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Le même jour, alors que le cours était en train d’être fait, Jack Bauer a fait son entrée avec un élève. Quand j’ai vu l’élève, j’ai eu peur. Il n’était pas très grand de taille mais il avait le corps! Il était bien costaud, un peu comme le chanteur Nasa mais avec quelques kilos en moins.
Son visage était froissé et sa bouche était attachée comme le koki.
— JACK BAUER : Je vous présente un élève qui n’aime pas l’école d’ailleurs on comprend pourquoi c’est aujourd’hui qu’il est venu!
Les anciens ont commencé à crier en disant:
— Wouooooo Siyapdjeu Bouopda Patrick est avec nous!
Ah Patrick, le même prénom que celui du prof de français!
— JACK BAUER : Eh taisez-vous! Vous l’encouragez dans les bêtises?
Il a demandé à cet élève d’aller s’asseoir et il est parti dans la rangée du milieu, au dernier banc.
Avec les cris des anciens, j’ai compris que c’était un ancien.
En tout cas moi il me faisait peur physiquement. Je le voyais comme un élève méchant qui ne rit jamais, le genre d’élève qui fait peur aux autres et qui aime la bagarre mais bon, Assane faisait partie des élèves qui ont crié son nom donc je me suis dit qu’ils se connaissaient bien et que ça tombait même bien puisque si ce Patrick voulait me faire du mal, j’allais appeler Assane pour qu’il négocie avec lui.
En parlant même d’Assane, je sentais qu’il m’aimait un peu plus qu’une amie.
Il pouvait être délinquant et faire son désordre avec ses amis quand on était ensemble, il devenait doux et calme et il me parlait avec douceur et délicatesse. Il me regardait d’abord trop quand on faisait cours.
À chaque fois je voyais deux yeux braqués sur moi depuis la première rangée qui était vers la porte et quand je tournais un peu ma tête pour regarder, c’était lui. On se regardait et on souriait juste.
C’est vrai qu’il avait de très bonnes qualités mais je ne voulais pas que notre amitié change pour une quelconque relation amoureuse. Je ne voulais pas gâcher le lien qu’il y avait entre nous. C’est comme ça que je voyais les choses.
Sinon, plusieurs de mes camarades s’intéressaient à moi, un peu comme un certain Tsala Lionel qui était assis dans ma rangée mais au dernier banc.
Il demandait toujours aux gens qui étaient assis derrière moi de m’appeler et quand je me retournais, il me faisait des clins d’œil.
Mohamed Aboubacar ne me laissait pas aussi. Des fois il demandait à Kodjou de le laisser passer au milieu juste pour être près de moi, question de me draguer en quelque sorte...
— KODJOU : Noooon cette fois-ci je refuse! Laisse l’enfant d’autrui fréquenter, c’est même quoi?
Sa réponse me faisait rire mais en même temps elle me plaisait. Il avait raison, il fallait qu’on me laisse me concentrer sur mes études!
— Merci Kodjou, tu as raison! Je n’en peux plus!
— KODJOU : Qui t’a d’abord demandé d’être belle? Nianiania!
— Donc c’est un crime?
Il a tapoté mon épaule.
— KODJOU : Non je rigole! Euh voilà, Seigning oh?
— Oui?
— KODJOU : Tourne ta tête légèrement vers la droite voir…
Je l’ai fait mais je n’ai rien vu en dehors des élèves.
— KODJOU : Tu vois le gars qui est noir et mince comme ça? Il est même en train de te regarder…
Je me suis tournée et j’ai bel et bien vu ce gars qui était en train de me regarder comme si sa vie dépendait de moi, comme si c’est moi qui le retenais en classe.
— Il a fait quoi?
— KODJOU : Il t’aime!
C’était quand même bizarre et étonnant que plusieurs garçons aient des yeux sur moi mais bon ah!
— Ayarrrrr, , c’est lui qui t’a dit ça?
— KODJOU : Il m’a demandé ton nom aujourd’hui pendant la première pause et ça fait plusieurs jours qu’il te fixe et ce à tout moment!
— Mince!
— KODJOU : Ah, du courage seulement! Les gars ne perdent le temps ici!
— En tout cas, mieux je ferme ma bouche!
Après les cours, j’ai décidé de passer par le collège de ma meilleure amie Jessica Ebela pour la voir. Mon amie Ébiangna avec qui je marchais désormais m’a dit que le chemin que je voulais prendre allait faire qu’elle arrive chez elle très tard donc, elle a pris le chemin qu’on prenait d’habitude et moi je suis allée à Bénina, l’école de ma meilleure amie.
Arrivée là-bas, je l’ai cherchée sans la trouver alors que les élèves étaient dehors mais bon, j’ai une fois pris un chemin pour aller chez moi quand soudain, quelqu’un a tapoté mon épaule… Je me suis tournée et j’ai vu ce camarade qui avait demandé mon nom à Kodjou.
Il était là, avec sa tenue bien propre et bien repassée et une dernière paire de chaussure. Les chaussures des riches quoi! Les vrais sneakers pour homme que portent Justin Bieber, Will Smith etc.
— Euh bonsoir, qu’y-a-t’il?
Il n’a pas répondu tout de suite. Il m’a d’abord regardée avec ses yeux légèrement rouges et son visage assez pâle.
Je ne pouvais pas savoir ce qu’il avait dans la tête. Il était un peu mystérieux avec sa grande taille, son teint noir et son sac bandoulière…
C’est après qu’il m’a dit:
— Ça va? Moi c’est Ralph Wokna…
Quel nom! « Wokna Ralph » ah, okey!
