05
Je ne m’inquiète pas du tout.
Divya.
Avez-vous déjà ressenti cette sensation d’être aux anges ? D’avoir quitté la planète terre et d’avoir rejoint le ciel. D’être dans les nuages entrain de planer et ne plus jamais redescendre ? C’est sûrement ce que je ressens à l’instant. Ce ne sont pas des papillons dans le ventre ; ou du moins pas encore. Mais c’est ce sourire qui se dessine sur mon visage et qui me fait jubiler telle une enfant devant son parfum de glace préféré.
C’est ce genre de réveil que je souhaite avoir tous les jours de ma vie. Je relis une énième fois son message avant de sauter de mon lit, et mettre de la bonne musique. Je range tout mon appartement sans pour autant oublier ce message, dont les mots sont pourtant tout bêtes. Mais cela ‘est significatif pour moi.
« Bonjour la fille la plus timide que je connais mais que je vais bientôt décoincer. Par ce message, j’aimerais te souhaiter une bonne journée. Quel que soit ce qui se passera et te mettra de mauvaise humeur, pense à mon message. Tu retrouveras le sourire. »
C’est ce que j’appelle une pure douceur. Alors toute la journée, je l’ai passée à faire le ménage et à bosser mes cours. Le soir, je me suis occupée de mes cheveux puis j’ai débarqué chez Ambia. De toutes les façons, je ne compte pas vraiment m’occuper des caprices de Franck Ayilé. Je n’ai pas de temps pour ça.
Avant de partir, j’appelle Lilian histoire de savoir comment il a passé sa journée et ce qu’il compte faire de sa soirée. Il m’explique qu’il ira sûrement au restaurant avec ses amis et sortira prendre un verre avec un ami de longue date qu’il n’a pas vu depuis des années déjà.
En arrivant, je trouve Ambia très affairée dans la cuisine. Elle fait un gratin de pommes de terre et des côtes de porc. J’ai rapporté du vin et des bières car on ne sait pas si nous irons prendre un verre ou pas après. Franck Ayilé est assis devant Netflix en train de regarder une série. Il ne m’a pas dit bonsoir. Il m’a ouvert la porte et est reparti s’asseoir comme si de rien n’était. C’est ce que je ne le calcule pas du tout. Ambia m’enferme dans la cuisine et je suis obligée de tout lui raconter.
_Mais ma copine, tu as trouvé un homme.
_On n’est pas ensemble Nani. Je m’entends bien avec lui et j’aime passer du temps avec lui au téléphone également.
_Mais pourquoi souris-tu comme une idiote depuis tout à l’heure ?
_Parce que je me sens bien. Il est sympa et ça me plait ce qui se passe.
_J’espère que pour une fois, tu te laisseras aller et mettra tous tes blocages de côté.
_I hope so Nani. I hope so.
Au salon, Franck ne parle qu’avec sa sœur. Je demande alors à le voir pendant que celle-ci se rend sous la douche.
Il m’entraine au balcon et s’assoit les bras croisés, comme un gamin.
_Tu peux m’expliquer ton comportement une bonne fois pour toute Franck ?
_Non, je suis venu t’emmerder. Je suis désolé.
_Je n’ai jamais dit cela Franck. Juste qu’à chaque fois que tu me vois parler avec un garçon, tu me sors des paroles blessantes et tu te braques. Je suis censée être ta meilleure amie. Si tu as un problème tu me dis.
_Il n’y a rien Divya.
_Tu peux au moins t’excuser pour les mots que tu as utilisé n’est-ce pas ?
_Je suis désolé.
_Je ne te laisserai pas une autre chance Franck. La prochaine fois que tu me parles ainsi, je prends mes distances et je te laisse dans ton coin. Je ne peux pas te répéter la même chose tout le temps.
_Mais tu n’avais qu’à ne pas te comporter ainsi.
