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Part 11
Lex était pliée de rire pendant que je racontais ce qui s’était passé avec Emy samedi passé.
-Lex : ta folie là, il va falloir qu’on pense à la soigner. Franchement Al ! Et qu’est ce qu’elle a fait après ?
-Moi : Rien j’ai passé le reste de la journée à l’éviter.
On était mercredi et Lex était passé au restaurant pour voir si tout allait bien et vérifier si je tenais bien la gestion. Oui tout allait bien et non je ne m’en sortais pas en gestion. Rien de nouveau sous le soleil.
-Lex : tu sais que quand je suis partie récupérer le camion avec le matériel, la BM m’a fait une scène digne d’une série télé ?
-Moi : Ah bon ?
-Lex : Ouais ! Elle m’a dit que vu que tu n’avais pas assuré jusqu’à la fin on devait rembourser le paiement. Le pire c’est que quand elle parlait elle était en train de manger la bouffe que vous aviez préparée.
-Lex: je lui ai dit que vu qu’ELLE avait fait chier du début à la fin, elle devrait nous ajouter un supplément. Les insultes ont commencé à pleuvoir. Moi je l’en foutais, j’ai tout ramassé et je suis partie. Quand je pense que le mari et tout le monde essayait de joindre la mariée. Donc elle était avec toi pendant tout ce temps.
-Moi : cette femme est une vraie plaie. Tout le monde m’a vu partir avec Emy. Ils l’appelaient encore pour quoi ?
J’ai servi à manger à Lex. Mais elle n’a pas touché à son plat. Je l’ai regardé et j’ai vu qu’elle me fixait.
-Moi : quoi ?
Elle a penché la tête sur la côté et a plissé les yeux.
-Lex : rien. Je pense juste qu’il faudrait que je rencontre ton Emy là, juste pour voir si elle est aussi coincée que tu le dit.
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J’étais dans un restaurant avec Arsène. Je ne sais pas pourquoi, j’avais cédé à ses supplications et me voici en train de manger avec lui.
Les gens qui savaient ce qui s’était passé m’ont tous donné leurs avis. Il y avait ceux qui me soutenaient, qui disaient que j’avais bien réagi. Mais il y avait aussi les autres, ceux qui me faisaient douter. Au premier rang desquels ma mère, qui résumait très bien la pensée de tous ces gens.
-Maman : Emy ma chérie. Il a fait une erreur. Certes. Mais...
-Moi : le jour de notre mariage.
-Maman : oui oui on sait ! Le jour de votre mariage. Il n’arrête pas de te demander des excuses. Et...
-Moi : Et alors ? On mange les excuses ? Ça fait quoi si il demande pardon ? Ça efface ce qu’il a fait ?
-Maman : non non ça n’efface rien. Mais l’erreur est humaine. Et puis c’est un homme ! Tu t’attends à quoi ? A ce qu’il reste fidèle toute ta vie ? Tu rêves ! Il t’aime et tu l’aimes aussi, a quoi rime la comédie que tu joue là ? Continue à faire la belle et une autre fille va le récupérer, ce jour là tu sauras !
-Moi : maman ! Tu es même de quel côté ?
-Maman : du côté de ton bonheur et du bon sens. Donc arrête de faire tes chichis et récupère Arsène. Le pardon tu ne connais pas ?
Voilà pourquoi je suis assise là aujourd’hui avec Arsène.
D’un côté moi cœur est froid, je le regarde juste et c’est de la haine que je ressens. D’un autre côté je pense à tout les bons moments qu’on a passé ensemble comment je me sentais bien avec lui, combien je l’aimais...combien l’aime toujours. Enfin je crois.
-Arsène : Alors comment tu vas aujourd’hui mon bébé ?
Je le regarde longuement. Je me demande si je ne peux pas pardonner et construire quelque chose de fort avec lui. C’est vrai il a merdé mais si on passe au dessus de ça notre couple en sortira renforcé non ? Vous en pensez quoi les gens ? Votre avis svp.
