03
Chap 11
On était samedi. Je devais aller travailler mais je prenais mon temps. Pas d'appel d'Isa et moi non plus je n'avais rien tenté. L'orgueil et toutes ses conséquences...je sais, je sais, pas la peine d'en parler. Mais bon... il y a quand même des limites.
Finalement j'ai bougé mes fesses pour me rendre à la laverie. Elle n'est pas née la femme qui va troubler mon esprit au point que je n'aille pas chercher mes dos. Parole d'Eric! Oh! On est où là?
En plus la journée s'est bien passée. J'ai lavé un paquet de voitures et j'ai eu de bons pourboires à chaque fois. Quand je suis rentré chez moi j'étais de bien meilleure humeur que ce matin. Juste comme je m'installais sur mon lit, j'ai reçu un appel...d'Isa. J'ai laissé sonner. C'est au bout de la 3e tentative que j'ai décroché.
-Moi: oui?
-Isa: bonjour c'est comment?
Sa voix avait l'air coupable. Bien!
-Moi: Ca ne va pas! Et toi?
-Isa: qu'est ce qui ne va pas?
-Moi: tu me demandes? Tu m'as fait quoi hier là? Maintenant tu m'ignore quand tu es avec les hommes qui ont un peu (avoir un peu=avoir un peu d'argent)?
-Isa: Ah pourquoi tu dis ça? Ce n'est pas vrai.
-Moi: gars Isa, ne me prend pas pour un mboutoukou (mboutoukou=bête/idiot). Tu m'a vu et tu as jeté le visage en brousse!
-Isa:...
-Moi:..
-Isa: c'est vrai, mais comprend moi. C'était des clients très importants. On m'a demandé de les accompagné au rez-de-chaussée pour attendre les voitures. On était dehors quand l'un d'eux a repéré votre bar. Ils ont dit qu'ils voulaient gouter les bières camerounaises. Ils sont ivoiriens. Ils ont seulement commencé à aller vers ta laverie. J'étais obligée de les suivre. J'étais paniquée. Je ne savais pas ce que le patron allait dire. Du coup quand je t'ai vu, j'ai réagi comme j'ai réagi. J'étais déboussolée. Pardon, excuse-moi.
Déboussolée hein?! Pffff
-Moi:...et c'est maintenant que tu call? (call= appelle)
-Isa: oui je viens de finir. On a travaillé aujourd'hui à cause des types là.
-Moi: hum! On se voit alors?
-Isa: je suis à la maison. Si tu veux tu peux faire un tour. Je suis cass (cass=fatigué). Mais j'ai envie de te voir.
J'ai senti un sourire apparaitre sur mes lèvres malgré moi.
-Moi: ok. Je te laisse te reposer.
Je lui ai dit "aurevoir" tout en mettant mes chaussures. Parce qu'on vous connait vous les femmes. Elle dit là qu'elle est fatiguée et qu'elle est chez elle alors qu'en fait elle est chez son gars. Je vais vérifier ça là là là.
Une demi-heure plus tard j'étais devant chez elle. Je l'ai call.
-Moi: Allo, tu as dit que tu voulais me voir? Je suis là.
-Isa: comment ça?
-Moi: Je suis là devant ton immeuble. Pardon vient m'ouvrir, les gens me regardent bizarrement.
-Isa: J'arrive.
Quand elle a dit ça, je me suis senti soulagé. Moins de 5 minutes plus tard, elle était devant moi et m'embrassait. Sur la bouche. Je me suis laissé faire...bon j'ai quand même participé.
A la fin on s'est séparé légèrement essoufflés.
-Isa: j'avais vraiment envie de te voir.
-Moi: moi aussi. Maintenant je vais te laisser te reposer et moi aussi je vais pouvoir dormir tranquille.
Je l'ai encore embrassé et je suis rentré chez moi. Quand je suis arrivé, il y avait de la lumière chez Danielle. Et la porte n’était pas complètement fermée. Il y avait juste un rideau qui protégeait l'intérieur de la chambre du regard des curieux comme moi.