_Comment Franck ? Je n’ai pas le droit de tisser de nouveaux liens avec les gens ? Je peux être possessive comme tout mais ai-je déjà essayé de m’immiscer dans ta vie comme tu le fais ? Non Alors, fais de même.
J’ai tourné les talons et je suis repartie m’installer sur le canapé. Je discute avec Lilian. Ce que j’adore c’est qu’il est sans prise de tête. Je souris de temps en temps et je sens le regard de Franck très insistant. Cette gêne me fait me déplacer pour rejoindre Ambia en cuisine. Lilian voulait qu’on sorte tous les deux prendre un verre mais il vaut mieux oublier. Je ne veux pas de problèmes avec Franck.
_On sort prendre un verre ? J’ai des gens à voir aussi, nous dit-il pendant le repas.
_Ok, c’est toi qui vois. Il n’y a pas de soucis. De toutes les façons, on doit te faire sortir. Tu t’es bien occupé de nous à Montpellier, lui répond Fran Ambia.
_Et on va où ?
_Je ne sais pas encore. J’attends qu’ils me fassent signe aussi. Il me regarde encore avec insistance en me répondant. En tout cas, Franck Ayilé Matendet, je ne suis pas dans toi.
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Imane.
Je suis devant mes cours de médecine qui franchement me fatiguent. Je ne savais pas que le chemin que j’emprunterais serait celui là. Je n’ai aucun repos. Je ne peux avoir de vie sociale. Déjà que je n’en avais presque pas, alors là, comment vous dire ?
Cependant, en prenant mon envol, j’ai décidé de changer de comportement. Enfin, j’ai décidé d’essayer de devenir une autre personne. Je souhaite faire de nouvelles rencontres, sortir m’amuser et arrêter d’être cette fille introvertie. Je pense même que ça dépend des gens et du feeling que je ressens.
Avant de partir, j’avais fait ce vœu : celui de ne pas être casanière. Cependant, c’est le contraire qui se passe en ce moment.
Si je devais me décrire, je dirais que je suis une fille assez sympa. Rire. Sauf que pour voir cette sympathie, il faut m’aborder. La question est ; est-ce que je pousse les gens à le faire ? Est-ce que je leur en donne envie ?
J’aime ma routine, mon confort. Mais il est important que de temps en temps je vive des montagnes russes. Vous savez, celles là qui nous sortent de la monotonie dans laquelle nous sommes plongés. Je suis quelqu’un de très carrée dans ma vie également. Niveau relations ?
Qu’elles soient amicales ou amoureuses, c’est la même chose. Je ne sais pas s’il faudrait parler d’une problématique mais je n’y arrive tout simplement pas. Et c’est en regardant ma meilleure amie, qui semble être pire que moi, que je me rends compte que ce n’est pas un problème. Tout est question de temps dans la vie.
Mais je ne suis pas du tout ouverte. Je suis renfermée et souvent, j’ai tendance à faire fuir par mon indifférence. En amitié, je suis assez attentive et bonne conseillère tout comme Didi d’ailleurs qui ne sait pas appliquer ses conseils à sa propre vie. Rire.
Je suis en pré couple. C’est comme ça que j’appelle ça. Je n’en ai pas encore parlé aux filles car je veux être sûre de ce que je fais et du chemin que je souhaite prendre.
Il s’appelle Will. Il est aussi en prépa médecine et nous nous sommes connus par l’intermédiaire du groupe d’amis que nous avons. Mais c’est encore secret. Il a commence par me faire sortir et découvrir Lyon car il venait ici en vacances. Aussi, il passe souvent des soirées à la maison mais rien de plus. Je ne ressens rien pour lui. Même pas de l’attachement. Je passe juste du bon temps avec lui.
Ce qui le plait, c’est qu’il a tout ce qu’une fille de notre âge recherche. Il est poli, respectueux, calme et sans prise de tête.
