04
L’inconnu
Franck Ayilé.
Je reviens dans le salon et Didi n’est plus. Je ris intérieurement. Je ne savais pas que je pouvais autant traumatiser quelqu’un. Je nettoie son désordre et range le salon puis vais prendre une douche et enfin me coucher. Avant, je lui envoie un message disant bonne nuit. Elle lit et ne répond pas. Je lui renvoie « ou tu préfères que je vienne te le dire en face avec un gros câlin à l’appui ? ». Elle lit mais toujours aucune réponse. Je ne peux m’empêcher de rire puis de chercher le sommeil.
Le lendemain, je vais faire du footing et après je m’arrête acheter des croissants. C’est leur dernière journée ici donc je vais leur faire plaisir avant qu’elles ne s’en aillent.
En rentrant, elles étaient déjà debout entrain de faire le ménage. Elles sont trop mignonnes ces filles. Je leur fais la bise puis je fonce à la douche.
Après, le petit-déjeuner se passe bien. Sauf que Didi ne me regarde pas trop. A chaque fois que je lui parle, elle répond la tête baissée. Ambia me fait un signe pour me demander ce qui se passe mais je lui demande d’attendre.
A 13 heures je décide de les emmener au restaurant avant de les raccompagner à la gare. Une fois parties, je rentre à la maison, régler mon deuxième problème. Je trouve Amalia devant l’immeuble en train de m’attendre. Je lui lance un bonjour à peine audible et je la laisse monter.
Je me sers un verre, sans lui en proposer et je vais m’asseoir sur le canapé en face d’elle.
_Je t’écoute.
_C’est à dire ? Bonjour, un bisou, me demander comment tu vas, tu oublies ?
_Ecoute, j’ai passé un bon week-end. Ne viens pas gâcher sa fin. Tu as dit vouloir passer à la maison. Je t’écoute.
_Je n’ai pas aimé ton comportement depuis vendredi Franck Ayilé. Je ne peux pas accepter que tu te comportes ainsi devant tes gens.
_Parce que ton comportement était le bon ? Tu t’es comportée comment avec Didi ?
_Putain, tu arrêtes Franck. Tu arrêtes. Didi par ci Didi par là merde alors. Tu m’as demandé ce qui s’était passé ? Tu sais ce qu’elle m’a dit ?
Je durcis mon regard avant de la fixer en serrant les mâchoires.
_Tu te prends pour qui pour hurler ainsi dans ma maison ? C’est chez toi ici ? Elle t’a fait quoi Divya ? Te demander ta version pourquoi alors que je sais comment tu es.
_Pardon ?
_Tu es devenu bouchée tout d’un coup ? C’est à mon amie que tu parles ainsi et tu penses que je ne sais rien ? Elle m’a demandé de ne rien faire ni dire car elle t’avait remis les pendules à l’heure. Mais Amalia tu es qui toi ? Sommes-nous mariés ? C’est chez toi ici ? Tu n’as pas honte de ne vivre que dans la chambre ou rester les pieds croisés au lieu de t’occuper des gens que je reçois ?
Elle se mit à pleurer comme d’habitude. Au moment où je me lève elle dit la phrase de trop.
_De toutes les façons, je ne sais pas ce que tu lui trouves. Elle n’est rien comparé à moi.
_Ah bon ? Tu es quoi pour ne pas dire qui es tu. Je lui trouve peut-être la politesse que tu n’as pas. Le respect qu’elle a pour sa personne comparé à toi qui passe ton temps à mettre en avant ton teint pour séduire les hommes afin qu’ils te mettent bien. Tu pensais que ça aussi je n’étais pas au courant ? Sors de chez moi Amalia avant que je ne perde patience.
Elle me regarde ébahie et ne dit rien. Elle se met encore à pleurer. Au final, je ne sais pas avec qui je sors. Trop comédienne. Je me lève et vais lui ouvrir la porte. Elle traine ses pieds et me dit « c’est fini ». Je lui réponds que de toutes les façons je ne comptais pas continuer. Je claque la porte et je vais me poser.