Je suis entré chez moi puis je me suis assis sur le pas de ma porte pour écouter ce qui se disait en face. Parce que quand même j'entendais des pleurs de femmes. Donc je voulais savoir ce qu'un de mes frères avait encore fait. Parce que quand une nga pleure comme ça, c'est forcement à cause d'un homme.
La fille a encore pleuré 5 bonnes minutes avant que Danielle ne réussisse à la calmer.
-Danielle: ça va, ça va. Ne pleure plus comme ça. Il ne mérite pas tes larmes.
-Mais...mais, Dani je...je...je ne s...s...sais pas ce qu'il veut.
Merde c'est ELLE qui pleure?
Entre les bégaiements, les larmes et les hoquets, j'ai compris qu'un SALAUD (c'est comme ça qu'elles l'ont appelé) avait dis à miss Touareg qui l'attendais depuis 3 ans qu'il n'était pas prêt pour une relation. Ils ont eu la discussion samedi passé. Ce samedi elle a découvert qu'il était en couple avec une certaine Dominique. Elle les a vus s'embrasser au Bluebeans. Tellement concentré que M. Salaud n'a pas vu qu'elle était là.
Et là elle expliquait à Danielle qu'elle ne comprenait pas ce que les hommes voulaient. Qu'elle l'avait attendu 3 ans.
-Tr...tr...tr...trois ans! Il é...é...était en Allemagne. Moi j'étais en F..F..France. On a d...d...décidé de rentrer en..en...ensemble, mais il m'a dit qu'il voulait a...a...acquérir de l'ex...ex...ex...expérience.
Et donc (je reprends ses mots), "Monsieur rentre. On se voit, il me dit que je suis trop envahissante que je lui mets la pression. Je le laisse respirer ça devient que je suis distante. En fait il ne voulait pas de moi c'est tout"
Ah la la. Les hommes. Ce que le gars là fait n’est pas bien. Je confirme. Si elle m’avait demandé mon avis dès le début, je lui aurait dit que le gars là se moque d’elle.
-C’est parce que je suis b...b...bègue !
...En même temps je le comprends. Ca doit être pénible de parler avec elle. Il faut être très patient pour parler longtemps avec une bègue.
Dans la chambre c’était le silence entrecoupé de gros sanglots. Moi-même ça me faisait mal au cœur. Est-ce qu’elle avait alors besoin de pleurer comme ça ? Je me sentais bizarre et j’ai du cligner les yeux plusieurs fois pour m’empêcher de faire un truc stupide... comme pleurer.
Juste comme je me levais pour rentrer dans ma chambre, Dani est sortie.
-Dani : Ah Eric. How ?
-Moi : je suis là. Et toi ?
-Dani : gars...je suis dépassée.
Bon vous l’avez constaté, je suis un peu curieux. Et je savais de quoi elle voulait parler.
-Moi : c’est comment ?
-Dani : non vous les hommes vous êtes FORTS. Mon amie là, celle que tu traite de menteuse...
-Moi : elle a fait quoi ?
Et Dani me raconte l’histoire plus en détails. Le gars envoyait des sms, des chansons des poèmes...TOUT. Mais ça c’était quand il était en Allemagne et elle ici. Dès qu’il est rentré, les sms et autres mots doux ont continué. Mais quand elle voulait avancé dans la relation, monsieur reculait, à base de « laisse moi de l’espace, tu es trop pressante » et quand elle lui laissait de l’espace c’était « tu es trop distante, je ne te comprends pas ».
Elle soupire en secouant la tête. Je l’imite. Il faut vraiment être conne pour n’avoir rien vu venir.
-Dani : il lui a encore demandé de lui laissé de l’espace. Qu’il ne se sentait pas prêt pour une relation avec qui que ce soit. Même avec un chien. C’est ce qu’il lui a dit. Par sms !
-Moi :...
-Dani : et aujourd’hui même pas une semaine plus tard, elle l’a tcha (pris) en train de mop (embrasser) une nga au Bluebeans. Main dans la main, roucoulement et tout le tralalala.