Ce soir il est censé passer à la maison. Mais malheureusement, je ne suis pas dans ce mood là de faire la fille amoureuse. Mes cours me prennent la tête et je suis fatiguée. En général le vendredi soir, j’ai besoin de me reposer. Je pense que je vais finir par en parler à Divya. Elle qui a toujours les mots justes.
Je fais l’effort de faire à Will des tagliatelles carbonara avec des crevettes et de lui mettre la table. Je sais quand même recevoir les gens. Lorsque la sonnerie retentit, je plaque mon plus beau sourire sur le visage, que j’essaierai de garder toute la soirée.
Lorsque j’ouvre, il me fait un câlin avant de me manger la bouche.
Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire.
_Mais toi aussi, fais même doucement. Pourquoi tu fais comme si ça faisait des lustres que je ne t’avais pas vu ?
il éclate de rire à son tour et on va d’abord s’asseoir devant les cahiers. Il me demande pourquoi je me prends la tête un vendredi soir alors que je suis censée me reposer. Je ne manque pas de lui dire que contrairement à li, moi je n’ai pas de père médecin pour m’aider à travailler. Et dans tous les cas, lui s’en sort beaucoup mieux.
Il s’assoit pas loin et mange. Il m’observe travailler. Je sais qu’il est dépassé par ma réponse mais c’est comme ça. Je n’y peux rien.
_Tu passeras toute la soirée devant tes cahiers Imane ?
_Non, laisse moi juste finir de relire cette partie. Quand tu auras fini, je fermerai mes cahiers.
Il me répond sèchement et se reconcentre sur son assiette. Je n’ai pas dîné avec lui parce que j’avais déjà mangé en rentrant.
Il finit de manger, je débarrasse et range. Je vais m’asseoir sur le canapé à ses côtés.
_J’aimerais qu’on parle Imane.
Je le regarde surprise et mon cœur bat. Vous savez, lorsque vous êtes angoissée, votre cœur fait une espèce de saut comme s’il allait sortir de votre poitrine. Mais à ce moment, je ne saurais décrire le sentiment qui m’habite. De l’angoisse, de l’anxiété, de la peur ? Parfois ces trois sentiments sont réunis en seul et, c’est peut-être le cas actuellement.
Je suis dans une grande appréhension. Je sais qu’il va forcément me parler de « nous ». Mais quel sujet en particulier ? Celui de mon indifférence ? Sûrement. Et c’est lorsqu’il a abordé le sujet que tout s’est confirmé.
_Qu’est ce que tu penses de nous ?
_C’est à dire, demandai-je pour faire trainer le sujet dont il est question.
_De ce qu’on vit.
_Beh, je ne sais pas. Enfin je ne vois pas où tu veux en venir concrètement.
_Ok, je vais donc aller droit au but. Tu te trouves comment dans cette relation. Es tu en couple ?
_Oui, oui avec hésitation. Je suis ta petite amie, non ?
_Je ne sais pas. Je trouve que tu ne te donnes pas assez. Je ne te demande pas la lune Imane. Je te demande juste de l’attention. J’ai, jusque là respecté tes désirs. Ne pas aller trop vite, mais je veux juste que tu t’investisses un minimum.
C’est toujours moi qui viens vers toi, c’est toujours moi qui t’envoie un message. Lorsque nous passons du temps ensembles, je ne trouve pas réactive. C’est moi qui fais tout pour te mettre à l’aise. Si cette relation ne te convient pas, dis moi mais ne me fais pas perdre mon temps car j’ai horreur de ça. Aller doucement est une chose, mais pour ça, il faudrait fournir un effort. Chose que tu ne fais pas du tout.
As tu quelque chose à dire ?
Je me contente de répondre par la négative avec ma tête. Ma gorge est bloquée et je ne peux pas parler. Parce qu’encore une fois, je ne saurais expliquer ce comportement. Je n’arrive pas à m’exprimer. Alors une fois de plus, je reste silencieuse. Il me fixe comme pour me faire savoir qu’il attend une réponse mais malheureusement, je suis dans l’incapacité de la lui donner. Je ne sais quoi dire.
