai dit de faire ce pour quoi tu as été engagée. Ne pose plus de questions idiotes.

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Elle s’excuse en baissant la tête, et s’éclipse, me laissant seul dans le bureau. Je me demande ce que ces choix vont engendrer, mais je ne laisse pas mes pensées me distraire trop longtemps. Je suis un loup solitaire, et peu m'importe ce qui arrive aux autres tant que je garde le contrôle sur ma propre vie.

Je suis confortablement assis dans mon bureau, les pieds posés sur la table en chêne massif, quand la porte s’ouvre brusquement sans même un petit coup. Je lève les yeux de mon écran, l’expression impassible, et tombe nez à nez avec la jeune femme arrogante qui m’a surpris pendant l’entretien.

Elle avance d’un pas décidé, une lueur de défi dans ses yeux. Sans préambule, elle jette un contrat d’embauche sur mon bureau, un bruit sec résonne dans la pièce.

— Prenez votre contrat et mettez-le vous où je pense, Xaven Darcy !

Un sourire sarcastique se dessine sur mes lèvres alors que je feins l’étonnement.

— Oh, mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter une visite de votre part ? Pourquoi vous permettez-vous d’entrer ici sans frapper ?

Elle croise les bras, le regard pétillant de défi.

— J’ai postulé pour être votre secrétaire, pas pour balayer le sol. Si vous me traitez comme un sous-fifre, alors ce n’est pas la peine que je reste.

Je penche légèrement la tête, amusé par sa témérité. Elle a du cran, je ne peux pas lui enlever ça.

— Vous avez beaucoup de courage, je l’admets. Mais vous ne semblez pas comprendre dans quel monde vous entrez. Vous êtes ici dans mon bureau, et vous feriez mieux de respecter un minimum de règles de courtoisie.

Elle ne se laisse pas intimider, un sourire provocateur sur ses lèvres.

— Des règles de courtoisie ? Comme celles que vous avez utilisées pendant l’entretien ? Si vous pensez que je vais me laisser maltraiter parce que vous êtes un homme influent, vous vous trompez.

Je sens une irritation sourdre en moi, mais je décide de jouer le jeu.

— Je vois que vous avez l’esprit bien affûté, mais laissez-moi vous rappeler une chose : je ne fais pas de place pour les insubordonnés dans mon entreprise. La dernière qui a osé me parler ainsi a fini par chercher un nouvel emploi, et je ne l’ai pas vu revenir.

Elle s’avance, me défiant du regard.

— Peut-être que la prochaine ne se laissera pas faire aussi facilement. Vous vous croyez au-dessus de tout, mais ce n’est pas parce que vous avez de l’argent et du pouvoir que vous pouvez traiter les gens de cette façon.

Un léger rire échappe de mes lèvres. Son arrogance m’agace, mais je dois avouer que je suis intrigué par sa détermination.

— Intéressant, vraiment. Mais sachez que ce n’est pas une question d’argent ou de pouvoir, mais de respect. Et je ne vais pas changer mes méthodes juste parce que vous êtes mécontente de ma façon de traiter les gens.

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Elle soupire, exaspérée.

— Très bien, gardez votre respect alors. Mais sachez que je ne suis pas là pour être la punching-ball de votre ego. J’ai postulé pour être votre secrétaire, pas votre femme de ménage.

Je m’esclaffe de rire, trouvant son audace à la fois irritante et divertissante.

— Vous pensez vraiment que votre petit discours de pacotille lors de l’entretien vous donne des droits ici ? Vous vous croyez où, exactement ?

Elle s’apprête à tourner les talons, mais ma voix l'arrête :

— Attendez, attendez. Comme geste honorable, je suis prêt à doubler votre salaire si vous acceptez le poste.

Elle se fige, se retournant vers moi, intriguée.

— De combien parlez-vous ?

Je hausse les épaules, feignant l’indifférence.

— Combien vous faut-il pour rester et pour être ma femme de ménage spéciale ?

Elle fronce les sourcils, visiblement agacée, mais un brin intéressée par la somme.

— C’est vous qui m’humiliez pour de l’argent.