— Je vais bien merci et toi?
— RALPH : Bien. Toi c’est Seigning Brenda non?
— Oui c’est moi!
— RALPH : Tu es sur Facebook?
— Euh oui, pourquoi?
— RALPH : Juste comme ça! Bon je t’accompagne un peu?
— Euh Okey!
Marcher seule m’ennuyait même d’abord donc j’ai accepté et on a marché pendant au moins trois minutes et il m’a dit qu’il devait rentrer parce qu’il devait retrouver un ami et j’ai dit okey et je l’ai remercié de m’avoir accompagnée. Il est parti.
En continuant mon chemin, je me suis mise à penser à tous ces gars qui me couraient après en me demandant s’ils étaient sérieux et qui était le plus sérieux de tous. Je me demandais si à la longue j’allais devoir choisir un prétendant et qui est-ce que ça serait. C’est vrai que je n’avais que 14 ans mais pour moi, avoir un petit copain à cet âge était normal tant que je ne faisais pas de bêtise comme s’embrasser ou encore avoir des rapports sexuels. Je me suis dit qu’on pourrait souvent faire nos devoirs ensemble, faire de tout petits bisous rapides, qui sait? Lionel Messi et sa femme ont commencé à être ensemble quand ils étaient tout petits.
Bref, je me posais ces questions quand soudain, j’ai commencé à penser à mon prof de français, à cet homme de la vingtaine dont la beauté, la façon de parler, le langage soutenu utilisé et tout ce qui le concernait m’avait touchée.
Tout d’un coup, je me suis demandée si j’étais normale.
Non mais, comment est-ce qu’il pouvait avoir des jeunes de mon âge à mes pieds alors que mes yeux étaient sur mon professeur de français?
Avec ma main droite, j’ai donné des coups à ma tête en disant:
— Brenda, tu ne vois pas que tu vas un peu trop loin? Prends quelqu’un de ton âge et laisse ton prof! Vous devez sûrement avoir 10 ans d’écart donc, reste tranquille!
En même temps, une autre réflexion m'est venue à la tête. Les couples qui ont 40 et 30 ans ont dix ans d’écart mais pourquoi un couple de 14 et 24 par exemple poserait un problème? N’est-ce pas toujours dix ans d’écart? Bon c’est vrai que 14 ans est petit pour se mettre en relation avec quelqu’un de 24 ans ou plus du coup il va falloir attendre que la personne qui a 14 ans grandisse…
Ces pensées ont animé mon cerveau jusqu’à ce que j’arrive à la maison.
J’ai sonné et c’est ma tante qui a ouvert le portail.
— Bonsoir maa.
— MA TANTE : Ça va?
— Oui maa merci. Pardon, tu as préparé quoi?
— MA TANTE : Tu as seulement rêvé de la nourriture quand tu étais à l’école?
J’ai explosé de rire. Je suis entrée et j’ai fermé le portail.
J’ai guetté la cuisine de dehors pour voir si elle avait préparé là-bas mais ce n’était pas le cas. Je suis allée dans la deuxième cuisine c’est-à-dire la cuisine interne et j’avoue qu’avant même d’arriver là-bas, j’ai senti l’odeur du riz sauce tomate avec la viande et c’était bel et bien ça!
J’ai posé mon sac directement sur la table de la petite salle à manger de la cuisine et je me suis servie. Je crois que j’avais trop réfléchi pendant mon retour au point où ma tête avait commencé à chauffer. Il fallait que je mange pour me calmer.
Ma tante qui était dehors en train de travailler a entendu les bruits de la marmite et elle est venue me voir.
— MA TANTE : Enlève même d’abord ta tenue non l’enfant ci?
— Hum maa j’ai trop faim!
— MA TANTE : Okey! Va alors manger dans la salle à manger à la grande salle à manger. Celle de la cuisine c’est pour prendre le petit déjeuner le matin avant de sortir.
— Wair maa la salle à manger c’est la salle à manger nor? J’ai la paresse d’aller là-bas hihi.
— MA TANTE : Haha l’enfant ci hein! Je te taquine parce que quand tu es venue tu avais l’air pâle. Tu es sûr que tout va bien?
— Ah maa ça va!
— MA TANTE : Hum, je ne veux même pas que quelque chose te dérange! Tu as un diplôme à ramener cette année! Du courage hein?
— Merci maa.
Elle est allée dans sa chambre prendre un truc puis, elle est sortie.
J’aimais bien la façon dont mon oncle et ma tante prenaient nos études au sérieux. Ils nous encourageaient à réussir.
Mon oncle avait fixé une heure d’étude qui devait se passer dans la salle d’étude c'est-à-dire dans le deuxième salon de la maison. C’était en face du premier salon où ll y’avait la télé du coup quand il voulait visionner avec ma tante et qu’on était en train d’étudier, il prenait la peine de baisser le volume pour que les bruits ne nous dérangent pas et des fois, les deux s’abstenaient même de visionner à cette heure juste pour qu’on puisse réviser.
J’aimais bien cette façon de faire car moi personnellement, je voyais leurs efforts comme une motivation. Rares sont les parents qui font ça de nos jours! Ils se foutent de ce que font les enfants à l’école alors que mon oncle venait souvent nous rejoindre pour nous demander ce qu’on a fait à l’école. Avec ça, l’enfant se sent aimé et il sait que ses parents font tout pour qu'il réussisse et il se met à fond dans ses études. J’encourage tous les parents et tuteurs à faire de même, bref, c’était juste une parenthèse.
À suivre…
