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03

Partie 3 :

Samedi, 14h58...

Je suis sur le patio de sa maison...Que dire à part que je suis impressionné ? C'est énorme cet endroit. Il y a des petites parcelles de jolies fleurs autour d'une fontaine à la médiévale. Le tout est couvert par une sorte de coupelle géante, c'est juste trop beau...J'avance encore un peu et j'aperçois au loin une piscine sur le côté. C'est quand même pas son salaire de secrétaire qui paie tout ça ! Ou bien c'est un héritage ?? Bon j'arrête de me poser des questions, cette maison est luxueuse oui, en plus de cela c'est un quartier résidentiel. Mais en vrai, ce n'est pas mon problème, je suis là pour autre chose. Je ne suis pas sûr de ce que Mlle Beckers me réserve. Je ne sais vraiment pas quelle mouche l'a piquée. Ne me méprenez pas, je suis ravi de pouvoir la voir de nouveau mais...c'est juste qu'elle m'a tellement refroidi après notre 3ème rendez-vous que pour moi tout était bien fini.

… : Marcus ?

Je me retourne et la vois. Je sais pas mais j'ai l'impression qu'elle m'a manqué. Elle portait un ensemble jogging gris et ses cheveux étaient rassemblés en un chignon haut. D'habitude elle les porte en queue de cheval.

Elle : Tu es là depuis longtemps ? Désolé.

Moi : Bonjour Lyvanne.

Elle (gênée) : Euh désolée, j'en oublie les bonnes manières. Bonjour, tu vas bien ?

Moi : Oui.

Elle : Bien. Suis-moi.

J'ai fait comme elle a dit et nous sommes entrés dans la maison. La porte était particulière, en bois marbré ou quelque chose comme ça. Et l'intérieur ?? Pouaaah ça puait le luxe là-dedans. J'essayais au max de ne pas montrer à quel point j'étais impressionné. La première pièce que je pensais être un salon n'était en fait qu'un pré-salon puisqu'un autre plus grand nous attendait quelques mètres plus tard. Elle m'a proposé de m'asseoir avant de disparaître et de réapparaître aussitôt.

Elle : J'ai oublié de te demander ce que tu veux boire.

Moi : Euh...tout ce que tu veux.

Elle : Bon ça ne m'aide pas ça.

Moi : Du coca alors.

Elle : Light ou normal ?

Pfff, elle devient relou (lourde) là, vous trouvez pas ?

Moi : Normal, merci.

Et elle a disparu à nouveau pour revenir avec un plateau dans les bras. Elle l'a déposé sur la table basse fébrilement. Soit elle était nerveuse, soit elle était super maladroite de nature. Le plateau qu'elle avait contenait une bouteille de coca, de la limonade, des verres, des glaçons et quelques apéritifs. Elle a mis du temps à les servir, elle a même failli faire tomber un verre.

Moi: Laisse-moi t'aider.

Conciliante, elle m'a laissé faire. Elle s'est ensuite assise sur le canapé en face du fauteul dans lequel j'étais. Il y avait un gros silence qui flottait, après deux trois gorgées de coca, je me suis lancé.

Moi: Tout va bien ? Tu m'as l'air vraiment secouée.

Elle: C'est rien.

Moi: Pourquoi voulais-tu me voir ? Je pensais que tu me...

Elle: Non, pas du tout. J'avais mes raisons.

Moi: Euh ok. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

Elle: Tu n'as vraiment rien dit à propos de ce que tu as entendu dans mon bureau l'autre fois ?

Moi: T'es sérieuse là ?

Elle: Je veux savoir, l'as-tu dit à quelqu'un ?

Moi (énervé): T'aurais pu me le demander par téléphone, ça ne nécessitait pas ma présence ici.

Je me suis levé totalement vexé par sa question.

Moi: Pour info, j'avais déjà oublié cet incident. Si ça peut soulager ta conscience, je n'ai rien dit à personne. Au revoir.

Je me dirigeais vers le couloir qui donnait au pré-salon quand elle a parlé...

Elle: Je suis désolée que tu le prennes comme ça...Merci de n'avoir rien dit, c'est tellement gênant...

