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Chapitre 6

En pleine nuit, le téléphone de Kita sonna alors qu’elle était endormie. Ce fut Dave qui veillait à ses côtés qui le récupéra discrètement. Il sortit précipitamment de la chambre pour décrocher.

—Kita ? entendit-il au bout du fil.

Une colère sourde s’empara de Dave lorsqu’il reconnut la voix.

—Fiche lui la paix ! Elle ne veut plus jamais entendre parler de toi. Ne comprends-tu pas ?

—Et toi, ne crois-tu pas que c’est à elle de me dire ça ?

—Laisse la tranquille ! Elle est à moi. Mets le bien dans ton fichu crâne, grogna-t-il avant de raccrocher. Je ne te laisserai pas me prendre Kita à nouveau Santiago, jamais !

Deux jours plus tard, le docteur annonça à toute la famille réunie que Kita était rétablie et qu’elle pouvait rentrer chez elle.

—Il était temps. Cet endroit commençait à me donner la chair de poule, déclara Nikki. Je n’ai jamais aimé les hôpitaux.

En rentrant dans la chambre de Kita, elle la vit couchée sur le lit, recroquevillée sur elle-même. Le regard absent, Kita ne semblait même pas avoir remarqué sa présence.

—Kita, j’ai une bonne nouvelle. Le docteur dit que tu pourras rentrer dès aujourd’hui.

Kita ne répondit pas. Elle était songeuse.

—Dis-moi, que se passe-t-il entre toi et Santiago ?

Kita leva la tête. Nikki sourit. Elle savait qu’entendre le nom de Santiago suffirait à avoir toute l’attention de sa grande sœur. Cependant, elle remarqua que Kita était subitement contrariée.

—Il n’y a rien entre nous.

—Je constate malgré tout qu’il a l’air de tenir encore à toi. Il t’a même donné son sang.

—Quoi ? Il m’a donné son sang ?

—Oui, tu étais très faible. Le docteur a parlé d’anémie et il a dit…

Mais Kita ne l’écoutait plus. Elle semblait de nouveau préoccupée par quelque chose. Elle ne pouvait pas s’empêcher de repenser à ce que lui avait dit Santiago. Son père ne pouvait pas avoir fait ça. Il n’aurait pas pu ordonner qu’on enlève et qu’on fasse tabasser Santiago. Si Santiago disait vrai, alors son père serait alors un criminel.

Plus tard, Santiago fit irruption à l’hôpital au moment où la famille s’apprêtait à rentrer.

—Mais que diable fiche ce type ici ? déclara Armando à sa vue.

—Calmez-vous, monsieur. Je vais lui parler, ajouta Dave d’un air assuré.

Dave se rapprocha de Santiago et entama une discussion avec lui.

—Tu es têtu hein ?

—Il parait que Kita sort aujourd’hui de l’hôpital. Je veux lui parler.

—Santiago, ne me cherche pas, je te le déconseille. Je t’ai dit mille fois de la laisser tranquille.

—Et moi je t’ai déjà répondu que c’est à Kita que revient cette décision.

Dave le regarda avec mépris. Santiago l’ignora puis prit la direction menant à la chambre de Kita.

—Pas un pas de plus ! l’avertit Dave menaçant.

Santiago se retourna et lui fit face.

—Sinon quoi ?

Ils s’affrontèrent du regard. Armando se joignit à eux.

—Dave, ne perd pas ton temps avec ce type, lui dit-il puis se tournant vers Santiago, il ajouta :

—Je suis sûr que Kita saura te remettre à ta place, Santiago Torres.

A ce moment précis, Kita apparue dans la salle, soutenue par Gemma et Nikki. Elle remarqua Santiago. La gêne et la contrariété s’emparèrent aussitôt d’elle.

—Que fais-tu ici ?

—Je voulais te voir et prendre de tes nouvelles. Je t’ai téléphoné la nuit d’avant-hier, mais quelqu’un d’autre a répondu à ta place, répondit-il en toisant Dave.

—Je vais bien. Merci de t’en préoccuper.

—Je crois qu’il vaudrait mieux qu’on s’en aille d’ici hein. On a assez passé de temps dans cet hôpital, affirma Nikki en pressant le bras de sa grande sœur.

—Pour une fois, je suis d’accord avec Nikki. Partons ! ajouta Gemma en entrainant Kita avec elle vers la sortie.

Mais Santiago vint leur barrer le chemin.

—Kita, puis je te parler un instant ?

