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Alors suicide toi

À mon arrivée à l’orphelinat, je suis accueillie par une voix bien grossière.

— Tu es finalement revenue, la fille aux cheveux blancs. Tu n’as donc pas menti.

Il me sourit avec les larmes aux yeux. Moi aussi, je suis tellement contente de les revoir.

— Bien sûr, qu’est-ce que tu croyais ? Je tiens toujours mes promesses.

— En plus, je ne m’appelle pas fille aux cheveux blancs, mon nom c’est Filia, d’accord ??

— D’accord, moi c’est Devis et j’ai 7 ans.

— D’accord, Devis qui a 7 ans.

Je suis amenée à l’intérieur, puis je passe une bonne journée avec les enfants. Mais je suis subitement appelée au bureau de la responsable. Je décide donc de m’y rendre avec Mélissa, qui est toujours à mes côtés. Étrangement, elle ne parle que quand c’est nécessaire.

— Bonjour, princesse Filia, comment allez-vous ??

D’abord, je suis étonnée qu’elle sache qui je suis, mais je me reprends aussitôt.

— Comment savez-vous qui je suis ??

— C’est plutôt facile, vu que vous n’êtes pas venue déguisée. Vos cheveux et vos yeux…

— Vous êtes clairement la princesse Filia de Delf. Il y a déjà beaucoup de rumeurs à propos d’un mariage arrangé avec le royaume de Delf.

— Donc vous voir ici n’a fait que confirmer cela. Vos yeux et vos cheveux ne sont pas monnaie courante.

— Alors, pour votre sécurité, avant de sortir, prenez la peine de vous déguiser.

Je parle encore quelques minutes avec la responsable, puis je décide de partir dire au revoir aux enfants avant de retourner au palais. Je fais de gros bisous à la petite Winnie. Elle est tellement mignonne et n’a que 4 ans.

De retour au palais, je me change pour aller dîner avec le roi. Mais à mon arrivée, le roi est à table avec une belle jeune fille et il sourit. Voir le sourire du roi me fige sur place.

Je ne pensais pas que quelqu’un d’aussi froid pouvait rire, mais une voix me ramène aussitôt à la réalité, une voix tellement froide.

— Qu’est-ce que tu crois faire plantée là ??

— Excusez-moi.

Je me dirige sans perdre de temps vers l’autre extrémité de la table. Pendant tout le repas, nous mangeons en silence, mais celui-ci est vite brisé par une charmante voix.

— Dis-moi, Nozel, c’est cette petite ta fiancée ?

— Apparemment.

Ils continuent à parler de moi comme si je n’étais pas là. Moi, ça ne me dérange pas. Déjà, je n’ai pas envie de me mettre en travers de leur relation.

Subitement :

— Ma petite, j’espère que Nozel ne te maltraite pas dans ce grand palais ??

— Non, pas du tout.

— Tu sais, tu peux tout me dire. Prends-moi comme ta grande sœur, il ne te fera rien, je suis là pour te protéger.

— Ne vous inquiétez pas, je vous assure, on me traite bien ici.

Je suis tellement contente. En plus d’être belle, elle est gentille, ce qui me met du baume au cœur. Une grande sœur…

— Tu es tellement mignonne. En grandissant, tu vas faire un vrai carnage, ma petite Filia, c’est ça ?

— Oui, c’est Filia Silva.

— Moi, Érika.

Le roi se lève pour partir. On dirait que notre conversation l’ennuie. Mais aussitôt parti, le visage d’Érika devient tout sauf amical.

— Alors c’est toi, la petite peste qui est censée se marier avec mon Nozel ?

Je suis tellement prise de court que je reste en état de choc. Son visage a changé. Elle n’est plus la gentille Érika qui voulait être ma grande sœur. Là, tout de suite, elle a le visage déformé par la colère.

— Je suis désolée, je ne voulais pas me mettre entre vous.

— Tu ne voulais pas, mais tu l’as fait, petite chose inutile.

— Je suis vraiment désolée.

— Alors suicide-toi et tout ira bien pour moi.

— C’est ta chère grande sœur qui te le demande.

Elle n’est pas sérieuse. Comment ose-t-elle me demander une chose pareille ?

— Comment osez-vous me demander une chose aussi horrible ?

Elle ne me laisse pas le temps de finir. Elle est déjà partie. Je me lève et me dirige vers ma chambre. Pourquoi les pires choses m’arrivent-elles à moi ??

Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que j’attise la haine chez les autres. Pourquoi moi ? Pourquoi je me retrouve toujours dans des situations aussi désastreuses ?

En remuant mon désespoir, une voix me ramène aussitôt à la réalité. Une voix douce, la seule qui m’est agréable depuis mon arrivée à Morgania.

— Vous savez, tous les enfants de l’orphelinat vous adorent. Vous vous êtes fait des amis là-bas.

— Tout ira bien, ma princesse. Dormez.

Mélissa est la seule personne gentille avec moi dans ce palais depuis que je suis ici. Elle me rassure et me remonte le moral. Dans cette vie d’horreur, j’ai au moins une personne comme elle qui me redonne de l’espoir.

Les nobles ne me voient que comme une nuisance, une personne qui est là juste pour leur rappeler leur toute-puissance, à écraser les autres royaumes.

Grâce aux mots de Mélissa, je me laisse porter par le sommeil.

J’ouvre les yeux et vois Mélissa qui est déjà à mon chevet.

— Bonjour, ma princesse. Préparez-vous pour prendre le petit déjeuner avec le roi.

Je me lève et demande à Mélissa de me laisser me préparer moi-même. Comme toujours, je me prépare toujours moi-même. J’ai appris à me débrouiller seule à Delf.

En effet, je préparais souvent mes repas, je faisais le ménage dans ma chambre, je lavais mes vêtements, car ma belle-mère me disait que le palais n’avait plus assez de fonds pour m’assigner une domestique.

Mais Lucinda, qui s’occupait de mon père, m’aidait aussi de temps en temps, ce qui n’était pas pour me déplaire. J’avais pris l’habitude de m’occuper de moi-même.

Prête pour le repas, à peine sortie de ma chambre que je tombe sur Érika.

— Bonjour, ma petite ! Tu as dit hier que tu ne voulais pas te mettre en travers de ma relation avec le roi.

— Bien sûr, mademoiselle Érika.

— Alors ne viens pas déjeuner avec le roi. Laisse-moi passer du temps avec lui, je n’ai pas beaucoup de temps avec lui.

— Je n’ai que 7 jours au palais avant de repartir à l’académie.

— D’accord, mademoiselle.

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