En attendant Arsène attend toujours ma réponse.
-Moi : Je vais bien merci.
-Arsène :...
-Arsène : tu ne me demande pas comment je vais ?
-Moi : non...
-Arsène : je ne suis plus que l’ombre de moi-même depuis que tu m’as quitté, je ne vis plus je survis. Reviens-moi stp. Je t’aime et je suis désolé, désolé, désolé, désolé. L’amour ce n’est pas que le bonheur, le partage, c’est aussi le pardon. Je t’aime, stp pardonne moi. Je ne peux pas vivre sans toi.
Mon cœur, ce traitre, a commencé à vibrer. Puis de manière totalement incongrue, je me suis mise à penser à Al. Vous savez le traiteur qui s’est occupé de mon mariage ?! Il avait osé dire que j’avais un splendide derrière. Je n’avais pas envie de rire mais à mon corps défendant un sourire est apparu sur mon visage.
-Arsène: j'aime quand tu souris comme ça. Tu es splendide tu sais?
J'ai souris de plus belle. J'avais un splendide derrière dixit Al. J'avais bizarrement envie de le voir. Je ne sais pas pourquoi et cette envie me laissait perplexe. C'est vrai qu'il peut être drôle par moment mais au final il est plus agaçant qu'autre chose.
En parlant d’Al, Berthe sans pitié voulait qu’on sorte nous les profs et elle pour fêter la 5e année d’ouverture de l’école. J’allais lui conseiller le restaurant d’Al. Ca ne devrait être pas mal et j’allais en profiter pour dire à ce chenapan ma manière de penser.
-Arsène : A quoi tu penses ?
-Moi : oh à rien. Tu n’as plus aucun droit sur mes pensées. Mais comme je suis polie je vais quand même te dire. Notre directrice nous invite au restaurant samedi soir.
-Arsène : Ah ! C’est à quelle heure ?
-Moi : je ne sais pas. Le soir. Pourquoi ?
-Arsène : tu sais que je n’aime pas quand tu sors toute seule la nuit non ? Ca m’embête que tu y ailles.
Je l’ai regardé, interloquée.
-Moi : Pardon
-Arsène : ça m’embête que tu y aille toute seule. D’abord vous allez finir tard et en plus je n’aime pas que tu sortes toute seule comme si tu étais célibataire.
Cette fois ci j’ai ricané. Je me suis levée.
-Moi : Va dire ça à Tina. Tu te prends même pour qui ? Je SUIS célibataire, on ne t’a pas dit ? Le jour où je devais me marié j’ai trouvé mon ex-futur-mari en levrette sur sa meilleure amie !
Je suis sortie sans attendre la réponse. Cet Arsène ! Pourquoi je continuais même à le voir ? Pour une obscure raison je sentais que je devais faire le ménage dans ma vie sentimentale. Faire place nette, pour faire savoir à tout le monde que j’étais libre.
Mais j’hésitais quand même un peu. Les gens parlons peu, parlons bien. Faut-il pardonner ce qu’Arsène a fait ? Est-ce que laisser tomber, ne pas ce battre comme disent certains (se battre pour qui ? quelqu’un qui trempe son biscuit dans n’importe quelle sauce ?), est ce que ça veut dire qu’on aime/aimait pas la personne ? Donnez-moi vos avis.
Sur ce, messieurs et dames, je vous salue.
Part 12
-Moi : le poulet basquaise : ok.
J’ai fait passer le plat et je me suis attaqué à la préparation d’un poulet DG. Ce plat était toujours très demandé mais ce soir on frisait la folie. D’abord il ya avait plein de monde, tout ce beau monde voulait manger du poulet. Ce qui fait que c’était la 3e casserole qu’on allait faire.
J’étais en train de faire revenir les légumes quand un garçon de cuisine c’est approché de moi en tremblant. Pourquoi tous les garçons de cuisine avaient peur de moi ? Cela restait un grand mystère...j’étais pourtant quelqu’un de gentil dans la vie de tous les jours.
