02
Chap 7
Mais qu’est ce qu’elle faisait là cette fille de bao (riche) ? A vrai dire je m’en foutais (alors pourquoi tu poses la question Eric ?). Les 2 femmes se sont arrêtées net à ma vue.
Danielle m’a lancé un bonsoir à peine audible tandis que l’autre, les yeux fixés sur un point au dessus de moi, bégayait un « bonsoir » à peine plus intelligible. Bon. Deux timides pour le prix d’une. Je me suis levé.
-Bonsoir. Danielle c’est how ?
-Danielle : ça va et toi ?
-Moi : voilà mes restes.
J’attendais qu’elle dise quelque chose pour continuer la conversation mais un silence pesant s’est installé. Pour être rompu une LONGUE et SILENCIEUSE minute plus tard.
-Dani, je...je...v..vais pa...pa...partir. Il se f...f..fait tard !
-Moi : tu as retrouvé ta barrette ?
Je me suis moi-même étonné du tutoiement. Elle m’a regardé une demi-seconde avant de fixé un point sur ma gauche.
-Elle : n...n...n...n....
-Moi : non ?
Dani et elle m’ont lancé un regard méchant. Les sourcils de l’autre femme se sont froncés.
-Elle : n...n...non. Je...je...je...
-Moi : tu ne l’as pas retrouvé ! Ok. Tu...
Je me suis interrompu parce que les 2 femmes m’ont encore regardé méchamment. Bon ok, je me tais.
-Elle : Dani. Je...je...
Elle s’est tue 2 secondes puis à essayé de nouveau.
-Elle : j...j...j..je...m...m....
J’ai fermé les yeux. Pitié que quelqu’un arrête le massacre ! Elle me donne les maux de tête. Comme si elle m’avait entendue, elle a baissé la tête, dépitée. Elle a juste tourné les jambes et s’est dirigée vers la sortie. Moi je suis rentré dans ma chambre en haussant les épaules. C’est quoi ? Ce n’est pas de ma faute si elle est incapable de s’exprimer correctement. Et puis je me demande si elle ne fait pas semblant. Parce que je l’ai entendu faire une phrase complète sans bégayer tout à l’heure...en même temps je m’en fiche un peu qu’elle soit sincère ou pas, je ne sais même pas pourquoi je pense à tout ça. J’ai des choses plus intéressantes à faire.
Je me suis installé sur mon lit et j’ai envoyé un message à Isa.
*Douce nuit. J’ai hâte d’être à demain *
*Me too. Biz et bonne nuit*
Hum on est déjà passé à l’anglais. Hiyeuuuuuuuuuu. Je...je...suis...trop c...c...con..con..t..ent !
Pfff je sais c’est méchant, mais l’autre m’a énervé à bégayé comme ça devant moi. Bref bonne nuit les gens. On se capte tomorrow.
Chap 8
C’est how les gens ? Je suis un peu de mauvaise humeur today. La journée ne s'annonce pas bien. Depuis le matin uniquement 2 voitures et ce n'est même pas moi qui les ai lavées. La poisse. En plus j’ai mal dormi. J’ai fait des cauchemars. J’ai rêvé que je devenais bègue. La s’est bientôt l’heure de la pause et avec l’argent gagné ce matin je pensais pouvoir invité Isa. Tout ça pour dire que je suis d’une humeur de chien.
J’étais en train de bouder dans mon coin quand j’ai vu mon rayon de soleil arrivé. Elle descendait d’une démarche chaloupée vers le restaurant. Jupe en jean et une chemisette qui moulait ses lolos. Au lieu de rêver des seins d’Isa je rêve que je suis bègue...tsuiiiiiiiiiiiiiiip ! Moi-même là par moment je suis un peu bizarre.
Je me lève pour aller à sa rencontre et on termine le chemin ensemble après qu’elle m’ai donné un baiser parfumé et sonore. Je sens mon humeur remontée tout doucement.
On s’installe. Et je sers les dents face à ce que je m’apprête à faire. J’ai emprunté de l’argent au boss pour pouvoir « gérer » Isa ce midi. Ca va à l’encontre de tous mes principes. Qu’on se le dise les gars « ne jamais faire d’emprunt pour une fille tant que tu n’as pas mop (embrasser/coucher) avec elle ». On ne peut jamais garantir le retour sur investissement.
