
Résumé
Pour séduire mon âme sœur, je dois marcher sur des œufs et même renoncer à mon statut de PDG. L'amour n’a jamais été mon jeu. L’argent ? Oui, il peut tout acheter… sauf le sourire de ma fille. Et c'est pour elle que je m’aventure sur ce terrain miné où chaque sourire devient un piège. Et soudain, je découvre que je n’ai jamais été préparée à perdre… ou à désirer quelque chose qui ne se vend pas.
Chapitre 1
***Twinkle***
Je quitte mon bureau tard le soir, la fatigue collée aux épaules, mais le cœur un peu plus léger. Camille m’accompagne, fidèle comme toujours.
- Tout est prêt pour le dîner ? demandé-je, les yeux rivés sur le parking désert.
- Oui, répond-elle avec un sourire rassurant. Tout est parfait, Twinkle.
Je hoche la tête. Ce soir, c’est un soir important. Je vais enfin présenter Jonathan à Joanna. Ma fille. Celle qui veut désespérément un papa et qui, depuis toujours, m’a forcée à repenser ce que je croyais savoir sur l’amour. Plusieurs rendez-vous arrangés, quelques compromis, et j’ai fini par accepter Jonathan comme fiancé. Reste à savoir si Joanna l’acceptera… et surtout, si elle aimera cet homme que j’ai choisi pour nous.
- Tu crois qu’elle va l’aimer ? murmuré-je en jetant un coup d’œil à Camille.
- Bien sûr, répond-elle. Elle est maligne, mais elle a un grand cœur. Elle finira par voir ce que tu as vu.
Nous arrivons enfin à la maison. Un palace. Trop vaste pour être intime, mais parfait pour cacher toutes mes vulnérabilités derrière un luxe étincelant. Je monte les marches, monte à ma chambre et me change rapidement. Une robe simple, mais de marque. Rien de clinquant, juste assez pour que Jonathan ne se sente pas écrasé et Joanna intriguée. Quand j’entre dans la salle à manger, je trouve Jonathan, Joanna et Camille déjà installés devant un banquet. Camille s’avance vers Joanna et lui fait une grosse bise.
- Je dois y aller, dit-elle en me lançant un regard complice. Bonne soirée, Twinkle.
- Merci, murmuré-je. À bientôt.
Camille se retire, et je reste avec mes deux mondes : Jonathan et Joanna. Jonathan se lève, le tire une chaise et me complimente.
- Tu es ravissante, Twinkle.
Je souris, légèrement gênée, et m’assieds avec eux. Le repas commence, les lumières tamisées éclairant juste assez la table pour qu’on se sente proches malgré le luxe autour de nous. Je prends une profonde inspiration et fais les présentations.
- Joanna, voici Jonathan, mon fiancé.
La petite me regarde avec ses grands yeux pétillants et répond avant même que Jonathan ait pu ouvrir la bouche.
- Je sais déjà qui il est, dit-elle avec un petit sourire espiègle.
Jonathan sourit à son tour, intrigué et amusé. Pendant qu’on mange, Joanna sort un petit bloc-notes et un stylo de son sac. Elle le pose sur la table avec une précision étonnante pour son âge.
- Monsieur Jonathan, vous aimez les enfants ? demande-t-elle sans préambule.
- Oui, répond-il calmement.
- Et vous aimez vraiment la mère ? poursuit-elle, son regard perçant braqué sur lui.
Puis elle enchaîne avec une série de questions embarrassantes, notant chaque réponse dans son bloc-notes. Je l’observe, partagée entre amusement et exaspération.
- Laisse-le manger, Joanna, dis-je enfin, gênée.
- Ne t’inquiète pas, Twinkle, répond Jonathan avec un sourire sincère. J’adore ça. Et si je vais bientôt devenir son papa, je devrais m’habituer à elle.
J’approuve en silence, touchée malgré moi. Mais Joanna n’a pas dit son dernier mot. Après un instant de réflexion, elle me fixe et dit :
- Moi, je vois bien que vous ne convenez pas pour être mon papa. Et puis, vous n’allez pas bien avec ma mère. Vous n’êtes pas assez grand, pas assez vif d’esprit, vous êtes trop vieux pour elle.
Elle écrit le nom de Jonathan sur son bloc-notes et met une grosse croix devant. Je laisse tomber ma cuillère, ébahie. Les mots de ma fille résonnent comme un verdict sans appel. Silence à table. Jonathan me regarde, surpris mais amusé, et Joanna continue d’écrire comme si rien ne s’était passé. Je prends une profonde respiration et me dis que, malgré tout, cette soirée vient à peine de commencer…
Le dîner se termine dans une atmosphère rendue, lourde comme un rideau qu’on n’ose pas tirer. Les plats sont presque intacts. Jonathan parle peu. Joanna encore moins. Moi, je souris par réflexe. Je raccompagne Jonathan jusqu’à la porte. Le marbre froid sous mes pieds me rappelle à quel point tout ça était mal parti.
- Je suis désolée, dis-je en croisant les mains. Elle peut être… brutale.
- Elle est surtout très intelligente, répond-il avec un sourire un peu crispé. Ça ne me dérange pas.
Je hoche la tête, sans y croire. Je te rappellerai. Il me regarde une seconde de trop, comme s’il attendait autre chose. Puis il s’en va. La porte se referme doucement. Trop doucement. Je monte directement dans la chambre de Joanna. Elle est déjà au lit, bien calée sous sa couette, les yeux grands ouverts.
- Tu t’es brossé les dents ? demandé-je.
- Oui maman, ment-elle avec assurance.
Je souris.
- Si tu n’aimes pas Jonathan, je vais rompre avec lui, dis-je en m’asseyant au bord du lit.
Elle se redresse aussitôt.
- Vraiment ?
- Vraiment. Et pour être honnête… moi non plus, je ne l’aimais pas beaucoup.
Joanna éclate de rire.
- Tu vois, j’avais raison.
- Toujours, murmuré-je en riant à mon tour.
- On est d’accord alors, dit-elle sérieusement. On ne le revoit plus.
- D’accord.
Elle se rallonge, satisfaite.
- Demain, c’est ton anniversaire, dis-je doucement.
Elle hoche la tête.
- Je sais. Mon cadeau, c’était un papa, mais… je peux attendre.
Je la regarde, le cœur serré.
- Qu’est-ce qu’on fait alors ? demandé-je.
- Un dîner au restaurant demain soir, propose-t-elle. Un joli. Même si… je n’oublie pas l’idée du papa. Les enfants à l’école sont méchants parfois.
Je pose ma main sur la sienne.
- Tu es incroyablement sage, tu le sais ?
Elle hausse les épaules.
- J’ai une maman riche et intelligente, ça aide.
Je ris doucement. On choisit une histoire ensemble. Je lis. Sa respiration devient lente. Ses paupières se ferment. Je l’embrasse sur le front et quitte la chambre en silence, heureuse, simplement heureuse, d’être la maman d’une petite fille aussi charmante. Aujourd'hui, c’est un dîner tête-à-tête avec Joanna. Une promesse de légèreté, une soirée sans faux-semblants ni calculs. Juste nous deux, comme au début, avant que les choses ne se compliquent. Joanna a choisi un restaurant récemment ouvert, flamboyant, qui porte la signature d'un chef que tout le monde s’arrache. Je me demande si elle a eu l’intuition de la perfection, ou si c’est simplement la première fois qu’elle a vu un restaurant dont le nom était inscrit en lettres d’or sur l’enseigne.
