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Chapitre 4: Le lynchage

***** Raki 15h30*****

Il faut que je retourne chez Houleye, cette histoire de disparition de camion devient inquiétant et trop bizarre. Comment un camion entier peut disparaître comme ça dans la circulation ?

Heureusement que Houleye m’a emprunté sa voiture, cela me permettra d’aller vite.

Je suis Raki Sangaré la petite sœur de Houleye, j’ai vingt et quatre (24 ans), je suis étudiante en médecine, je prépare mon mémoire de fin d’étude en chirurgie générale.

Comme l’a dit Houleye, je suis plutôt fine et pas très élancé avec une belle poitrine et des jambes bien dessinées.

Mes professeurs m’ont toujours félicité pour mon intelligence, et mon courage.

Je ne suis pas aussi patiente que Houleye, surtout quand on me provoque. Elle est plus posée que moi, mais après tout c’est elle l’ aîné aussi [Rire].

De toutes les manières, nous nous complétons bien et on arrive à s’en sortir avec nos qualités et défauts.

Quelques minutes après j’étais chez houleye. Depuis la rue je la voyais assise sur la terrasse l’air désespérée et abattue.

Moi : Salut, quelles sont les nouvelles ?

Houleye : Toujours rien, c’est comme s’il a juste disparu de Bamako

Moi : tu es allé à la police ?

Houleye : le DG veut que j’attends jusqu’au soir, il ira lui-même à la police.

Sira vient de rentrer, je la croyais déjà partie celle-là, elle est vraiment triste de partir.

Ma sœur a eu de la chance de l’avoir comme femme de ménage, elle est très propre et respectueuse et depuis que ma sœur s’est mariée elle a été la seule domestique ici. Mais comme on dit, chaque chose a une fin.

Sira [s’adressant à Houleye]: tantie,

Houleye : Sira, que fais-tu encore ici?

Sira : j’ai entendu au marché par des copines que l’enterrement de tonton est prévu pour 16h. Je sais que vous n’êtes pas au courant, alors j’ai couru pour venir vous informer.

Houleye [Arquant les sourcils] : ah bon ? Et sa famille ne digne même pas m’informer ?

Sira : Ha tantie, si vous y aller ils vont peut-être vous chasser hein vu qu’ils ne vous ont pas informé

Houleye : Merci Sira, tu peux y aller, salut ta tante pour moi.

Sira [s’en allant] : oui tantie, je n’y manquerai pas.

Moi : Qu’allons-nous faire Houleye ? Sira a raison, on ne peut pas aller se jeter dans la gueule du loup. Tu sais qu’ils ne nous aiment pas.

Houleye : Au Mali le décès d’une seule personne est une tristesse commune, même s’ils ne m’informent pas.

Si j' y vais personne ne me chassera, je ne vais pas rester là pendant que les obsèques de mon mari se passent à l’autre côté de la ville.

Moi : Si c’est ce que tu veux, alors on y va.

Nous avons mis des foulards sur la tête et troquer nos pantalons contre des robes avant de quitter la maison. Nous avons croisé Kara au portail.

Kara : Tantie vous ne reviendrez plus par ici ?

Houleye : Non Kara, je ne reviens plus par ici, j’irai directement à l’appartement de Raki.

Kara : Je vais partir aussi, comment on fera pour la porte ?

Houleye: Ha..., tu fermes et remet la clé au boutiquier, ils viendront récupérer après.

Arrivés dans la famille d’Adama, nous avons remarqué que les hommes étaient déjà partis à la mosquée pour prier sur le corps. Les groupes de femmes étaient dans la cour de la concession.

Dès que nous avons franchi le seuil tout le monde s’est mis à nous fixer. Nous avons tracé direct dans les appartements de la belle-mère Hawa

Nous: Bonjour Maman

Maman Hawa [surprise]: Vous êtes ici pourquoi ? Qui vous a appelé ?

Houleye: Je suis la veuve d’Adama Maman

Maman Hawa [en colère]: Veuve ? Regarde-toi ! Tu ne le méritais pas vivant et tu réclame cela sur son cadavre ?

Qu’as tu apporter dans cette maison si ce n’est que conflit et malheur ? Ptou (elle vient de me cracher dessus).

Moi: Maman pour une fois dans votre vie, laissez la rancœur et l’amertume de côté, elle doit au moins assister aux funérailles, nous allons disparaître d’ici juste après.