Mais Isa est quand même ma future femme. Donc :
-Moi : je t’invite aujourd’hui. Tu prends quoi ?
Mon cœur bat la chamade et une goutte de transpiration coule dans mon dos. Quoi qu’on dise, les filles dès qu’elles entendent la phrase « je t’invite », se transforment en véritables suceuses d’argent.
-Isa : Oh rien. J’ai mangé au bureau. On a reçu une équipe d’acheteurs et il y avait un buffet.
Hiyyyeuhhhh, les dieux de l’argent sont avec moi. Mais dans ce cas...
-Moi : si tu as déjà mangé pourquoi tu es sortie alors ?
-Isa : je ne sais pas j’avais envie de me dégourdir les jambes, profiter un peu du soleil, de l’air...
-Moi : et de moi ?
Elle ri et se faisant sa poitrine bouge souplement sous la chemisette. Le spectacle fait se dresser tous les poils de mon corps.
J’ai pris sa main dans la mienne tout en continuant à bavarder.
-Moi : tu es sure que tu ne veux rien manger ? Ni boire ?
-Isa : hummm...je veux bien un top grenadine alors et uniquement si tu m’accompagnes.
La grenadine plus une bière ça allait pour mes poches. J’ai appelé la serveuse et j’ai commandé une 33 en plus de la grenadine d’Isa.
-moi : dis moi tu travailles dans quoi exactement.
-Isa : je travaille dans l’entreprise d’un monsieur. On l’appelle M. Cacao. Il...
-Moi : Ah je le connais. Il a une Prado blanche qu’il vient souvent faire laver ici. Très gentil.
-Isa : oui c’est ça. Il est très calme et posé pour un homme qui a les dos. On ne l’a jamais vu courir derrière les secrétaires ou les jeunes filles. Bon c’est peut-être parce que sa fille travaille dans l’entreprise mais quand même. Toujours à donner de bons conseils. Bref on l’aime bien.
-Moi : gars ! Moi aussi je l’aime bien. C’est vrai il est sympa. Il laisse de bon pourboire. Tu dis qu’il ne cours pas derrière les filles ? La dernière fois j’ai retrouvé une barrette en or dans sa voiture et une fille est venue la récupérer après.
-Isa : Ah c’était peut-être sa fille !
-Moi : Elle..bé..bé...bé...gaie comme ça ?
Isa a explosé de rire tout en secouant la tête de haut en bas.
-Isa : oui c’est elle. Les gens de mon service ne l’aiment pas trop. Et tu l’imites parfaitement.
-Moi : et pourquoi vous ne l’aimez pas ?
-Isa : Aka elle crane trop. Elle est arrivé là parce qu’elle est la fille du patron. Je suis sure qu’elle est incompétente. Depuis qu’elle est là on ne peut plus rien faire. Tu arrive en retard c’est un problème, tu te sers un peu dans les rames de papiers ou les post-it, c’est un problème. Elle veut montrer à qui qu’elle est trop honnête et trop sérieuse ? Tsuiiiip.
Encore une fois Isa et moi on était sur la même longueur d’ondes. Moi non plus je n’aimais pas beaucoup l’autre bègue là.
-Isa : une fausse fille comme ça. Dans notre service on dit qu’elle bégaie parce qu’elle n’est pas bien baisée !
Moi j’aurais dit que c’est parce qu’elle n’a pas de gars mais ça reviens au même. Isa et moi on a encore ri. Puis le sujet de la fille fut vite oublié. Elle a terminé sa grenadine et s’est levée.
-Isa : On dit quoi ? Le soir non ?
-Moi : comme hier je passe te chercher.
-Isa : au fait tu sais où j’habites mais pas moi. Tu restes où ?
-Moi : Au rond point nlongkak.
Quoi ce n’est que la moitié d’un mensonge. Je loge bien au rond point nlongkak mais loin derrière le rond point. Dans les bas fonds, dans un endroit qu’on call Ntaba. Mais ça elle le saura bien assez tôt. Pas besoin de casser mon modèle maintenant.
-Isa : il faudra me montrer un jour.
-Moi : quand tu veux.