Je lui réponds, tout en prenant un ton de défi.

— N’oubliez pas que c’est vous qui avez commencé. Je ne fais que vous remettre à votre place. Après tout, vous êtes venue ici avec des grands airs et des promesses. Je ne fais que vous donner le job que vous méritez.

Elle me lance un regard noir, mais la tentation de l’augmentation de salaire fait briller ses yeux.

— Vous êtes insupportable, Monsieur Darcy.

Je me penche en arrière, le sourire aux lèvres.

— Et pourtant, vous êtes toujours là.

Elle finit par acquiescer, visiblement vexée mais incapable de résister à l’offre.

— Très bien, je vais rester. Mais sachez que ce n’est pas pour vous, c’est juste une question de survie.

Je me permets un sourire plus large.

— Bien. Alors, allez porter les vêtements destinés aux femmes de ménage, ça ne va pas s’organiser tout seul.

Elle s’éloigne, dépitée, avant que ma secrétaire n’entre dans le bureau avec un air pressé.

— Monsieur Darcy, la deuxième nouvelle recrue est arrivée.

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Dès qu’elle termine de parler, nous sommes interrompus par un bruit de talons qui approche. C’est la jeune femme douce et souriante, qui entre timidement dans le bureau. Elle affiche un large sourire, comme si elle apportait un peu de lumière dans ma journée sombre. Je lâche un soupir.

— Bonjour, je suis ravie d’être ici.

Je l’observe un moment, réfléchissant à la manière dont je vais gérer ce nouvel ajout à mon équipe.

— Je n’ai pas besoin que vous me le disiez, Claire, lui fais-je comprendre avant de m’adresser à la deuxième nouvelle recrue. Votre collègue ici présente vous expliquera les règles, je suis sûr qu’elle se fera un plaisir de vous guider. Maintenant, laissez-moi seul.

Elles s'exécutent sans délai. Je fais une pause, mon regard dérivant vers la fenêtre. Ma copine est censée venir déjeuner avec moi dans quelques instants. L’idée d’un moment de répit me tente, même si je sais que ça ne changera rien à mon humeur sombre.

Je suis assis à la table du restaurant, un coin chic de Chicago, lorsque Cherry arrive. Son visage est fermé, un mécontentement évident depuis notre dernière dispute à la fête. Elle s’assoit en face de moi, ses yeux lançant des éclairs.

— Tu n’as pas encore reçu mon message, je suppose, dit-elle, un ton de reproche dans la voix.

Je l’observe un instant, analysant sa posture. Sa bouche est légèrement pincée, et je peux presque sentir la tension qui émane d’elle.

— Non, je ne l’ai pas vu. Je ne touche pas mon téléphone quand je suis au bureau, tu sais bien.

Je me souviens de la façon dont elle a commencé à s’énerver, m’accusant de ne pas m'intéresser assez à la fête.

— Je vois ça, murmure-t-elle, les yeux rivés sur le menu.

Elle feuillette les pages sans vraiment les regarder, mais je sais qu’il est temps d’agir. J’avais tout prévu. Je fais signe à un serveur, et quand il s’approche, je lui demande d’apporter le petit écrin que j’ai laissé dans ma voiture.

— Je ne veux pas manger, Xaven, je veux que tu me parles.

Mais avant qu’elle n’ait le temps de poursuivre, le serveur revient, tenant l’écrin. Je l’ouvre lentement devant elle, révélant un magnifique collier en diamant. La lumière capte les éclats des pierres précieuses, et je vois ses yeux s’illuminer.

— Voilà, pour me faire pardonner de notre petite dispute.

Cherry s'écrie presque, le sourire revenant sur son visage.

— Oh, Xaven ! C’est magnifique !

Elle se lève et contourne la table pour m’embrasser par-dessus mon épaule, ses bras m’enlaçant brièvement. Je lui rends son étreinte, mais je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine irritation.

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— Je savais que ça allait te plaire, dis-je brièvement, un sourire suffisant sur les lèvres.

Au fond de moi, je me dis qu’elle est vraiment superficielle. Pour elle, tout se règle avec de l’argent ou des cadeaux. Pas de véritables émotions, pas de discussions profondes. Un simple bijou suffit à apaiser ses tempêtes.