J'ai donc continué à marcher puis dans ma précipitation, j'ai pris le mauvais chemin. Ce qui a fait qu'elle m'a retrouvé assez rapidement.

Elle: Tu es sûr que tu ne veux pas rester un moment ?

Moi: A faire quoi dis-moi ? Répondre à tes stupides questions ? Tu te rends compte du mal que tu m'as fait en me répudiant de la sorte la dernière fois ? Je n'ai pourtant rien fait de mal! Et là tu veux que je te tienne compagnie après ce que tu viens de me demander ?

Elle n'a rien dit...puis elle a fait deux pas vers moi, s'est mise sur la pointe des pieds, m'a pris le visage entre ses mains. J'étais tellement surpris par son geste que je n'ai pas vu son baiser venir. Je n'y répondais pas, j'étais juste surpris. J'avais les yeux grands ouverts et les siens étaient fermés...Elle semblait si désespérée. Je me suis détaché d'elle et nos regards se sont accrochés...

10 secondes...

20 secondes......

30 secondes........

Mon coeur battait fort, c'était indescriptible ce qu'il y avait dans ses yeux, elle me voulait...elle me désirait. Et mon traître de corps aussi. On s'est simultanément jetés l'un contre l'autre, j'ai pris son visage entre ses mains et je l'ai embrassée langoureusement, elle y a répondu. J'aimais la saveur de sa langue. Elle avait un goût particulier. Ses mains me caressaient le bas du dos. Je me sentais...je ne me suis jamais senti comme ça à vrai dire.

Je n'ai jamais eu un baiser aussi long, un coup elle menait la danse, un autre coup c'est moi qui reprenait les rênes du jeu. J'étais dans une bulle, j'avais chaud et j'étais tendu. Comment un baiser a-t-il pu me rendre aussi faible ? C'était bon et je ne voulais pas que ça s'arrête. Pourtant j'ai mis fin à tout cela quand j'ai senti sa main glisser dans mon pantalon au niveau de mon entrejambe.

On est allés trop loin. C'était une bêtise...une bêtise qui m'a fait réaliser tas de choses.

Moi: Je dois partir.

Elle (les lèvres toutes rouges) : J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Moi: Non...je dois y aller. Je te rappellerai. Au revoir.

Je ne lui ai pas laissé le temps d'ajouter quoi que ce soit. J'avais d'autres soucis. Je pensais à Marie, ma Marie. Vous et moi savons très bien que ce que je ressens pour Mlle Beckers est totalement inexplicable. Malgré tout il reste fort. J'étais en colère contre elle vu comment elle m'avait jeté mais j'ai couru chez elle dès qu'elle m'a appellé. Elle m'avait blessé mais juste quelques minutes plus tard elle m'a fait perdre la tête avec juste un baiser. Ce n'est pas normal...et c'est cette anormalité qui m'attire...un peu trop. Marie...il faut que je le lui dise. C'est ma copine mais c'est aussi mon amie. J'ai besoin de son aide et aussi de son pardon. Reste à trouver le moyen de le faire car ce n'est pas chose aisée de dire à sa copine qu'on en veut une autre.

J'ai marché un moment avant de rentrer dans mon modeste "chez moi". J'ai passé toute la nuit là-dessus et comme elle a semblé porter conseil, le lendemain après mon dernier cours, j'ai pris le premier train direction Anvers. Pendant les 1h54 de trajet et une correspondance, j'ai pu arrêter de penser à toute cette histoire. Je me réjouissais juste du fait que j'allais voir ma copine et que nous allions passer un très bon long week-end. J'avais déjà prévu cela depuis un moment vu que le Vendredi serait férié. Elle était déjà au courant que je serais venu...mais pas en ce jeudi après-midi.

Sur moi, j'avais tout le nécessaire : deux jeans, un pull, deux t-shirts, mon manteau et surtout le cadeau à Marie. On était la veille du 11 Novembre, et le froid était déjà là depuis un bout de temps. Les températures allaient baisser encore plus bientôt mais ces deux dernières semaines nous avons eu droit à des températures clémentes pour la saison.