Maman Hawa : Toi, tu ne m’adresse pas la parole, petite impolie, effronté. Sortez d’ici ou je vous jetterai dehors comme des chiens

Moi : Maman on ne bougera que si les hommes reviennent et libèrent tout le monde

Au faite, lors des cérémonies de funérailles, seuls les hommes prient sur le corps à la mosquée, les femmes restent à la maison à faire leurs prières et des séances de prêches.

Au retour des hommes, un griot ou prêcheur de la famille se charge de parler du défunt, de tout ce qu’il a fait de son vivant comme bien.

Ensuite il demande à l’assistance de faire une Douwa (bénédiction) collective pour le repos de son âme.

C’est après cette Douwa que la cérémonie est clôturée et les gens peuvent en ce moment rentrer chez eux.

Maman Hawa se lève et se dirige vers la grande cours, nous l’avons suivi, à peine est-elle sorti qu’elle s’est jeté sur terre et elle a commencé à se rouler à terre.

Raki et moi nous nous regardons aussi surprises qu’indignée de cette réaction. On s’est juste regardé sans pouvoir bouger ni faire quoi que ce soit

Maman Hawa [criant et pleurant]: woooyiii waaayiiii, elles ont tués mon fils hoo, elles l’ont tué

Les gens se sont accouru vers nous pour aider maman à se relever de terre

Maman Hawa : laissez-moi mourir aussi, puisqu’elles veulent aussi me tuer, laissez-moi mourir. Elles tuent tout le monde, ce sont des sorcières. Allah ne vous épargnera pas, sorcières…

Houleye : Nous n’avons rien fait, maman arrêtez s’il vous plait

Elle n’a pas fini de parler que les coups ont commencé à pleuvoir sur nous, les femmes se sont mises à nous battre et ça tournait au lynchage.

Houleye a pris la majorité des coups car elle est rentré entre moi et la foule. C’est son truc ça de vouloir toujours me protéger.

Ce sont les hommes en revenant de la mosquée qui nous ont sauvés, on a couru pour rentrer dans notre voiture sans demander notre reste et on s’est dirigés vers une clinique proche.

Puisqu’elle a pris plus de coups Houleye était très amochée d’une manière pas possible.

Docteur : vous devez porter plainte et nous emmener des documents pour qu’on puisse vous soigner

Moi: Hé docteur, vous aussi ? Vous ne voyez pas qu’elle souffre ? c'est quoi cette clinique avec ses lois à la conne?

Docteur : c’est la procédure, mais je vais faire une exception pour vous

Moi : Merci, je vous en serai reconnaissance

Docteur [sourire en coin] : humm,

il me regardait de temps en temps durant tout le temps qu'on a fait la bas. c'est quoi son problème même?

Elle avait un œil enflée et un bras aussi ainsi que des bleues sur tout le corps.

Le docteur lui a fait faire une radiographie, heureusement que l’os n’est pas cassée.

Néanmoins il a placé un bandage de protection, a prescrit une crème cicatrisante et des antalgiques ainsi que des antibiotiques.

Moi: j’aurai besoin d’une ordonnance aussi, j’ai mal partout

Docteur [me tendant les deux ordonnances] : Tenez, rendez-vous dans une semaine, mais en cas d’autres complications, n’hésitez pas à m’appeler.

Mon numéro de téléphone se trouve sur les ordonnances. Meilleure santé Mesdames.

Nous [en partant] : merci Docteur

**** Hawa Diarra (Maman Adama)****

Vraiment, plus dévergondée que ces deux il n’y a pas ! Oser se présenter ici « ko funérailles de mon mari ! » il fallait y penser avant de le séparer de sa famille.

Je revis encore la scène dans ma tête et je ne peux qu’être fière intérieurement de ce que j’ai fait.

Il y’a encore un peu de monde ici, des gens qui étaient venu pour les funérailles mais ne sont pas encore partis.

Encore des bouches à nourrir, mais c’est l’Afrique et ceci est des plus normal.

Je suis resté dans mon appartement car c’est ici que je me sens le plus à l’aise et c’est ici que je peux bien faire le Nafiguiya [commérage] avec mes enfants sans que quelqu’un nous entendre.

Ina [rentrant dans le salon]: Bonsoir maman,

Moi : Bonsoir Ina, ça va ?

Ina : oui maman, mais tu as failli nous tuer de peur, comment as-tu eu une idée pareil ? Faire une telle crise avec tout ce monde à la maison?

Moi: C’était la seule manière de faire partie ces sangsues et aussi de leur foutre la honte de leur vie. Ce fut ma petite vengeance au fait

Ina [souriante] : ce n’est pas faux, chacun de nous se venge en sa manière

Moi: Tu as fait quoi Ina ?

Ina : tiéé maman laisse ça.