—Non ! protesta Dave. Laisse la tranquille.

—Accepte s’il te plait d’écouter ce que j’ai à te dire, poursuivit Santiago en feignant d’oublier l’intrusion. Je t’en prie.

—D’accord, répondit-elle à la plus grande déception de Dave. En espérant que ça ne dure pas trop.

Santiago et Kita pour parler retournèrent dans la chambre, laissant la famille et Dave dans la salle de réception.

—Je suis vraiment désolé pour ce qui t’es arrivée. Je n’aurai pas dû…

Elle le stoppa de la main.

—Non, ce n’est pas de ta faute. Je n’ai pas fait attention sur la route, voilà tout. Je ne peux tout de même pas croire que mon père ait pu faire une chose pareille. C’est impossible.

—Mais il l’a faite, crois-moi. Je sais que c’est difficile pour toi de l’imaginer, mais c’est la pure vérité.

—Que veux-tu, Santiago ? Pourquoi dis-tu des choses pareilles ? Tu m’as abandonné pendant 08 ans et maintenant tu reviens pour déblatérer des âneries sur mon père. Qu’est-ce que tu veux à la fin ?

—La justice.

—Tu mens. Tu ne trouves pas d’excuses pour te justifier alors tu inventes tout ça. Tu sais bien que tout ce que tu me racontes ne peut pas être vrai. Mon père n’est pas un saint, je le reconnais. Mais de là à t’agresser ?

—C’est pourtant la vérité.

—Quelle preuve as-tu pour oser le critiquer ainsi ?

—Pour le moment, je n’en ai aucun.

—Je ne sais pas à quoi tu joues, mais sache une chose. Je ne te laisserai pas faire.

Il la considéra en silence. Kita vit soudainement de la tendresse dans ses yeux. Elle fronça les sourcils pour qu’il ne voit pas le trouble qui venait de se propager en elle.

—Tu m’aimes toujours, remarqua-t-il.

—Je ne t’aime plus.

—Je ne te crois pas.

—Eh bien, crois ce que tu veux. Je m’en fiche !

Elle essaya de s’en aller, mais il passa la main autour de sa taille et l’attira dans ses bras. Ils se retrouvèrent collés l’un contre l’autre. Être aussi proche de Santiago bouleversa la jeune femme au point où son corps fut pris de soubresauts. Elle serra les dents. Il ne devait pas se rendre compte de l’effet que leur contact physique avait non seulement sur son cœur. Il ne fallait pas que Santiago se rende compte d’à quel point ce contact la troublait. Santiago caressa tendrement la joue de la jeune femme avec son autre main. Un frisson infiniment délicat parcourut la jeune femme. Elle ne pouvait même pas le lui cacher et se mordit la lèvre inférieure de rage en voyant un petit sourire se nicher au coin de ses lèvres.

—Tu peux dire ce que tu veux, mais tes sentiments te trahissent.

—De la même manière que tu m’as laissé tomber, tiens.

Il se sentit percuté par la froideur de son regard. Une pointe de culpabilité martyrisait à présent son cœur au souvenir de l’avoir vraiment abandonnée. En plus, elle était bien décidée à le lui rappeler à tout bout de champs.

—Je suis vraiment désolé, dit-il avant de la relâcher.

Alors que des larmes lui montaient aux yeux, elle tourna rapidement les talons. Après être sortie de la chambre d’hôpital, elle se dirigea vers les toilettes. Apres s’y être enfermée, elle laissa libre court aux larmes qu’elle avait retenue depuis un moment. Elle ne put s’empêcher de se reposer toutes ces questions douloureuses qui refaisaient surface à chaque fois qu’elle pensait à lui. Pourquoi tout cela lui arrivait-il à elle ? Pourquoi était-il revenu ? Et pourquoi son père ?

Avant de rejoindre sa famille, Kita se rafraîchit le visage pour cacher qu’elle avait pleuré. Elle devait être forte.

Toute la famille quitta l’hôpital. De retour à la maison, Kita monta directement dans sa chambre. Dave rentra après une discussion avec la famille, mais très irrité par le geste de Kita. Il aurait aimé discuter avec elle de tout ce qui venait de se passer.

Quelques jours plus tard, au petit déjeuner, Kita décida d’en finir avec ses doutes. Les déclarations de Santiago l’avaient hanté à n’en plus finir. Elle ne voulait pas y croire, mais ne pouvait pas non plus les bannir de sa mémoire. Il fallait qu’elle s’en assure.