Une fois à Anvers, j'ai pris la direction du centre commercial le plus proche histoire de ne pas flâner dehors dans le froid. Marie est censée avoir cours jusqu'à 17h30 et là il est 16h. En passant devant un Sephora, j'ai songé à lui prendre un autre petit cadeau. J'ai laissé tomber avant de revenir sur mes pas quelques minutes plus tard. Je suis passé par tous les rayons et je lui ai pris un parfum. Il était en promotion en plus, je n'avais pas beaucoup d'argent mais j'étais prêt à me ruiner un tout petit peu plus pour elle. Je lui devais bien ça. Je suis sûr que vous vous dîtes que j'essaie de me déculpabiliser de cette situation mais non...Le premier cadeau c'était pour son anniversaire (il y a 10 jours) mais malheureusement j'avais des partiels je ne pouvais pas venir la voir. Le deuxième bah c'était sur un coup de tête :)

17H45...

Je suis devant sa résidence, je sais qu'elle ne va pas tarder à arriver. Elle a toujours cette manie d'être carrée dans son quotidien. Son école n'étant qu'à 10 minutes à pied de sa résidence, elle prend toujours 5 à 8 minutes pour discuter avec ses ami(e)s après le cours ou pour poser des questions à un prof. Puis elle sort de son école et marche casque audio sur la tête direction la résidence. Dès fois ça lui prend moins de 10 minutes, notamment quand elle a une envie pressante. Oui car Marie trouve les toilettes de son école extrêmement crades du coup elle n'y va plus.

Bah là voilà. Vu la vitesse à laquelle elle marche, je pense qu'elle a une envie pressante cette fois. La preuve est qu'elle ne m'a même pas vu, elle n'a même pas levé les yeux vers moi. Elle a dit "bonsoir" avant de passer son badge pour ouvrir la porte principale. Elle l'a laissée ouverte pour que j'y entre, toujours sans me regarder. Sûrement pensait-elle que j'étais un visiteur d'un des résidents. Elle m'a fait sourire. Je l'ai suivie doucement mais comme elle allait vite, j'ai été très rapidement devancé. J'ai pris les escaliers jusqu'au premier étage et comme c'est loin d'être la première fois que je viens ici, je me suis placé devant sa porte, j'ai patienté cinq bonnes minutes lui laissant ainsi le temps de satisfaire ses besoins tranquillement avant de cogner à la porte.

Je ne sais pas si vous le faîtes aussi mais moi j'aime trop embêter les gens en mettant un doigt sur le judas. La personne ne peut donc pas voir qui c'est. La porte s'est ouverte juste après. Elle avait le sourire...

Elle: Quelle surprise !! Je savais que c'était toi !

Elle s'est serrée dans mes bras avant de me laisser entrer.

Moi: Et si quelqu'un d'autre faisait la même chose ?

Elle: Il n'y a que toi qui fait ça.

Moi: Mais ça aurait pu être un violeur, un voleur, un tueur je sais pas.

Elle: Un violeur: toi parce que tu vas un jour ou l'autre me faire l'amour, un voleur: toi parce que tu as volé mon coeur et un tueur: toi parce que je voudrais être tuée que par toi. En gros, tout est lié à TOI.

Moi: :O

Elle: Rhooo je rigole, regarde la tête que tu fais!

Moi: Tu l'avais préparée celle-là ?

Elle: Non, c'était un freestyle exclusif pour toi idiot.

Elle m'a tiré vers elle et m'a doucereusement embrassé. Je ne dirais pas que je ne ressentais rien mais je pensais à l'autre...

Elle: T'es plutôt chargé cette fois!

Moi: Tu trouves ?

Elle: Oui, d'habitude t'as pas autant d'affaires...à moins qu'il ne s'agisse de mon cadeau.

Moi: C'est exact.

Elle a commencé à sautiller sur place visiblement touchée et exaltée.

Elle: Tu veux boire quelque chose ? Tu as faim ? Oh la la j'ai rien dans cette baraque, je comptais faire des courses ce soir pensant que tu serais là demain.

Moi: C'est pas grave, on y va ensemble si tu veux.

Elle: Merci mon chou.

Pendant qu'elle se changeait je lui ai raconté comment elle a foncé dans sa résidence sans m'avoir vu. Elle me croyait pas en plus ahahha.

