02
Partie 2 :
… : MARCUS !!!!
Moi : Oui Ma ! J'arrive dans une minute.
Je laisse la console et je rejoins ma mère dans le jardin.
Moi : Oui Ma ?
Maman : Tu ne sors pas ?
Moi : Non. Si je viens vous rendre visite, je ne sors pas tu le sais bien.
Maman : Hm...Tu as eu des nouvelles de tes frères ?
Mes frères ?? J'ai mis un moment avant de percuter.
Moi : Euh non.
Maman : Même le petit Steven ?
Moi (sèchement) : Je te dis que non.
Maman : Pourquoi tu te fâches ? Ce sont tes frères au même titre que Marly je te signale.
Moi : Je ne veux pas parler de ça.
Je risque de m'énerver si elle continue. Depuis une éternité, elle s'évertue à me convaincre de me rapprocher d'eux. Sauf que moi ça ne me dit rien du tout, d'ailleurs par où allais-je commencer puisque je n'ai pas leur contact ? Et puis ça m'énerve de voir ma mère aux petits soins pour eux, c'est vrai qu'elle ne les voit pas mais à chaque Noël, chaque nouvel an, bref chaque fête au cours de l'année, elle leur offre des cadeaux ou prépare des mets et les remet à mon père quand il va les voir. Je me demande même s'il les leur donne vraiment car à chaque fois ils se disputent pour cela. Ma mère est pleine de cœur, je ne pense pas qu'une autre femme dans sa situation aurait fait preuve d'autant de patience et de miséricorde.
Maman : Parles-en à ton père.
Moi : Ma j'en ai pas envie. Pourquoi EUX ils ne cherchent pas à nous rencontrer ?
Maman : C'est ton père qui les en empêche mais je suis sûre qu'ils ont déjà essayé.
Moi : Maman t'es trop naïve, la mère de Steven connaît bien cette maison, si son fils voulait connaître « ses frères et soeurs » on n'en serait pas là.
Maman : Hm tu m'insultes maintenant ??
Moi (excédé) : Tu sais bien ce que je voulais dire par là.
Maman : En tout cas, Marcus n'oublie jamais que la famille, c'est sacré.
C'est ça...c'est pas ma famille, c'est celle de mon père voilà !
Je suis retourné dans ma chambre sauf que j'avais perdu toute envie de jouer à la console. J'ai alors fait ce que je voulais faire depuis un long moment déjà...j'ai lancé l'appel et j'ai retenu ma respiration...C'est un « allô » sensuel dit d'une voix chaude qui m'a répondu...
Moi : Mlle Beckers ?
Elle : Monsieur Alade ?
Moi : Euh oui c'est moi...Comment allez-vous ?
Elle : Très bien. Que me vaut l'honneur de cet appel en plein week-end ? J'espère que tout va bien.
Moi : Je vous dérange ?
Elle : Non pas du tout. Allez-y, qu'avez-vous à me dire ?
Moi : Je..en fait je...je voulais prendre un autre rendez-vous avec vous.
Silence...
Elle : Je pense qu'il serait mieux que je vous redirige vers une personne mieux adaptée à votre problème...qui n'est pas vraiment un problème à vrai dire vous avez juste besoin de parler à quelqu'un.
Moi : Et c'est à vous que j'ai envie de parler.
Elle :...
Moi : Je suis à l'aise avec vous, je ne pense pas qu'un conseiller d'orientation ou une psychologue pourrait mieux m'aider.
Elle : Mr Alade ?
Moi : Oui ?
Elle : Je vous rappellerai. Bonne journée.
Moi : Merci. A vous également.
Click !
Guys, je suis content. Bon je vous fais un petit récap' parce que je vous sens bien largués ! En vrai il s'en est passé des choses depuis le temps. Pour commencer, si vous êtes attentifs ou vraiment embarqués dans mon histoire, vous avez dû noter que j'ai demandé à avoir un « autre » rendez-vous, ça veut bien dire que j'ai déjà eu un premier rendez-vous avec elle. Si vous avez loupé ce détail, ce n'est pas bien grave, vous allez vous rattraper plus tard ;)
Je l'ai contactée pour la toute première fois par mail pour prendre rendez-vous et elle n'a pas répondu même le jour d'après alors j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allé dans son bureau. Il était comme tous les bureaux voisins et sur le sien il y avait marqué son nom et son prénom ainsi que son poste. Elle est une des secrétaires chargées de la scolarité et la pédagogie de mon école.