Amalia, je n’attendais que ça pour rompre. Je ne serais jamais allée loin avec elle. Depuis le Gabon, je savais mais je l’observais. De toutes les façons les filles métisses ont cette réputation là qu’on n’ignore pas. Je l’aimais bien mais sans plus. A vrai dire, j’attendais une raison valable pour la quitter. Elle même me l’a donnée.
J’appelle Ambia pour savoir si elle est bien rentrée et pour discuter avec elle.
_Alors, ton week-end ma Nani ?
_J’ai adoré, comme d’habitude. Tu me manques déjà.
_Non, même pas en rêve. Reste là bas.
_Je débarque si je veux, c’est l’argent de mon père qui paie ça.
_Tu es possédée. Alors raconte.
_Raconter quoi ? Divya ne m’a rien dit de ce qui s’est passé hier soir. Elle a juste dit qu’elle avait aimé ce week-end et elle m’a raconté ce que ta Amalia a fait. Elle a la chance parce que j’ai appris ça après. Je lui aurais donné une bonne correction. Le genre qui te fait rester à ta place.
_Dans tous les cas on a rompu.
_Vous avez quoi…. ? Hurle-t-elle.
_Tu es obligée de crier comme ça ?
_Mais je suis choquée. Les choses vont très vite par ici.
_Non, elle m’a saoulée et c’est un tout. Je l’ai mise à la porte et elle m’a signifié que c’était fini. J’ai donc dit que je ne comptais pas rester avec elle.
_Damn. Ou bien tu aimes bien Didi, Franck ?
_Pas du tout ,rire. C’est comme une sœur pour moi.
_Mais ce qui s’est passé d’après ce que tu m’as dit, est-ce que c’est normal ?
_Je voulais juste avoir des réponses car ta vision me préoccupe.
_Hum.
_On ne sortira jamais ensemble elle et moi Nani. C’est ta copine en plus.
_Et donc ?
_Rien. laisse tomber. Je vais devoir te laisser. Je vais aller relire mes cours et essayer de me coucher tôt. Je t’appelle demain ma Nani.
_Bisous mon Youyou. Love.
_Love you too Nani.
Après un thé vert, je me mets devant mes cahiers et je réfléchis à ma vie. Souvent je me demande ce qui se passe dans ma tête. Je ne sais pas m’attacher pleinement à une fille. Je trouve ça trop compliqué. Tonton Elio m’a dit que je n’ai pas encore trouvé celle qui me mettra dans un état pas possible tellement je l’aimerais et je ne supporterais rien. Mais je ne pense pas que ce soit possible. Mon téléphone sonne et c’est Amalia. Ai-je déjà précisé que cette fille me paraît être amnésique ? Elle insiste et je coupe tous les appels.
« Je suis désolée pour ce qui s’est passé. Je ne contrôle pas car je t’aime et je ne supporte pas qu’une autre t’approche. Ta relation avec elle me rend folle et jalouse. J’irai m’excuser chez elle si tu veux mais ne me laisse pas tomber Franck. »
« C’est fini. Les disputes sont récurrentes depuis pas mal de temps. J’étais juste en train de prendre du recul et bien réfléchir. Rien à voir avec ce qui s’est passé. C’est fini. »
j’ai bloqué son numéro ainsi que tous ses profils sur les réseaux sociaux. Ainsi va la vie.
***********
Divya.
Je suis au téléphone avec Imane qui ne cesse de se foutre de moi. Je lui ai raconté tout le week-end et surtout l’incident de la veille.
_Toi la grande Revignet tu as carrément fui ? Je pensais que rien ne te faisait peur mais je pense que j’ai trouvé.
_Ce n’est pas drôle.
_Oh mon sucre, tout le monde a le droit de ressentir ça tu sais. Tu ne dois pas avoir honte.
_Mon Dieu Imane, je ne ressens rien pour lui. J’ai juste été surprise par ces questions soudaines.
_On ne dit jamais jamais Divya. On ne sait pas de quoi est fait demain.
_Tchip, n’importe quoi.
_Oh Matendet et Revignet, vous tournez un film en France ici. Elle continue de rire et de me taquiner. Puis on parle d’autre chose.