Elle ne verra ma maison...enfin ma chambre que quand je m’aurais niass (niass=coucher/baiser). Pas avant. En attendant ce sera soit chez elle, soit j’utilise la chambre d’un bon pote à moi taximan qui est beaucoup mieux logé que moi. Il a une maison et il loue une chambre aux gens comme moi quand on veut niass une nga qu’on ne peut pas faire descendre chez nous.
Le soir je n’en pouvais plus d’attendre la sortie des bureaux. Dès que j’ai vu Isa je l’ai prise par la main et on a pris le taxi. J’avais plus travaillé l’après-midi, du coup pourquoi ne pas faire de folie et l’amener chez JC manger un bon poulet ? Les poulets de JC sont plutôt comme des poussins mais je sens que ça va lui plaire.
Effectivement elle était contente. On nous a installés dans un coin bien isolé ou on pouvait être à notre aise. Parfait, parce qu’il était temps d’attaquer de front.
Elle s’est assise et sa jupe est légèrement remontée sur ses jambes. Je me suis assis et j’ai écarte les miennes. Nos genoux sont rentrés en contact vu que je portais une culotte. Puis je me suis penché vers elle et j’ai envahi son espace vital. J’ai posé un bras au dessus de sa tête et elle s’est tournée vers moi. J’ai poursuivi mon offensive tout le long de la soirée : je touchais ses mains son genou, sa joue, tout ce qui était à ma portée. Quand on a fini de manger et qu’on s’est levé pour partir, je l’ai tournée vers moi et j’ai pris ses 2 mains.
-Moi : j’aime vraiment passer du temps avec toi.
-Isa ; c’est réciproque Eric. Merci de m’avoir invitée.
-Moi : si il s’agit de toi, je dépense mon argent avec plaisir.
Elle a rigolé et j’ai foncé. J’ai mop (embrassé) avec rage. J’avais attendu ça toute la journée. Dans l’après midi, ses lèvres rendues rouges par la grenadine ont faillis me rendre fou. Et là je goutais enfin à un mini paradis. Et je n’étais pas déçu. Elle avait un léger goût de piment et sa bouche était chaude et accueillante.
J’ai fermé les yeux juste au moment où Isa s’écartait.
-Isa : raccompagne moi s’il te plait sinon on je ne réponds plus de rien.
Ah j’aime les filles franches. On est sorti de chez JC et dans le taxi ma main n’a pas quitté son genou.
Je suis rentré chez moi en volant. Rien ne pouvait ternir ma bonne humeur. Gars Isa toi et moi c’est pour bientôt.
Arrivé devant ma porte j’ai remarqué que chez Danielle c’était encore allumé. Vu que j’étais d’excellente humeur j’ai cogné. J’avais raconté à Danielle pour Isa. Le fait qu’elle ne parle pas beaucoup fait qu’elle est une bonne confidente. Je trouvais donc normale de lui dire ou j’en étais, vu que je n’ai pas pu hier parce que l’autre était là.
-Danielle : Entrez !
J’ai ouvert la porte. Je m’apprêtais à saluer quand je fus interrompu par une voix qui sortait de la salle de bain.
-Donc tu vois c’est ça la différence entre un bilan comptable et un bilan financier. Et pense bien à regarder la trésorerie ainsi que le plan de financement. Ne t’inquiète pas je pense que tu es prête.
Puis la bègue – enfin l’ex bègue – est sortie de la salle de bain en s’essuyant les mains sur un mouchoir. Elle s’est arrêté net à ma vue.
JE SAVAIS, JE SAVAIS qu’elle faisait semblant. Regardez-moi une bandite comme ça !
Les gars et les gos, on se prend demain. Je vais d’abord mettre mal à l’aise la petite bandite ci.
Chap 9
-Elle : oh !
-Moi : Hum ! Bonsoir !
-Elle : euh...oui. B...b...b...bo..bon...bonsoir.
-Danielle : bonsoir Eric
La nga ci est même normale ? Donc c’est pour moi tout le cinéma là? Dès qu’elle me voit elle se remet à bégayer hein ?! Ok. On va voir ce qu’on va voir.
-Moi : mais...mais...mais...ma...che...cherie...tu ne bé...bé...bé...bégaie p...pas tout à l’heure. Il se passe quoi maintenant ? Pourquoi tu fais semblant ?
Elle a ouvert grands les yeux. Je ne sais pas pourquoi, parce que je l’ai appelée « ma chérie » (ça ne veut rien dire, je ne connais pas son nom) ou parce que j’ai osé poser la question sur son faux bégaiement.
