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3

Les jours sont passés et je me suis liée d’amitié avec une certaine Ébiangna, une jeune fille brune et courte qui m’aimait bien.

Elle était toute gentille et toute mignonne avec son beau sourire. Elle était aussi très serviable.

Plus je passais du temps avec elle, plus je m’éloignais de ma première amie, celle avec qui j’avais fait connaissance en premier. Sa salle était en bas et la mienne en haut désormais et quand je descendais avec Ébiangna, c’était pour aller acheter à manger et non forcément pour aller la voir du coup elle s’est liée d’amitié avec les gens de sa classe et moi de même avec les gens de ma classe.

En tout cas, je me plaisais bien dans cette école. Les profs étaient sympa, même le personnel de l’établissement, ils étaient tous à l’écoute des élèves.

Mon seul souci c’est qu’au bout de deux semaines déjà, on avait fait toutes les matières, sauf le sport, le travail manuel et le français. Bon moi je m’en foutais éperdument du travail manuel et un peu du sport.

Nous étions un vendredi et c’était le deuxième vendredi depuis que la rentrée avait commencé. Chacun avait rejoint la salle après la pause et on avait normalement une heure de permanence et deux heures de français.

L’heure de permanence est passée et c’était maintenant l’heure du français.

J’ai mis mes affaires dans le sac et j’ai laissé un petit cahier sur la table au cas où Jack Bauer viendrait par surprise nous guetter. Quand il venait pendant les heures de permanence et qu’il trouvait un élève sans un cahier ou un livre devant lui en train de lire, soit il le fouettait, soit il lui demandait de laver tout le couloir et moi je voulais éviter ça et c’est la raison pour laquelle j’ai posé un cahier devant moi.

— Kodjou, je vais me coucher pour dormir puisque je sais que le prof de français ne va pas venir. S’il te plaît si Jack Bauer vient, tu me réveilles d’accord?

— KODJOU : D’accord pas de souci, dors bien petite (en caressant ma tête).

J’ai tapé sa main.

— Haha tu es fou, tu m’appelles « petite hein »?

On a rigolé un peu et j'ai posé la tête sur la table pour dormir.

À un moment donné, la salle est devenue calme et j’ai compris que quelqu’un faisant partie du personnel de l’établissement est entré car quand ces gens entraient, tout le monde fermait son clapet.

Au même moment, Kodjou m’a tapoté l’épaule en chuchotant:

— KODJOU : Le prof est là, lève toi!

Je me suis levée et j’ai vu un homme de la vingtaine placé devant la salle, en train d’observer tout le monde avec sa mallette à la main gauche et la main droite dans la poche.

Je crois bien qu’il avait porté un pantalon jean avec une très belle marque de chaussure dont j’ai oublié le nom.

Il s’est dirigé vers le bureau pour poser ses affaires avant de prendre un morceau de craie pour rejoindre le tableau où il a écrit « Feudjeu Patrick » puis, il a pris la parole pour dire « Bonsoir à tous et à toutes, je suis Mr Feudjeu Patrick, votre prof de français ».

Il y a eu un soulagement dans mon cœur à ce moment précis. Enfin, celui qui devait enseigner ma matière préférée était là.

J’avoue que je m’attendais à un homme de la quarantaine ou plus, ou même une femme pourquoi pas. Mais lui, il était différent de tous les professeurs de français que j’avais connus auparavant. Eux ils étaient un peu âgés et moins présentables physiquement. Bon c’est vrai que c’est bizarre de dire ça ainsi mais Mr Feudjeu avait plus de charisme.

Il n’était pas très grand de taille, il devait faire entre 1m74 et 1m76 comme ça. Il avait un corps normal, c'est-à-dire pas mince, pas gros.

Son teint était noir mais légèrement clair et il avait un dégradé sur la tête. Il était juste présentable!

— MONSIEUR FEUDJEU : B kion, que chacun se lève et se présente.

Il y avait trois rangées. Moi j’étais dans la rangée qui était à l’opposé de la porte.

Ceux qui étaient vers la porte on commencé à se présenter un par un. Il faut avouer qu’il y avait de ces noms ô mon Dieu!

Les présentations ont continué et il restait deux personnes pour que je me présente.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai commencé à trembler et les battements de mon cœur ont commencé à s’accélérer.

Mohamed Aboubakar s’est présenté, ainsi que Kodjou et cette fois-ci, il a donné son vrai nom. Le professeur d’EMC l’avait eu donc il était plus question qu’il refasse la même bêtise.

Une fois mon niveau, je me suis levée tout doucement tout en regardant le prof dans les yeux.

— Hmmmm, je m’appelle Seigning Brenda, je suis nouvelle en troisième et nouvelle au collège Fapo.

Il y a eu un petit moment de silence. Un moment où les yeux de chacun étaient rivés sur l’autre. Je ne sais pas comment expliquer cette sensation mais elle était étonnante bien qu’agréable , mais elle était un peu gênante dans la mesure où ça se passait avec mon prof. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait ou plutôt ce qui nous arrivait.

— MONSIEUR FEUDJEU : Et tu as quel âge?

— Euh, j’ai 14 ans monsieur!

J’ai vu comment il a respiré un grand coup d’air puis, il a baissé sa tête avant de s’écrier:

— MONSIEUR FEUDJEU : D’accord, assieds-toi!

Je me suis assise et il a demandé au suivant de se présenter et ainsi de suite.

Le premier cours s’est plutôt bien passé.

