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Épisode 03

Moi : Je te préviens, je déteste les hommes qui dansent mal.

Charms : Tant mieux. Je déteste aussi les filles qui dansent mal.

Je me lève en souriant intérieurement. Mine de rien, ce Charms a l'air intéressant. En plus, il n'est pas mal non plus. Il porte un jean bleu qui moule ses cuisses et un polo rouge. Je regarde ses chaussures. Je prête toujours attention aux chaussures des hommes qui m'abordent. Un réflexe transmis par Rolande. Une folle cette fille. Elle dit toujours « la chaussure d'un homme te renseigne sur qui il est et sur ce qu'il a ». Bon en même temps, Rolande c'est une fille un peu intéressée. Elle-même chôme à la maison, mais si tu n'es pas cadre il ne faut même pas la regarder. En même temps, comme les hommes sont des salops nés, ils doivent sans doute mériter qu'on les traite ainsi. De toute manière, ça ne me concernait pas vraiment vu que j'étais destiné à finir ma vie toute seule.

Je trouvais pourtant ce Dj bon depuis le début mais maintenant il a dérangé. Quand Charms me demandait de lui accorder une danse c'était la musique nigériane qui jouait. Pas le genre où on doit se coller. Et quand je suis déjà sur la piste, le débile lance le zouk. Quelle idée de lancer le zouk en pleine soirée. Encore plus quand je m'apprête à danser avec un inconnu.

Moi : Bon beh je crois que le Dj ne veut pas qu'on danse. Au prochain rythme peut-être...

Charms me tire vers lui et me serre fort. J'essaie pourtant de me débattre mais il est bien trop fort pour moi. Je lève la tête et je constate qu'il m'observe avec son même sourire moqueur en coin. Ce type a le don de m'énerver. Je déteste ses airs supérieurs là. Je déteste surtout que quelqu'un, encore moins un homme ait de l'ascendance sur moi.

Alors que je suis en train de le maudire intérieurement, il trouve le moyen d'en rajouter une couche en parlant dans l'oreille.

Charms : Laisse-toi faire. Pas besoin de résister.

Moi : Hummm !

Charms : Relax chérie !

Charms prends ma tête et la pose sur sa poitrine. Je me laisse faire parce que de toute manière je sais que je ne peux pas lutter contre lui. Je suis habituée à me laisser faire en plus. Je n'ai fait que ça. Mais bon, la différence avec Charms c'est que lui au moins n'avait pas l'air dangereux.

Charms : Maintenant que je suis un peu plus proche de toi, tu peux m'expliquer pourquoi tu joues à la dure ?

Moi : Je ne joue à rien du tout.

Charms : Ah bon ? Pourquoi j'ai du mal à te croire ?

Moi : Ça c'est ton problème.

Charms : Ok ok. On ne parle pas de ça maintenant.

Charms repose ma tête sur sa poitrine comme si j'étais un bébé à protéger. De loin, les gens pourraient se dire que lui et moi sommes ensemble. Pour des personnes qui viennent à peine de se rencontrer, je trouve que ce contact est bien trop rapproché. Pour moi, c'est pratiquement comme si j'embrassais un homme le premier soir. Sachant que je n'ai jamais eu de rapports sexuels avec qui que ce soit.

Plus je reste lovée dans les bras de Charms, plus je m'y sens bien. J'ai l'impression d'y être en sécurité. Il n'est pas vraiment costaud mais il a ce truc sécurisant quand je suis avec lui. Malheureusement pour moi qui appréciais déjà de danser avec lui, le Dj passe à un autre rythme musical. Le coupé-décalé. Mais Charms me serre encore quelques secondes dans ses bras. Alors que je suis censé être ravie de devoir me détacher de lui, je ne me plains pas.

Charms : Bon ! Je vais devoir te séparer de moi.

Moi : Pardon ?

Charms : Je vois que tu ne veux pas me laisser mais...

Moi : Non mais tu délires ? Tu te prends même pour qui ?

Charms : Pour Charms. Relax chérie, je rigole. Viens on va discuter dehors.