-Danielle : Eric !! C’est quoi ton problème ?
-Elle : je...je...je...tu...ne...tu...tu...je
-Moi : je tu quoi ? Pourquoi vous les femmes vous aimez vous faire remarquer comme ça.
-Danielle : ERIC ! Tu es con ou quoi ? Elle ne fait pas semblant.
-Eric : aka !! Je l’ai entendu parfaitement parler il n’y a même pas 3 minutes et tu viens me dire que...
-Elle : EN QUOI CE QUE JE FAIS TE CONCERNE ABRUTI ?
Elle a tout de suite mis la main devant sa bouche et m’a regardée un peu effrayée semble-t-il. Elle avait déjà vu quoi ? Il fallait y penser avant d’insulter les gens. Et en plus :
-Moi : sans bégayer encore une fois. Tsuiiip. Les femmes !! Et puis tu traites qui d’abruti? Je préfère être un abruti qu’un menteur !
Elle m’a lancé un de ces regards !!! Puis elle a pris un énorme sac qu’elle a passé à son épaule et s’est dirigée vers la sortie sans un mot de plus. Danielle l'a suivie.
Elles allaient où comme ça? J’ai regardé l’heure sur mon téléphone : 22h. Deux jeunes filles seules traversant Ntaba à 22 heures ? Malchance !
-Vous allez où comme ça ? Vous avez vu l’heure ?
Seul le vent me répondit. J’ai fait un pas en avant. Je ne voulais pas avoir leur mort ou leur viol ou leur agression sur la conscience donc mieux je les accompagne. Parce que avec les braqueurs de mon quartier ci....
En quelques pas elles sont revenues dans mon champ de vision. Evidement c’était la fille de bao qui marchait devant tranquillement. Comme pour dire « Venez, agressez moi ! ». Elle avait beau être habillé simplement on sentait qu’elle avait l’argent. En plus son sac là devait contenir un ordinateur. Pfff.
D’un seul coup j’ai vu « John Brie » le plus célèbre de nos braqueurs apparaitre.. J’ai commencé à accélérer le pas. Je ne savais pas ce que j’allais faire mais il fallait que...
-John Brie(JB) : petite sœur c’est how ?
-Danielle:…
-Elle: oh! Je...Je...Jean, ça va. Et...et...et toi ?
-JB : rhoo ma mbindi (ma petite) je t’ai déjà tell de ne pas me call comme ça. Appelle-moi John Brie ou JB si tu veux.
-Elle : je...je...je pré...préfère Jean.
...Autant pour mon acte de courage. Comment elle connaissait JB celle là?
-JB: ma mbindi donne moi ton big sac là, je vais t'accompagner jusqu'à ta voiture.
Danielle restait prudemment en retrait et moi j'étais encore plus loin. JB était effrayant. Les seules personnes qui lui disaient bonjour ou qui lui parlaient étaient les autres braqueurs et voleurs. Et l'autre fausse bègue là tape les divers avec lui (taper les divers=discuter) comme si ils mangent souvent les beignets ensemble.
On est arrivé à la voiture en file indienne. Jean lui a passé son sac et il a fait demi tour. Danielle a fait un grand pas sur le côté quand il est passé près d'elle. Mais moi je n'ai pas eu cette présence d'esprit. Ni celle de baisser les yeux. Résultat:
-JB/ Et mouf quitte de là! Look moi un rat comme ça. Tu me regardes pourquoi?
Je me suis prestement écarter non sans murmurer:
-Moi: excuse moi grand frère.
Pardon, je ne veux pas qu'on me tape ici dehors pour rien. Le dialogue a attiré l'attention des filles qui ont -ENFIN- remarqué ma présence.
-Danielle: Eric tu fais quoi là?
-Moi: je vous raccompagnais mais je vois que ma présence n'était pas nécessaire.
L'autre n'a pas répondu. Elle est montée dans sa voiture.
-Elle: bo...bo...bo...bonne nuit Danielle. Et bonne ch...ch...ch...chance pour ton test.
-Danielle: bonne nuit ma puce et merci. Bye.
Elle a démarré et elle est partie. Tant mieux.