—Kita, dit son père en l’observant, tu penses aller travailler aujourd’hui ?

—Oui.

—Comment ça ? s’écria sa mère en se tournant vers elle. Dois-je te rappeler, jeune fille, que cela ne fait juste que quelques jours que tu es sortie de l’hôpital ?

—Maman, je vais mieux. Bien que mon bras droit soit toujours dans un plâtre, je me sens en pleine forme.

—Laisse la, Gemma, intervint Armando. Elle est assez grande et responsable maintenant. Le seul ennui est que je viens d’apprendre que Santiago Torres est le directeur talentueux dont tout le monde parle à Sainz. A chaque fois que je me rends maintenant au bureau, je suis obligé de me farcir ses petits airs de sale prétentieux. Comment est-il arrivé à ce stade, lui pauvre jadis ?

—Armando, tu sais, c’est la preuve que nous ne savons pas ce qui peut arriver, déclara Gemma en souriant. Tout peut changer. Je pense que nous avons été trop injuste envers ce garçon.

—Eh bah, c’est nouveau ça, déclara Nikki avec un sourire espiègle sur les lèvres. Maman, qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ? Sa richesse soudaine ?

—Nikki, peux-tu arrêter de dire des bêtises s’il te plait ? exigea Gemma.

—Cesse d’importuner ta mère, tu veux ? tonna Armando à l’encontre de Nikki avant de se tourner vers sa femme. Entre temps, même s’il est riche aujourd’hui et que nous nous sommes opposés à sa relation avec Kita à cause de sa pauvreté jadis, je ne changerai pas d’avis. Dave est comme un fils pour moi. Ne l’oublie pas, Kita.

—As-tu quelque chose à avoir avec le départ de Santiago il y a 08ans de cela ?

Tous furent surpris par la question plus que surprenante qui venait de sortir de la bouche de Kita. Gemma et Nikki en restèrent bouche bée. Armando parut choqué à son tour et jeta un coup d’œil aux autres convives comme pour les prendre à témoins.

—Quoi, moi ? Que t’a dit Santiago ?

—Ce qu’il m’a dit n’a pas d’importance. Je veux entendre ta version.

—Tu ne fais pas confiance à ton père, remarqua-t-il en fronçant les sourcils.

—Je te fais confiance. C’est juste que...

—Que quoi ?

—Te voir si énervé en apprenant son retour m’a semblé un peu suspect.

—Kita ! s’indigna Gemma. Comment peux-tu imaginer ton père manigancer contre toi enfin ?

—Contre Santiago, maman, corrigea Nikki. Kita, papa ne ferait jamais une chose pareille, voyons. Rappelle-toi, il t’a soutenue quand on a découvert que Santiago t’avait plaqué.

—Il n’y a pas si longtemps de cela qu’il est là et il divise déjà ma famille, conclut Armando en donnant un coup de poing sec sur la table.

—Mais non, papa, je te fais confiance. Excuse-moi.

—Je vais annuler ce contrat.

—Tu ne peux pas. L’entreprise aura de gros problèmes si tu fais ça. C’est stipulé dans le contrat. Nous devrons alors leur rembourser une grosse somme d’argent comme indemnisation.

—Bon sang ! Cela veut dire qu’on est obligé de collaborer avec lui pendant un bon moment. Si je savais que c’était lui le directeur je n’aurai jamais accepté ce contrat. Ça m’apprendra la prochaine fois à être plus méfiant.

Kita afficha un air triste. Gemma lui caressa le dos :

—Ma chérie, pourquoi ne restes-tu pas à la maison pour te reposer encore un peu ? Tu n’es pas obligée d’aller travailler aujourd’hui.

—Je sais, mais je dois y aller. Ça fait des jours que je n’ai pas travaillé. Je m’ennuie à ne rien faire à la maison.

Kita et son père Armando, arrivés à l’entreprise, furent informés que Santiago les attendait dans le bureau de Kita. A sa vue, Armando fronça les sourcils. Seule Kita prit la peine de le saluer.

—Bonjours mes chers collaborateurs. Je vous attendais.

—Je vois ça, souffla Armando avec mépris. Et pour quelle raison ?

—Il y a un sujet dont on doit parler. Cela concerne l’organisation des tâches. J’ai déjà informé les autres. Nous nous retrouverons dans la salle de réunion dans une heure.

—Mais vous n’êtes qu’un simple directeur général. De quel droit vous permettez-vous d’exiger qu’on se réunisse tous ?