À chaque fois qu’il posait une question, j’avais la réponse et je levais le doigt. Puisque j’étais la seule à le faire, il me choisissait et je répondais avec aisance avec mon petit visage plein d’innocence.

— MONSIEUR FEUDJEU : Elle n’est pas la seule dans cette classe hein, vous pouvez aussi répondre.

Quelques fois, je levais le doigt avec d’autres personnes et il les désignait aussi.

Jamais bien sa façon d’enseigner. Ce qu’il expliquait était fluide, clair et net. On pouvait facilement comprendre et retenir.

Cependant, il était un peu dur, il n’était pas du genre à trop plaisanter avec les élèves.

Je le dis parce que le même jour, un élève bavardait pendant qu’il enseignait et il s’est sérieusement fâché.

— MONSIEUR FEUDJEU : Ah, j’enseigne pendant que tu bavardes c’est ça?

— Non Monsieur, j’étais juste en train de poser une question à mon voisin!

— MONSIEUR FEUDJEU : Ah, donc ton voisin c’est le prof n’est-ce pas? Okey, venez alors enseigner! Je vais prendre place et vous écouter.

Il a tendu la craie et celui qui bavardait est allé la prendre. Son voisin l’a suivi.

Le prof est allé s’asseoir sur leur place qui était à moins d’un mètre de moi. C’était dans la deuxième rangée, au quatrième banc et moi j’étais à la troisième rangée, au troisième banc.

Il y avait donc une proximité entre le prof et moi, un peu comme une connexion ou plutôt une alchimie qui nous liait.

Était-ce parce qu’il était le prof de ma matière préférée et qu’il l’enseignait merveilleusement bien? J’en n’en sais rien! Était-ce parce qu’il avait une belle voix et une façon particulière de parler sans compter son français soutenu qu’il utilisait pour nous parler? Je n’en sais rien!

Je connaissais juste son nom et prénom, sa profession et le peu de comportement que j’avais remarqué, c’est tout!

Je ne comprenais donc pas pourquoi les frissons s’àccaparaient de moi en ce moment…

Sinon, ce qui se passait était drôle. Les deux élèves étaient au tableau, tout tremblant et ne sachant quoi faire.

— MONSIEUR FEUDJEU : Ah, donc vous ne parlez plus? La voix est partie?

Les élèves se sont mis à rire.

— MONSIEUR FEUDJEU : Retournez vous asseoir et sachez que la prochaine fois vous allez enseigner à ma place!

Ils sont allés s’asseoir honteusement et le cours a continué.

Les jours sont passés, les semaines aussi et je trouvais la troisième plutôt facile. Les matières scientifiques comme la svt que nous d’ailleurs une prof gentille était facile; la physique, chimie, technologique étaient également faciles malgré que le prof qui nous les enseignait était sévère.

Quand il donnait un devoir et qu’on ne le faisait pas, il nous fouettait avec un tuyeau à gaz ô mon Dieu la douleur! Et malgré cela, certains élèves ne le faisaient pas toujours soit parce qu’ils étaient têtus, soit parce qu’ils n’avaient pas le livre. En tout cas, ce prof ne riait pas et même Wilfried me parlait souvent de lui puisqu’il enseignait de temps en temps dans son lycée aussi. Il jonglait de tous les côtés quoi!

La mathématique quant-à elle était là, toujours aussi difficile pour moi. Celui qui l’enseignait c’était monsieur Toji Voltaire, un bamiléké comme moi. Ce qui faisait sa particularité c’est qu’il aimait beaucoup les pommes pilées.

Quand il finissait d’écrire un truc au tableau, il nous disait:

— MONSIEUR TOJI VOLTAIRE : Voilà, j’ai fini d’écrire au lieu de dicter, je veux les pommes pilées comme récompense! Les pommes pilées qui ont dormi hein, pas ce qu’on vient de faire…

Tout le monde explosait de rire, moi y compris.

— KODJOU : Quand ça dort ça a un vieux goût là, surtout quand on chauffe ça dans les poêle avec un peu d’huile! Il y a la galette au fond ash!

Non mais je pouffais de rire à chaque fois.

— Mr TOJI VOLTAIRE : Voilà, enfin, quelqu’un qui connaît mes bonnes choses! Mon ami, tu as 1.

— KODJOU : 1 au premier contrôle Monsieur?

— MR TOJI VOLTAIRE : Oui oui, rappelle moi ça!

Kodjou était en haut! Non mais Mr Toji était trop sympa et il enseignait bien quand-même je ne comprenais pas. Il savait détendre les élèves en lançant de petites blagues de temps en temps et c’est ça que j’appréciais le plus. Au lieu de dormir au cours de maths comme je faisais souvent dans les classes précédentes, je restais éveillée lors de ses cours car comme je l’ai dit, il savait détendre l’atmosphère et donner même envie d’aimer les mathématiques aux élèves qui la détestaient comme moi.

— KODJOU : Eh, merci prof, je vais vous garder le pilé qui a dormi!

Bref ce qui avait attiré mon attention c’était le fameux contrôle de maths. C’est vrai que nous étions déjà au mois d’octobre et qu’on devait lancer les évaluations de la première séquence mais c’était un peu tôt quand même. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’au moment où je lui ai demandé quand cela allait commencer et il a dit au milieu du mois et là je me suis dit que oui, j’ai encore deux semaines pour essayer de comprendre les maths car je voulais avoir la note au moins pour la première séquence quoi!

À suivre…

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