Je dis oui à sa place
________MIRA________
J'ai commencé à croire que Maya allait refuser. Qu'elle allait me dire non jusqu’à la dernière minute. Qu'elle ne serait pas capable. Ouff j'ai eu tord.
Je suis tellement contente, je vais faire mon voyage de rêve sans empêchement.
Le mariage c'est pour demain, vous pouvez pas imaginer comme notre domicile est remplie. Toutes les chambres sont occupées. Mes cousines, mes tantes.. Bref presque toute la famille est là. Comme la chambre de Maya est aussi occupée. On partage la mienne.
— C'est demain Mira, Maya m'a-t-elle soufflé sans me regarder.
— Oui...
— Je ne suis pas sûre de vouloir faire ça.
Ouais je comprends sa peur et ses doutes mais, moi suis déjà dans un avion imaginaire, sur une plage que je n'avais jamais vue. Loin de ce mariage. Je crois pas qu'elle a le choix.
— Tu as donné ta parole Maya.
— J'ai une autre idée.
— Humm dis-moi
— Et si c'était toi qui te mariais demain. Je veux dire... durant le mariage que ça soit toi. Et que je te remplace seulement après, quand tout sera fini.
J'ai esquissé un sourire. Ça aurait été plus simple, oui mais.
— Elle est pas mal ton idée mais comment on ferra pour changer après ? Je te rappelle qu'on aura pas le temps. C'est pas un film Maya.
— Est-ce tu réalises que c'est moi qui serai marier à ton mari ?
— Ça m'est égal. Oui ça me dérange pas, ce qui est à moi et toi. Et vice versa.
On s'est regardées longtemps, sans parler. Elle ne le sait pas, j'étais heureuse, honteusement heureuse. Rien qu'en disant oui. Mon rêve était en train de commencer, grâce à elle.
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________MAYA________
Cette nuit-là je n'ai pas dormi. Je faisais que penser et repenser. Espérons que ça se passe bien demain et que personne ne me reconnaisse. Tout va bientôt se jouer.
Le jour s'est levé bien trop vite. Il 7h, et c'est maman qui me réveille.
— Mira, debout ! Va te préparer et descends vite. Tout le monde t'attend.
— Maman ? ai-je répondu d'une voix ensommeillée, décontenancée par le nom qu'elle venait d'utiliser.
— Idiote, c'est ton mariage aujourd'hui. Tu veux que je te réveille à midi peut-être ?
Je suis restée figée. Entendre ma propre mère m'appeler "Mira" c'était déjà trop réel.
Je me demande comment Mira a fait pour que maman ne se rende pas compte que c'est moi.
Je pris ma douche pendant une vingtaine de minutes. Je m'habille avec les vêtements soigneusement préparé par ma sœur. Je sors de la chambre et descends. J'ai mangé en attendant d'autres préparatifs.
La maquilleuse et la coiffeuse sont arrivées à 10h. On monte dans la chambre pour faire à faire. À 11h45, elles terminent. Je me regarde dans le miroir, je ne me reconnais plus. Le visage que je vois n’est pas le mien. C’est celui de Mira.
Ma mère est entrée dans la chambre, suivie de mes tantes, cousines et Mira même.
— Tu es magnifique, ma chérie, m'a-t-elle dit les larmes aux yeux.
— Merci mum, ai-je soufflé. Comme Mira l'aurait dit.
Mira a manqué d'éclater de rire derrière elles. Je l'ai vue. Ça l'amusait. Mais j'étais sérieuse, moi. J'avais peur.
Maman me serre dans ses bras. C’est rare, et précieux. Puis vient ma tante paternelle.
— Mira je te souhaite un mariage heureux. Que ton foyer soit un havre de paix.
— Merci tata.
Pendant vingt minutes, les conseils pleuvent. Les blagues aussi. Puis, une à une, elles quittent la chambre. Il ne reste plus que nous deux.
— Merci Maya l'abeille, m'a-t-elle dit en chuchotant.
— J'ai peur.
— Tu n'as pas à avoir peur. Tout va bien se passer.
— Je t’aime tellement, Juju, dis-je en pleurant.
Elle m'a serrée dans ses bras.
— Je t'aime aussi. Ne pleure pas tu vas abîmer ton maquillage.
Je souris, je l'embrasse puis j'ajoute :
— Allez oust ! Ton mari va arriver.
— Tu veux dire notre mari, me dit-elle en riant.
— Tchip.
Elle sort. Je mets la robe. Ça aurait été très belle pour Mira. Elle lui ressemble tant. Une œuvre d’art.