Charms me tire par la main sans même attendre que je lui dise si je suis d'accord pour aller dehors avec lui. En sortant, je lance un regard à Rolande. Elle nous observait apparemment. Je me demande où elle est allé chercher ce type. C'est bien la première fois qu'elle me présente un type aussi caractériel que Charms. En guise de réponse à mon regard interrogateur, elle me sourit. Je ne sais pas si j'ai envie de la tuer ou plutôt de la féliciter. Je n'arrive vraiment pas à cerner ce Charms.

Charms : Alors Sandrine, parle-moi de toi.

Lui parler de moi ? Je me demande bien quelle partie de mon histoire je dois lui raconter. En réfléchissant sur ce que je dois dire à Charms, j'ai un flashback.

* DAND LE PASSÉ

15 ans plutôt. Nous sommes samedi, 23 heures. Je regarde la télé avec papa et maman. John n'est pas là. J'ai entendu maman dire qu'il sortait avec sa fiancée. Je suis contente qu'il ne soit pas là. Le savoir près de moi me terrorise littéralement. Papa et maman ne savent rien de ce qui se passe. Au contraire, maman trouve que je suis une vilaine fille. Je ne suis plus joyeuse comme avant, en plus, j'ai poussé violemment Jules à tel point qu'il est tombé et s'est fait mal au bras. Mais je ne m'en veux pas. Tout comme John, il voulait lui aussi me toucher.

Maman m'avait laissé chez eux pour la journée avant de partir au travail. Même le samedi elle travaille. Pareil pour papa ; lui il part même seulement en mission. Et comme John était aussi indisponible, comme souvent je suis allé rester chez Jules. Quand je suis entré il a tout de suite voulu que je joue avec lui. Alors je lui ai proposé de jouer aux cartes. Il a accepté. Après il a dit qu'il ne voulait plus jouer aux cartes, alors je lui ai proposé de jouer au ballon. Mais sa maman a refusé qu'on descende en bas pour jouer. Alors il a dit qu'on joue à Papa et maman. Sauf que pour moi, ce jeu n'avait plus rien d'amusant. J'ai dit non. Il a insisté et moi j'ai confirmé mon refus. Mais il a voulu me secouer et là sans réfléchir je l'ai repoussé. Il a fait un mauvais pas, est tombé et s'est cogné le bras sur la table. Maman m'a crié dessus pendant au moins une heure.

Même ce soir, maman ne me sourit pas. Elle est toujours fâchée contre moi. Mais papa lui avait demandé de me laisser regarder la télé avec eux au salon. Se rendant compte de l'heure tardive, il m'envoya me coucher. Cette nuit, je n'ai pas peur en allant me coucher. Je m'endors paisiblement.

Cependant, alors que je sombre déjà dans le sommeil, quelqu'un vient me réveiller dans la nuit.

John : Sandrine, tu dors déjà ?

Moi : Ou... oui.

John : Mais pourquoi tu dors quand je ne suis pas là ?

Moi : Papa a dit que je devais aller me coucher.

John : Tu ne dois pas dormir quand je ne suis pas encore venu te dire bonne nuit. Tu comprends ?

Moi : Ou... oui.

John : Enlève ton pantalon.

Moi : J'ai sommeil !

John : Enlève ton pantalon Sandrine !

Je m'exécute. Malgré l'obscurité dans ma chambre, je sens le regard menaçant de John. Je me retrouve uniquement avec le haut de mon pyjama. Mon cœur bat très vite et très fort. John va encore me faire cette chose bizarre. Il arrête mes deux jambes et les écarte. Je pleure.

John : Shut ! Papa et maman sont encore dans le salon.

Il me fait des tas de choses qui me dégouttent et qui me font mal. Comme il sait que je vais avoir envie de crier, il met sa main sur ma bouche et sur mon nez, m'empêchant de bien respirer. Plus il continue, plus j'ai mal. Je gesticule et ça le pousse à mettre plus de pression sur mon visage avec sa main. Sauf que j'ai de plus en plus de mal à respirer. Et je ne gesticule plus à cause de la sensation de son doigt en moi, mais plutôt à cause de mon incapacité à respirer. Je ne sais pas s'il s'en rend compte mais il finit par enlever sa main en moi et l'autre sur ma bouche.