-Le garçon : Ch..Chef ?
-Moi : Dis ce que tu as à dire et débarrasse le plancher ! Certains parmi nous travaillent !
-Le garçon : ou...oui chef ! Il y a une table qui a demandé à voir le chef !
Je l’ai regardé avec les yeux plissés et il a filé m’attendre hors de la cuisine. De plus en plus de personnes se croyaient en Europe et demandait à voir le chef. Et à cause de Lex j’étais obligé de sortir pour les entendre parler d’un ton pompeux. Lex appelle ça les relations publiques. Moi ce que je veux c’est rester dans ma cuisine, préparer des bonnes choses et rendre les gens contents.
J’ai donc enlevé mon tablier qui était légèrement sale. C’était l’une des 1ères choses que l’on nous apprenait à l’école de cuisine. Le tablier peut être sale mais le reste de la tenue doit être d’un blanc aveuglant. J’étais donc nickel sous mon tablier.
Je me suis lavé les mains et je suis sorti. Le garçon était là me regardant avec des grands yeux apeurés. Il m’a montré la table. J’ai plaqué un sourire commercial sur mon visage et j’y suis allé.
Il y avait beaucoup de femmes à cette table. Que 2 hommes. Ils fêtaient visiblement quelques choses puisqu’ils étaient tous joyeux. J’ai jeté n coup d’œil sur les assiettes. Ah c’est eux qui avaient vidé la 2e tournée de DG. Il ne restait que des cadavres dans leurs assiettes. A priori pas de problème mais on ne sait jamais.
J’arrive devant la table les mains derrière le dos.
-Moi : Bonsoir mesdames, messieurs. Tout va bien ? Vous avez appréciez votre repas ?
Il y a eu un concert de réponses desquelles j’ai pu entendre quelques mots. « Bravo », « merci », « c’était très bon ».
J’étais là sans être là, j’écoutais sans vraiment entendre, je regardais sans vraiment voir. Je savais qu’il y avait des hommes et des femmes mais je ne faisais pas attention aux visages. J’étais presque sourd aux compliments, ce qui retenait immanquablement mon attention c’était la critique. Et là il n’y en avait pas. Parfait.
-C’était excellent.
Quelque chose à remué en moi. Cette voix je la connaissais. Elle m’était familière. Je m’apprêtais à regarder qui avait parlé quand celle qui semblait être le chef de la bande a parlée.
-Le chef de bande (CDB) : il ya juste un petit problème...
Toute mon attention s’est aussitôt dirigée vers elle. Je l’ai regardée, interrogateur.
-CDB : On veut prendre des desserts, qu’est ce que vous nous conseillez ?
Ah ce n’était que ça.
-Moi : la tarte au citron est excellente, il y a aussi le Forêt noire. Pour ceux qui veulent quelque chose de plus léger nous avons de la salade de fruits faite avec les fruits de saison c'est-à-dire cassimanga(fruit jaune avec de la pulpe et des piquants), papaye, pastèque et ananas. Je vous envoie un serveur. Passez une excellente soirée !
Je me suis tourné pour repartir vers mes casseroles. J’avais l’impression d’oublier quelque chose...d’important. Ca m’échappait. Avant d’y retourner je suis sorti prendre l’air derrière le restaurant.
Voyons ,voyons, qu’est ce que j’avais oublié ? C’était là pourtant à la lisière de ma conscience...sur le bout de mon oreille...MON OREILLE ?
-Moi : Aieeeeeeeeeeeeeee ! Mais qu’est ce que...Emy ! Bonsoir ! Tu...aieeeee lâche mon oreille! c’est quoi ton problème ?
-Emy : Ca c’est pour avoir fait des commentaires sur mes..mon...
-Moi : ton quoi ?
Elle tenait toujours mon oreille entre ses 2 doigts mais semblait embarrassée.
-Emy : euh...mon...