(Qu’est-ce que je suis en train de penser ?..)
Ce n’est pas le moment de douter. Je respire. Mon père entre.
Il était seul, sauf les filles d'honneur qui attendaient dehors. Il a fermé la porte, et puis m'a dit.
— Je sais que je n'ai pas toujours été tendre avec toi, Mira. Mais sache que tout ce que je fais, je le fais pour toi. Je t'aime, ma fille.
Je n'ai pas pu m'en empêcher. Les larmes sont montées toutes seules.
— Je t'aime aussi, papa.
Si Mira avait été là, elle aurait fondu. Depuis toujours, elle croyait que papa ne l'aimait plus. Elle disait souvent qu'il ne la regardait pas comme moi. Elle aurait aimé entendre ces mots. Mais bon.
Nous sortons. Dans le jardin, les invités se levaient, applaudissaient. Les filles d'honneur jetaient des pétales. Mon cœur bat vite, trop vite. Je lève les yeux.. et je le vois.
Daril Binar.
Le mari de ma sœur. Je ne l’avais jamais vu en vrai. Il est plus grand que sur les photos. Plus imposant. Un charisme silencieux, sobrement élégant. Il était beau. Trop beau.
Papa m'a remis à lui.
— Je vous donne l'un de mes plus grands trésors. Prenez-en soin.
— Je vous le promets, a-t-il dit simplement.
Il a pris ma main.
— Tu es magnifique, m'a-t-il soufflé.
J'ai baissé les yeux. Je me sentais gênée.
— Merci.. toi aussi tu es pas mal, dis-je en souriant nerveusement. Il me sourit aussi.
Le maire a commencé la cérémonie. Mais je n'entendais rien. Mon esprit bourdonnait. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Et puis il a prononcé les mots fatidiques.
— Mr Daril Binar, acceptez-vous de prendre pour épouse mademoiselle Mira Zanda. De la chérir, de la protéger et de veiller sur elle dans la maladie comme dans la santé, dans la souffrance comme dans le bonheur, dans la richesse comme dans la pauvreté jusqu'à ce que la mort vous sépare ??
— Oui. J'accepte
L’assemblée s’agite, il a dit oui. C’est mon tour. Ma gorge se serre. Dix secondes. Puis vingt.
— Mademoiselle Mira Zanda, acceptez-vous de prendre pour époux monsieur Daril Binar.
Il répète, J'ai regardé Daril. Je croise le regard de Mira, là-bas, derrière la foule. Elle m’encourage du regard. Je regarde ma vie qui est entrain de prendre une autre tournure.
— Oui. J'accepte.
Les applaudissements ont fusé. Le maire nous a déclaré unis. Daril a embrassé mon front. J'ai eu le souffle coupé.
Et c'est ainsi que je suis devenue épouse. À la place de ma sœur.
On nous prend des photos avec tout le monde, je fais la connaissance de ma belle famille. Ils sont tous gentils, surtout mes belles sœurs.
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Le mariage religieux suit. J’hésite à nouveau. Mais je dis oui. Encore.
20h. La fête bat son plein. Rien d'intéressant selon moi. Allez dans la peau de Mira. Elle va vous expliquer. C'est son domaine d'après tout.
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_______MIRA________
Je vous jure, j’ai eu peur quand Maya a hésité. Tout le monde l’a vu. Mais elle a fini par dire oui.
Maintenant, nous sommes à la fête. Je suis demoiselle d’honneur. Je souris, je ris, je fais semblant. J’ai dansé avec les autres pendant une demi-heure.
Mon père n'est pas n'importe qui. C'est pourquoi la salle est pleine. Il y a du monde, beaucoup. Trop. Je dois faire attention. Dans d'autres circonstances je dois monter sur le podium, si ça j'arrive et que je fais pas comme l'aurait fait Maya. Les gens qui la connaissent sauront que suis pas elle. Mais aussi je dois pas boire quelque boisson alcoolique car elle ne le fait pas. D'ailleurs moi aussi non plus.
Je l’observe. Elle fait de son mieux pour se comporter comme moi. Mais elle n'y arrive pas. Pauvre chérie.
Je n’ai jamais souhaité que mon mariage se passe comme tel mais bon c'est un mal pour un bien. Et je le fais pour Alex. Je pense qu'il le mérite(...)
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6h00 du matin.
La salle est presque vide. Il ne reste que les proches. Et les mariés.
C’est l’heure des adieux.
Et le début d’une nouvelle vie.