Enfin bon, ça ne vous intéresse pas je crois. Moi non plus à vrai dire. Revenons à la scène, voulez-vous ?? J'ai cogné avant d'ouvrir la porte. Son siège était retourné vers la fenêtre, elle parlait au téléphone...
Elle : J'en ai pas besoin Kim.....Non tu t'inquiètes pour rien....Ok ok je vais essayer....hihihihi c'est promis. Laisse-moi bosser maintenant, hun ?....Hahaha bisous.
Elle s'est retournée avec son siège et en me voyant elle a eu cette expression de surprise trop marrante sur son visage. Puis je l'ai sentie gênée, son léger rougissement l'a trahie. Heeey je vous ai pas dit à quel point elle est belle. Même sans montrer des parcelles de peau, elle est whaouh. J'adore comment son tailleur la met en valeur, cette couleur marron sable va très bien avec sa carnation, vous l'aurez compris, elle est magnifique.
Elle (hésitante) : Mr Alade ?
Moi : Désolé de vous avoir dérangé, j'ai cru bien cogner avant de rentrer.
Elle : Ce n'est pas grave, j'étais au téléphone. Que puis-je faire pour vous ?
Moi : Je vous ai envoyé un mail il y a deux jours.
Elle : Ooh je ne me suis pas connectée depuis quelque temps. Mais prenez place.
Elle a furtivement reboutonné sa chemise pendant que je m'asseyais.
Elle : Alors qu'est-ce qui vous amène ?
Moi : Il y a des choses que j'ai du mal à comprendre et que j'aimerais éclaircir.
Elle (intriguée): Je vous écoute.
Moi : J'aimerais savoir pourquoi j'ai été accepté dans cette école. Enfin, je suis heureux d'être ici mais je ne me sens juste pas...je veux dire que c'est trop beau pour être vrai.
Elle : Je vous coupe Mr Alade, si vous êtes là c'est que vous avez le profil. Vous êtes un élève studieux avec de bonnes notes.
Moi : Mais ma famille n'a pas les moyens de payer cette école.
Elle : Vous êtes boursier non ?
Moi : Oui mais nous savons tous que l'Etat ne peut pas prendre ça en charge, la bourse ne suffit pas à couvrir tout. Pourtant, l'école ne m'a rien réclamé depuis que je suis là.
Elle : Je vois.
Moi : Je sais que je devrais m'en réjouir mais ça me perturbe...j'ai besoin de savoir.
Elle : Je comprends.
Moi : Comment connaissez-vous mon nom ?
Elle (surprise) : Co...comment ?
Moi : La dernière fois dans le couloir vous m'avez appelé par nom comme aujourd'hui d'ailleurs.
Elle : Je connais la liste des nouveaux étudiants, vous avez oublié ?
Moi : Non mais comment avez-vous su que c'était moi ?
Elle : J'ai dû tomber sur votre dossier c'est pour ça.
Moi : Ce n'est pas la première fois que je vous vois. Vous étiez venue dans ma prépa il y a quelques mois pour parler de cette école. (Avec le sourire) C'est d'ailleurs pour ça que j'ai décidé de candidater.
Elle (souriant) : Ah oui ? Ravie de le savoir.
Moi : Vous avez su être très convaincante.
Je pense que le fait que j'ai appuyé sur le « très » l'a interpellé. On s'est regardé un moment avant qu'elle ne me dise gentiment qu'elle avait du travail. Elle m'a escorté jusqu'à la porte avant d'être complètement décontenancée par mon simple « J'espère voir revoir très bientôt ». Bon j'avoue avoir été un peu trop loin mais bon...j'ai certaines intentions...
Donc voilà notre première fois...ok je me fais des films peut-être mais je pense que je la déstabilise. Et si c'est le cas, c'est que je lui plais non ? Oh ne soyez pas grincheux, elle n'est pas vieille, je lui donnerais au grand max 27 ans...Allez, 25 ans même. Bref, l'âge n'est pas un problème pour moi. Bon c'est vrai, il y a Marie mais concrètement il ne s'est encore rien passé entre "Mlle" Beckers et moi. Je précise bien "Mlle" même si elle m'a corrigé la dernière fois avec son "Madame" car je n'ai pas vu de bague à son annuaire gauche. Vous allez me dire que ça ne veut rien dire je sais, je l'avoue. Pourquoi je la convoite ? Je ne saurai vous le dire...j'arrive pas à me l'expliquer. Un fantasme ? Peut-être bien. Le futur nous le dira de toute façon...Cette phrase je me la répétais dans la tête tout le temps.
