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04

Part 9

J’ai regardé la voiture partir en secouant la tête. Puis je me suis tourné pour entrer chez mon père. Il était assis devant la télé une petite Guinness sur son ventre.

-Moi : Bonjour p’pa.

-Papa : Bonjour Kelly. Tu fais quoi là ?

-Moi : rien. Je suis venue te voir. Je ne me suis pas mariée hier.

-Papa : J’avais deviné.

Mon père n’était pas au mariage. Il faut que je vous explique la situation. Comme je vous l’ai dit ma mère m’a eu à 16 ans. Mon père en avait 17. Il a lâché ses études pour trouvé un travail et prendre soin de nous. Mais ce n’était jamais assez pour ma mère. Elle voulait le meilleur pour moi...et elle. Au fil des années elle en est venu à détesté mon père qui selon elle a gâché sa vie. Mon père le lui rend bien. Chaque fois qu’il faisait quelque chose pour nous ce n’était jamais assez bien. Il est devenu aigri envers elle. Maintenant il ne se parle plus. Je l’ai supplié de venir à mon mariage. Il m’a dit qu’il ne voulait pas le gâcher. Que si ma mère et lui se retrouvait ensemble dans le même lieu, il y allait avoir des ragots et ils allaient s’engueuler.

Mon téléphone a encore sonné. Je n’ai pas décroché. Depuis hier je recevais des appels de tout le monde. Arsène, ma mère et toutes mes amies. Mais je ne répondais pas. J’avais besoin d’être au calme. De faire le point. Et ce Al malgré son attitude déplorable m’a bien aidé hier. Il ne m’a pas abreuvé de conseil, n’a pas tenté de me consoler ni rien. Il m’a même supporté mon et mon pétage de plomb. Mais il était temps d’agir.

D’abord est ce que j’allais rester dans la même école ? Est-ce que j’allais supporter de voir Arsène tous les jours ? Je suis quand même la maîtresse de son fils. Et j’allais dire quoi mes collègues ? J’ai réfléchi puis j’ai décidé que je ne laisserais pas Arsène pourrir ma vie. C’était lui le fautif et non moi. C’était à lui de se cacher, à lui de réfléchir à comment il allait faire pour m’éviter.

J’avais rendu les clés à mon propriétaire. Mais ici on était dans le quartier des étudiants. J’allais me trouver un joli studio en 2 temps 3 mouvements. J’ai posé ma main sur mon ventre plat. Encore un gâchis. J’avais tellement envie d’être maman. Mais je ne désespère pas ce n’est que partie remise. J’aime encore Arsène, je ne le nie pas. L’amour ne meurt pas comme ça tout d’un coup. Mais, foi d’Emy, je vais réussir à l’oublier. A me relever et à passer à autre chose. Commençons tout de suite !

Une semaine plus tard.

Aujourd’hui c’est mon retour à l’école. J’avais pris une semaine pour profiter de mon mariage. Pendant cette semaine on était cens faire un mini-tour du Cameroun. J’ai plutôt fais le tour de Yaoundé. A courir partout pour trouver un studio, le meubler, récupérer mes affaire chez Arsène (j’ai attendu qu’il aille au travail) et faire tout un tas d’autres choses.

Je descends du taxi et je care les épaules. J’entre dans l’école et je traverse la cour. Je sens le regard des autres, les commentaires sur mon passage. Je serre les dents et je garde la tête haute. Je vais directement dans le bureau de la directrice. Mme Alougou Berthe. Nous on la surnomme Bethe sans pitié. Parce qu’elle est très stricte. Aucune pitié envers les conneries ou les bêtises. On l’adore tous. Je cogne et j’entre.

Elle est assise à son bureau mais se lève dès qu’elle me voit.

-Berthe : Emy ! Alors ? Qu’est ce qui s’est passé ? C’est un idiot comme les autres ?

Berthe déteste les hommes. Je n’ai que 2 collègues masculins. Je ne sais pas comment ils ont réussi à se faire embauchés. Un ou plusieurs hommes lui ont fait du mal dans le passé et depuis elle les déteste tous.

-Moi : Il a couché avec sa meilleure amie à même pas 1 heure de la cérémonie.

-Berthe : tous les mêmes. Mais on le savait déjà. Tu te sens d’attaque ?

-Moi : Oui.

Je ressors donc et je vais dans la salle des « maitresses ». Là mes collègues qui sont là m’entourent. Je reçois des encouragements, des « ça va aller », des « qu’est ce qui s’est passé » des regards de pitié, des regards de triomphe (vraiment les jaloux là !). Je réponds comme je peux sans donner le fond de l’histoire puis je vais en cours.

Fin de journée. Enfin. Les élèves sortent. Joaquim, le fils d’Arsène n’est pas venu. La salle de classe est enfin vide. J’essuie la tableau range les craies, puis mes affaires. Puis je me lève. C’est à ce moment qu’il est entré. Arsène. Plus beau que jamais. Malgré ses cernes sous les yeux et ses joues creuses. Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. J’espère qu’il va bien.