Cherry, de retour à sa place, admire le collier autour de son cou, son visage rayonnant de joie.

— Je ne sais même pas quoi dire, c’est trop beau.

— Tu sais que je préfère quand tu souris, murmuré-je.

Elle éclate de rire, ses yeux scintillant d’un bonheur factice.

— Tu devrais m’offrir des bijoux plus souvent, alors.

Je hoche la tête, feignant de jouer le jeu.

— Oui, bien sûr, tout ce qu’il faut pour garder ma petite amie heureuse.

Tout en lui parlant, je m’interroge sur la profondeur de notre relation. Est-ce vraiment de l’amour ou simplement une transaction ? Une partie de moi s’interroge sur ce que je fais ici, mais je préfère ignorer ces pensées.

Nous commandons à manger, mais je sens que tout cela est éphémère. Je retourne à mes réflexions, persuadé que dans ce monde, l’amour peut être aussi simple qu’un joli bijou.

Les jours passent, et je me retrouve à torturer mes nouvelles recrues et Claire. Je ne sais pas si c’est un besoin de tester leur résistance ou si c’est simplement ma nature. Toujours est-il que je me montre particulièrement désagréable avec elles, plus qu’avec n’importe quel autre employé de l’entreprise.

Les trois femmes semblent toujours nerveuses lorsque je fais mon entrée dans le bureau, comme si elles s’attendaient à une tempête à chaque pas que je fais.

— Claire, murmuré-je en croisant ma première secrétaire dans le couloir.

Elle sursaute légèrement et se redresse.

— Oui, Monsieur Darcy ?

— Du café, tout de suite. Noir, sans sucre, comme j’aime. Et gare à toi si je n’apprécie pas le goût.

Elle acquiesce, presque tremblante, et disparaît dans la cuisine. Je souris intérieurement. Un petit coup de pression ne fait jamais de mal.

Le lendemain, je fais la même chose avec Julie, ma seconde secrétaire. Elle ne semble pas encore totalement habituée à mes exigences. En même temps, avec un tel sourire qui pendouille tous les jours sur son visage, n’importe qui aurait du mal avec un patron comme moi.

— Julie, fais-moi un café, je t’en prie, ajoutai-je en feignant l’amabilité.

Elle se presse à faire ce que j’ai demandé, tandis que je la fixe avec un air indifférent.

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Il n’y a rien de mieux que de rappeler aux autres qui détient le pouvoir dans cet endroit. Et je m’assure que chaque occasion est bonne pour leur faire sentir la pression.

Même ma nouvelle femme de ménage particulière, qui apporte un sens de sécurité et de propreté dans mon environnement, n’est pas épargnée.

— Moniqua, j’ai besoin de toi.

Elle s’arrête en plein nettoyage dans mon bureau, le balai en main, surprise.

— Oui, Monsieur Darcy ?

— Je n’ai pas de café. J’aimerais que tu ailles en chercher pour m’en faire un.

Elle hoche la tête, mais je vois la frustration se peindre sur son visage. Je ne peux m’empêcher de sourire. C’est exactement ce que je voulais.

Les pauses-café deviennent une routine. Je ne laisse aucun répit à mes trois recrues du mois. Je les observe se croiser dans les couloirs, chacune attendant son tour pour répondre à mes exigences. Je sais qu’elles murmurent entre elles, partageant des soupirs et des regards désespérés.

Un matin, alors que je sors de ma réunion avec les membres du conseil, je vois les trois femmes réunies, chuchotant, visiblement préoccupées. Je m’approche d’elles, mes bras croisés.

— Qu’est-ce qui se passe ici ? demande-je, mon ton chargé de menace.

Elles se figent, et je sens l’angoisse émaner d’elles. Je les scrute, l’air amusé.

— Vous ne parlez pas de moi, j’espère.

— Non, pas du tout, balbutie Claire en évitant mon regard.

Moniqua me fixe avec une indifférence si totale que je crois un instant que je vais cesser d’exister d’une minute à l’autre. Quant à Julie, son éternel sourire commence à faiblir. Je savais bien que ce n’était que de courte durée cette histoire de Miss Sourire.