Le reste de la soirée il a été tout aussi distant. Il me posait des questions et je répondais à peine. Il en a eu marre et il est rentré, alors qu’il était censé passer la nuit ici.
J’ai pris une douche et je me suis couchée. J’avais mal. J’ai laissé couler des larmes.
Je lui ai envoyé un message pour m’excuser :
« Je suis désolée pour tout à l’heure mais aussi pour le mal que je te fais inconsciemment. Je ne le fais pas pour t’emmerder. Excuse moi d’avoir gâché la soirée ».
« C’est tout le temps la même chose. Je vais me coucher. Passe une bonne nuit ».
La définition de se sentir mal ? Quelqu’un la connaît ? il faut que je demande à madame la conseillère. Divya.
« Occupée ? »
« Oui, un peu, pourquoi ? »
« Need you. Tu es avec Lilian ? »
« Non, je suis en train de sortir avec Franck Ayile et Fran Ambia. Je te fais signe tout à l’heure. »
« Amuse toi bien. »
J’ai fini par m’endormir. Je ne sais comment, mais j’ai dormi, emportée par la musique.
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Divya.
_Le driver arrive dans 5 minutes. Qu’est ce que vous foutez dans la salle de bain depuis ?
On entend Franck Ayilé hurler depuis le salon. On éclate de rire Nani et moi. On essaye de se mette du fond de teint et je se recoiffer. On m’a toujours appris qu’il faut sortir présentable. On l’entend venir toquer à la porte et encore crier. Franck ne sait pas être patient. On sort comme si de rien n’était et direction le bar Fat cat, qu’ont proposé les amis de Franck A.
Arrivés sur place, l’ambiance n’est pas mal. Ce soir, le Dj est guadeloupéen donc la musique est très bonne. On se met bien et Franck va nous chercher nos premiers verres. Ensuite, il revient s’asseoir avec nous et discute tranquillement avec moi. On rigole et se taquine. Souvent, je ne comprends pas cette relation fusionnelle. Lorsqu’on se dispute, on n’a pas besoin de grandes discussions pour se reparler normalement. Après, il est difficile de lui faire la tête longtemps. Il a toujours les mots pour te faire tout oublier. Quel veinard !
Il s’excuse car il doit sortir rejoindre ses amis de Toulouse pour les ramener à notre table. En même temps, mon téléphone sonne. C’est Lilian. Je me déplace alors vers les toilettes pour pouvoir répondre. Malheureusement, je n’arrive pas à entendre tout ce qu’il dit. La musique est trop forte. Il m’envoie un message pour me faire savoir qu’il m’a aperçue dans le bar. Je suis étonnée car je ne l’attendais pas du tout. Je lui demande de se rapprocher de l’endroit où je me trouve. Il me retrouve devant la porte et je lui saute dessus. Je suis trop contente de le voir. Il me fait des câlins que j’ai du mal à rendre et finit par un smack. On se sourit et j’apprends qu’il est avec quelques un de ses camarades de classe que je connais de vue et qu’il m’a présentés vite fait.
Je vais donc les saluer à leur table et je discute vite fait avec eux. En repartant vers notre table, je me rends compte que Franck A a suivi toute la scène. Je ne suis même pas encore arrivée devant lui que déjà je m’énerve et me braque seule. Je sais et je sens que ça finira encore comme les autres fois. Ses amis aussi sont là et on les salue. Ils sont assez sympas et ils sont tous ouest africains. Je ne savais pas que Franck connaissait d’autres personnes que des gabonais. Rire. Je parle comme si je connaissais toute sa vie.