****
Ce qui est sûr c'est que quelques jours après l'avoir appelé, je suis allé la voir dans son bureau et j'oublierai jamais ce qui s'est passé...
J'ai cogné comme d'habitude avant d'entrer, Mlle était concentrée sur son ordinateur avec un casque sur la tête. Elle a remarqué ma présence quelques secondes après et ça l'a mis dans un de ces états...
Elle: Vous...vous êtes là depuis combien de temps ?
Moi: Je viens à peine d'entrer.
Elle a enlevé rapidement son casque avant de ranger son bureau avec précipitation. En faisant un dernier geste brusque, le câble qui reliait son casque à l'ordi a été débranché. Jusque là rien de bien étrange...enfin si à partir du moment où j'ai entendu une femme gémir...
...: Hummm...ooooh ouuuuiii, plus fooooort...ohhhhh n'arrête pas.
Mlle a viré au rouge tomate avant de couper le son.
Elle (très gênée): Vous n'avez rien entendu, c'est compris ?
Moi: Euh ???
Elle: Je vous avais dit de m'appeler avant de passer.
Moi: Je l'ai fait.
Elle: Je ne m'en souviens pas...bon qu'est-ce qui vous amène cette fois ?
Moi (du tic au tac): Vous êtes magnifique Mlle Beckers.
Elle: ???
Moi: Je suis désolé.
Elle: Déjà ce n'est pas Mlle mais Madame...mais merci pour le compliment.
Moi: Vous êtes mariée ?
Elle: Non.
Moi: Vous avez un petit-ami ?
Elle: Non..euh quoi ?
Moi: Je veux mieux vous connaître, vous en savez déjà sur moi.
Elle: Mr Alade, ce n'est pas approprié..
Moi (la coupant): Et je ne souhaite pas que ce soit approprié...appelez-moi Marcus.
Elle: Marc...Mr Alade.
Moi: Qu'est-ce que vous regardiez sur votre ordi ?
Elle: Pa..pardon ?
Moi: Je suis très curieux de nature.
Elle: Ecoutez Mr..
Moi (la coupant): C'est Marcus, Mlle Beckers.
Elle: Vous voulez me faire chanter c'est ça ?
Moi: Non, je veux juste un peu de votre temps.
Elle: Mais c'est du chantage.
Moi: J'ai jamais dit que je vais vous balancer à qui que ce soit.
Elle: Mais vous y pensez !
Moi: Non.
Elle: Qu'est-ce que vous voulez ?
Moi: Vous.
Elle (surprise et toute rouge): Mr Alade ce n'est pas un jeu.
Moi: C'est Marcus Mlle.
Elle (exaspérée): Comme vous voulez Marcus, je vous écoute.
Moi: Nous ne pourrons pas bien parler ici.
Elle: Il est hors de question qu'on se voit en dehors du cadre de l'école.
Moi: C'était ma condition pourtant.
Elle: Vous aviez dit que vous ne me faisiez pas du chantage, n'est-ce pas ?
Moi: J'ai changé d'avis entre temps.
Elle: :O
Moi: Je vous promets que ça restera entre nous.
Elle: Bien, faisons un contrat !
Moi: Pas besoin, je vous donne ma parole d'homme.
Elle (complètement détachée): Vous n'êtes pas encore un homme, croyez-moi.
Wooow ça c'était blessant ! Elle s'est mise à taper furieusement sur son clavier. Puis c'est le bruit de l'imprimante qui m'a surpris. Elle m'a tendu la feuille qu'elle venait d'imprimer. C'était effectivement un contrat qu'elle voulait que je signe. En gros, je ne dois rien dire de ce que j'ai vu, plutôt entendu en entrant dans son bureau. Contre quoi ?? C'est ce que je me demande aussi.
Moi: Qu'est-ce que j'y gagne ?
Elle (l'air de rien): Comment ça ?
Moi: Qu'est-ce que j'ai en retour à garder le silence ?
Elle: Je vois que vous n'êtes pas naïf, beaucoup n'auraient même pas lu ce papier.
Moi (tenant la perche): Ce qui fait de moi un homme...un vrai.
Elle: Que voulez-vous spécifiquement ?
Moi: Qu'on se voit...une fois par semaine au moins. A l'extérieur de préférence, ça peut être un simple dîner, un ciné, une promenade dans un parc, tout ce que vous voulez en fait. Et cela pendant un mois.