Je plisse les yeux, un sourire sur le visage.

— Très bien. Je ne veux pas entendre de murmures. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le-moi en face !

Je les laisse, une satisfaction sourde résonnant en moi. Elles ne savent pas encore qu’en plus de rendre leur vie infernale, je prévois de faire d’elles mes alliées dans le monde de la noirceur la plus répandue qui soit. Je ne suis pas un homme qui fait les choses à moitié, et si je peux les faire marcher sur des œufs, je les ferai. Je suis le diable ici, après tout.

La dynamique dans le bureau change, et je m’en réjouis. Je reste à la tête de mon empire, et je sais que je peux tirer le meilleur d’elles, même si cela nécessite une touche de cruauté.

La nuit tombe lorsqu’on me signale que le petit escroc que je traquais depuis des semaines a enfin été capturé. Mes gardes ont suivi mes instructions à la lettre. Ils l’ont emmené dans un de mes entrepôts, loin des regards indiscrets. Je prends le temps de finir un dernier dossier avant de les rejoindre, me délectant d’avance de l’idée de lui faire comprendre ce que coûte la trahison.

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Lorsque j’arrive, mes hommes se tiennent autour du voleur, solidement attaché à une chaise, un bandeau serré sur sa bouche pour l’empêcher de faire un seul bruit inutile. Ses yeux me fixent avec une terreur presque comique.

— Alors, tu pensais pouvoir me voler ? Je m’avance, mon regard perçant le sien, le poids de mes mots s’abattant comme une sentence.

L’homme essaie de parler, mais le bâillon étouffe ses mots. Je fais un geste et l’un de mes gardes retire le tissu, lui laissant reprendre son souffle.

— Je… je voulais pas, Monsieur Darcy. Je vous le jure. Ça… ça s’est mal passé… balbutie- t-il.

— Mal passé, hein ? murmuré-je avec un sourire glacé. Dommage que tu n’aies pas envisagé ce qui se passerait si je m’en rendais compte.

Je fais un signe à l’un de mes gardes. L’homme saisit un seau d’eau et le lui renverse en plein visage, coupant net son souffle.

L’escroc se met à tousser violemment, ses poumons se vidant alors qu’il essaie désespérément de respirer.

— Alors, où as-tu caché les stocks volés ? Dis-moi, et peut-être que ça se terminera vite.

L’homme hésite encore, probablement parce qu’il croit pouvoir s’en sortir. J’hausse un sourcil, amusé par son entêtement, puis fais signe à l’un des gardes qui charge automatiquement son arme à feu.

— Dernière chance. Si tu veux vivre pour en voir une autre, crache immédiatement la vérité.

Je vois le doute et la panique se battre dans ses yeux. Puis, finalement, il craque.

— D’accord, d’accord ! J’ai caché les stocks chez moi en Californie. Je voulais juste… juste un peu d’argent.

— Un peu d’argent ? ris-je en me penchant vers lui. Combien de personnes as-tu volé jusqu’ici sans jamais te laisser prendre ? Tu croyais que j’allais fermer les yeux, c’est ça ? On ne vole pas dans mon empire, ça, tu aurais dû le savoir.

Il baisse la tête, tout tremblant. Je me redresse, satisfait, et fais signe à mon ami, l’inspecteur de police, qui attend dans l’ombre, patient et silencieux.

— Je te le laisse, lui dis-je. Je crois qu’il a encore quelques confessions à faire.

L’inspecteur s’approche avec des menottes prêtes à l’usage.

— Merci, Xaven. Toujours un plaisir de nettoyer les rues avec ton aide, me dit-il en passant les bracelets d’acier autour des poignets du voleur. Cet homme a volé des milliers de gens.

Je regarde l’escroc être emmené, un léger sourire aux lèvres. Ici, on ne vole pas, on ne ment pas, et surtout, on ne trahit pas. Mes hommes le savent, et tous ceux qui traversent mon chemin finissent par l’apprendre aussi – parfois, de la manière la plus dure.

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