Imane a quelqu’un qui la drague mais comme à son habitude, elle ne souhaite pas s’ouvrir. J’ai souvent l’impression qu’elle fait ça pour se divertir mais sans plus. Elle est plus que compliquée cette fille.
Après notre appel Facetime, je travaille un peu puis je me mets devant une chronique sur Facebook comme à mon habitude. Souvent je me dis que j’ai aussi envie de me lancer dans ce domaine mais j’ai peur. Qui me lira ? De quoi pourrais-je bien parler ? Enfin non, je préfère continuer à parler à mon journal.
L’épisode avec Franck m’a traumatisée. J’ai fait la gamine et j’ai fui. En fait je ne m’y attendais pas. Je ne peux pas avoir ce genre de conversations avec lui. C’est comme si je parlais avec Stéphane donc c’est très bizarre. Je sais qu’il me considère comme sa meilleure amie et qu’il a le droit aussi de savoir ce qui se passe dans ma vie mais il doit comprendre que je suis très pudique et que ma vie n’est pas très intéressante de toutes les façons.
Comme j’ai envie de potatoes, je me commande un macdo et je regarde mes replay. Mon téléphone signale un message et je remarque que c’est Franck.
« Tu es bien silencieuse depuis ton départ. Tu ne m’as pas dit que tu es bien rentrée »
« C’est le cas. Je suis désolée j’ai zappé et je travaillais aussi. Je suis bien rentrée. »
« Tu as aimé ton week-end ? »
« Comment ne pas ? Oui, biensûr. Merci Franck Ayilé ».
« Mais de rien. Alors ? »
« Alors quoi ? »
« Je peux t’appeler ? »
J’arrête de répondre car je sais qu’il va encore essayer de me taquiner. Mais c’était sans compter sur la têtutesse de Matendet. Il a appelé et j’ai laissé sonner. Après il est passé à Facetime. Il est fou. J’ai donc décroché.
_ Oui.
_ Tu traînes pour me répondre pourquoi ?
_ Je bossais. Je finalisais mes révisions.
_ Ah ok. J’ai rompu avec Amalia.
C’est le choc. Je suis restée sans parler et comme c’était en vidéo, il voyait toutes mes expressions faciales.
_Pourquoi ?
_J’en avais marre en fait. C’était un tout et tout à l’heure elle a voulu hausser le ton avec moi, chose que je déteste. Elle a voulu mentir sur ce qui s’est passé entre elle et toi.
_Je pense que c’était sous l’effet de la colère. Tu n’as pas besoin de te mettre dans un tel état et de prendre des décisions hâtives Franck. Tu pouvais peut-être essayer de comprendre pourquoi elle agit ainsi.
_Je n’en ai pas envie Didi (Frisson.)
_Tu es obligé de prononcer mon surnom ainsi ?
_C’est à dire ?
_Laisse tomber. Mais que vas tu faire maintenant ? Reste au moins ami avec elle et repartez sur de bonnes bases.
_Il en est hors de question Divya. Je l’ai bloqué de partout.
_Tu peux arrêter d’être excessif Franck ?
_Non.
_Ok. Et que comptes tu faire maintenant ?
_Je n’ai pas besoin de relation en ce moment. Je vais juste m’amuser. Profiter de ma jeunesse. Les relations c’est trop de prise de tête je trouve.
_Oui et peut-être travailler sur toi.
Puis la discussion a continué ainsi. On a passé près de deux heures au téléphone et je me suis endormie ainsi. Dieu merci, il n’a pas relancé le malaise d’hier. Il est spécial Franck. Très spécial.
Le lendemain, une nouvelle semaine commence. Mes journées sont lourdes. Je commence à 8 heures tous les jours et je finis à 18 heures donc je n’ai pas vraiment le temps pour moi.
Après le cours d’économie, les filles de la classe avec qui je m’entends bien, me proposent d’aller prendre un café au distributeur. On descend tout en discutant. Je n’ai pas eu de difficultés à m’intégrer. Les gens sont venus vers moi. Mais ce ne sont que des noirs. Je savais déjà qu’il y aurait des clans de la sorte mais ça ne me dérange pas. De toutes les façons, les français ne vous aiment que lorsqu’il y a un intérêt derrière.