John : Il faut arrêter de bouger comme ça hein. Rhabilles toi. Demain on va se rattraper quand maman et papa vont sortir. Et je ne veux pas te voir bouger ou crier. Tu sais ce que je peux te...

Maman : John tu es où ?

John : Chut ! Me voici.

Maman : Mais qu'est-ce que tu fais dans la chambre de Sandrine ?

John : En revenant des toilettes, j'ai entendu du bruit. Je suis entré pour voir, elle faisait un cauchemar apparemment. N'est-ce pas Sandrine ?

Moi : Oui.

Maman : Hummm ! Ok Sandrine Ça va aller, d'accord ?

Moi : D'accord.

Elle me fait une bise sur le front et ressort de ma chambre en me laissant dans l'obscurité. Je passe toute la nuit à pleurer. J'ai peur de dormir et que John revienne..

* PRÉSENTENT

Moi : Je dirais que je suis une jeune fille tout ce qu'il y a de plus ordinaire.

Charms : Ah bon ? Mais qui se refuse de connaître de nouvelles personnes.

Moi : Disons plutôt qu'il y a des têtes que je préfère éviter.

Charms : Ha ! ha ! ha ! Donc ma tête n'inspire pas confiance ?

Moi : Oui ! On dirait un maquisard de New-Bell.

Charms : Ha ! ha ! ha ! C'est bien ! Tu as le sens de l'humour.

Moi : Et toi maquisard, c'est quoi ton histoire ?

Charms : Je suis Charms, homme de 29 ans cadre dans une banque. Un homme qui ne peut pas résister à une fille aussi belle et forte que toi.

Moi : Ça y est ! Le bla bla bla a commencé.

Charms : Pense ça si tu veux. De toute manière tu changeras bientôt d'avis.

Moi : Bientôt ? Où ? Quand ?

Charms : Demain pour commencer. On ira prendre une glace.

Moi : Euh ! Tu m'informes ou tu me demandes ?

Charms : A ton avis ?

Charms est vraiment un arrogant personnage. Qu'est-ce qu'il croit même ? Il doit se trouver trop beau.

Moi : Tu prendras ta glace avec quelqu'un d'autre. Certainement pas avec moi. Au revoir.

Je me lève et je le laisse au balcon. En rentrant dans la salle, je sens son regard sur moi. Je me demande si c'est toujours le même sourire moqueur et arrogant qu'il arbore. Je ne sais pas ce qu'il en est réellement, mais on dirait vraiment qu'il n'est pas habitué à recevoir de la résistance de la part des filles. Il y a une première fois à tout de toute manière.

Moi : Tu es allé chercher ton gars là où ?

Rolande : Hein ? Qu'est-ce que qui s'est passé ?

Moi : Il se prend pour qui même ?.

Rolande : Ha ! ha ! ha ! Tu es sûre que tu n'exagères pas ?

Moi : Hum ! En tout cas, moi je veux rentrer.

Rolande : Hummm ! C'est toujours à cause de lui comme ça ? Il t'a même fait quoi ?

Moi : Rien à voir avec lui. Je suis fatiguée. Il est deux heures du matin.

Rolande : Hum, Toi aussi ! Je suis encore en train travailler avec le gars là

Moi : Ok mais je n'en peux vraiment plus. Je vais prendre un taxi course.

Rolande : Ok. Je t'accompagne.

Moi : Pas besoin. Continue ta discussion avec ton nouveau... futur chéri. Je vais me mettre devant le portail pour prendre le taxi.

Rolande : Tu es sûre ?

Moi : Oui, oui ça va aller. Depuis que tu attends l'occasion de lui parler. Tu peux m'accompagner comme ça et quand tu reviens on l'a déjà récupéré.

Rolande : Ok mais fais signe quand tu arrives.

Moi : Bien sûr.