-Moi : roucoulement et tout le tralalala ? Elle est resté les espionnés ?
-O...o...oui. Ca...ça...ça te p...p...pose un problème ?
Je lève les yeux sur miss Touareg. Les siens sont rouges et bien gonflés. Elle pleure quoi ? Pour un djo qui ne la considère même pas. Les nga aiment trop souffrir pour rien.
-Moi : si tu ne faisais pas semblant de bégayer peut être il serait resté avec toi ?
-Elle : si...si...si tu ne faisais pas s...s...semblant d’être intelligent peut être tu serais moins c...c...c...con !
On reste silencieux tous les 3 pendant quelques secondes.
-Moi : ce qu’il faut faire c’est lui montrer que tu t’en fous de lui. Il faut que tu te montre à lui avec quelqu’un d’autre. L’air de rien comme ça. Cherche un endroit où tu es sure de le trouver et vas-y avec un autre gars.
-Elle : ri...ri...ri...rien à foutre de tes co..co...conseils.
-Dani : il a raison. Il faut faire ça. Oui ça va être bien. Tu sais comment il est jaloux. Attends on va mettre ça au point.
-Elle : mais je n’ai personne qui peut jouer ce rôle.
-Dani : cherche parmi tous les dragueurs que ton pater te présente non ?
-Elle : ...
-Dani : tu veux te venger ou pas ?
-Elle : non...ça ne v..v...vaut pas la p...p...peine.
Elle a dit ça en baissant la tête et en croisant les mains derrière son dos.
-Moi : Mama ! Si tu te comportes comme un paillasson ne t’étonne pas qu’on te traite comme un paillasson.
-Elle : je...je...je...ne suis pas un pa...pa...pa
-Moi : si tu l’es. Sinon venge-toi un peu. Ca va t’enlever quoi ? Mais ça va t’apporter une satisfaction quand tu vas voir sa tête quand il te verra avec un autre.
-Elle : MAIS DE QUOI JE ME MELE ?
-Moi : quand tu pleurais une rivière ici tout à l’heure tu ne pensais pas que je pouvais entendre ? Donc voilà assume !
J’ai dit ça pu je suis rentré m’enfermer dans ma chambre.
Bon entre nous les gens, en quoi cette histoire me concerne ?
Chap 12
Dimanche matin. Mon Isa (je ne sais pas pourquoi vous ne l’aimez pas) dit qu’elle va à l’église. Moi jer n’y vais pas. Je vis ma foi tranquillement chez moi, plutôt que d’écouter un pasteur (il parait que je suis protestant) me dire « fais ci, fais ça », « ne fais pas ci, ne fais pas ça », pour qu’à la sortie de l’église on se retrouve au bar en train de discuter les petites (discuter une petite=draguer la même fille). Non merci. Oui je sais « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Mais pour moi le messager est aussi important que le message. Bref je ne mets pas mes pieds dans une église un point c’est tout.
En plus j’ai très mal dormi. J’ai eu l’impression d’entendre des pleurs de femme. L’autre là a dormi ici. Je suis sure que c’est elle qui pleurait. Bref, je vais courir. Ca va me détendre. Quand je reviens il n’est que 8 heures et toutes les portes sont encore fermées. C’est même quoi cette histoire, je croyais que les femmes se levaient tôt pour faire...je ne sais pas, ce qu’elles font souvent.
Je vais prendre ma douche et mon petit déjeuner. 8h35 et toujours rien. Je m’assois sur le pas de ma porte et je me mets à jouer à Snake sur mon Nokia. Il est 8h45 quand j’entends enfin des bruits dans le chambre d’en face. Sans savoir pourquoi, je me lève d’un bond et je m’enferme dans la mienne.
Quoi ? Comment ça qu’est ce qui me prend ? Rien, rien du tout. Je n’ai plus le droit de m’enfermer dans ma chambre ? C’est quoi votre problème ?