On est allés faire les courses, on a préparé à manger et ensuite elle a ouvert ses cadeaux. Elle semblait satisfaite et ça c'était tout ce qui comptait. On a passé la journée fériée à glander chez elle, on a flirté encore et encore...Puis le soir on a mangé dans un restaurant indien, elle adore cette cuisine. Puis alors qu'on dormait, je l'ai entendue renifler...

Moi: Marie ? Qu'est-ce que t'as ?

Marie: Sniff, rien.

Moi (inquiet): Mais tu pleures.

Et là elle s'est sérieusement mise à pleurer. Je me suis levé, ai appuyé sur l'interrupteur pour éclairer la pièce. Je l'ai ensuite prise dans mes bras un moment avant qu'elle ne se dégage doucement.

Moi: Qu'est-ce qui se passe ma puce ? Dis-moi.

Elle (la tête baissée): Je ne te mérite pas. Tu es tellement gentil avec moi...Je ne mérite pas tout ce que tu fais pour moi.

Moi: De quoi tu parles ? Cela a toujours été comme ça entre nous.

Elle: Mais je ne suis pas parfaite Marcus...je suis loin de l'être.

Moi (totalement perdu): Je ne comprends pas.

Elle: Il faut que je t'avoue quelque chose.

Moi: ...

Elle: Je ne suis plus vierge.

Moi (à l'Ouest...mais VRAIMENT): Heu...

Elle (les larmes aux yeux): Je suis désolée...

Moi: Je comprends pas...tu n'as jamais été vierge ou tu l'as fait avec quelqu'un pendant notre relation ?

Elle:...

Moi: Tu veux dire que tu as couché avec un autre mec ?? Qui ? Quand ? Où ? Pourquoi ?

Elle: Je suis tellement désolée Marcus, si je pouvais je reviendrais en arrière snif.

Moi: Dis moi juste quand Marie...

Elle: Il y a un mois...snif, c'était il y a un mois.

Moi: Je vois...c'était quand tu me suppliais qu'on le fasse c'est ça ?

Elle: Je...je sais pas ce qui m'est arrivé. Je voulais m'en débarrasser, ça devenait un poids et..et toi tu voulais pas.

Moi (élevant la voix): Tu trouves que c'est une raison valable pour te faire dépuceler par n'importe qui ? Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête bon sang!

Elle: Je suis vraiment désolée...pardonne-moi Marcus.

Moi: Ce n'est pas juste quelque chose dont on peut se débarrasser comme bon nous semble Marie, c'est sacré...je pensais qu'on était sur la même longueur d'onde à ce propos.

Elle: Je suis conne...tellement bête. Tu mérites mieux que moi Marcus...mais si tu me donnes une seconde chance, je te promets d'être à la hauteur cette fois.

J'étais encore sous le choc de ce qu'elle venait de me dire. Le plus blessant c'est que j'avais changé d'avis. Oui, j'avais très difficilement décidé de rester avec Marie malgré ce que je ressentais pour Mlle Beckers. Parce que après tout Marie me connaissait mieux que quiconque et ces 3 jours passés avec elle m'ont tout simplement rappelé les raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux d'elle.

Je pensais que ce que j'avas fait avec Mlle Beckers était la pire chose qui soit mais ça ?? Ce que Marie a fait est intolérable. J'ai même du mal à y croire tellement c'est insensé.

Maintenant qu'elle me dit un truc pareil, je ne sais plus...je ne sais plus du tout où j'en suis.

Face à mon mutisme, elle est partie dans la sdb (salle de bain). Je l'entendais pleurer mais je n'arrivais pas à parler...ni même à me lever pour aller la consoler.

Ça a duré quelques minutes...je parle de mon état de stupéfaction, de colère, de culpabilité, de tristesse...bref de plein de choses en même temps. Je me suis levé et je suis allé cogner à la porte de la sdb...

Moi: Marie ?

Silence...

Moi: Ouvre stp.

Silence...

Moi: C'est pas grave, je vais te parler d'ici.

Je me suis assis sur le sol contre la porte...Je l'ai entendue ensuite renifler.