-Danielle: je ne savais pas que tu étais comme ça Eric. Mal élevé et sauvage. Pourquoi tu as mal parlé à mon amie?
-Eric: Aka moi je n'aime pas les filles qui veulent se faire remarquer. Elle fait semblant de bégayer pourquoi? Ca c'est se moquer des bègues. Tout ça pour quoi c'est ce que je ne comprends pas.
-Danielle: et moi ce que je ne comprends pas c'est en quoi ça t'intéresse et pourquoi ça t'énerve? Elle est vraiment bègue. Juste qu'elle est plus à l'aise dans certaines situations. C'est le cas pour la matière qu'elle m'aidait à réviser. Mais dès que tu es arrivé avec ta sale bouche là elle a perdu ses moyens. C'est une très très grande timide. Et toi tu n'arrête pas de la déranger. Tu es trop bête.
-Moi: Mais...
-Danielle: et puis je vais te dire une chose. Ne termine jamais les phrase des bègues pour eux. Je sais que c'est très tentant et que c'est agaçant de les entendre buter sur les mots mais laisse les s'exprimer. Quand tu finis les phrases ou les mots sur lesquels ils butent, ça met en avant leur incapacité et aggrave le bégaiement.
-Moi:...
-Danielle: tu m'as trop déçu depuis 2 jours. Tu n'as pas arrêté d'embêter mon amie et moi je n'aime pas ça.
-Moi: n'importe quoi! Ou on est bègue ou on ne l'es pas. On ne peut pas être bègue dans certaines situations uniquement. Aka elle ment et toi tu la crois. Et c'est ça qui m'énerve. Si elle s'ennuie elle n'a qu'à prendre son argent et aller embêter d'autres gens!
-Danielle: tsuiiiiip. Trop bête!
Et elle est partie. Je l'ai suivie. D'abord comment elle connait JB? Peut être ce n'est pas une fille de bao mais une bandite comme on voit souvent dans les telenovella que les femmes aiment. Elle se fait passer pour une fille de riche alors qu'en fait elle est pauvre comme nous. Le bégaiement c'est pour rendre le personnage plus crédible. Breffffffffffff...je m'en fous!
Allongé sur mon lit j'envois un sms à Isa.
*Juste pour dire à ma voleuse préférée que je suis arrivé chez moi depuis un moment*
Isa: *Ah c'est bien. J'ai volé quoi?*
Moi: *tu même tu sais*
Isa:*non dis moi. Sinon je ne pourrais jamais dormir*
Moi:*dans ce cas bonne nuit à ma voleuse de coeur*
Isa:*...Bonne nuit*
J'ai relu nos messages et franchement moi même je m'apprécie. Par moment je suis très inspiré. Je réuni mes 2 oreillers et je plonge le visage au milieu. Je parie qu'entre les seins d'Isa c'est plus doux encore. Je vais enfin pouvoir dormir. Et puisqu'apparemment ça fait "genre" de parler comme ça:
Bo...bo...bo...bonne nu.nu.nuit les g...g....g...gens!
Chap 10
Deux jours sont passés depuis la dernière fois. Et Isa et moi on n’avait pas pu se voir. Elle me manquait. Aujourd’hui je pense qu’on allait pouvoir se voir après nos boulots respectifs. J’avais hâte qu’on passe aux choses un peu plus sérieuses elle et moi.
J’en étais là de mes réflexions quand j’ai vu une nouvelle voiture entrer dans la laverie. J’étais le seul laveur non occupé. Je me suis donc redressé près à me mettre au travail. D’autant plus que c’était une de mes voitures favorite : une Touareg noire. Un signal d’alarme a retenti dans ma tête et je n’ai même pas eu besoin de me demander pourquoi vu que la portière venait de s’ouvrir et que notre menteuse nationale descend ait.
J’étais partagé. Vraiment. Depuis que je voulais m’occuper de cette voiture, j’avais enfin l’occasion. Mais pas sa voiture à elle. Surement pas !...En même temps je ne pouvais pas me permettre de cracher sur 500 fcfa, je n’ai pas encore atteint ce niveau là. Bon ! C’est décidé, je vais m’en occuper.