Je tourne en rond dans ma chambre. J’essaie d’appeler Isa mais c*ça ne passe pas. 10 autres tours plus tard, j’entends enfin la porte d’en face s’ouvrir. Pas enfin. J’entends la porte d’en face s’ouvrir. Oui c’est beaucoup mieux. Je vais attendre 10 minutes puis je vais sortir dire un petit bonjour. Trente secondes plus tard j’abaissais la poignée de la porte. Je l’ai ouverte et je me suis retrouvée juste en face de Dani.
-Moi : bonjour.
-Dani : bonjour Eric. Comment ça va ?
-Moi : bien et...
Je me suis arrêté parce que juste ne dessous de la hanche d’Isa est apparue la tête de Miss Touareg. Elle m’a toisé de bas en haut puis a disparu. Ok.
-Moi : On dit bonjour.
-Elle : je..je..je ne dis pas bonjour aux...aux...aux gens comme toi !
-Dani : tu veux prendre le petit déjeuner avec nous ?
-Elle : NON !
-Moi : oui ! Merci.
Je sais, je sais, j’ai déjà pris mon petit déjeuner. Mais qui va dire non à un repas gratuit ? Les amis je vous ai déjà dis que je ne fabrique pas. Donc même si je dois supporter Miss Touareg, je vais manger chez Dani.
-Dani : entre alors.
J’entre et je trouve l’autre installée sur le lit qui est tout près de la porte.
Il y a une table ou il y a du lait, du pain, du café et même une omelette.
J’attends que Dani s’installe et moi je me mets juste à côté de Dani.
-Dani : c’est bien que vous soyez là tous les 2. On va pouvoir mettre notre plan au point.
-Il...il...n’a...pas...besoin d’être là !
-Dani : si ! C’est lui qui a donné l’idée et en plus c’est un homme donc je pense qu’il va falloir vous entendre un peu tous les 2.
Miss Touareg a beurré son pain avant de reposer le couteau. Impossible maintenant mettre le beurre dans mon pain à moi. Pas question que je touche à ce couteau. Mais pas question non plus que j’en demande un autre, ça allait être trop flagrant. Mais elle m’a lancé un regard qui m’a mis mal à l’aise.
Dani elle ne semblait rien voir. Elle se frottait les mains.
-Dani : tu as déjà quelqu’un en vue pour jouer le rôle de ton nouveau petit ami ? Quelqu’un que Thomas ne connais pas ?
-Oui j’y ai pensé toute la nuit. Je vais demander à John. On se connait depuis qu’on est petit. Je j’espère qu’il va a...a...a....accepté.
Donc elle est sure de son choix mais elle n’est pas sure que John dise oui.
-Dani : Il faut lui demander le plus vite possible. Toi Eric comment tu voyais tout ça.
J’ai commencé à parler alors que j’avais encore un gros morceau de pain dans la bouche.
-Moi : Il faut qu’elle soit sure de le trouver. Et il ne faut pas que ça ai l’air trop flagrant. Il faut...
-On ne..ne p...p...parle pas la b...b...b...bouche pleine !
-Moi : On n’interrompt pas les gens quand ils parlent
-je...je...je ne con...con...con...considère pas comme une per...per...per...personne. Tu es un...
-Dani : Arrêtez tous les 2 ! C’est comment ? Eric arrête ce que tu fais là ! C’est à cause de toi qu’elle réagi comme ça.
On s’est toisé tous les 2 mais on est resté parfaitement calmes. Dani s’est tourné vers Miss Touareg.
-Dani : tu penses faire ça où ?
-Au b...b....bluebeans. C’est m...m...moi qui lui ai...ai...ai montré cet endroit. Il ne ne ne ne me le volera pas. A mon a a avis il sera là bas vendredi soir.
-Dani : Donc on met tout au point pour vendredi. Eric, des conseils ?
-Moi : non.
J’étais toujours vexé qu’elle ne me considère pas comme une personne. Alors non je n’avais pas de conseil à lui donné. Mais comme je n’avais pas fini mon 2e petit déj, je suis resté là. Je les ai écoutées parler de tout et de rien. L’autre m’ignorait et je faisais pareil. Finalement quand il n’y avait plus rien à manger et plus aucune raison pour que je reste sur place j’ai du partir.