Krkrkrkkr.
-Moi : toujours aussi coincée du cul à ce que je vois. Sur ton derrière, ton postérieur, ton popotin, tes fesses, ton bodje, ton boule.
J’en penché la tête en arrière. Elle portait une sorte de haut blanc avec une mini-jupe pagne qui mettait en valeur son fessier.
-Moi : toujours aussi splendide soit dit en passant. Je peux toucher ?
L’expression outrée qu’elle a pris quand j’ai dis ça....je crois que je ne l’oublierais jamais. Lolllllllllllllllll. J’ai levé une main en écartant bien les doigts et elle a reculé d’un bond.
-Moi : Allez ne soit pas méchante. Après tu pourrais toucher mes fesses si tu veux. Allez stp.
Je voyais bien qu’elle hésitait entre fuir en courant et me mettre une deuxième gifle. Moi pour ma part je pariais sur la seconde option.
« Baf » ! Voilà qu’est ce que je vous avais dit ?
J’ai mis la main sur ma joue.
-Moi : Un simple non aurait suffit. Et en plus tu ne sais pas ce que tu as raté, mes fesses valent le détour.
-Emy : tu m’as ignoré tout à l’heure et maintenant tu veux toucher mes fesses ? Non mais vous les hommes ! Dire que c’est moi qui ai conseillé à Berthe ce restaurant.
-Moi : quoi ? je ne t’ai pas ign...
Puis je me suis souvenu de la voix que j’avais trouvée familière. C’était elle effectivement. Je lui ai expliqué le pourquoi du comment et elle s’est calmé.
J’avais PLEINS de truc à faire en cuisine mais si je restais ici encore 5 min ça allait tuer qui ?
-Moi : Alors ça va depuis la dernière fois ?
On a un peu parlé. Elle m’a expliqué comment elle s’était retrouvée dans l’association. Et ce qu’elle faisait là ce soir avec ses collègues et sa directrice d’école.
-Moi : Tu es maîtresse d’école ? Maîtresse d’école ?! Wahhhh ! Maintenant je comprends pourquoi tu as un...
Regard noir de la part d’Emy. J’ai gardé le reste de la phrase pour moi. Je me suis approché d’elle et je lui ai fait une bise sur la joue.
-Moi : je dois y aller moi. A un de ces jours.
-Emy : Tu vas mourir si tu m’invite à prendre un verre ou je ne sais quoi d’autre ?
Je me suis arrêté et j’ai froncé les sourcils.
-Moi : heinnnn ?
-Emy : On ne dit pas « heinnnnn » on dit « Pardon ? »
Je voyais bien qu’elle n’allait pas ajouter un mot de plus si je ne m’exprimais pas correctement.
-Moi : pardon ?
-Emy : tu vas mourir si tu m’invites boire un verre ? Ça te coûte quoi de m’appeler histoire qu’on se voit de temps en temps ?
Cette fois si c’est moi qui devait avoir une tête d’ahuri. Puis je me suis repris.
- Moi : donne-moi ton numéro.
Elle a sorti une carte de son sac et me l’a tendue. Je ne pouvais pas laisser passer ça.
-Moi : depuis quand les maîtresses d’école ont une carte professionnelle ?
Elle ne m’a pas répondu et m’a juste fixée, la carte toujours entre ses doigts. Je l’ai prise. Je me suis éloigné d’un bon mètre avant de lui dire aurevoir :
-Moi : Ce jour est à marqué d’une pierre blanche dans ma vie. Je viens de me faire draguer par une maîtresse d’école coincée du cul.
J’ai juste entendu Emy grogner et je suis entré en courant. Maîtresse d’école, je comprends le pourquoi des gifles et des tirages d’oreilles.
J’ai soigneusement gardé la carte dans la poche de mon pantalon. J’ai souri. Elle n’allait jamais se l’avouer ou même vous l’avouer mais elle était intéressée par mes fesses !
A demain les choupons et les choupettes !!!
