LES TROUBLES DE COMPORTEMENT DE MA PETITE-FILLE
CHAPITRE 1. LES TROUBLES DE COMPORTEMENT DE MA PETITE FILLE
Tout a commencé par un coup de fil tard dans la soirée d’un dimanche fatidique.
- Allo Papa ; c’est Sisi (la cadette de mes filles). Letti-Love vient de causer des dégâts, elle vient de casser les vitrines des magasins devant notre parcelle. En plus elle a un couteau en main et menace les locataires, qui tous, ont pris la poudre d’escampette. Seule je ne saurai la maitriser.
Mon sang ne fit qu’un tour et les cheveux se dressèrent sur ma tête.
- A cette heure, dis-je, je ne saurai venir. Ou sont Jules (mon fils) et ses cousins ?
- Justement Papa, aucun garçon n’est à la maison.Néanmoins je viens d’appeler Grand Jules au portable, il m’a laissé entendre qu’il rappliquait dare-dare.
- Bien ! Alors tiens-moi informé de la suite des évènements.
Je reste abasourdi, K.O debout ; comme un boxeur qui aurait croisé par hasard sur son ring un champion du monde hors norme…
j’étais pétrifié…
Je me surprends à espérer encore que la nouvelle de tout à l’heure soit un poisson d’avril ou un cauchemar dont je me réveillerai. Bien entendu que la réalité est souvent difficile à avaler.
L’homme propose et Dieu dispose. Mon calendrier pastoral subit un choc. Mes plans du lendemain sont bousculés. Alors que je m’apprêtais pour une itinérance d’évangélisation la semaine, les vieux démons qui n’en voulaient pas , vient tout d’un coup obstruer ce chemin de la vie pour me replonger dans la tourmente . Ainsi dit-on que Satan rôde autour de nous comme un lion rugissant , cherchant qui dévorer.
J’en informe ma femme, qui à côté de moi commence déjà à implorer la clémence du ciel.
Je me souviens de la première crise de ma petite fille, elle nous en avait fait voir de toutes les couleurs : bris de vitres, jet des pierres, injures…
Après une accalmie de huit mois ,les vieux démons avaient refait surface et faisaient de ma petite fille leur chair à pâté. Dans sa rechute Letti-Love vivait au pire, cassant tout à son passage et créant les gâchis au préjudice de son environnement immédiat. On ne pouvait plus la reconnaître. Elle qui égayait nos jours avec des quolibets hors pair, un vernis de vieillesse qui redonnait de l’éclat à nos rides meurtris par la chaleur des temps. Cette petite fille à bord de la démence au cœur de sa jouvence était tout ce qui me restait des souvenirs de ma défunte fille aînée , fauchée très tôt par la maladie du siècle.
Les mots me manquèrent pour en discuter avec ma femme. Son émotion de grand-mère fatiguée fulminait de partout. Parfois, il suffit de parler dans son cœur et de garder le silence .
les grandes douleurs sont muettes dit-on. Je m’imaginais que, demain, peut-être ; pourra-t-elle se calmer, et du coup je n’en faisais pas toute une histoire. Je disais que je risque de me pourrir le reste de la nuit à cause d’un problème qui trouvera certainement une solution.
Bien sûr, il est impossible d’éviter toute inquiétude et de fil en aiguille, il est facile de sombrer dans les pensées négatives. On arrivera à un compromis avec toutes les victimes sans atermoiements funestes quels que soient les dégâts causés.
Sur ce, je laisse couler le temps. La nuit porte conseil dit un adage, et tout vient à point à qui sait attendre. Les pensées voltigent, déci-delà, tantôt décourageantes, tantôt encourageantes. Je suis pris par des sentiments mitigés, désespoir, amertume, et inquiétude se disputent et font ménage dans mon âme.
Dans mon périple sommeilleux, je rêve des vautours qui voltigent au dessus d’une charogne infestée d’asticots , qui les attire par une puanteur à leur goût . Puis survint un croque-mort manchot et aveugle qui commence à se regaler et prend sa part du festin.
Ceci ne fait pas bon signe et me fait sursauter de mon lit. J’ai des insomnies.
Trois quart d’heure plus tard ; le téléphone résonne et le cœur au bout des lèvres je réponds :
- Allo ! Oui ?
- Papa,Grand Jules vient d’avoir raison de la petite en cet instant. Il lui a menotté pieds et bras.
- Ecoute Sisi , faudrait pas trop la malmener, elle risque d’être traumatisée et nous risquons de ne plus la récupérer.
-Papa, si tu tiens tellement à elle, nous pourrons te l’amener cette nuit. C’est ça que tu veux ?
-Euh ! balbutie-je, ne perdons pas les pédales. Il y a insécurité dehors, attendons demain.
Mon épouse suivait religieusement notre conversation.
je connais cette dernière comme si je l’avais trouvée à côté de moi dans mon berceau le jour où j’ai ouvert les yeux. Elle est une de ses femmes de distinction craignant Dieu et développant une spiritualité surnaturelle.
Dotée d’une intuition hors du commun, elle a, par ses prémonitions subtiles épargné plusieurs fois notre foyer des désastres insoupçonnés. Sans avoir des grands moyens, elle a toujours un air digne et elle sait quand il faut parler ou garder silence. Elle est une meilleure conseillère en temps réel et une conseillère hors pair.
De fois je jauge mon tempérament et je conclus que sans elle, l’équilibre qui a maintenu debout notre couple jusqu’ici serait déjà rompu.
- Ecoute Papa, me dit-elle, à l’impossible nul n’est tenu. Confions-nous seulement au Seigneur, car ça peut être impossible aux hommes, à Dieu tout est possible. Prends courage ; quoi que ce soit dur. C’est dans des pareils moments que tu dois nous démontrer que tu crois en la divine providence.
Après avoir imploré les mannes du ciel, je me suis calmé pour peu me retrouver dans l’escarcelle d’une nuit cauchemardesque en train de ruminer la cause de la première crise.