Elle (au bord des larmes tellement elle rigolait pendant que je parlais): Mr...Marcus, c'est incensé tout cela, vous ne trouvez pas ?
Moi (sérieux): Non.
Elle: Bien réduisez le tout à 2 semaines, c'est ma dernière offre.
Moi: Sauf votre respect Mlle, vous n'êtes pas en position de négocier. Moi si !
Pour réponse, elle s'est remise à taper sur son clavier avant d'imprimer un autre papier qu'elle m'a tendu dès sa sortie de l'imprimante. Je l'ai lu et le contenu m'a plu. J'ai souri en signant puis en lui passant le papier qu'elle a aussitôt signé également.
Elle (me tendant la main): Marché conclu ?
Moi (tout sourire): Deal !!
Je la sentais craquer, sa main dans la mienne que je ne voulais plus lâcher et aussi mon sourire (on m'a toujours dit que j'avais un sourire séducteur).
Elle (gênée): J'ai du travail.
Moi (lâchant sa main): Ok. Merci Mlle Beckers.
Moi: Premier rendez-vous, ce Samedi.
Elle: Comment ça le premier ? Celui d'aujourd'hui alors ?
Moi: On est à l'école, ça ne compte pas.
Elle: Donc vous viendrez toujours à mon bureau comme bon vous semblera ?
Moi: Exactement.
Elle (complètement dépassée): Vous connaissez le chemin.
Moi: Aurevoir Mlle, bonne fin de journée et à Samedi.
Elle a fait un sourire forçé avant d'aller derrière son ordi. Je suis sorti de là-bas fier de moi. J'étais tellement content que j'en avais oublié le test que je devais avoir dans une matière. Ce n'était pas panique à bord hein, j'ai quand même assuré ce jour-là et les jours d'après aussi. SAUF que lorsqu'il a fallu qu'on mette au point le lieu de notre rendez-vous, j'ai vraiment réalisé ce que j'essayais de faire. Même pas, j'ai en fait réalisé que je ne savais pas ce que je faisais. Qu'est-ce que je voulais réellement de Mlle Beckers ? Son attention ? Dans quel but ?
Bref, elle m'a donné rendez-vous pas loin du centre ville, je pensais que c'était pour qu'on aille dans un restaurant pas loin, j'avais même retiré de quoi payer l'addition. Mais une fois qu'elle est arrivée, lunettes noires aux yeux, petit foulard autour de la tête, j'ai rigolé.
Moi: Mlle Beckers pourquoi êtes-vous habillée de la sorte ?
Elle (en mode camouflage): Shuut, suivez-moi !
Moi: Euh bah ok.
On a marché quelques minutes avant qu'elle me fasse pénétrer dans un hôtel. En plus elle avait apparemment déjà réservé une chambre. J'ai vite compris qu'elle avait mal compris mes intentions...que moi-même j'ignorais encore mais ça elle n'était pas obligée de savoir. J'aurais pu l'arrêter tout de suite mais je voulais savoir ce qu'elle avait en tête alors je l'ai suivie encore jusqu'à la chambre...en fait non, la suite qu'elle avait réservé. Une fois à l'intérieur, elle a enlevé son foulard et ses lunettes avant de me dire d'une voix très lasse d'aller prendre une douche si j'en sentais le besoin.
Moi: Mais pourquoi ?
Elle (levant un sourcil): C'est juste plus hygiénique.
Moi: Je suis propre moi mais là n'est pas le problème, on devait..
Elle (me coupant): Oui je sais. (fouillant dans son sac) J'ai pris des préservatifs au cas où vous n'en auriez pas, il y a toutes les tailles.
Moi: Mlle Beckers..
Elle: Finissons-en Marcus.
Moi: Mais c'est pas ce que je veux !
Elle: Alors là jamais, je ne vais pas coucher avec vous sans protection!
Moi: JE NE VEUX PAS COUCHER AVEC VOUS!
Elle: ???
Moi: Je pense qu'il y a un énorme malentendu.
Elle: Euh je crois oui.
Moi: Je veux juste parler avec vous, mieux vous connaître.
Elle: Donc vous ne voulez pas coucher avec moi ?
Moi: NON! Pas que vous n'êtes pas désirable, c'est juste que ce n'est pas mon but.
Elle: Si je comprends bien votre but est de mieux me connaître, excusez ma redondance mais dans quel but ?