N’ayant rien à faire avant d’aller au boulot l’après midi, je suis parti faire un tour à la salle de musculation du quartier. Notre matériel était fait d’objets récupérés. Les jantes de voitures, les grosses pierres, les sacs remplis de sable...J’y est passé 2 bonnes heures. Quand je suis rentré la porte de Dani était fermée et je n’ai entendu aucun bruit à l’intérieur.
Je me suis lavé et j’ai call Isa.
-Allo ?
-Moi : oui ça va ? Tu as prié pour moi ?
-Isa : j’ai prié pour nous deux. Tu fais quoi ? On se voit ?
Ah pour une fois c’est elle qui proposait.
-Moi : là je dois aller au boulot. On se voit là bas si tu veux. Je pense que ça va être calme aujourd’hui.
-Isa : Ok. A tout à l’heure. Je te fais signe quand je viens.
Et moi de partir au travaille de bonne humeur. On va enfin pouvoir passer un peu de temps ensemble. Pendant qu’il fait encore jour.
Alors que je suis torse nu et en short en train de laver une vieille Toyota (entre nous la Toyota Corolla ci fait quoi ici ? Chez nous c’est les gens qui ont les do qui viennent laver leurs BELLES voitures. J’ai même honte de laver celle-ci), je repense au gars qu’on appelle Thomas. Ne me demandez pas pourquoi, mais je pense qu’il mérite une bonne leçon. Plus j’y réfléchi, plus je pense que c’est elle qui doit arriver après lui. Parce que si il la trouve là avec son nouveau gars, il va peut être croire que la fille l’a attendu. Alors que si c’est elle sui arrive, ça va être moins flagrant.
Et puis, ils ne doivent pas faire de gestes trop oste...osten...bref trop voyants sinon le Thomas là saura que c’est pour lui. Un bras sur ses épaules ou si le gars lui tient la main, je pense que ça être suffisant. Et elle ne doit surtout pas regarder Thomas. Surtout pas. Mais bon tout ça ne me concerne pas.
J’ai fini la voiture et quand je me suis dirigé vers le bar pour me mettre à l’ombre j’ai constaté que ma petite m’attendait avec un jus pour elle et une 33 pour moi. Enfin je suppose que c’était pour moi. J’ai pris le temps de mettre un tee-shirt avant de la rejoindre.
Je me suis arrêté devant sa table.
-Moi : Alors ?
-Isa : bonjour aussi. Je t’ai pris une 33.
Et elle me fait 2 bises sur les joues. Pendant l’action ses seins se sont pressés contres les miens et je me suis dis qu’il allait falloir conclure avec elle. Parce que lààààà ! Mais si je cours trop elle va dire que je veux seulement coucher avec elle, ce qui comme vous le savez n’est pas vrai. Je vais donc devoir attendre.
J’ai passé un après midi tranquille avec Isa. Quand je lavais une voiture, elle restait m’attendre au bar. Vers 18 heures je l’ai raccompagnée chez elle.
-Isa : tu n’avais pas besoin de me raccompagner. Il est encore tôt.
-Moi : mais j’ai du mal à te laisser partir. J’ai tout le temps envie d’être avec toi.
-Isa : Moi aussi.
-Moi : même comme tu m’as snobé la dernière fois.
-Isa : Bébé ça ne se reproduira plus. J’ai été bête.
Hummm « bébé » là sort d’où ? Pourquoi elle se sent coupable comme ça ? Jusqu'à m’appeler bébé. En tout cas Isa je t’ai à l’œil. On vous connaît vous les femmes. Fais tes conneries là mais tu seras ma femme, à moi tout seul. Parole d’Eric.
Bon les gens à demain.
Chap 13
Vendredi soir. Je n’avais pas vu Isa de toute la semaine. Elle avait voyagé avec une partie du personnel de l’entreprise. Ils étaient allés voir les plantations de cacao. Je n’avais pas vu Miss Touareg non plus. Elle devait faire partie du voyage.