-Arsène : Emy...

Mon cœur vibre lorsqu’il prononce mon prénom de cette voix qui m’a littéralement fait fondre le premier jour où je l’ai entendue.

- Arsène : Emy, je t’en prie, laisse-moi au moins une chance d m’expliquer. Écoute-moi au moins.

Alors que mon cerveau qui un « NON » catégorie, mon cœur, ce traitre fond comme une glace au soleil.

-Moi : tu as 5 minutes.

-Arsène : D’accord. Merci. Tu...tu vas bien ? Tu dors où ? Tu as disparu où pendant une semaine ? Je t’ai cherché partout. Même chez ton père. Mais il m’a envoyé boulé.

-Moi : 4 minutes 30 secondes

-Arsène : Emy je t’aime tellement si tu savais !

Une vague de chaleur va de mes orteils jusqu’à mes cheveux.

-Arsène : je ne sais pas. Elle était là, elle pleurait à cause de son amour pour Ross. Et moi je la consolais. Et puis soudain j’ai paniqué. Je me suis dis dans quelques minutes je serais marié. Je vais vivre les restes de ma vie avec une seule et même femme, toi. Je t’aime mais... mais je n’ai jamais couché avec Tina par exemple alors que ça fais 15 ans qu’on se connait. Je crois que ses pensées ont suivies à peu près le même raisonnement parce qu’elle s’est jetée sur moi. La suite tu la connais.

-Moi : 3 minutes

- Arsène : je n’arrêtais pas de penser à toi pendant que j’étais avec elle. Je l’ai même appelé Emy. Emy tu sais que je ne suis pas comme ça. Je ne t’ai jamais trompé avant et je le jure sur la tête de ce que j’ai de plus chère, c'est-à-dire toi, que je ne le referai plus. Je t’en prie ne me laisse pas.

A mesure qu’il parlait, il se rapprochait de moi et moi je le regardais venir. Quand j’ai dis « 2 minutes » il était tout contre moi. Il à posé son front contre le mien.

-Arsène : je vais passer les 2 dernières minutes à faire ça.

Il m’a embrassé. Tout doucement, de manière hésitante. Comme si il me demandait mon accord. Je ne l’ai pas repoussé. Je ne lui ai pas rendu son baiser non plus. J’étais juste là a vivre les sensations qui m’ont tellement manquées pendant toutes ses semaines.

-Arsène : Emy, Emy, Emy, ma chérie, ma puce, ma femme à moi...

La sonnerie de son téléphone à interrompu sa litanie. Le visage souriant de Tina s’affichait sur l’écran. Il a rejeté l’appel.

Je suis redescendue sur terre. Ca n’allait pas se passer comme ça.

-Moi : tes 5 minutes sont terminées.

-Arsène : Emy...

-Moi : va t’en stp.

-Arsène : toi et moi on n’en a pas fini et tu le sais. On a fait un serment !

-Moi : que tu t’es empressé de rompre. Va-t’en.

Il m’a regardé longuement pendant une bonne minute avant de partir les épaules basses. Il s’est arrêté à la porte.

-Arsène : je reviendrais, je vais réussir à te reconquérir. Bientôt chérie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire comme une idiote. Il voulait me reconquérir. J’allais devoir me préparer psychologiquement. Il était hors de question que je me laisse

Part 10

Il y a des enfants qui crient tout autour de moi et des adultes qui essaient, en vain, de les canaliser. Pendant ce temps moi j’installe tranquillement le matériel que je vais utiliser.

Je suis au Club France. Je suis ici dans le cadre d’une association qui vient en aide aux enfants orphelins. Aujourd’hui je dois leur apprendre à faire la cuisine. Les plus jeunes sortent et je reste avec les adolescents. Autant de filles que de garçons. Parfait.

-Moi : Bonjour les jeunes filles et jeunes hommes. Vous allez bien ?

Un « oui » retentissant me répond.

-Moi : aujourd’hui on va faire du Ndolè pour tout le monde. Est-ce que vous vous sentez d’attaque ?

Après une réponse par l’affirmative, on se met au travail. Le ndolè est déjà lavé donc on commence par l’arachide qu’on écrase ai mixeur.

Il y a plusieurs autres ateliers sur le site. Tous les adultes sont des volontaires. J’ai connu cette association par Lex, qui n’a pas pu être là aujourd’hui. Une heure plus tard un fumet délicat et appétissant d’échappe de la cuisine. On va tous se laver les mains et une sonnerie indique la fin des ateliers.

On se retrouve tout sur le terrain de basket. Les abords sont également occupés. Je cause avec la directrice de l’association. A un moment je sens que quelqu’un me regarde. Je me retourne et je tombe directement sur elle ! Sans avoir cherché.