Fran-Ambia est très vite rentrée dans l’ambiance. Elle sympathise avec tout le monde alors que moi je reste dans mon coin. Je passe mon temps à surveiller les faits et gestes de Lilian. Nul n’ignore ma possessivité. Au moindre faux pas, je pète un câble. Franck ne rit plus avec moi. Il est resté dans son coin pendant tout le reste de la soirée mais comme on dit en Côte d’Ivoire : « si tu te comportes comme un crabe, tu seras mangé avec bruit » (tu subiras les conséquences de tes actes.) Oui, j’ai déjà appris quelques mots et je ne vois pas en quoi ça vous regarde.
Je fixe Franck Ayilé pour lui demander quel problème il a mais il ne me calcule pas. Au moment où je repars m’asseoir vers lui car je suis fatiguée et je souhaite qu’il me fasse rire, monsieur se lève pour sortir. Je crois qu’il est allé fumer, chose qu’il fait seulement lorsqu’il est énervé. Je fais un tour aux toilettes avec Fran Ambia qui semble déjà avoir trop consommé. Elle commence à beaucoup rire et à trop parler. Une enfant de 17 ans, si ses parents la voyaient. Rire. Je pense que tonton Franck serait fou. Quand on finit je veux aller à la table de Lilian mais il n’y est pas. Je me demande s’il est rentré sans me dire. Je sors en même temps prendre de l’air. Au loin, j’aperçois deux silhouettes entrain de discuter. Et celles-ci ne me sont pas inconnues. La couleur des vêtements m’est aussi très familières. Deux grands corps musclés ; un portant un sweat gris et un bas assorti et l’autre, portant un sweat blanc et un pantalon cigarette. Il s’agit très bien de Lilian et Franck-Ayilé qui sont en train de discuter avec de grands sourires à l’appui.
J’ai envie de pleurer. J’ai une haine qui monte en moi que je ne peux contrôler. A ce moment, je déteste Franck. Je ne sais pas ce qu’il fait. Il pouvait faire tout ça mais pas aller parler à mon copain, qu’il ne connaît pas. Je ne pense pas pouvoir le lui pardonner.
Je me renferme et je repars dans le bar. Fran Ambia me sent mal mais elle ne pose pas plus de questions que ça car elle sait que je ne parlerai pas. Je finis ma soirée sur mon téléphone. Lilian m’envoie qu’il s’en va et ne prend même pas la peine de venir me dire au revoir. Je réponds par un simple ok.
Franck nous fait savoir qu’on va y aller. Il adopte toujours le même comportement que tout à l’heure et ne me dit pas un seul mot. Qu’est ce qu’il foutait dehors ? L’as –t-il menacé ? Mais pourquoi riaient-ils ?
Je décide de commander mon Uber et de rentrer chez moi. Franck insiste pour que je dorme avec eux ou que leur uber me dépose mais je décline son offre.
_Tu es vraiment une gamine en fait.
_La gamine te demande d’aller te faire foutre.
Je fais savoir aux autres que je m’en vais et je rentre chez moi énervée.
J’appelle Lilian qui traine pour me répondre. Lorsqu’il se décide, j’entends de la musique derrière.
_Tu n’es pas rentré ?
_Non, on a continué chez un ami. On va se faire une soirée entre pote.
_Tu es parti sans me dire ?
_Tu as un problème Divya ? Je t’ai envoyé un message tu as réagi avec du retard. Tu pensais que j’aurais fait attendre les gens avec lesquels j’étais ? Quand même.
_N’importe quoi.
_Tu me parles autrement. Ce n’est pas parce que je te parle gentiment que je suis ton chien. Quand ton cerveau aura fini de te jouer des tours et lorsque tu retrouveras toutes tes facultés, tu me rappelleras. Bonne soirée.
Il raccroche. Je reste ébahie et perdue. J’ai mal mais je me répète intérieurement, que je suis une femme forte.
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Franck Ayilé.
On arrive et je vais prendre ma douche. J’ai passé une bonne soirée. Je suis trop content d’avoir retrouvé mes gars et même ce que je ne pensais pas revoir. Tant d’années se sont écoulées….