Je doute fort qu'on agresse dans ce quartier. Ce n'est pas un quartier résidentiel mais l'avantage avec les quartiers populaires souvent, c'est que si tu t'essayes à agresser quelqu'un, tu signes ton arrêt de mort. Mes frères Béninois aiment la justice populaire. Ils sont comme des chiens enragés qu'on détache dès qu'on crie « au voleur ». Mais je les comprends. Moi-même, j'ai souvent rêvé de pouvoir me venger sur mes bourreaux. De pouvoir leur faire subir la même honte, le même sentiment de saleté, la crainte, la douleur.

Ça fait dix minutes que je suis en route et même pas un seul taxi n'est passé encore. Je décide de partir au carrefour à cent mètres. De là où je suis, je vois des taxis passer. Sauf que la route qui mène à ce carrefour est plutôt obscure. Mais bon, je me dis en m'avançant que ce n'est pas moi que le bandit attend pour agresser. Je commence à me demander si j'ai bien fait de prendre ce chemin quand je vois un groupe de trois hommes étranges à dix mètres. Quelle idée de venir rester là quand même. En m'avançant, je racle ma gorge en me persuadant que ces types ne me feront rien.

Homme 1 : Bonsoir ma chérie.

Voilà alors les choses qui m'énervent chez les Béninois. « Ma chérie », j'ai joué les billes avec lui quand j'étais enfant ? Mais aucun respect quoi ? J'ai envie de répondre mais je me retiens. Je me dis ça ne sert à rien de perdre son temps avec des idiots pareils. Je continue donc ma route en faisant mine de n'avoir pas compris. Erreur !

Homme 2 : On te salue tu ne réponds pas ? Tu te prends pour qui ?

Je continue ma route sans les regarder. Je presse aussi légèrement le pas.

Homme 1 : Oh ! On te parle non ?

Homme 3 : Elle prend pour qui même ?

A ce moment, deux des types se sont mis àa travers de mon chemin. Le troisième est derrière moi.

Homme 1 : C'est quoi ton nom ?

Moi : Je veux passer s'il vous plaît.

Homme 1 : Pardon ? Tu sais à qui tu parles ?

Il prend le soin de me donner une gifle en me criant dessus. Elle est si forte que je me demande si je n'ai pas perdu une dent ou si je ne vais pas avoir des séquelles cérébrales. En tout cas, je vois flou.

Homme 1 : Une salope comme ça. Je vais...

Une voix derrière : Oh ! Laissez la tranquille.

Pour la première fois de ma vie, je dis merci à ce Dieu que je ne vénère pas. En quelques secondes, j'avais déjà imaginé ce que ces gars allaient me faire. Heureusement, un bon samaritain est venu me sauver. Je ne vois pas qui c'est. Deux des brigands me tiennent.

La voix derrière : Je vous ai dit de la lâcher non ?

Homme 1 : Toi qui ? Tu sais même...

La voix derrière : Rick laisse la fille là dis donc.

Homme 1 : C'est qui ?

Il me lâche mais l'autre me tient toujours. Celui qui apparaissait comme le chef, était surpris de voir que mon bon samaritain connaisse son nom. C'est certainement un gars du quartier.

Homme 1 : Hmmm! c'est toi ? Mais pourquoi tu ne m'as pas dit ?

La voix derrière : Lâchez d'abord la fille.

Homme 1 : Grand frère, la fille là m'a manqué de respect.

La voix derrière : Je dois te demander ça combien de fois ?

Homme 1 : Ok ! Ok ! C'est toi le patron. Lâchez-la.

Les deux types s'exécutent machinalement.

Homme 1 : Bon, Grand-frère, faut lui dire de savoir là où elle va hein et de répondre quand on lui parle. On go les gars !

C'était comme si on avait suspendu mon cœur sur un fil défaillant. Je croyais sentir mon cœur descendre. Le soulagement m'envahissait. Je me retourne pour voir mon bienfaiteur et la silhouette m'est familière. Qui je vois ???!!! Charms !!!

A suivre........

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