Je m’apprêtais à partir quand j’ai vu la Touareg débouller dans la laverie. Oui oui, je ne sais pas comment mais j’ai mémorisé la plaque. CE 532 AV. Malgré les vitres fumées, je sais que c’est elle. La voiture est recouverte d’une énorme couche de poussière.
J’ai vu Marc se diriger vers la voiture et moi je me suis presque mis à courir pour le devancer. Pas moyen qu’il touche à ma voiture...et à mes fap (500) cent. Enfin à cette voiture et à mes dos.
J’arrive avant lui et j’ai même le temps d’ouvrir la portière. L’autre me regarde puis descend, sans même un merci. Ni un « bonsoir » d’ailleurs.
-Il faut qu’elle soit p...p...p...pimpante pour ce s..s..s...soir.
Je la toise et elle me toise en retour puis baisse les yeux. Elle se prend même pour qui ? par parce que je la laisse faire un peu sa bouche là qu’elle peu t se croire tout permis.
-Moi : Tu vas wait (attendre) là une fois non ? On va bientôt fermer.
Les yeux toujours fixés sur ses chaussures elle me fait oui de la tête. J’ouvre le robinet et elle reste à côté de moi au lieu d’aller s’assoir au bar. Si elle veut se faire mouiller, moi quoi là dedans ?
Après 5 minutes silencieuses, je ne sais pas ce qui me pousse à ouvrir la bouche.
-Moi : Alors prête pour ce soir ?
Je lui tourne le dos, mais le reflet sur la vitre me montre qu’elle me regarde.
-Oui.
Je me tourne et elle lève les yeux vers le ciel.
-Moi : ton pote là a accepté ?
Mouvement de la tête de haut en bas. Tsuiiip. Voilà pourquoi je n’aime pas les filles timides. On ne peut pas avoir une conversation normale avec elles. Mais allez savoir pourquoi je persiste.
-Tu es vraiment bègue ?
Eric !!!! D’où te sort cette question ? Bien sur que non elle n’est pas bègue.
-Oui.
Nos regards se croisent et cette fois çi c’est moi qui baisse les yeux.
-Moi : ce soir c’est comme ça que tu vas te comporter ? Tu vas rester timide comme ça ? Parce que si tu reste comme ça, tout le plan là ne sert à rien.
Seuls les bruits environnants me répondirent. Bon tant pis. Je voulais lui donner quelques conseils mais vu qu’elle ne répond pas. Moi je m’en lave les mains. J’ai justement fini de laver la voiture.
Vu qu’elle a déjà payé à la caisse, je n’ai plus qu’à m’écarter. Elle monte et je croise brièvement son regard lorsqu’elle me dit merci.
Elle s’en va et moi je rentre aussi chez moi. Si elle est là, je suppose qu’Isa aussi est rentrée. Je prends une douche puis je vais la call.
Je mets mon jean et je m’assois devant ma porte. Je m’apprêtais à composer le numéro quand celle de Dani s’est ouverte.
-Dani: coucou Eric.
-Moi: How Dani ?
-Dani: gars, je sis là. Ce soir je vais faire le guet pour notre affaire là. Dès que Thomas arrive je la préviens et elle et John font une entrée fracassante.
-Moi :...ah....
Je n’étais pas très intéressé parc e qu’elle me racontait. Isa ne répondait pas au téléphone. Peut être elle l’avait éteinstpour se reposer.
-Dani : tu veux venir ?
-Moi : Oui pourquoi pas ?
Après tout je n’avais rien à faire ce soir.
Il y avait un taxi qui attendait Dani. On s’est garé pas loin du Bluebeans. Le téléphone de Dani a sonné alors que le moteur n’était pas encore éteint.
-Dani : oui on est là. ...Euh je suis avec Eric...Ah ne crie pas.
« Je crie si je veux. Je ne veux pas qu’il soit l...l...là ! » Elle a parlé tellement fort que même moi j’ai entendu. Alors que ça m’ennuyait au début, j’ai décidé de rester là. On va voir ce qu’elle va faire.