Moi : Hum, toi-même ho Ina, c’est quand tu vas enfin partir de cette maison et nous donner des petits fils ?

Tu as vu qu’il ne reste que vous trois, Adama n’a pas eu d’enfant à cause de la chose là qu’il est parti prendre comme femme.

Tu as trente-cinq ans Ina, tu veux atteindre la ménopause étant chez ton père ?

- Papou aussi qui ne fait que de changer de femme tous les jours, il a trente ans mais c’est comme s’il ne le réalise pas encore ou bien il s’en fout en tout cas je ne sais pas.

Et enfin Mouna (la petite sœur d’Adama) qui n’arrive pas à finir ses études elle double toutes les classes.

Qu’ai-je fais à Dieu pour mériter des fainéants pareil ? Le seul qui rapportait un peu aussi il me l’a pris. Snif…

Ina : Maman arrête, tu fais comme si nous étions bon à rien, pourtant nous prenons tous soin de toi ici non ?

Moi : Tout ce que je te demande Ina c’est te marier, tu es l’ainée de cette famille et tu dois montrer le bon exemple.

Ina : Maman je suis là-dessus, ce n’est pas de ma

faute si les hommes maintenant ne sont pas sérieux aussi.

de sa richesse, mais cette bonne à rien

Je n’ai pas envie d’aller me marier à un pauvre qui ne saura pas m’entretenir juste parce que mon âge avance. Il faut bien choisir aussi.

Moi : hum !

C’est pour toute cette raison que je n’aimais pas cette Houleye.

Elle au moins elle a su jouer et miser sur la bonne personne. Malgré la pauvreté et le fait d’être orpheline elle s’est accroché à Adama et a fait sien tous les biens de ce dernier pendant que nous on est resté sans rien.

Mouna [entrant dans la pièce] : Heu ! Il y’a affairage ho

Moi : Mouna, apprend à saluer les gens avec ta grande bouche avant de nous parler comme à tes copines.

Mouna [tirant la bouche] : aw ni woula (Bonsoir),

Moi : Tu disais quoi même ?

Mouna : Voilà je viens de chez mon camarde-là qui est lieutenant de police, c’est lui qui m’a dit qu’ils sont sur une affaire de vol et que ça concerne ma famille.

Moi: C’est quelle affaire ça encore ?

Ina : Maman laisse Mouna parler keh !

Mouna : Il dit que ma belle-sœur s’est fait voler tous ses biens lors de son déménagement.

Apparemment Houleye a sollicité une agence de déménagement pour le transport de ses affaires, le

chauffeur a disparu avec tout. Après ils ont retrouvé le camion vide et incendié dans un endroit loin de la ville.

Moi : Hum Dieu est grand ho

Ina : Ils ont retrouvé le chauffeur ?

Mouna : Non mais il y’a un mandat d’arrêt contre lui, ils le cherchent.

Ina : Et puis quoi ? Elle voulait nous voler et Dieu l’a puni je ne vois pas le problème.

Maman [Rire en en tapant dans les mains]: Si ce n’est pas le Karma c’est quoi d’autre, je n’éprouve aucune pitié ni de compassion pour Houleye.

On ne récolte que ce qu’on sème. Et elle n’est pas au bout de ses peines.

***Houleye à 19h30***

Nous sommes rentrées à l’appartement vers 19h30 quand mon téléphone a commencé à sonner

Moi : Monsieur le Directeur, des nouvelles ?

DG: Bonsoir Madame, j’ai de mauvaises nouvelles, j’ai averti la police juste après notre conversation et une enquête a été menée.

Le camion a été retrouvé incendié dans un entrepôt vide à la sortie de la ville, aucune trace du chauffeur, il

s’est comme volatilisé.

Moi : mon Dieu ! Il est mort ?

DG: Non Madame, d’après la police, le camion était vide quand il a été incendié, pas de corps ni de présence d’un quelconque meuble ou appareil, il a été vidé avant l’incendie.

Moi : vous avez été chez lui pour voir ?

DG: Oui il n’y était pas et ses affaires non plus, il s’est enfui apparemment.

Moi : que prévois la police ?

DG: J’ai déjà porté plainte, mais vous devez vous rendre au poste de police demain pour un interrogatoire de routine.

Une enquête est ouverte et le chauffeur est le principal suspect.

Moi : on avait un contrat, qu’en est-il ?