—Sachez, Monsieur Kadona, que le président de Sainz m’a donné carte blanche. Cela veut dire qu’en son absence, je peux prendre toutes les décisions nécessaires en ce qui concerne notre entreprise. Cela vous parait-il assez clair ?

—Nous serons là au moment venu, ajouta Kita pour couper court à la discussion qui virait déjà à une dispute apparente.

Santiago hocha la tête avant de sortir du bureau.

—Il est vraiment énervant ! déclara Armando d’une voix pleine de rage contenue. Je me demande comment on n’a pu se laisser avoir par son offre.

—Moi aussi je me le demande, dit-elle en lui souriant ironiquement.

—C’est bon, pas la même de le dire. C’est ma faute.

—Nous sommes au boulot. Je me souviens que tu m’as dit une fois qu’il ne fallait pas mélanger les affaires privées et la vie personnelle. Mais là c’est clair que tu en fais trop.

Armando regarda sa fille. Elle faisait tout par paraitre forte, mais il savait qu’au fond cette situation devait aussi lui en faire baver.

—Tu as raison. Je me suis laissé emporter, mais cela n’arrivera plus. Je te le promets.

Une heure plus tard, la réunion eut lieu comme prévu, réunissant Santiago, Angela, Karl, Kita et Armando. Pendant cette réunion, la rivalité se fut sentie entre Santiago et Armando. Chacun voulait défendre son idée. Finalement, ce fut Santiago qui parut le plus convaincant.

—Je crois que l’idée de Monsieur Torres est vraiment efficace. Cela nous fait beaucoup de bénéfices, commenta Angela en souriant amoureusement à son directeur général.

Kita détourna la tête pour ne pas en voir davantage. Elle avait à plusieurs reprises surprise Angela faire les yeux doux à Santiago. Ce dernier n’y montrait pourtant que de l’indifférence. Et seule Kita savait à quel point cela la soulageait malgré les apparences qu’elle s’efforçait de préserver. Il lui arrivait aussi d’avoir de la peine pour Angela. Elle ne faisait rien de mal après tout.

—Celle de Monsieur Kadona n’est pas mal, mais c’est vrai que l’idée de Monsieur Torres nous avantagera plus, fit Karl d’un air plus explicite. Il cadre beaucoup plus avec le prototype.

—Le plus important c’est le bienêtre de nos deux entreprises, ajouta Armando qui essayait de dissimuler sa frustration.

—Oui et c’est la raison pour laquelle seules les bonnes idées sont prises, déclara Santiago.

Kita regarda son père afficher un faux sourire face à tous. Elle prit la parole :

—Mais moi je voterais bien pour qu’on fasse un petit aperçu. On pourrait tester les deux idées et voir celle qui nous ira le mieux. A première vue celle de Monsieur Torres semble être la mieux indiquée, mais on ne sait jamais ce qui peux arriver. C’est une affaire délicate donc je voudrais qu’on analyse bien les deux propositions afin de ne laisser passer aucune opportunité.

—Bonne idée Mlle, commente Karl. Je crois que ça peut se faire.

—Oui pourquoi pas, ajouta Angela.

—Je suis tout à fait d’accord avec vous, Mlle Kadona, ajouta Santiago en la dévorant des yeux.

Angela qui n’a pas manqué ce geste, lança sèchement :

—Bien, je crois que ce sera tout pour aujourd’hui.

—Oui, tout est déjà dit en effet.

C’est Armando qui venait de répondre. Il étouffait depuis un moment déjà, depuis que Santiago faisait tout pour le ridiculiser. Il semblait bien heureux quand Angela fit savoir que c’était la fin et fut d’ailleurs le premier à se lever.

Quelques heures plus tard, Angela frappa à la porte du bureau de Kita.

—Entrez !

—C’est moi Angela.

—Oh entre.

—Je ne te dérange pas j’espère.

— Non pas du tout.

Angela alla s’assoir sur la chaise en face de Kita.

—Il parait que tu as eu un accident grave il y a quelques jours. J’espère que ça va mieux.

—Oui ça va. Ce n’était rien de bien grave.

—Et ton bras droit ?

—Je n’ai pas trop mal, si c’est ce que tu veux savoir. Et toi alors, comment vas-tu ?

—Oh moi, c’est la routine. En réalité, je suis toujours aussi triste.

—Triste ? Mais pourquoi ?

—Eh bien Santiago…pardon Monsieur Torres…

—Tu peux l’appeler comme tu veux, Angela. Cela ne me gêne pas.