Moi: Arrête de pleurer...je n'aime pas te savoir comme ça...Tu sais je ne suis pas parfait non plus. Je ne peux pas t'en vouloir. C'est juste que je suis un peu déçu...j'aurais jamais cru que tu...Ce qui est fait est fait. Je disais donc que je n'ai pas été honnête avec toi non plus.

PAUSE

Moi: Je..j'ai été...enfin je suis attiré par une autre femme et...on s'est embrassé.

Silence...

Moi: Je ne pensais pas que c'était aussi fort. Je ne pensais même pas que c'était réciproque. Ça m'est tombé dessus comme ça. Je suis désolé.

Silence...

Moi: Il est mieux pour nous deux de mettre fin à cette relation. Nous pourrons rester amis, on l'a toujours été à la base. Il ne sera pas difficile de le faire.

Silence...

Moi: Pardonne-moi ma puce. Sache que moi...je t'ai pardonné.

Je suis resté contre cette porte de longues minutes encore avant d'aller me coucher dans le lit. Je ne sais plus combien de temps plus tard, elle m'a rejoint et m'a pris la main.

Elle: Je te pardonne Marcus.

Je me suis retourné vers elle et après un long échange de regard, on s'est embrassé. C'était fort probablement notre dernier baiser, nous le savions tous les deux. On s'est réveillés très tard le lendemain. Le petit-déjeuner a été pris dans le silence, même le trajet à la gare était silencieux. Elle avait les yeux bouffis, ça me fendait le coeur de la voir comme ça.

Moi: On n'est pas obligé de ne pas se parler tu sais ?

Elle (petit sourire): J'attendais que tu parles en premier.

Moi (plaisantant): C'est toujours moi qui fait le premier pas avec toi! Même quand on se dispute et que tu as totalement tort.

Elle (triste): Mais cette fois, j'ai été la première à tout gâcher entre nous.

Moi: Marie dis pas ça. Rien n'est gâché entre nous. Tu sais que tu peux toujours compter sur moi.

Elle: Je sais...tu es en or Marcus, ne change pas.

Moi: Merci ma puce...il est là le train...(la serrant dans mes bras)...prends soin de toi. On s'appelle.

Elle: Bon voyage...

C'est ainsi que l'histoire d'amour entre Marie et moi s'est finie et a laissé à la place une très belle histoire d'amitié...

*

*

*

*

*

Ça faisait près d'une semaine que j'étais revenu d'Anvers et que je n'avais pas contacté Mlle Beckers. J'étais un peu intimidé. Je faisais tout pour ne pas la croiser à l'école mais je pense qu'elle m'a aperçu une fois. Et pourtant, plus rien ne me retient, je peux me jeter à l'eau et en subir les conséquences positives ou non.

Et puis c'est pas parce que je lui ai dit que j'allais la rappeler qu'elle ne peut pas le faire elle...

*

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*

*

Avec Hélène et les garçons (non pas la série), on s'est fait un ciné le vendredi soir et nous avions prévu d'aller à la patinoire le lendemain. Chose que j'ai annulé car Mlle Beckers m'a appelé et...bref, je devais absolument aller la voir...Je vous explique.

Après le ciné avec mes potes, je suis rentré chez moi et j'ai skypé avec Marly. Mon téléphone a ensuite sonné et c'était Mlle Beckers...Lyvanne quoi...

Elle: Marcus, qu'est-ce qui ne va pas chez toi hein ?! Je ne suis pas assez attirante pour toi ?? Tu penses que tu peux rentrer dans ma vie comme ça, tout y chambouler et t'en aller aussitôt ? T'es normal toi ? Tu devrais te faire soigner! Parce que moi je suis une bombe...et crois-moi tu n'auras pas l'occasion d'en revoir une autre comme moi dans ta vie ! Bordel, je te demandais juste de me faire...(autre voix)...Ne me dis pas que...AHH Lyv qu'est-ce que t'as fait ?!

Moi: Allô ?? Allô ?? Mais qu'est-ce qui se passe ??....ALLÔ !!!

Click!