L’autre avait la moitié du corps passée à l’intérieur de la voiture, les vitres étaient fumées mais je supposais qu’elle récupérait ses affaires. Effectivement, elle est ressortie quelques minutes plus tard avec son énorme sac et un autre plus petit. Un jour il allait falloir qu’une femme m’explique ce qu’elle et ses congénères fourrent dans leurs sacs. C’est quand même incroyable. Et celle çi en a 2 ! Bref ce n’est pas mon problème.
Elle me tourne le dos. Je m’approche d’elle, je prends une inspiration et je plaque un sourire faux sur ma bouche.
-Moi : bienvenue chez Mr Clean, Eric à votre service. Une demande particulière pour votre voiture ?
Elle s’est retournée.
-Elle : Oh ! C’est v...v...vous !
J’avais pensé qu’on avait dépassé le stade des faux bégaiements mais apparemment non ! Elle jurait qu’elle continuait.
-Moi : oui c’est m...m...moi. Une demande particulière pour votre voiture ?
Elle a plissé les yeux. Puis
-Elle : oui. U...une seule. Que...que...que...v...vous n’y tou...tou...toucher pas !
Avant que je n’ai pu faire un geste elle a levé la main pour attiré l’attention du boss. Il s’est dirigé vers nous. Merde.
-Moi : mais pourquoi vous faites ça? Je ne vous ai rien fait. Vous allez me faire avoir des problèmes.
Mais évidement cette pimbêche s’en foutais. D’ailleurs est ce qu’elle m’a même regardé ? Le boss est arrivé à notre niveau.
-Le boss : Un problème Mme ?
-Elle : Oui. Je...je...préfère que...que...que se soit M..Marc là bas qui la..la...lave ma voi...ture. Je s...s...suis habitué à lui.
-Le boss : mais bien sur. Il est occupé comme vous le voyez. Vous revenez cherche votre véhicule à midi ?
-Elle :n..n...non. J’en ai be...be...besoin le pl...pl...plus rapidement po...po...possible. Je vais p...p...prendre le la..la...la...lavage ex..ex..ex...express.
J’ai failli simuler un bruit de ronflement pour lui faire comprendre que toute la comédie à laquelle elle jouait m’ennuyait. Elle plus elle avait choisi Marc. Mon rival dans cette laverie. On se détestait. Comme ça pour rien de précis semble-t-il. Le boss appelait ça de l’antipathie naturelle.
-Le boss : mais Marc est occupé. Comme vous êtes pressé Eric peut s’occuper de votre voiture. Vous ne percevrez pas la différence, vous verrez. Eric vas y, tu ...
-Elle : je...je...préfère at..at...at...attendre Marc !
Tsuiiip Marc, Marc, Marc, c’est même comment avec lui? Il fait quoi il te bai...
Le cours de mes pensées (pas très catholiques) fut interrompu par la sonnerie de la cellule anti terroriste dans 24h Chrono.
-Elle : Allo ?...O...oui...Dans u...u...une heure max....O...oui à t...t...toute à l’heure.
Elle a raccroché et m’a jeté un regard haineux.
-Elle : Ok. Il p...p...peut y aller.
Je l’ai toisée de haut en bas...puis j’ai quasiment couru vers la voiture. On ne sait jamais si elle change d’avis.
J’ai pris mon matériel et je me suis mis au travail. Enfin j’allais pouvoir m’occuper moi-même de cette voiture. J’ai ouvert la portière et j’ai plongé ma tête à l’intérieur. Ca sentais le cuir, le parfum de l’autre menteuse là et autre chose...le propre, le neuf...l’argent.
Assez tergiverser. J’ai amoureusement nettoyé l’intérieur : des tapis aux sièges et tout le reste de l’habitacle.
J’ai trouvé des boucles d’oreilles, un paquet de dossiers abandonné sur le siège arrière. J’ai soigneusement mis tout ça de côté. Puis je suis passé à l’extérieur de la voiture. Au fur et à mesure que je nettoyais la voiture, j’oubliais ma colère envers la propriétaire. Je voulais prendre mon temps, mais c’était le nettoyage express. J’ai donc dû abréger mon plaisir. A la fin la voiture brillait comme un sous neuf.
Je lui ai fait signe que c'était bon. Elle n'a même pas admiré mon travail. Elle est juste monté dans la voiture en me lançant un vague "me...me...merci". J'ai senti un démon m'envahir.
-Moi: de ri...ri...rien!