DG: passez à l’agence demain avec la copie du contrat que vous avez, nous verrons ensemble sur place, je suis vraiment navrée madame

Moi : Moi de même

Qu’est ce qui a pu se passer ? Pourquoi ce chauffeur a volé mes affaires ? Et brûlé le véhicule ? Avant disparaître dans la nature

Raki : j’ai préparé quelque chose à manger, tu n’as rien avalé de la journée

Moi : je n’ai pas faim Raki

Raki ; ah non ! Tu ne vas pas détériorer ta sante, on a déjà assez de problème comme ça, mange et prend tes médicaments Houleye demain est un autre jour.

Moi: Raki, je n’ai pas envie de voir demain, ma vie n’est que succession de problèmes et de désolation

Raki : mais tu as vécu des jours heureux n’est-ce pas ? Nous avons vécu heureux un bon moment jusqu’à hier.

Avant de rencontrer Adama on survivait mais tu as vu comment il a apporté la lumière dans nos vies ?

Ne désespérons pas, on a droit au bonheur comme tout le monde et on l’aura inshAllah avec ou sans l’aide de quelqu’un.

Je vais soutenir dans deux semaines et après avoir eu mon diplôme de chirurgienne, je chercherai du travail.

Tu peux toi aussi chercher du travail avec ta licence en comptabilité. Nous allons composer nos forces et ça ira tu verras.

Moi : Maman me manque tellement, tonton Aly aussi

Raki : ils me manquent aussi ma chérie, mais du haut ils nous voient et ils veilleront sur nous.

Fini ton plat, prend une douche et repose toi. Demain est une autre étape.

******** Aujourd’hui***********

C’est comme ça que je me suis retrouvé sur ce lit, et je n’arrête pas de pleurer les larmes de mon corps.

Ces larmes qui refusaient de venir depuis deux jours, cette douleur que je ressentais et que j’ai dû refouler à cause de l’urgence du moment refait surface.

Je me suis blotti dans les bras de Raki et pleuré jusqu’à ce que je puisse m’endormir.

Je me suis réveillée dans l’après-midi, juste le temps d’avaler quelque chose et on s’est mis en route pour aller à la police nous faire interroger, ensuite à l’agence pour discuter du remboursement des objets disparus.

Tout s’est bien passé, l’agence n’a apporté aucune réticence pour rembourser mais ça va prendre plusieurs semaines vu qu’il y’a plusieurs choses à faire du côté de son assurance et aussi de la mienne.

Raki : qu’est-ce qu’on fait maintenant Houleye ?

Moi : J’assisterai 40 jours de deuil pendant lesquelles je prierai pour lui et pour nous qui sommes restés après lui. C’est le moindre que je puisse faire pour lui.

Raki : d’accord je vais t’acheter des tissus pour faire un boubou de deuil.

Au Mali, quand on est veuve, on porte un boubou bleu qui montre au reste de la population.

Avant cet accoutrement permettais à celle qui a perdu son mari d’avoir de l’aide et de la compassion sans avoir à demander. Maintenant ce n’est pas une obligation mais beaucoup continue à préserver cette tradition.

*** une semaine après***

***Raki***

Ça fait une semaine que Houleye est en deuil, elle ne sortira pas avant 40 jours, c’est donc moi qui me charge des courses et de la cuisine, je lui dois bien cela.

On a rendez-vous avec le docteur aujourd’hui pour enlever le bandage de protection de houleye et voir si on peut arrêter les traitements ou pas.

Mais puisque Houleye ne veut pas sortir, je vais donc demander au docteur s’il peut se déplacer, nous allons bien entendu ajouter son frais déplacement à la facture.

Je vais faire du yassa à midi, avec du poulet, c’est un plat qu’on adore Houleye et moi.

C’est à base d’oignon et de légume. Mais avant ça il faut que j’appelle le beau Docteur. [Rire].

Il m’a tapé à l’œil ce jour-là quand on s’est fait botté le cul par la famille d’Adama.

Il a été très gentil et patient avec nous et sans oublier que c’est un bel homme, il doit avoir 30 ans au plus, taille moyenne, un corps bien bâti et un teint noir façon.

Juste en le voyant tu sais qu’il est déjà responsable, il inspire l’assurance, la tranquillité. Bref il faut que je l’appelle.

Moi [parlant seule] : C’est quoi son nom même déjà, voyons l’ordonnance… voilà Docteur Moustaph Koné

[Composition numéro]

Docteur Koné : Docteur Koné à l’appareil

Moi : Bonjour Docteur, c’est Raki Sangaré je suis venu à votre clinique avec ma sœur la semaine passée pour coups et blessures sur le corps.

Docteur Koné : Ah oui, comment allez-vous madame et votre sœur ?