On se prend des cafés et on papote. A de nombreuses reprises, je sens un regard sur moi. Je regarde dans tous les sens mais je ne vois personne me regarder. Je me reconcentre sur ma discussion mais je ressens encore ce regard étrange. Je fais le tour de la cafétéria mais toujours rien. On remonte poursuivre notre journée de cours et à 19 heures je suis chez moi.
Ambia doit passer à la maison ce soir car elle s’ennuie d’après ce qu’elle me dit. Je décide de nous faire des sandwich et je lui prends notre boisson préférée : du vin pétillant. Même la semaine on boit. Ça devient grave là. On passe notre soirée à papoter et on se demande si un jour nous rencontrerons l’homme de notre vie. Mais vu comment c’est parti…. No comment. Il paraît qu’à 16 ans on est censé l’avoir déjà rencontré. J’en ai 17 et demi, je peux encore patienter. Rire. A 21 heures 30 elle commande un uber et rentre chez elle.
Je prends une douche et je me plonge encore dans mes questionnements nocturnes. Je suis quelqu’un qui a un fort caractère. Le pire c’est que je ne fais pas exprès. Je ne m’en rends même pas compte souvent. Les autres filles de mon âge sont douces mais moi, je n’aime pas tout ce qui est sentiment. Ça me fait peur. Quand je le dis aux filles, elles se moquent de moi. Après c’est normal. Comment quelqu’un peut-elle avoir peur de l’amour ? Souvent je lis des chroniques qui me font rêver mais je n’aime ça que pour les autres. En plus d’avoir un caractère fort, je suis renfermée et pudique. Je n’aime pas qu’on m’expose. Je ne sais pas me dévoiler. Même avec mes copines c’est assez compliqué. Mais si même avec mon entourage je n’y arrive pas, c’est avec un homme que j’ y arriverai ? Et puis ce n’est pas vraiment une priorité. Je me dis que je suis jeune. Sauf que souvent j’ai aussi envie d’avoir un peu d’attention.
Mon téléphone signale un message. Je parie que c’est Franck qui fait ça. Il aime me parler à partir de 22 heures. Je me rends très vite compte que c’est un numéro inconnu.
« Bonsoir, je suis désolé de la manière dont j’ai pu avoir votre contact mais vous m’intriguez ».
« Bonsoir, qui est-ce s’il vous plait ».
« Un admirateur secret qui n’a cessé de vous regarder ce matin à la cafétéria de l’école. »
J’ai arrêté de répondre mais il a appelé je n’ai pas décroché. J’ai désactivé mes notifications et je me suis endormie. C’est comme ça que la folie commence.
Le reste de la semaine j’ai été très attentive à tous les regards qu’on posait sur moi mais je n’ai rien vu. Tous les matins j’avais droit à « bonjour beauté, tu es belle. J’adore ce que tu portes. » Il me citait toujours l’un des vêtements que je portais. Tous les soirs aussi j’avais droit à des bonnes nuits. Ça a duré deux semaines et pourtant je ne répondais pas. Puis plus rien. J’étais déçue. Vous savez, lorsque vous êtes habitués à quelque chose, il est difficile d’accepter un quelconque changement. Un jeudi soir, j’ai décidé de réveiller mon côté caché. Ce côté souvent fou qui me monte à la tête.
C’est ainsi que j’ai composé son numéro en prenant tout mon courage.
_Bonsoir. La voix basse et mielleuse qui m’a répondue. Mon Dieu….
_Euh, bonsoir.
_Tu vas bien Divya,
_Tu connais même mon prénom.
_Mdr, à croire que je suis un bon chercheur écoute. Alors qu’est ce qui te pousse à m’appeler alors que tu ne m’as jamais répondu ?
_Je ne sais pas. Je voulais savoir pourquoi tu ne m’en envoyais plus.
_Tu peux aussi me dire que tu aimais ça tu sais. J’ai arrêté parce que j’étais fatigué tout simplement. Et apparemment ça t’a fait réagir.
_C’est sûr… N’importe quoi.
_Rire. Tu vas bien ?
_Oui et toi ?
_Ça va merci. Dois-je comprendre que tu veux en savoir plus sur moi ?