Zut qu’est ce qu’elle fout là ? Le mariage loupé à eu lieu il y a un mois et depuis je ne l’ai pas revue...et c’est tant mieux. Je lui fais un petit signe de la main et je me retourne. Pas question que j’aille vers elle.

-La directrice : Al ? Al ? Qu’est ce qui vous fait sourire comme ça ?

Hein ? Oui Al mon petit qu’est ce qui te fait sourire comme ça ? Rien ! D’ailleurs je ne souris plus puisqu’il n’y a pas de raison !

-Moi : Oh rien.

Je me décale et je vais faire un tour parmi les différents groupes qui se sont formés. Puis je m’éloigne un peu histoire de donner la possibilité de me parler seul à seule à celui ou celle qui le voudrait.

Même pas 30 secondes plus tard.

-Emy : Al ?

Je me compose un air étonné puis je me retourne.

-Moi : oui ? Ah bonjour...euhhhh

-Emy : Emy !

-Moi : oui c’est ça Emy. Vous allez bien ?

-Emy : je croyais que comme tu avais déjà vu mes seins il était questions qu’on se tutoie.

-Moi :lol. Oui c’est vrai. Donc comment vas-tu ?

-Emy : bien et toi ?

-Moi : je ne me plains pas.

-Emy : tu fais quoi ici ? C’est la première la 2e fois que je viens et je ne t’ai pas vu avant.

Elle croit que je fais quoi ici ?

-Moi : je suis en repérage. Je cherche de jolis petits garçons et de jolies filles pour enfin...tu vois quoi !

-Emy :...Ce n’est pas drôle.

-Moi : je suis tout ce qu’il y a des plus sérieux. Il y a un marché et la demande est très forte. J’ai même besoin d’une associée, tu sais les enfants font rapidement confiance aux femmes. Ca te dit ?

J’ai reçu une gifle. J’avais oublié que c’était son arme de prédilection.

-Moi : Aieeeeeeeeuhhhhh

-Emy : tu n’es qu’un...les gens comme toi devraient être bannis de la société et blablabla

Je ne sais pas pourquoi mais j’aime bien lui faire perdre son calme. Ca me « met en joie » comme dirait certains. Là elle me regarde avec dégoût

-Moi :Emy ? Le sens de l’humour tu connais ?

-Emy : tu trouve ça drôle ?

-Moi : ce que je trouve drôle c’est que tu m’ais cru. Je plaisantais. Mais quand on a un balai planté dans le cul on ne peut saisir quand quelque fait une plaisanterie ou pas.

-Emy : je n’ai pas de balai planté dans le cul. Je ne prends juste pas la vie comme une vaste plaisanterie ou un grand terrain de jeux comme certains.

-Moi : Eh bien tu devrais. Ca t’aiderai à faire sortir ce bal...

-Emy : si tu oses encore dire cette expression, je ne réponds plus de moi !

Je l’ai regardé dans les yeux

-Moi : TU

Elle avait de beaux yeux soit dit en passant. Des yeux tous doux comme ceux de ces mignons petits chiens.

-Moi : AS

En fait c’est l’ensemble de son visage qui était beau maintenant que j’y pense. Elle avait un visage rond un petit nez et une bouche bien pulpeuse.

-Emy : Al !

-Moi : UN

Les seins je savais déjà à quoi ils ressemblaient. Et le reste du corps était plus que bien. Petite mais bien proportionné avec tout ce qu’il faut là où il faut, sans excès. Sauf...

-Moi : BALAI

Mais comment avais-je fais pour ne pas remarquer cela plus tôt ? J’étais pourtant un spécialiste. Vu que moi-même j’en avais un qui méritait de figurer dans les annales.

-Emy : Al ! Je te somme d’arrêter ça tout de suite !

-Moi : DANS

Elle m’a prise par l’oreille et s’est mise à la tirer. Ce faisant elle me rapprochait ainsi de l’objet de mon attention.

-Moi : TON

Elle s’est mise à me pincer l’oreille.

-Moi : Aieeeeeee ! SPLENDIDE DERRIERE !

Elle m’a lâché l’oreille.

-Emy : Quoi ?

-Moi : mais comment j’ai fait pour ne pas voir ça plus tôt. Certainement parce qu’il était masqué par la robe de marié et le kabas informe que tu portais la dernière fois. Mate-moi le matos ! Il y a de la matière, beaucoup de matière mais ce n’est pas énorme. Il est parfaitement rebondie et bien en place. Je...

Le silence m’a alerté. J’ai levé les yeux juste à temps pour éviter une gifle. J’ai reculé en riant. Mieux valait débarrasser le plancher.

-Emy : vient ici espèce d’obsédé ! Malade mental !

Je me suis mis à courir certain qu’elle n’allait pas m’imiter. Et effectivement elle en l’a pas fait. J’ai rejoins les autres tandis qu’elle me fusillait du regard avant de me tourner le dos. Mes yeux se sont automatiquement baissés. Waouh !

Bisous les choupons et les choupettes.

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