—Santiago m’ignore tout simplement. Il ne semble pas accorder de l’importance à mes sentiments.

—Je suis désolée pour toi.

—C’est parce qu’il t’aime toujours.

—Je ne peux rien faire pour toi, Angela.

—Si au contraire, tu peux m’aider.

—Comment ça ? demanda-t-elle intriguée.

—Ne le laisse pas se rapprocher de toi. Ignore-le. De cette façon, je pourrais tenter ma chance. S’il se rend compte que tu ne lui portes plus d’intérêt, il me laissera être plus proche de lui.

Kita fut gênée par cette demande. Elle aurait aimé ne jamais avoir cette conversation.

—Je ne sais pas.

—Quoi ?

—Je…

On frappa de nouveau à la porte. Karl débarqua dans le bureau sans attendre de réponse, des documents à la main.

—Excusez-moi de vous déranger les filles, mais c’est assez urgent.

—Ce sont les documents concernant la cargaison de demain ? demanda Kita.

—Oui en effet, répondit Karl. Ils n’attendent plus que votre signature, Mlle Kadona.

Kita commença à analyser les documents que venait de lui remettre Karl. Angela, l’air déçu, ajouta :

—Je vois que tu es occupée. Nous en reparlerons plus tard alors.

Kita acquiesça. Angela sortit de son bureau. En pleine analyse, Kita remarqua que Karl ne l’avait pas quitté une seule seconde des yeux.

—Y a-t-il un souci ? lui demanda-t-elle.

—Non.

L’analyse finit et après avoir signé, elle se rendit compte qu’il l’observait toujours.

—Il y a un problème, Karl ?

—Oh non, je ne faisais que vous admirer, Mlle Kadona. Vous êtes vraiment rayonnante.

Elle lui tendit les documents qu’il reprit non sans la quitter des yeux.

—Y a-t-il autre chose que vous vouliez me dire ?

—Oui, avoua-t-il sans peine. C’est au sujet d’une jeune fille qui souhaiterait vous voir.

—Quelle jeune fille ?

—C’est Nikki, votre sœur.

—Nikki ? Où est-elle ?

—Dans le bureau de monsieur Torres.

—Que fait-elle dans son bureau ?

—Aucune idée. Je crois qu’il vaudrait mieux que vous alliez le voir vous-même. Sur ce, je vous laisse.

Karl prit la sortie du bureau. Se posant des questions par rapport à la soudaine visite de sa sœur, Kita décida d’aller les voir. Elle prit la direction du bureau de Santiago. Arrivée devant la porte et en voulant marquer sa présence, elle perçut la voix de son père ainsi que celle de Santiago en pleine conversation. Elle stoppa son geste et décida de les écouter par curiosité.

—Vous avez vraiment du culot, monsieur ! lança Santiago avec une voix colérique.

—C’est toi qui a du culot ! Oser revenir, tu es vraiment un casse pied ! Pourquoi ne fiches-tu pas la paix une bonne fois pour toute à ma fille ?

—J’ai fait l’erreur de l’abandonner une fois par votre faute. Elle m’en veut, mais je vais la reconquérir.

—Apparemment, tu n’as pas saisi la leçon que je t’ai donné il y a 08ans, avança Armando d’un air grave.

—J’ai été un lâche et un faible, mais je suis revenu plus puissant et plus riche. Je ne me laisserai plus maltraiter, ni par vous, ni par personne !

—J’avais pourtant demandé aux hommes de te ficher la trouille, fit-il songeur, pas de te passer à tabacs.

Santiago eut un petit rire moqueur.

—Je me fiche de vos explications, Armando. Je vous ferai payer tout cela. Kita n’est pas votre fille biologique donc je n’aurai aucun remord.

—Moi non plus je ne regrette rien et sache que je ne te laisserai pas atteindre ton but de m’anéantir, tu m’entends ? Ni même de devenir mon gendre. Jamais !

—C’est à Kita qu’appartienne cette décision, répliqua-t-il en souriant.

Kita resta figée devant la porte, choquée par tout ce qu’elle venait d’entendre. Son père avait bel et bien tout manigancer pour les séparer. Il était responsable de tout ce dont l’accusait Santiago.

Saisie par une profonde colère, elle poussa brutalement la porte avec sa main gauche et se retrouva face aux deux hommes qui continuaient de s’aboyer dessus. Ils interrompirent cependant les hostilités en remarquant sa présence.

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