_Euh, non même pas.
_Malheureusement je ne te laisse pas le choix jeune fille. Il ne fallait pas prendre ton courage comme ça et puis venir m’appeler. Dit-il avec un accent que je reconnais et que j’adore même.
_Tu es ivoirien ?
_Lol, oui oui. Et toi gabonaise. J’ai reconnu votre accent là aussi. Donc oublie déjà ta façon de gorger.
Je n’ai pu m’empêcher de rire. La discussion m’a emportée et j’ai fait plus ample connaissance avec lui. Ses études, ce qu’il aime etc. Malheureusement je ne connais pas son prénom. Il m’a dit qu’il me le donnera lorsque j’accepterai de le rencontrer autour d’un repas.
J’ai donc tout bonnement décidé de l’inviter demain manger à la maison. Comme c’est vendredi, je ferai quelque chose de consistant et on pourra passer une bonne soirée.
Le lendemain je prends la liste des courses que j’ai acheté et je vais à l’épicerie africaine prendre tout ce que je devrais utiliser. J’ai fini plus tôt aujourd’hui donc j’ai pris tout mon temps. Comme menu j’ai fait du poisson au four, de l’attieke et des bananes frites. J’ai pris un peu de tout à boire car je ne savais pas ce qu’il voudrait.
A 19 heures et demi, j’ai pris ma douche, petite robe en pagne volée à ma mère et je me suis assise en attendant l’arrivée de notre très cher ami l’inconnu. C’est comme ça que je l’avais surnommé. C’est à 20 heures que ma sonnerie a retenti. J’ai ouvert la porte et quelle merveille. Un gars noir, élancé, et un peu musclé me fixait, bouteille de vin en main. Un visage légèrement arrondi sur lequel une mini moustache se dessinait. Des yeux noirs et les traits assez réguliers. Il était vêtu d’une chemise et d’un pantalon. Son parfum avait déjà frappé tout le hall qui menait à l’appartement et même l’odeur de la nourriture que je reniflais jusqu’à présent avait disparu. Il se mit à sourire car je le regardais comme une enfant ayant vu le père noël. C’est son bonsoir qui m’a ramené à la réalité. Mon Dieu, provoquer des crises cardiaques à l’heure là ?
Je lui fais la bise et lui propose d’entrer.
Il me donne la bouteille de vin blanc qu’il a apporté et je l’installe en attendant de tout apporter à table. Il me taquinait de temps en temps et c’est au moment de passer à table qu’Ambia décide de m’appeler en Facetime. Je ne l’avais pas eue de la journée celle-là. En plus, je ne lui avais pas dit que je recevrai cet inconnu ici. Je m’excuse auprès de celui-ci avant de répondre.
_Mademoiselle Revignet, je peux savoir pourquoi un vendredi je n’entends pas parler de toi ?
_Lol, je ne suis pas ton gars Fran Ambia.
_Qu’est ce que tu fais ? Viens à la maison on sort prendre un verre.
_Non, je ne pourrai pas. Je ne suis pas seule à la maison. Elle m’a regardé d’une drôle de façon puis a regardé à côté d’elle.
_Tu fais quoi ?
_Je dîne avec quelqu’un ce soir. Un ami.
_Eh eh ma copine. Donc les choses comme ça se passent dans ta vie et moi même sur Toulouse je ne suis pas informée ? Ah ça…. Moi qui pensais te surprendre, apparemment c’est le contraire.
_Me surprendre ?
_Attends ne quitte pas.
Je la vois disparaître de l’écran et donner le téléphone à quelqu’un… Franck Ayilé.
_Bonsoir Divya.
_Bonsoir Franck tu es arrivé sans dire ?
_J’ai encore le droit de venir comme je veux non ?
_Oui, mais je veux dire par là que tu ne nous as pas prévenue.
_Ça aurait changé quelque chose ?
_Oui, on t’aurait prévu quelque chose.
_Et là ça t’empêche de le faire ?
_Je ne peux pas vous voir ce soir.
_Je me doute bien. Bonne soirée.