Moi: Honnêtement, je ne le sais pas. Je ressens juste ce besoin de parler avec vous.
Elle: Je ne sais pas quoi dire.
Moi: Ne dîtes rien alors. On y va ?
Elle: J'ai déjà payé la suite pour aujourd'hui.
Moi: Ah mince.
Elle: Qu'on en profite alors, on a droit au room service VIP en plus.
Moi: Comme vous voulez.
Elle s'est assise sur une chaise, moi sur une autre et on a commencé à discuter tout bêtement de la décoration de la suite. Ensuite, on est allés sur les goûts de chacun, et de fil en aiguille on a discuté pendant un peu plus de deux heures sans s'en rendre compte.
Elle: J'ai une faim de loup! Et toi ?
Moi: Pareil.
Elle: J'appelle le room service alors. Tu manges quoi ?
Moi: Il y a un menu ?
Elle: Oui, ils vont l'apporter.
Vous remarquerez que nous nous tutoyons maintenant, génial non ? En fait, Lyvanne est aussi incroyable de l'intérieur que de l'extérieur. Bon plus sérieusement, on a beaucoup parlé de l'avenir, enfin du mien sur le plan professionnel. Elle me donnait des conseils sur les cours et aussi les choix à faire pour les cursus. Elle m'a un peu parlé du sien mais je trouvais qu'il était un peu flou. Quant à l'âge...
Elle: C'est pas poli de demander à une dame son âge.
Moi: C'est juste pour savoir. Le mien tu le sais, non ?
Elle: Non jeune homme. Je ne te le dirai pas pour autant!
Moi: C'est pas juste.
Elle (amusée): Tu sauras avec le temps qu'il n'y a pas de justice dans ce monde.
Moi: Je crois en la justice divine moi.
Elle (pensive): Ce n'est pas le cas de tout le monde, crois-moi.
Moi: Euh...tu ne crois pas en Dieu ?
Elle: Ce n'est pas faute de ne pas avoir essayé.
Moi: Qu'est-ce qui s'est passé ?
Elle m'a juste souri avant d'aller ouvrir la porte. On a commandé et on a mangé sans avoir eu à reparler de ce sujet. Quelque chose me dérangeait dans le rapport qu'elle semblait avoir avec Dieu mais je ne voulais clairement pas la juger...bon au fond je l'ai un peu fait.
On s'est laissés juste après avoir mangé, elle a prétexté avoir un rendez-vous. Moi je suis allé voir Marie, ça faisait un bon bout de temps que je ne l'avais pas vue. Pour info, nous n'avions pas encore couché ensemble, elle a arrêté ses "avances indécentes". On a passé un bon moment avant qu'elle ne reparte chez ses parents. Entre nous tout roule, malgré la distance je trouve qu'on se débrouille pas mal. On ne se dispute quasi jamais et quand on se voit c'est magique. Vous me diriez "Qu'est-ce que tu fous avec Mlle Beckers alors ?"...Well, c'est pas la même chose.
Quelques semaines plus tard...
Mlle Beckers et moi c'est fini...On ne se voit plus. Elle a mis fin à ce contrat à notre troisième rendez-vous parce que je l'ai embrassée...Vous êtes satisfaits ?? Pffff ! Je comprends pas, je sens bien pourtant qu'elle ressent la même chose que moi...Bah oui, j'ai fini par me faire à l'idée que j'étais tombé amoureux d'elle. Marie ?? Elle ne sait rien et nous sortons toujours ensemble. Je pensais lui en parler...je ne veux pas lui cacher que je désire une autre qu'elle. Je l'ai fait au début car je ne mesurais pas la force de cette attirance que j'ai pour Mlle Beckers. Si je raisonne de manière égoïste, je dirais que j'attendrai que Mlle Beckers fasse un choix car je le sais, elle est attirée par moi aussi. Ce qui la bloque c'est le fait qu'elle travaille dans mon école et SURTOUT son âge...Je ne comprends pas pourquoi elle complexe autant pour 3, 4 ans d'écart. Enfin, je sais pas au juste, elle ne m'a toujours pas donné son âge mais moi ça ne me dit rien du tout qu'elle ait 40 ou 50 ans! (Ce qui est fort improbable!)
Sinon côté cours ça allait bien, très bien même. Mes parents aussi se portaient bien, Marly et moi nous parlions presque tous les jours, ce qui faisait moins ressentir son absence. Ma mère avait déjà prévu d'aller la voir pendant le Spring Break (Vacances de Printemps). Justement, j'étais sur Skype avec Marly quand...