C'était ça l'étrange appel de Mlle Beckers, elle m'a fait cogiter toute la nuit si bien que de bonne heure, j'ai informé mes potes que je ne serais pas avec eux pour la patinoire. J'ai essayé d'appeler Mlle Beckers mais ça ne sonnait même pas, son téléphone était sûrement éteint. Comme je sais où elle habite je vais y passer dans la journée.

*

*

*

*

C'était la 4ème fois que je sonnais et j'étais toujours planté là devant sa porte droit comme un piquet. Au bout de la sixième sonnerie, la porte s'est violemment ouverte sur une Lyvanne presque méconnaissable, les cheveux en bataille.

Elle: Bordel, je peux savoir pourquoi vous m'empêcher de dormir à...cette..heure.

Elle venait de se rendre compte que c'était moi. Elle a aussitôt refermé la porte. C'était étrange. A part ça, je trouve qu'elle est un peu grossière. C'est la deuxième fois qu'elle dit "bordel" en deux jours. Ça me rappelle le père d'un ami ivoirien qui avait une fois dit: "Gros mot dans bouche de femme c'est pas joli, ça gâte sa beauté." J'ai fort rigolé ce jour-là, je pense que son accent y a beaucoup contribué. Revenons donc à moi devant la porte toujours fermée...

10 minutes plus tard...

La porte s'ouvre. Je ne sais même pas pourquoi je ne suis pas parti entre temps. Elle m'a laissé le passage sans dire mot. J'ai remarqué qu'elle avait troqué sa robe de chambre pour un ensemble jogging rose et avait dressé sa chevelure.

Nous étions dans le salon quand elle a pris la parole...

Elle: Désolé pour tout à l'heure. Je suis rentrée très tard et j'ai donc pas assez dormi.

Moi: Je vois.

Elle: Qu'est-ce qui t'amène ?

Moi: J'avais dit que j'allais te rappeler.

Elle (les yeux reluisant de colère): Et tu ne l'as pas fait.

Moi: Si. Ton téléphone doit être fermé.

Elle: Je crois oui. Que veux-tu ?

Moi: Qu'on parle.

Elle: Je ne suis pas en état de parler là.

Moi: Je pense que si. Hier tu m'as dit des choses...

Elle: Des choses ? Quelles choses ? On s'est parlés hier ?

Moi (ironique): Non pas du tout, je viens de l'inventer cette histoire.

Je lui ai tendu mon téléphone pour qu'elle voit le journal d'appel.

Elle: Je...je ne me souviens pas.

Moi: Tu étais saoule je crois.

Elle: Eh merde...Attends moi ici deux minutes, sers toi à boire et à manger dans la cuisine si tu veux.

Elle a quitté le salon et n'est revenue que 20 grosses bonnes minutes après.

Elle: Je suis sincèrement désolée.

Moi: Ecoute, c'est de l'histoire ancienne tout ça. Reprenons tout depuis le début, j'aimerais vraiment qu'on essaye...Nous deux, ce n'est pas impossible.

Elle me regardait attendrie par mes mots. Je pense que c'est la manière la plus appropriée que j'ai trouvé pour lui demander de sortir avec moi. Le simple "Veux-tu être ma copine " ne me semblait pas juste pour elle.

Elle: C'est d'accord...Tu as quelque chose de prévu pour cet après-midi ?

Moi: Non, non rien.

Elle: Tu...enfin ça te dérange pas d'attendre un moment, je vais prendre une douche ?

Moi: Non...non, vas-y.

Elle: Merci.

Elle est partie en courant. Je me suis levé et j'ai fait une petite visite des lieux. Tout était propre et luxueux ici. Il est impossible qu'elle s'achète cela avec juste son salaire de l'école. Peut-être que c'est un héritage, qui sait ?? Bon n'allez pas dire que je suis un gigolo !

Quelques minutes plus tard, elle est revenue plus belle que jamais. Elle était habillée simplement pourtant. Ce jour-là nous sommes restés chez elle tard jusqu'au soir à parler de nous, de nos anecdotes...Et alors qu'on allait se dire aurevoir, je ne savais pas si je devais l'embrasser ou juste lui faire deux bises. Au final, je n'ai rien fait des deux puisqu'elle s'est doucement blottie dans mes bras. C'était un simple hug.

Notre histoire débutait doucement mais sûrement...

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