_Mais…
il a raccroché. Je suis restée suspendue à mon téléphone pendant deux minutes. Mais l’enfant là est malade ? Je n’ai pas rappelé et je suis allée rejoindre mon inconnu au salon, pour passer une bonne soirée.
***********
Franck Ayilé.
_Mais qu’est ce qui te prend Youyou tu es fou ? tu raccroches pourquoi ?
Je me lève et vais dans la cuisine me servir un verre.
_Nani, arrête de me suivre.
_Mais je te parle tu t’en vas. C’est toi qui as appelé ? Elle te parle tu raccroches tu as un problème ?
_J’ai mal fait de venir vous voir ?
_Mais est-ce qu’on savait que tu viendrais ? Elle aurait pu nous rejoindre demain. Tu es sérieux ? Quand elle t’ignorera ne compte pas sur moi pour arranger votre amitié ambiguë comme vous même là.
_Je t’ai demandé d’arranger quelque chose ? Vous êtes venues en France pour diner avec les gens ?
_Oh Matendet toi tu dois devenir fou. Je jure. C’est ton enfant ?
_Tchip. Laisse moi tranquille.
Elle sort et moi je bois mon eau fraiche tranquillement. Mon cœur bat et je me sens étouffé. Je suis énervé. Normalement je devrais sortir prendre de l’air.
Nani revient sur ses pas, pour me faire chier.
_Franck Ayilé Matendet, tu es jaloux ?
_De quoi ? de qui ?
_Mais tu es bizarre en fait. Tu as carrément raccroché au nez quoi.
_Tu comptes chanter ça toute la soirée ? C’est déjà passé.
_Youyou, tu as des sentiments pour Divya ?
_Des sentiments pour qui ? Mais tu perds la tête Matendet ? Tchip.
_Oh, pardon, ne te braque pas j’ai juste demandé. Ton comportement.. Bref.
_Je suis juste protecteur c’est tout.
_C’est là où l’adage l’amitié homme femme n’existe pas prend tout son sens.
Elle s’est levée et est repartie s’asseoir au salon. Moi, avoir des sentiments pour elle ? Qu’elle est qui ? Pff. Une fille qui dine avec le premier venu je fais quoi avec elle ?
Vers 23 heures, lorsque j’ai fini de manger avec Nani, elle a essayé de m’appeler mais sans réponse. Je coupais ses appels.
« Tu as un problème avec moi ? »
Sans réponse.
« Tu lis sans me répondre ? »
Sans réponse.
« C’était quoi tout à l’heure ? Tu as raccroché lorsque je parlais. »
« Tu as fini de te faire appuyer par le premier venu ? »
« Bonne nuit Franck Ayilé ».
« Merci. »
Elle ne m’a plus jamais répondu. De toutes les façons, je m’en fous. Elle n’avait qu’à ne pas faire la fille sainte et se faire draguer par tout et n’importe quoi. Si elle peut même ne plus me parler, c’est son problème. Je ne vis pas pour elle.
**********
Divya.
Je le raccompagne à sa voiture, après cette belle soirée qui s’achève. Je n’ai pas le temps de me prendre la tête pour des conneries. Je ne suis pas sa mère à Franck Ayilé alors, qu’il aille se faire voir ailleurs.
_J’y vais, me dit-il, tout en me regardant droit dans les yeux avec le sourire. Merci pour cette soirée pleine de rigolade.
_Merci à toi de m’avoir détendue après une semaine aussi difficile.
Sans que je ne m’y attende, il prend ma tête et dépose un léger baiser sur mes lèvres.
Il ouvre la portière, sourit et me souhaite une bonne nuit. Je le regarde démarrer sa voiture et partir.
15 minutes plus tard il m’envoie un message.
« Je suis bien arrivé. Merci pour ce régal. Je m’appelle Lilian. Lilian Cissé. »
je souris juste et ouvre mon journal, afin de lui raconter les péripéties de ma vie.
*******************
Je sais déjà qu'il y aura des team Lilian et Team Franck Ayilé....
MDR. C'est là que vous vous rendrez compte que toute la scène du prologue n'était qu"un rêve. Ou une simple vision de l'un de nos personnages.
Vous allez me détester en tout cas. AHAHAH.
A la prochaine. Bonne lecture.