Alors que je m’apprête à appeler Divya pour lui demander si elle est bien rentrée, car aucun signe de vie, elle m’envoie un message qui me laisse perplexe et manque de me faire monter en pression.
« Tu arrêtes de te mêler de ma vie Franck. Je t’ai déjà dit. Tu me fais chier ? »
Je ne suis pas d’humeur à écrire. Dans tous les cas, je n’en ai pas la force. Je tremble de colère. Il n’y a qu’elle pour me mettre dans cet état. Je préfère l’appeler.
_tu m’expliques ton message ?
_tu te prends pour qui toi Franck pour être dans mes pattes ? On a eu une discussion hier tu n’as apparemment pas compris.
_De quoi tu parles en fait ?
Elle ne me laisse pas parler qu’elle commence à hurler sur moi telle une mère sur son enfant. Dans sa voix, on sent de la colère et de la frustration.
_tu as osé Franck aller parler à mon copain ? Tu ne peux donc pas rester à ta place ? Tu es venu à Toulouse pour me surveiller et m’emmerder ? Comment as tu osé prendre la confiance, te lever sous mes yeux et sortir parler à mon copain ?
J’essaye encore de répondre mais elle ne me laisse pas en placer une.
_Je suis bien avec Lilian alors ne gâche rien et s’il te plait va te faire foutre.
Je reste choqué. Lilian ? Son copain ?
_Ecoute moi très bien Divya. Tu te prends pour qui toi pour venir hausser le ton sur moi et ne pas me laisser parler ? Tu penses que je n’ai que ça à foutre moi de me mêler de ta putain de vie ? Tu penses que ça m’apporte quoi de m’occuper d’une gamine comme toi ? Tu sais ce qu’est avoir une discussion avec quelqu’un ? Tu viens avoir des explications ou pas ? Ça t’arrive de poser des questions sans t’enflammer ? Ecoute, j’en ai marre. On va faire simple. On arrête de se parler, de se calculer. Tu oublies même que j’existe pendant qu’on y est. Comme ça au moins, j’arrêterai de me faire insulter et tu n’auras plus un chien à qui t’adresser de la sorte. Et c’est la dernière fois que tu te permets de me parler ainsi. Dans tous les cas, je ne te donnerai plus l’occasion de le faire.
Je raccroche avant de désactiver toutes les notifications la concernant. Trop c’est trop. Je ne suis pas un chien.
Mais par contre, je ne savais pas qu’elle connaissait Lilian. Elle pète un câble comme si je les avais vus ensemble ou qu’elle me l’avait présentée. Cette fille nage en plein délire.
C’est ce soir en sortant du bar pour fumer que j’ai entendu un accent ivoirien crier mon nom. Au début, je pensais que c’était ceux avec qui je suis venu mais je suis tombé sur Lilian que je connais depuis pas mal d’années.
Nous nous sommes rencontrés pendant un camp de vacances à l’inter continental à l’époque. Il était de passage chez sa marraine qui est gabonaise et elle l’avait inscrit pour qu’il ait une activité pendant son séjour. C’est là que j’ai créé des liens avec lui et certains autres. On s’est revu à chaque fois qu’il venait mais ça doit faire 4 ans qu’on ne s’est pas vu ni même parlé. Je ne savais même pas qu’il vivait sur Toulouse maintenant. C’est pourquoi je parlais de surprises ce soir. Revoir toutes ces vieilles connaissances.
Je n’ai donc pas tapé la discussion avec lui à propos de sa relation avec Didi puisque je ne savais même pas qu’il s’agissait de lui.
Il m’envoie un message en même temps.
« Content de t’avoir retrouvé frangin. On va se faire des trucs de fou, comme à nos 10 ans. Rire. Demain si tu veux, on se voit avant que tu ne partes. »
« Avec plaisir mon frère. Plaisir aussi de t’avoir retrouvé. »
Si c’est Lilian le copain de Divya, je ne m’inquiète pas. De toutes les façons, je n’ai pas à m’inquiéter. PAs du tout.