Heureusement qu'il n'y a pas de poussière à l'endroit où on lave les voiture sinon je me serait retrouvé complètement recouvert de boue, tellement elle a démarré en trombe.
Il faudrait que j'arrête? Pourquoi? Est ce que elle, elle arrête son cinéma? N'importe quoi. Je vais cesser quand elle va me parler normalement, enfin si on se revoit et se parle encore un jour. J'ai regardé la Touareg partir au loin. Pas même un petit 500 fcfa pour tout mon excellent travail. Au temps (ou autant c'est selon) pour tout le mal que je me suis donné. Tsuuuuiiiip.
J'ai entendu quelqu'un demandé dans ma tête pourquoi je devenait aussi nerveux dès qu'il s'agissait de miss Touareg. Je n'ai pas eu le temps de penser à la réponse qu'Isa apparaissait dans mon champ de vision envoyant la Touareg et sa propriétaire aux oubliettes.
Elle était avec des collègues. Pas les même que d'habitude. Ceux ci semblaient plus aisé. J'ai vite compris que je risquait de ne pas pouvoir lui parlé de toute sa pause. J'allais juste lui faire un petit bonjour et j'allais lui envoyé un message. J'ai attendu que nos regards se croisent puis j'ai secoué la main. Mais Isa a détourné les yeux sans répondre à mon salut. Je suis resté bloqué pendant quelques secondes. Elle m' a vu et elle m'a ignorée ou elle ne m'a pas vu?...Elle ne m'a pas vu c'est certain sinon elle aurait répondu. J'ai voulu la saluer en faisant plus de signes cette fois mais elle était déjà passée derrière moi et je me mettre à la suivre juste pour lui dire "bonjour". Je l'ai donc laissée s'installer et moi je suis remonté vers la laverie.
Mais tout l'après midi je n'est cesser de m'interroger. Est ce que j'étais sur et certain qu'elle ne m'avait pas vu? J'avais l'impression qu'elle m'avait ignoré parce qu'elle était avec certaines personnes. Mais en même temps même quand elle était avec ses collègues habituels elle me saluait, pourquoi tout d'un coup se mettrait-elle à m'ignorer? D'abord c'était qui les types avec qui elle était?
Autant de questions qui tournaient dans ma tête. Ca ne m'a pas empêcher de constater que Isa et ces gens n'ont pris que de la boisson puis ils sont partis. En partant elle n'a pas lançant un seul coup d'œil de mon côté.
Quand je suis rentré chez moi j'étais d'une de très mauvaise humeur. J'ai violement poussé la porte de ma chambre qui est allé rebondir contre le mur en faisant un grand bruit. Je me suis assis sur le pas de ma porte, énervé.
Danielle est sorti de sa chambre.
-Eric c'est comment?
-Moi: akah Dani laisse moi, vous les femmes vous êtes bizarres.
-Danie: Yaaaaa. On a encore fait quoi non?
Je raconte à Dani les dernières évolutions de ma relation avec Isa, puisqu'elle n'était pas au courant. Je termine par ce qui s'est passé aujourd'hui.
-Dan: ah! Je suis sure qu'elle ne t'a pas vu. Elle devait être perturbée. D'après ce que tu me raconte elle n'est pas le genre de fille à se comporter comme ça.
Son ton manquait de conviction.
-Moi: je...
La sonnerie de son téléphone m'a coupé dans mon élan.
-Dani: Allo?...oui ça va et toi?...Oui ça c'est bien passée. Merci encore, sans toi je n'y serais pas arrivée...
Je ne sais pas pourquoi j'ai eu la conviction que c'était miss Touareg.
-Dani: aka tu demande quoi? Chez moi c'est chez toi, oui tu peux venir...Euhh. Oui.
Dani m'a jeté un coup d'oeil bizarre
-Dani: euhhh...oui oui. J'imagine que tu préfère que je vienne? Ok on se retrouve en route alors. Je te fais signe à tout à l'heure.
Après quelques mots de réconfort Danielle m'a dit aurevoir est partie dans sa chambre. Moi j'ai levé les yeux vers le ciel étoilée.
Décidément toutes les femmes semblaient vouloir m'éviter aujourd'hui. Touareg je comprend mais Isa? en plus elle ne m'a pas vu de la journée mais elle ne m'appelle même pas? Pfff je ne comprendrais jamais les femmes.
A lundi les gens.