Moi : ça va docteur il y’a du mieux mais nous devions venir en contrôle aujourd’hui, seulement elle est en deuil et ne doit pas sortir avant 33 jours.

Donc je voulais vous demander si heu….

Docteur Koné : vous voulez que je passe pour la consultation ?

Moi : Oui c’est cela

Docteur [sourire] : Pas de problème Madame, je viendrai mais dans trois heures, j’ai d’autres consultations que je dois finir.

Moi : Ok Docteur Koné, je vous envoie l’adresse du domicile par SMS mais vous pouvez aussi appeler sur ce numéro au cas où vous n’arrivez pas à retrouver l’endroit.

Docteur : ça marche à bientôt

Moi : Merci

Clic

Je ne sais pas pourquoi mais durant toute la conversation j’étais focalisé sur sa voix et le sourire ne quittait pas mes lèvres.

Ce docteur a quelque chose en lui qui m’intrigue, je ne sais pas quoi mais depuis une semaine je me surprends à penser à ses doigts entrains de mettre la crème cicatrisante sur mon corps, rien qu’y penser me donne la chair de poule.

[Rire] Ah Raki arrête de fantasmer sur l’enfant des gens ho.

Après avoir déjeuné j’ai pris une douche, j’ai ensuite enfilé une robe qui m’arrive au-dessus du genou

pas trop collant mais assez pour faire sortir ma silhouette.

jMon tissage bien soigné que j’ai détaché pour qu’il tombe sur mes épaules, une chaussure avec moins de talon. Un parfum léger à base de lavande et le tour est joué

Houleye : Tu sors ou quoi ?

Moi : Non, pourquoi

Houleye : Ne me dis pas que tu te fais coquette juste pour te faire consulter ?

Moi : Heu… non mais je préfère rester présentable à tout moment tu le sais non ?

Houleye [taquin] : ha là pour être présentable tu l’es, tu veux séduire le beau docteur ?

Moi : Arrête… je veux donner une bonne image c’est diffèrent

Houleye : j’ai bien vu que vous vous lanciez des éclairs la dernière fois,

Moi [un peu honteuse] : je n’ai rien remarqué moi

Houleye : menteuse, en tout cas c’est un bel homme

Moi [faisant semblant de ne pas entendre] : as-tu pris tes médicaments ?

Houleye : n’essaie pas de te défiler demoiselle, je te connais et je connais tes gouts en matière d’homme

Moi : ok, il m’a tapé à l’œil c’est tout, et puis tu oublies que je vais bientôt être docteur ? Il peut m’aider à avoir un stage ou un Job.

Il faut se faire des relations surtout nous qui n’avons personne d’autres.

Houleye : C'est la seule raison?7

Moi; oui

Houleye: Et s'il y'a en une autre, je ne te jugerai tu sais. Si un jour tu tombes amoureuse de quelqu’un, je serai ravie pour toi et te soutiendrai.

Tu es en âge de te marier et c’est normal d’être fréquentée, ne te replie pas sur toi-même s’il te plait d’accord ?

Tu as le droit d’être heureuse autant que toutes les autres filles.

Je veux que tu t’épanouisses et que tu t’amuses un peu, le reste viendra grâce à Dieu. Et saches que je te soutiendrai toujours quoi qu’il arrive.

Moi [lui faisant la bise] : D’accord, merci beaucoup

Houleye [souriante] : Pas de quoi, bon je vais ranger un peu la chambre, tu me diras s’il arrive?

Moi : Ok

Quand Houleye me parle ainsi j’ai toujours chaud au cœur et j’ai les larmes aux yeux.

Elle est comme une maman pour moi, et elle fait tellement d’effort pour que je ne ressente pas trop le vide qu’a laissé maman.

Elle m’a toujours mis en avant en oubliant ses propres rêves et ses propre choix. C’est pourquoi à mon tour je me dois d’être près d’elle et la soutenir en ces moments difficiles.

Elle a raison quand elle dit que je ne m’amuse pas, je n’en ai jamais eu le temps car j’étais occupée à survivre avec ma sœur, je ne me suis donc jamais préoccupée de cet aspect de la vie.

Je me suis installé devant la télé le temps que le docteur arrive.

*** Quelque part à Bamako***

: Allo ?

: Monsieur je viens aux rapports

: parle la ligne est sécurisée

: J’ai retrouvé le colibri

: Tu as pu le capturer?

: Non la situation n’était pas propice pour cela

: Nous n’avons plus beaucoup de temps et tu sais que si tu échoue tu devras payer les conséquences n’est-ce pas ?

: Oui Monsieur

: J’attends des nouvelles

Clic

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