On a attendu 15 min puis j’ai remarqué une Mercedes qui se garait devant le fast-food. Je l’ai remarqué parce que c’était une classe A mais pas très propre. Un homme est descendu et moi je me suis redressé sur mon siège.
-Moi : c’est lui là bas ?
-Dani : oui comment tu as su ?
Est-ce que moi-même je know (sais) ? Bref le la portière passager s’est ouverte et j’ai vu une belle petite descendre. Je comprenais pourquoi il avait larguée l’autre. Celle-ci à première vue avait l’air normal. Ils sont entrés dans le restaurant et Dani a appelé l’autre.
-Dani : Ils sont là. Attends même 20 minutes avant de venir...quoi ? Nonnnnnn ? Quoiiii ? Attends on arrive.
Elle a payé le taximan qui devait se demander à quoi on jouait. On a marché un peu puis j’ai repéré la Touareg garée dans une allée.
On est monté. Moi à l’arrière et Dani devant.
-Il...il....il...il....il....
-Dani : calme toi. Calme-toi.
Elle s’est tu et a pris une grande inspiration.
-Il...il...dit....qu’il est avec la fille qu’il drague. Elle a un problème et il ne peut pas ve...ve...venir !
Ouh là. Tout le plan est à l’eau. Hum dommage pour elle. J’ »aurais bien eu envie d’assister à la scène. Je ne sais pas pourquoi mais ce gars là je ne l’aime pas. Je le comprends, je comprends son choix mais je ne l’aime quand même pas. Donc ça m’aurait fait plaisir de voir sa tête. Même si il n’est plus intéressé par miss Touareg, ça fait quand même quelque chose de voir une fille qui courait derrière toi samedi passé, avec un autre le vendredi suivant. En plus il ne savait pas qu’elle l’avait vu en compagnie de l’autre fille. Bref. Je regarde miss Touareg pour lui dire « aurevoir ». Mais aucun son n’est sorti de ma bouche.
Elle regardait dans tous les sens. Ses yeux battaient aussi vite que les ailes d’un colibri et ses mains avaient abandonnées son téléphone pour se tordre dans tous les sens. Elle était l’image même de la panique. Elle était assise de biais face à Dani (qui essayait en vain de la calmer) et sa tête tournait de gauche à droite comme pour refuser la réalité. Dans le mouvement son regard à croisé le mien avant de continué sa route. Puis tout d’un coup iol est revenu vers moi et là j’ai presque entendu le « ding » dans sa tête.
Les yeux qui il y a quelques secondes erraient, complètement affolés, étaient à présent clairs. Ils ne cillaient pas en me regardant. C’est d’ailleurs la première fois que je voyais ses yeux aussi longtemps. Mais :
-Moi : NON ! N’y pense même pas. Barré !
-Mais c’était ton idée. Et tu es le seul disponible.
Aucun bégaiement...Elle était décidée...et moi aussi.
-Moi : Hors de question !
Hors de question ! Pas avec une fille comme elle. N’importe qui d’autre mais pas elle.
Elle a plissé les yeux.
-Je ne vais pas te supplier !
Ah bon ? Bon si elle le prend comme ça...j’ai croisé les bras sur ma poitrine puis finalement j’ai tendu la main vers la portière. Oh qui sin tu vas me supplier. J’ai actionné la poignée et la portière s’est ouverte.
-Elle : ça va, ça va. Je te paierais...50000frs...mais r...r...reste.
Hummm. Je me suis senti mal à l’aise. J’avais juste l’intention de la faire me supplier 2 ou 3 fois. Mais voilà qu’elle me proposait de l’argent. C’était triste mais au fond parfaitement normal qu’une fille comme elle en soit réduite à ça. A payer. Je pouvais le faire gratuitement mais puisqu’elle le propose...
-Moi : ok. Allons-y.
Les gens je vais gagner 50 000 cadeau. Je vais rien faire, juste être là. Hors de question ou que je lui tienne la main. Ce n’est pas ce qu’on a dit. Et moi ça m’arrange. Parce qu’on ne sait jamais avec les albinos là, mieux vaut ne pas les toucher.