Marly: Et ta Marie chérie ?? Elle a disparu de ton vocabulaire.
Moi: Rhooo qu'est-ce que tu racontes ?? Elle va bien.
Marly: Vous vous êtes vus quand la dernière fois ?
Moi: Tu fais l'école policière maintenant ?
Marly: Il y a anguille sous roche!
Moi: Tu te fais des films (ou pas).
Marly: Bon c'est pas comme si je l'aimais non plus ta Marie.
Moi: Loool, un peu de respect là !
Marly (un peu plus sérieuse): Voilà, je dois même t'avouer quelque chose.
Moi: Parle.
Marly: Je ne sais pas comment te le dire mais je sais que je ne dois pas te le cacher.
Moi: Dis-moi ce qu'il y a Marly !
Marly (dans un murmure): J'ai un petit ami.
Moi: ...
Mon silence était dû à l'infusion de la nouvelle dans mon cerveau. A vrai dire, je n'ai rien contre le fait qu'elle ait un copain MAIS nous les mecs on est mauvais, j'ai peur qu'il la blesse. Je le sais parce que tôt ou tard je vais blesser Marie. Brrrrrrrr !
Moi : C'est bon tu peux enlever tes mains de ton visage, petite folle !
Marly : Ouuuuuufff, j'ai cru que tu allais m'étrangler.
Moi : T'as bien deviné, si juste tu n'étais pas à des milliers de kilomètres.
Marly : Pff c'est nul les grand-frères !
Moi : Hahahahaha !
Soudain quelqu'un a fait irruption dans sa chambre et lui a dit en anglais bien sûr de se dépêcher.
Marly (gênée) : Euh Dada, je vais sortir là. On parle après ?
Moi : Ok...Hey Marly.
Marly : Oui ?
Moi : Fais doucement.
Marly : T'inquiète pas Dada. Bisous.
Moi : File.
Marly c'est mon gros bébé d'amour, enfin quand elle se tient bien lol. J'ai passé la soirée au téléphone avec Marie. Je me suis fait des frites avec des saucisses, c'est un peu dur pour moi de vivre tout seul (mes parents sont à Bruxelles et moi à Liège). Je ne sais vraiment pas cuisiner et manger dehors ça décime le porte-feuille, du coup je mange n'importe quoi. J'essaie de faire du sport à côté histoire de pas affoler la balance. Je ne suis pas du tout baraqué, je suis fin et grand. J'aurais voulu avoir un peu plus de muscle mais bon ça prend du temps et pour le moment, j'en ai pas trop. Les cours et révisions sont très prenants...Et aussi je pense trop à Lyvanne (Mlle Beckers), elle m'a zappé c'est vrai mais j'arrive pas à l'oublier. J'arrive surtout pas à oublier tous les signes qui montraient qu'elle m'aimait bien aussi. Alors qu'elle me jette ainsi, c'est juste...pas juste !
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J'ai les paupières lourdes, mes yeux refusent de s'ouvrir. Pourtant j'entends bien mon téléphone sonner. Je décide d'ignorer cet appel mais dans un élan de lucidité j'ai pensé que ça pouvait être ma mère. J'ai donc fait le gros effort de tendre mon bras à l'autre extrémité de mon lit pour le récupérer. Sans avoir eu un regard pour le numéro affiché, j'ai appuyé sur le bouton de droite là (c'était pas un téléphone tactile, c'était le nokia 33...)..
Moi : Allô ?
… : Marcus ?
Moi : Oui c'est bien moi, qui est-ce ?
… : Mlle Beckers...Lyvanne.
J'ai mis un moment avant de percuter...Ma Lyvanne ??
Je me suis redressé puis j'ai cligné des yeux histoire de me réveiller un peu. Peut-être c'était un de mes rêves stupides là...
Elle : Je t'ai réveillé ?
Moi : Euh non enfin oui mais c'est pas grave. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Elle : Désolé de t'avoir dérangé...Tu as un créneau de libre aujourd'hui ?
Elle veut me voir c'est ça ?? Noooon c'est trop beau, vous ne trouvez pas ? Et si c'était un piège ??
Moi : Je...euh je n'ai rien de prévu. Tu veux qu'on se voit ?
Elle (avec une petite voix) :...Oui.
Ouf ! Je ne rêvais pas. Elle voulait me voir MOI !! Bon laissez-moi jubiler d'abord...
